07/03/2022

Potabilisation d’eau de mer, saumâtre et douce d’ici 2025

Par Matthias Vanheerentals

Mi-janvier, une station pilote de production d’eau potable à partir d’un mix d’eaux de mer, saumâtres et douces a été mise en service par Aquaduin, De Watergroep et FARYS en présence de Zuhal Demir, ministre flamand de l’Environnement. Les trois sociétés des eaux flamandes unissent leurs forces pour rendre l’approvisionnement en eau plus résistant au climat.

Le projet pilote De Ganzepoot est un élément clé de la stratégie des trois sociétés des eaux pour rendre la production d’eau moins sensible au climat. L’idée est d’exploiter de nouvelles sources qui restent disponibles en cas de sécheresse prolongée. La station pilote située à Nieuport simulera à petite échelle durant 3 mois la partie membranaire du procédé de production d’eau. Si les résultats sont positifs, un site de production d’eau potable sera construit d’ici 2025 pour l’approvisionnement de 30 000 familles. Le Ganzepoot est un complexe d’écluses dans l’embouchure de l’Yser où se rejoignent 6 cours d’eau plus la mer du Nord. De ce fait, il y a ici toute l’année une quantité illimitée d’eaux de mer, saumâtres et douces disponibles pour la conversion en eau potable. Des capteurs suivent la qualité de l’eau à 9 endroits du site. La station pilote installée dans un conteneur teste de nouvelles technologies pour résoudre un défi majeur : traiter des eaux de qualité variable par un procédé unique, qui consomme le moins d’énergie possible.

Technologie CCRO

Les eaux sont prétraitées dans un réacteur à membrane avant le traitement principal, qui utilise des unités d’osmose inverse (RO) selon le procédé CCRO (osmose inverse en circuit fermé) de DesaliTec. Le procédé CCRO s’ajuste automatiquement en fonction de la salinité de l’eau brute. Il est peu énergivore et offre de bons rendements à différentes salinités. « Cette technologie utilise des membranes RO classiques », précise Evelyn De Meyer de Watergroep. « C’est la récupération d’énergie qui augmente le rendement énergétique du procédé par rapport à l’osmose inverse classique. L’énergie résiduelle du rétentat est réutilisée pour pressuriser l’eau brute. Nous allons également voir s’il y a moins de dépôts organiques et microbiologiques sur les membranes. » Hannah Vandewiele de Waterleau, qui participe aussi au projet, cite d’autres avantages. « Ce procédé, qui est de plus en plus souvent utilisé ces dernières années, consomme moins d’eau qu’une membrane classique. La variabilité de la teneur en sels est cependant un défi. L’installation doit constamment s’adapter. » Piet Mijten, de Waterleau, confirme : « Du fait de la salinité élevée, les matériaux sont un peu plus chers, mais le coût global reste inférieur car la consommation d’énergie et de produits chimiques est moindre. » Le grand atout du concept est qu’un procédé unique peut traiter des eaux brutes de différentes salinités. A cet égard, la station traite en priorité l’eau brute de moindre salinité : si la quantité d’eaux douce ou saumâtre est suffisante, celles-ci sont utilisées en priorité. En période de pénurie, l’eau salée est utilisée. Cette flexibilité du procédé permet de minimiser l’empreinte écologique et d’augmenter la fiabilité opérationnelle. Près de 4 500 litres/h d’eau potable sont produits.

Approvisionnement en eau insensible au climat

La Flandre occidentale est affectée par la diminution des réserves en eaux souterraines et de surface, du fait notamment d’une consommation industrielle élevée et des pics saisonniers de consommation dans les communes du littoral. L’utilisation d’eau de mer comme source alternative d’eau potable permet de dissocier l’approvisionnement en eau des aléas climatiques. Par ailleurs, l’arrière-pays profitera également de cette innovation vu qu’il pourra réduire le transport d’eau potable vers les zones littorales et aura donc plus d’eau à sa disposition pour d’autres applications. Au besoin, le réseau de transport existant pourra même acheminer de l’eau potable depuis la côte vers l’arrière-pays. Du fait du changement climatique, nous sommes confrontés de plus en plus souvent à des conditions météorologiques extrêmes, notamment les sécheresses prolongées. « Une région exposée aux pénuries d’eau, comme la Flandre occidentale, en subit rapidement les conséquences », dit Zuhal Demir. « C’est pourquoi, dans le cadre de notre Blue Deal, nous développons de nouvelles technologies pour améliorer notre disponibilité en eau, et rendre celle-ci indépendante des conditions météorologiques. Je suis très préoccupé par la problématique de l’eau. Cette station expérimentale ouvre la voie à la future exploitation de la mer du Nord, une source d’eau inépuisable, et des rivières débouchant dans le Ganzepoot, pour disposer d’eau potable dans toute la région environnante, même durant les longs épisodes de sécheresse. Ces longues périodes de déficit hydrique que nous prédisent les images satellite nous obligent à exploiter des sources d’eau alternatives. Je suis rassuré d’avoir à disposition cette technologie. Si celle-ci nous permet d’avancer, ce sera une bonne chose pour toute la Flandre. »

Test

Les trois sociétés des eaux investissent ensemble 300 000 EUR dans la station expérimentale. La phase de test durera au moins 3 mois. Ensuite, en fonction des résultats obtenus avec cette technologie parmi d’autres, nous pourrons concevoir et construire un nouveau site de production d’eau. « Le changement climatique est un défi qui dépasse les entreprises de l’eau individuelles », dit Johan Verbauwhede, directeur général d’Aquaduin. « Nous sommes fiers de pouvoir contribuer à un système d’approvisionnement en eau plus robuste, y compris en dehors de notre région. Nous sommes heureux également de pouvoir innover en collaboration avec De Watergroep et FARYS pour continuer de fournir de l’eau potable de grande qualité, y compris en période d’extrême sécheresse. » Hans Goossens, directeur général de Watergroep, nourrit de grandes ambitions : « D’ici 2025, nous voulons, grâce à ce projet, produire 4 millions m3 d’eau potable/an à partir d’un mix d’eaux de mer, saumâtres et douces. Cette flexibilité est un énorme atout dans la recherche de sources alternatives pour la fourniture d’eau potable en Flandre, une nécessité toujours plus grande en ces temps de changement climatique. Nous collaborons étroitement et investissons fortement dans les nouvelles technologies pour faire face aux défis communs du futur. » Chaque acteur de ce partenariat apporte un savoir-faire ciblé. Par exemple, FARYS mobilise son expérience dans la conception, la construction et l’exploitation de notre site de production d’eau à Ostende, qui convertit des eaux saumâtres de diverses salinités en eau potable. « Dans ce projet-ci, nous allons encore plus loin grâce à la potabilisation de l’eau de mer », dit Marleen Porto-Carrero, directrice générale de Farys. « Grâce à cette collaboration, toutes les parties apprennent non seulement sur le plan purement technique, mais également sur la façon d’aborder ensemble les défis climatiques. Ceci vaut certainement sur le plan de la production d’eau potable indépendamment des conditions météorologiques, mais également dans une perspective plus large de gestion des ressources hydriques. »

www.dewatergroep.be

« Cette technologie utilise des membranes d’osmose inverse classiques »,

précise Evelyn De Meyer de Watergroep.

« Le changement climatique est un défi qui dépasse les entreprises de l’eau individuelles »,

dit Johan Verbauwhede, directeur général d’Aquaduin.

Par Matthias Vanheerentals

Potabilisation d’eau de mer, saumâtre et douce d’ici 2025

Mi-janvier, une station pilote de production d’eau potable à partir d’un mix d’eaux de mer, saumâtres et douces a été mise en service par Aquaduin, De Watergroep et FARYS en présence de Zuhal Demir, ministre flamand de l’Environnement. Les trois sociétés des eaux flamandes unissent leurs forces pour rendre l’approvisionnement en eau plus résistant au climat.

Le projet pilote De Ganzepoot est un élément clé de la stratégie des trois sociétés des eaux pour rendre la production d’eau moins sensible au climat. L’idée est d’exploiter de nouvelles sources qui restent disponibles en cas de sécheresse prolongée. La station pilote située à Nieuport simulera à petite échelle durant 3 mois la partie membranaire du procédé de production d’eau. Si les résultats sont positifs, un site de production d’eau potable sera construit d’ici 2025 pour l’approvisionnement de 30 000 familles. Le Ganzepoot est un complexe d’écluses dans l’embouchure de l’Yser où se rejoignent 6 cours d’eau plus la mer du Nord. De ce fait, il y a ici toute l’année une quantité illimitée d’eaux de mer, saumâtres et douces disponibles pour la conversion en eau potable. Des capteurs suivent la qualité de l’eau à 9 endroits du site. La station pilote installée dans un conteneur teste de nouvelles technologies pour résoudre un défi majeur : traiter des eaux de qualité variable par un procédé unique, qui consomme le moins d’énergie possible.

Technologie CCRO

Les eaux sont prétraitées dans un réacteur à membrane avant le traitement principal, qui utilise des unités d’osmose inverse (RO) selon le procédé CCRO (osmose inverse en circuit fermé) de DesaliTec. Le procédé CCRO s’ajuste automatiquement en fonction de la salinité de l’eau brute. Il est peu énergivore et offre de bons rendements à différentes salinités. « Cette technologie utilise des membranes RO classiques », précise Evelyn De Meyer de Watergroep. « C’est la récupération d’énergie qui augmente le rendement énergétique du procédé par rapport à l’osmose inverse classique. L’énergie résiduelle du rétentat est réutilisée pour pressuriser l’eau brute. Nous allons également voir s’il y a moins de dépôts organiques et microbiologiques sur les membranes. » Hannah Vandewiele de Waterleau, qui participe aussi au projet, cite d’autres avantages. « Ce procédé, qui est de plus en plus souvent utilisé ces dernières années, consomme moins d’eau qu’une membrane classique. La variabilité de la teneur en sels est cependant un défi. L’installation doit constamment s’adapter. » Piet Mijten, de Waterleau, confirme : « Du fait de la salinité élevée, les matériaux sont un peu plus chers, mais le coût global reste inférieur car la consommation d’énergie et de produits chimiques est moindre. » Le grand atout du concept est qu’un procédé unique peut traiter des eaux brutes de différentes salinités. A cet égard, la station traite en priorité l’eau brute de moindre salinité : si la quantité d’eaux douce ou saumâtre est suffisante, celles-ci sont utilisées en priorité. En période de pénurie, l’eau salée est utilisée. Cette flexibilité du procédé permet de minimiser l’empreinte écologique et d’augmenter la fiabilité opérationnelle. Près de 4 500 litres/h d’eau potable sont produits.

Approvisionnement en eau insensible au climat

La Flandre occidentale est affectée par la diminution des réserves en eaux souterraines et de surface, du fait notamment d’une consommation industrielle élevée et des pics saisonniers de consommation dans les communes du littoral. L’utilisation d’eau de mer comme source alternative d’eau potable permet de dissocier l’approvisionnement en eau des aléas climatiques. Par ailleurs, l’arrière-pays profitera également de cette innovation vu qu’il pourra réduire le transport d’eau potable vers les zones littorales et aura donc plus d’eau à sa disposition pour d’autres applications. Au besoin, le réseau de transport existant pourra même acheminer de l’eau potable depuis la côte vers l’arrière-pays. Du fait du changement climatique, nous sommes confrontés de plus en plus souvent à des conditions météorologiques extrêmes, notamment les sécheresses prolongées. « Une région exposée aux pénuries d’eau, comme la Flandre occidentale, en subit rapidement les conséquences », dit Zuhal Demir. « C’est pourquoi, dans le cadre de notre Blue Deal, nous développons de nouvelles technologies pour améliorer notre disponibilité en eau, et rendre celle-ci indépendante des conditions météorologiques. Je suis très préoccupé par la problématique de l’eau. Cette station expérimentale ouvre la voie à la future exploitation de la mer du Nord, une source d’eau inépuisable, et des rivières débouchant dans le Ganzepoot, pour disposer d’eau potable dans toute la région environnante, même durant les longs épisodes de sécheresse. Ces longues périodes de déficit hydrique que nous prédisent les images satellite nous obligent à exploiter des sources d’eau alternatives. Je suis rassuré d’avoir à disposition cette technologie. Si celle-ci nous permet d’avancer, ce sera une bonne chose pour toute la Flandre. »

Test

Les trois sociétés des eaux investissent ensemble 300 000 EUR dans la station expérimentale. La phase de test durera au moins 3 mois. Ensuite, en fonction des résultats obtenus avec cette technologie parmi d’autres, nous pourrons concevoir et construire un nouveau site de production d’eau. « Le changement climatique est un défi qui dépasse les entreprises de l’eau individuelles », dit Johan Verbauwhede, directeur général d’Aquaduin. « Nous sommes fiers de pouvoir contribuer à un système d’approvisionnement en eau plus robuste, y compris en dehors de notre région. Nous sommes heureux également de pouvoir innover en collaboration avec De Watergroep et FARYS pour continuer de fournir de l’eau potable de grande qualité, y compris en période d’extrême sécheresse. » Hans Goossens, directeur général de Watergroep, nourrit de grandes ambitions : « D’ici 2025, nous voulons, grâce à ce projet, produire 4 millions m3 d’eau potable/an à partir d’un mix d’eaux de mer, saumâtres et douces. Cette flexibilité est un énorme atout dans la recherche de sources alternatives pour la fourniture d’eau potable en Flandre, une nécessité toujours plus grande en ces temps de changement climatique. Nous collaborons étroitement et investissons fortement dans les nouvelles technologies pour faire face aux défis communs du futur. » Chaque acteur de ce partenariat apporte un savoir-faire ciblé. Par exemple, FARYS mobilise son expérience dans la conception, la construction et l’exploitation de notre site de production d’eau à Ostende, qui convertit des eaux saumâtres de diverses salinités en eau potable. « Dans ce projet-ci, nous allons encore plus loin grâce à la potabilisation de l’eau de mer », dit Marleen Porto-Carrero, directrice générale de Farys. « Grâce à cette collaboration, toutes les parties apprennent non seulement sur le plan purement technique, mais également sur la façon d’aborder ensemble les défis climatiques. Ceci vaut certainement sur le plan de la production d’eau potable indépendamment des conditions météorologiques, mais également dans une perspective plus large de gestion des ressources hydriques. »

www.dewatergroep.be

« Cette technologie utilise des membranes d’osmose inverse classiques »,

précise Evelyn De Meyer de Watergroep.

« Le changement climatique est un défi qui dépasse les entreprises de l’eau individuelles »,

dit Johan Verbauwhede, directeur général d’Aquaduin.