Un atelier sur la réutilisation de l’eau dans l’industrie alimentaire fait salle comble
Un atelier sur la réutilisation de l’eau dans l’industrie alimentaire fait salle comble
En mai, Flanders’ Food a organisé chez Pantarein Water un grand événement sur le thème de la réutilisation de l’eau dans l’industrie alimentaire. L’événement, qui était complet, fut un grand succès. Des entreprises y ont, dans un esprit d’ouverture, échangé des informations sur divers projets d’épuration des eaux.
L’eau est un sujet d’actualité, en conséquence notamment des étés secs qu’a connus la Belgique ces dernières années. Également concernée, l’industrie alimentaire passe à l’action. Ainsi, Flanders’ FOOD a organisé en mai 2022 une rencontre exclusive sur le thème « Réutilisation de l’eau et numérisation : préparez votre gestion de l’eau pour l’avenir ! » chez Pantarein Water à Malines. Depuis deux ans, Pantarein Water, Volys, Citribel et la Brasserie Haacht étudient ensemble les défis et opportunités de la réutilisation de l’eau (usée) dans le cadre du projet RepEAT de Flanders’ Food. RepEAT est un projet regroupant des entreprises de différents secteurs alimentaires pour développer ensemble des procédés de réutilisation de l’eau.
Réutilisation de l’eau et numérisation
Les entreprises participantes ont étudié la conduite optimale des systèmes de réutilisation afin de réutiliser un maximum d’eau à un coût minimum. Elles se sont également penchées sur la génération des eaux usées : où et comment les eaux usées sont-elles produites dans l’entreprise ? La réutilisation est-elle rentable ? Peut-on réutiliser le perméat en toute sécurité ? Dans un 2e projet, Pantarein Water, l’UGent, la Brasserie Huyghe et Boortmalt ont travaillé sur l’automatisation du pilotage des procédés d’épuration et de réutilisation des eaux (usées) afin de réutiliser un maximum d’eau à un coût minimum. Le but est de produire un effluent propre au coût opérationnel le plus bas et avec le moins d’interventions manuelles possibles. La numérisation est un aspect essentiel de la gestion de l’eau du futur.
Le chemin vers une utilisation optimale de l’eau
Pantarein Water a lancé le projet RepEAT, de même que le 2e projet Eautomate. « Dans le projet RepEAT, nous avons cherché des solutions aux défis technologiques de la réutilisation de l’eau », explique Riet Cornelissen de Pantarein Water. « En même temps, nous avons passé au crible les sources d’eaux usées : quels sont les procédés à l’origine des eaux usées dans l’entreprise, avec quels volumes et quelles compositions ? Et comment utiliser ces informations pour réutiliser au maximum les eaux usées et eaux de process ? Dans le projet Eautomate, nous avons développé des stratégies d’automatisation avancée du pilotage des installations d’épuration et réutilisation des eaux (usées). »
Audit de l’eau avancée
Dans le projet RepEAT, Pantarein a réalisé des audits de l’eau avancés chez Volys, chez Citribel et à la Brasserie Haacht. « L’audit a clairement montré l’importance du lien entre l’environnement de production et les systèmes d’épuration et de réutilisation de l’eau », dit Riet Cornelissen. « A la Brasserie Haacht, l’audit a montré qu’un flux partiel pouvait être épuré par un traitement anaérobie, ce qui réduit les coûts opérationnels de l’épuration. Le traitement anaérobie produit en outre du biogaz, qui peut être valorisé. À la Brasserie Haacht, nous avons également réalisé des essais pilotes de réutilisation des eaux usées à l’aide d’un bioréacteur à membrane couplé à une osmose inverse (MBR-RO), et nous avons testé un nouveau procédé de nanofiltration pour le traitement des eaux souterraines et des eaux de lavage des unités d’élimination du fer. »
Bioréacteur à membrane
Il y a peu, un bioréacteur à membrane a été installé à la Brasserie Haacht pour traiter une partie des eaux usées. Le bioréacteur produit une eau débarrassée des matières en suspension, qui est ensuite transformée en eau potable ou eau de process dans une installation d’osmose inverse. Les membranes ont été choisies avec beaucoup de soin : le bioréacteur utilise des membranes Blue Foot coulées dans le support sur deux côtés. C’est une configuration très robuste qui permet de les rincer avec un flux inversé sous haute pression. Un second bioréacteur à membrane sera installé en automne.
Citribel partage ses expériences
Pantarein Water a également réalisé un audit de l’eau avancé chez le producteur belge d’acide citrique Citribel à Tirlemont, ainsi que des essais pilotes avec un double filtre UF-RO pour la récupération des eaux usées. L’audit a montré que le dosage de lait de chaux dans le dispositif d’épuration, responsable pour moitié de la concentration en calcium dans l’eau usée, était inutile. Le dosage a été arrêté avant le début des essais pilotes, avec pour conséquence une performance très stable du système de réutilisation. Citribel a réalisé un projet pour utiliser une partie de l’eau de refroidissement en tant qu’eau potable, et ainsi réduire leur consommation d’eau de 800 000 m³/an. Il est prévu d’équiper les tours de refroidissement de pompes à chaleur afin de récupérer l’énergie.
WaterKlimaatHub (Pôle Eau-Climat)
Karen Vanderstraeten de l’institut VITO a présenté le WaterKlimaatHub, qui abordera les aspects eau, énergie et numérisation de la lutte contre la sécheresse. « Il est certainement prévu de collaborer avec l’industrie alimentaire », dit Karen Vanderstraeten. « Nous voulons renforcer les synergies et partenariats entre différents secteurs. Le hub veut être un véritable pôle de lancement de nouvelles collaborations. Nous voulons travailler avec l’industrie, l’agriculture et les villes et communes, en gardant une vision globale des situations. Nous avons développé le baromètre hydrique, dont les entreprises peuvent déjà se servir, nous avons le projet Vlaanderen WaterProof avec 3 tests, nous avons des projets dans la province d’Anvers pour mettre à contribution les plans d’eau, nous avons divers projets en agriculture et nous étudions l’utilisation d’effluents et la mise en commun des eaux pluviales collectées. »
Subsides additionnels
Veerle Depuydt de VLAKWA a présenté une synthèse des possibilités de subventions pour les projets de réutilisation de l’eau. Il existe actuellement plusieurs dispositifs de subventionnement intéressants pour les investissements dans la gestion de l’eau. « Il y a peu, le taux de remboursement de ce type d’investissements réalisés par les entreprises a été temporairement augmenté dans le cadre du dispositif VLAIO Ecologiepremie+. Concrètement, les entreprises reçoivent un soutien plus élevé pour leurs investissements dans les technologies de conditionnement des eaux de process ou de réutilisation d’eaux usées (via UF-RO, MBR-RO, NF, RO, électrodialyse, électrocoagulation-flottation, etc.). Les subventions pour ces investissements écologiques sont donc temporairement plus élevées, en théorie jusque fin 2022. Ces subventions peuvent maintenant atteindre 50% pour les PME (au lieu de 30%) et 40% pour les grosses entreprises (au lieu de 15%). »
Optimisation
Thomas Van Damme d’Actemium – une marque de VINCI Energies spécialisée dans l’optimisation des procédés industriels – a expliqué comment les acteurs industriels peuvent optimiser la réutilisation de l’eau en utilisant les données à bon escient. L’entreprise compte 86 000 employés dans le monde, dont 3 000 en Belgique. Actemium se charge d’automatiser le traitement des données. « Quelle que soit votre taille, c’est sans importance », précise Van Damme. « Nous regroupons toutes les données dans un système unique pour que vous puissiez les manipuler à votre guise. Une des erreurs les plus courantes commises par les entreprises est de vouloir tout faire par soi-même. Nous avons les connaissances pour construire des systèmes très stables. Nous numérisons toutes les utilisations de l’eau, ainsi que leurs systèmes de pilotage. Nous réalisons la moitié de notre chiffre d’affaires dans l’industrie alimentaire. Les projets RepEAT et Eautomate ont clairement montré que la production et la réutilisation de l’eau sont étroitement liées. Il existe une quantité énorme de données sur ces procédés, mais celles-ci sont peu utilisées dans la pratique. Est-il possible d’utiliser ces données pour garantir une utilisation optimale de l’eau ? Nous pensons que oui. »
« Dans le projet RepEAT, nous avons cherché des solutions aux défis technologiques de la réutilisation de l’eau »,
explique Riet Cornelissen de Pantarein Water.
Karen Vanderstraeten de VITO :
« Nous voulons renforcer les synergies et partenariats entre différents domaines. »
Veerle Depuydt de Vlakwa :
« Il y a peu, le pourcentage de subventionnement des investissements pour la gestion de l’eau dans les entreprises a été temporairement augmenté dans le cadre du dispositif VLAIO Ecologiepremie+. »



