L’épuration des eaux gagne en priorité dans l’industrie textile
L’épuration des eaux gagne en priorité dans l’industrie textile
La deuxième édition de la Masterclass Water de Centexbel, ayant eu lieu en décembre, a entre autres été consacrée au problème des sécheresses, du Baromètre de l’eau, des effluents résiduels, de Zero Discharge Hazardous substances (ZDHC) et du Zero Discharge Liquid (ZLD), une technique de traitement de l’eau innovante.
Sofie Van Ermen (VITO) a présenté le Baromètre de l’eau du projet Smart Water Use, testé avec succès dans l’industrie textile et alimentaire et mis à la libre disposition d’entreprises flamandes. Cet outil recouvre différents modules, tels que la gestion de l’eau, l’établissement d’un bilan hydrologique, une analyse permettant d’identifier les possibilités offertes dans la périphérie de l’aménagement, comme le captage d’eaux pluviales en communauté avec le voisinage, les paramètres d’effluents rejetés, les eaux de surface. L’outil soumet également des suggestions concernant les technologies envisagées pour le traitement de l’eau.
Waterleau
Joris Moors, de Waterleau, a présenté en détails l’initiative « Zero Discharge of Hazardous Compounds » (ØZDHC) et le processus « Zero Liquid Discharge » pour les usines de textile. « L’initiative ØZDHC a vu le jour après une protestation de Greenpeace contre les grandes marques de vêtements et de chaussures qui affirmaient respecter toutes les normes environnementales alors que leurs fournisseurs ne s’y conformaient pas. Cette initiative a ainsi été créée pour exhorter également les fournisseurs de l’industrie textile à épurer leurs eaux usées conformément aux normes ZDHC plutôt qu’aux normes locales, trop restreintes. Le traitement des eaux usées est ainsi devenu la plus haute priorité dans l’industrie textile. Je remarque que le secteur du textile se préoccupe de plus en plus de l’épuration de ses eaux usées. »
Pakistan
Waterleau a récemment construit au Pakistan un gros projet d’épuration et de réutilisation des eaux usées d’une usine de textile. « Nous avons réussi à extraire les teintures de l’eau par procédé physico-chimique (DAF de KROFTA) », explique Moors. « Nous sommes également en mesure d’extraire sans problème les PFAS piégées dans les boues. L’avantage de cette technologie est qu’il n’est pas nécessaire d’investir dans des membranes pour les teintures seulement. Notre portefeuille comprend également une filtration à membrane par osmose inverse haute efficacité permettant de récupérer jusqu’à 25 % d’eau de plus qu’une méthode d’OI usuelle. Cette technologie intelligente permet également de réduire les effluents concentrés de 75 % et même d’éliminer des PFOS persistants. Nous collaborons en tant que partenaires pour nos clients avec ØZDHC pour remplacer certains produits chimiques difficilement dégradables par des alternatives dégradables. Nous nous impliquons de plus dans la revalorisation d’effluents biologiques en eau de processus recyclée dans la production, comme ‘Every Drop Counts’ ! »
Réutilisation
De Watergroep a plusieurs clients dans l’industrie textile, où ils voient encore beaucoup de potentiel de réutilisation d’eau épurée. « Les eaux usées épurées sont recyclables dans différents processus de l’industrie textile », dit Tom Vandeputte de De Watergroep. « Nous avons l’an dernier construit une installation d’épuration d’eau chez Alpro à Wevelgem, à la satisfaction de tous. Nous utilisons l’ultrafiltration en combinaison avec une installation d’osmose inverse pour la revalorisation des eaux épurées. Il s’agit de processus induits par pression permettant une séparation mécanique de certains composants contenus dans l’eau. Nous garantissons ainsi que l’eau est toujours de qualité potable. En avantage annexe, cela élimine également le calcium et le magnésium de l’eau, ce qui réduit grandement le besoin d’adoucisseurs chez Alpro. La charge de chlorure s’en trouve aussi nettement réduite. » Inopsys a détaillé le traitement d’effluents partiels dans les eaux usées. « Nous travaillons avec des unités mobiles sur le site du client », explique Thomas Windels, d’Inopsys. « Cela est également possible dans l’industrie textile. Nous misons sur un modèle décentralisé pour travailler sur les effluents partiels. L’entreprise sait ainsi ce qu’ils contiennent. De préférence, nous effectuons l’épuration aussi proche que possible de la source, ce qui est le meilleur garant d’une bonne élimination. »
BREF Textile
L’après-midi d’étude a été consacré au problème de l’eau dans l’industrie textile flamande. L’amendement du BREF Textile est actuellement en phase finale. Selon Dirk Weydts, conseiller environnemental de Centexbel, le BREF Textile définit des réglementations sectorielles au niveau européen. « L’amendement du BREF stipule un nombre d’obligations supplémentaires, telles que la gestion des produits chimiques. De plus, certaines émissions sont soumises à des restrictions plus sévères. Les entreprises certifiées STeP by OEKO-TEX sont certainement mieux placées que les autres en matière de système de gestion des produits chimiques. » Selon Tine Cattoor, d’essenscia, le BREF Textile oblige les entreprises à une utilisation plus responsable de substances chimiques. « L’achat de produits doit être plus perspicace quant aux risques associés pour la santé et l’environnement naturel. Il est requis d’établir un inventaire de ces substances. Dans l’industrie textile, ce sont surtout les mélanges qui sont problématiques. Il faut consigner le nom du mélange, examiner les composants, en établir la liste et déterminer lesquels sont polluants. Ceci permet d’identifier les substances critiques. De nombreuses substances persistantes sont difficilement dégradables par simple épuration des eaux. Le BREF attire particulièrement l’attention sur les PFAS et les retardateurs de flamme bromés. Une bonne documentation des composants permet d’anticiper plus facilement les évolutions législatives. »
Des mesures internes
Selon Bruno Eggermont (Fedustria) et Dirk Weydts (Centexbel), les entreprises peuvent aussi réagir à la situation par des mesures internes. « Cela ne nécessite pas toujours de nouvelles technologies », éclaire Dirk Weydts, conseiller environnemental de Centexbel. « La mise en œuvre d’une gestion des produits chimiques adéquate permet déjà d’éviter un grand nombre de rejets chimiques. Un achat raisonné permet d’éviter certaines substances et d’épargner un investissement dans une technologie aval. » Selon Fedustria, l’industrie textile a déjà fait de nombreux progrès en matière d’économie d’eau, mais il reste encore à faire. Erik Smet, de Trevi, a exploré les techniques d’épuration de l’air, entre autres concernant le formaldéhyde, l’ammoniac, les COV, les NOx et la poussière. « Une phase aqueuse est la plupart du temps nécessaire pour intercepter ces substances. Un laveur de gaz dissout dans de l’eau les substances à éliminer, qui sont ensuite converties en substances non volatiles par dosage de produits chimiques correspondants. Les filtres biologiques offrent dans le secteur textile un grand potentiel pour l’élimination, entre autres, des COV et de formaldéhyde. Des essais pilotes récemment réalisés pour le compte de Centexbel ont montré que des substances comme le diméthylformamide, seulement partiellement éliminées par incinération thermique, sont optimalement interceptées par filtration biologique. » Dans le discours de clôture, Vlakwa (Vlaams Kenniscentrum Water) a fait le lien entre la politique des eaux flamande et le secteur. L’innovateur eau Simon De Paepe a mis en lumière les implications pratiques de Blue Deal et les instruments potentiels de promotion dans le secteur.
https://www.centexbel.be/en/agenda/waterdag-2021
Joris Moors, de Waterleau :
« Notre portefeuille comprend également une filtration à membrane par osmose inverse haute efficacité permettant de récupérer jusqu’à 25 % de plus d’eau qu’une méthode OI usuelle. »
Tom Vandeputte de De Watergroep :
« Les eaux usées épurées sont recyclables dans différents processus de l’industrie textile. »

