13/03/2019

Moins de réserves d’eau, plus d’inondations

Les réserves d’eau mondiales dans lesquelles l’homme peut puiser, sont en baisse. C’est étrange, car il pleut de plus en plus. L’auteur principal, Ashish Sharma, décrit et explique le paradoxe dans un article paru récemment dans la revue Water Resources Research. « La situation est très préoccupante », soupire-t-il.

Des chercheurs de l’Université australienne de Nouvelles-Galles du Sud ont effectué une étude exhaustive dans laquelle ils ont utilisé les données mesurées par quelques 43.000 stations météo et 5.300 sites de surveillance de rivières dans 160 pays. Leur étude n’est donc pas basée, comme souvent, sur des modèles de climat futur ; les modèles ne sont ‘que’ des modèles et peuvent donc être faussés.

Paradoxe

Lorsque les scientifiques ont commencé leurs recherches, ils s’attendaient à ce que les mesures montrent que la quantité de précipitations s’est accrue et que les rivières, les aquifères (nappes d’eau en sous-sol) et les lacs sont de plus en plus remplis. Leurs mesures ont confirmé qu’il y avait de plus en plus de précipitations, mais étonnamment, les rivières et autres eaux de surface continuent à se dessécher.

L’auteur principal, Ashish Sharma, professeur à la School of Civil and Environmental Engineering : « Auparavant, les sols des bassins fluviaux étaient humides durant la période précédant une tempête. Ceci permettait aux excédents de pluie de couler dans les rivières. Aujourd’hui cependant, ils sont plus secs et absorbent plus de pluie, de sorte qu’il coule moins d’eau vers ces dernières. Moins d’eau dans nos rivières signifie moins d’eau pour les villes et les fermes. Un sol plus sec signifie aussi que les paysans ont besoin de plus d’eau pour cultiver la même quantité de plantes. Plus grave encore, nous voyons que ce schéma est le même dans le monde entier. La situation la plus grave est celle des régions connues depuis longtemps comme zones sèches. En même temps, l’excédent de pluie submerge les infrastructures de drainage des villes et des villages, ce qui entraîne plus d’inondations. La situation est très préoccupante. »

« Moins d’eau dans nos rivières signifie moins d’eau pour les villes et les fermes. »

Professeur Ashish Sharma

Ce paradoxe s’explique également par les tempêtes violentes moins dispersées et plus locales, ainsi que par des couches de neige de plus en plus fines, qui fondent également plus tôt dans l’année.

Agir de façon anticipative

Quelle est la solution ? Ashish Sharma : « L’une des options est d’attendre que des accords internationaux entrent en vigueur pour limiter les concentrations de gaz à effet de serre. Mais cela prendra beaucoup de temps. Une autre option consiste à être anticipatif et à repenser nos réseaux d’eau. »

Nous devons adopter de nouvelles politiques et une nouvelle infrastructure, entendons-nous. Dans les zones où l’eau devient plus rare, nous devrons limiter ou déplacer les cultures demandant beaucoup d’eau, et nous devrons également augmenter la capacité de stockage des réservoirs.

Il y a en outre les inondations, qui posent de plus en plus souvent des problèmes dans les villes. Les pertes économiques mondiales dues aux inondations sont déjà passées d’une moyenne de 439 millions d’euros (500 millions de dollars) par an dans les années 1980 à environ 17,6 milliards d’euros (20 milliards de dollars) par an en 2010 ; en 2013, ce montant s’élevait déjà à plus de 44 milliards d’euros (50 milliards de dollars). Le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) s’attend à ce que ce montant fasse plus que doubler au cours des vingt prochaines années, en raison des tempêtes et des précipitations extrêmes, et du fait que de plus en plus de personnes migrent vers les villes.

Pour ces raisons également, Ashish Sharma plaide pour que nous agissions anticipativement. Il estime que nous devons évoluer vers des ‘villes vertes’ dans lesquelles les eaux de crue sont stockées ou détournées.

Par Koen Vandepopuliere

https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1029/2018WR023749

Moins de réserves d’eau, plus d’inondations

Les réserves d’eau mondiales dans lesquelles l’homme peut puiser, sont en baisse. C’est étrange, car il pleut de plus en plus. L’auteur principal, Ashish Sharma, décrit et explique le paradoxe dans un article paru récemment dans la revue Water Resources Research. « La situation est très préoccupante », soupire-t-il.

Des chercheurs de l’Université australienne de Nouvelles-Galles du Sud ont effectué une étude exhaustive dans laquelle ils ont utilisé les données mesurées par quelques 43.000 stations météo et 5.300 sites de surveillance de rivières dans 160 pays. Leur étude n’est donc pas basée, comme souvent, sur des modèles de climat futur ; les modèles ne sont ‘que’ des modèles et peuvent donc être faussés.

Paradoxe

Lorsque les scientifiques ont commencé leurs recherches, ils s’attendaient à ce que les mesures montrent que la quantité de précipitations s’est accrue et que les rivières, les aquifères (nappes d’eau en sous-sol) et les lacs sont de plus en plus remplis. Leurs mesures ont confirmé qu’il y avait de plus en plus de précipitations, mais étonnamment, les rivières et autres eaux de surface continuent à se dessécher.

L’auteur principal, Ashish Sharma, professeur à la School of Civil and Environmental Engineering : « Auparavant, les sols des bassins fluviaux étaient humides durant la période précédant une tempête. Ceci permettait aux excédents de pluie de couler dans les rivières. Aujourd’hui cependant, ils sont plus secs et absorbent plus de pluie, de sorte qu’il coule moins d’eau vers ces dernières. Moins d’eau dans nos rivières signifie moins d’eau pour les villes et les fermes. Un sol plus sec signifie aussi que les paysans ont besoin de plus d’eau pour cultiver la même quantité de plantes. Plus grave encore, nous voyons que ce schéma est le même dans le monde entier. La situation la plus grave est celle des régions connues depuis longtemps comme zones sèches. En même temps, l’excédent de pluie submerge les infrastructures de drainage des villes et des villages, ce qui entraîne plus d’inondations. La situation est très préoccupante. »

« Moins d’eau dans nos rivières signifie moins d’eau pour les villes et les fermes. »

Professeur Ashish Sharma

Ce paradoxe s’explique également par les tempêtes violentes moins dispersées et plus locales, ainsi que par des couches de neige de plus en plus fines, qui fondent également plus tôt dans l’année.

Agir de façon anticipative

Quelle est la solution ? Ashish Sharma : « L’une des options est d’attendre que des accords internationaux entrent en vigueur pour limiter les concentrations de gaz à effet de serre. Mais cela prendra beaucoup de temps. Une autre option consiste à être anticipatif et à repenser nos réseaux d’eau. »

Nous devons adopter de nouvelles politiques et une nouvelle infrastructure, entendons-nous. Dans les zones où l’eau devient plus rare, nous devrons limiter ou déplacer les cultures demandant beaucoup d’eau, et nous devrons également augmenter la capacité de stockage des réservoirs.

Il y a en outre les inondations, qui posent de plus en plus souvent des problèmes dans les villes. Les pertes économiques mondiales dues aux inondations sont déjà passées d’une moyenne de 439 millions d’euros (500 millions de dollars) par an dans les années 1980 à environ 17,6 milliards d’euros (20 milliards de dollars) par an en 2010 ; en 2013, ce montant s’élevait déjà à plus de 44 milliards d’euros (50 milliards de dollars). Le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) s’attend à ce que ce montant fasse plus que doubler au cours des vingt prochaines années, en raison des tempêtes et des précipitations extrêmes, et du fait que de plus en plus de personnes migrent vers les villes.

Pour ces raisons également, Ashish Sharma plaide pour que nous agissions anticipativement. Il estime que nous devons évoluer vers des ‘villes vertes’ dans lesquelles les eaux de crue sont stockées ou détournées.

Par Koen Vandepopuliere

https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1029/2018WR023749