I-QUA renforce les liens entre la Flandre et les Pays-Bas
I-QUA renforce les liens entre la Flandre et les Pays-Bas
L’événement de clôture de la plate-forme I-QUA a eu lieu fin 2021. À l’occasion d’un talk-show de clôture, les intervenants se sont arrêtés sur les derniers développements dans le domaine de l’épuration innovante (décentralisée) des eaux usées en général et sur la plate-forme I-QUA en particulier. Ce projet a d’ores et déjà consolidé les liens entre la Flandre et les Pays-Bas.
Ces cinq dernières années, le partenariat I-QUA s’est penché sur l’application des systèmes d’épuration décentralisée des eaux usées dans les régions périphériques en Flandre et aux Pays-Bas. Plusieurs installations de démonstration ont été mises sur pied dans le but d’encourager le renouvellement des connaissances dans ce domaine. Des experts issus de nos deux pays ont œuvré activement et solidairement à la réalisation de ces projets. Ainsi, plusieurs solutions technologiques ont été mises en oeuvre et testées dans une chèvrerie, une station de lavage, un restaurant, un club de football, une ferme récréative et divers festivals. Lors d’un talk-show interactif organisé début décembre, de passionnants intervenants ont fait part des résultats obtenus et des expériences acquises dans ce contexte ainsi que de leur vision de l’avenir du traitement des eaux usées dans les régions périphériques. « Ce projet a renforcé les liens avec les Pays-Bas », souligne Veerle Depuydt, innovatrice d’eau auprès du Vlaams Kenniscentrum Water (Vlakwa). « Les relations de confiance ont continué à se développer. Nous avons beaucoup appris les uns des autres, en particulier lors des événements de partage des connaissances. Nous avons permis à ce projet de bénéficier de notre vaste expertise, entre autres en matière de surveillance des installations. » En sa qualité de promoteur d’IQUA, Harold Soffner (commune de Bernheze) dresse également un bilan positif. « Nous entendons traiter d’une autre manière les eaux usées dans les régions périphériques. Le partage des connaissances en favorise l’accroissement. Nous nous sommes stimulés mutuellement et nous avons donné corps à plusieurs innovations empruntées à la Flandre. L’esprit d’ouverture était à l’honneur. »
Échanges
La qualité des échanges a permis la réalisation de divers projets remarquables en Flandre et aux Pays-Bas. Plusieurs partenaires établis dans de nos deux pays se sont prêtés assistance et conseil. Hello Water a réalisé un projet d’épuration des eaux usées dans un chèvrerie. L’entreprise se concentre sur l’épuration des eaux de rinçage et l’exploitation optimale des ressources en eau. Elle se penche aussi sur la récupération des nutriments. « La volonté de réussir était au rendez-vous », relate Wouter Igodt de Hello Water.
« L’attrait majeur de ce projet réside dans le fait qu’il est à notre portée. » Selon le Professeur Stijn Van Hulle de l’UGent (spécialisé dans le traitement des eaux), lequel était responsable de la surveillance de cette installation, l’usage de granules de fer (sable revêtu d’oxyde de fer) s’est avéré d’une efficacité supérieure à celle des lenticules quant à l’épuration des eaux de rinçage. « Faciles à mettre en oeuvre, les installations à base de granules ont assuré une excellente épuration pendant plus d’un an en dépit de leur maintenance restreinte », selon Van Hulle.
Festival
Dans le cadre d’un second projet, Hello Water s’est lancé dans la construction d’une installation itinérante conçue pour l’épuration sur site d’eaux grises telles que les eaux de douche en vue de leur déversement éventuel. ECOZ®mobile repose sur l’utilisation de filtres plantés de végétaux à usage domestique. En raison de la qualité des eaux épurées, leur rejet est superflu, mais rien ne s’oppose à leur réutilisation locale comme eau de rinçage des toilettes. En outre, le festival Dranouter organisé en 2019 a vu la mise en place d’une démonstration comportant une installation en aval d’épuration des eaux usées et de conversion en eau potable conçue par BOSAQ. « Nous avons sciemment sensibilisé les festivaliers à cette problématique », relate Igodt. Selon Van Hulle, lequel a également accompagné ce projet, cette installation a donné de bons résultats, entre autres sur le plan de l’élimination des matières organiques et en suspension. « L’élimination du savon provenant des douches s’est avérée satisfaisante. C’est un résultat solide. » Enfin, Hello Water a réalisé, dans un restaurant, un autre projet pilote d’épuration des eaux usées domestiques (eaux noires incluses) par l’intermédiaire d’un filtre planté de végétaux (première étape du processus d’épuration) associé à une installation BOSAQ de conversion en eau potable. Selon Van Hulle, les mesures effectuées révèlent qu’aussi bien les eaux usées purifiées que l’eau potable obtenue satisfont à toutes les normes légales en vigueur. Promoteur d’I-QUA et de Teamcoach en Gestion et réalisation auprès de la commune de Bernheze, Harold Soffner est enthousiasmé par ces projets. « Le projet festival a contribué à une sensibilisation accrue des jeunes. Les clients du restaurant n’ont éprouvé aucune réticence à boire l’eau de rinçage des toilettes après purification. Bon nombre de gens font vraisemblablement preuve d’une compréhension plus aiguë que nous ne le pensons. Les facteurs mis en évidence par Igodt s’appliquent aussi aux Pays-Bas. »
Cas étudiés aux Pays-Bas
Les partenaires néerlandais ont également présenté quelques projets à la réalisation desquels ont participé plusieurs partenaires établis en Flandre. Le club de football HVCH Heesch a vu en 2018 le lancement du premier projet pilote néerlandais d’I-QUA portant sur une épuration locale efficace des eaux usées. Les urines ont été recueillies et transformées séparément en engrais. Les eaux noires ont été recueillies et traitées séparément au sein d’une installation BRM. Un Phytoparking® (technologie flamande) s’est chargé de l’épuration des eaux grises provenant des douches et de la cuisine. « Rien ne s’oppose à l’application de différentes techniques alternatives, elles sont toutes opérationnelles », insiste Harold Soffner. « Mais le choix de la technique la plus appropriée doit être le fruit d’une réflexion sérieuse. » Situé à Dongen, le parc de loisirs Pukkemuk est également équipé d’une installation d’épuration des eaux. « Il est important d’expliquer aux enfants que l’on peut convertir les eaux usées en eau potable », insiste Huub Van Leijsen, Directeur général du parc de loisirs. « Nous entraînons les visiteurs dans le récit de la durabilité. Comme nous nous abstenons de rejeter les eaux usées, nous ne sommes soumis à aucune taxe d’égouttage. »
Car wash/HVCH
Une installation d’épuration décentralisée a été construite à la hauteur d’une station de lavage automatique située dans le hameau de Nerhoven, à la périphérie de Gilze. Cette installation vise à rendre les eaux usées propres à une réutilisation écologique ou professionnelle. « La quantité d’eaux usées déversées sans traitement dans les égouts est renversante », selon Erwin Koetse, ingénieur auprès de BKH Water. « Nous avons résolu ce problème. Nous avons amélioré la préfiltration et adapté le système en conséquence. Sur le site du club de football HVCH Heesch (commune de Bernheze), nous avons livré une installation à membrane start/stop qui n’est alimentée qu’en présence d’eaux usées. Composé d’une installation BRM compacte et d’une unité de traitement séparé des urines, le système en usage au club HVCH s’est révélé capable de faire face à des fluctuations, eu égard à la crise sanitaire. Ces deux installations donnent de bons résultats et présentent une grande stabilité de fonctionnement. Nous devons mener des projets de cette nature à une plus grande échelle. La qualité de l’eau produite est suffisante pour en autoriser la réutilisation. » Selon Peter Trommelen de l’organisation ABG, laquelle travaille entre autres pour la commune de Gilze en Rijen, ce projet a montré qu’il était possible de traiter les eaux usées d’une station de lavage et ce faisant, de les rendre propres à une réutilisation sans risque. « Cette installation permet de réduire à sa plus simple expression la consommation d’eau potable ainsi que la charge que représentent les eaux usées pour le réseau existant d’égouts sous pression. Nous nous penchons à présent sur la rentabilisation potentielle de cette installation. Nous nous livrons de surcroît à une analyse visant à évaluer si les coûts de l’épuration sur site sont équivalents aux coûts inhérents à la consommation d’eau potable et aux charges d’épuration des eaux usées. Nous avons également envisagé le possibilité de recueillir et d’utiliser les eaux de pluie qui ruissellent sur les toits de la station de lavage et de la station-service attenante et de mettre à contribution l’énergie solaire. Toutefois, l’eau potable est bon marché aux Pays-Bas ;par conséquent, la concurrence est inévitable. » Ayant assuré le suivi du projet, Francis Meerburg d’Aquafin s’est dit impressionné par les techniques utilisées. « Le projet a permis une réutilisation des eaux usées. À titre d’exemple, aucune présence de légionelle n’a été décelée, un facteur de risque important pour l’homme. Nous partons du principe qu’il faut toujours prendre le recul nécessaire. Il faut également étudier l’impact sur l’environnement. En outre, il est capital de continuer à surveiller ces installations. » Le projet pilote a été réalisé avec le soutien du programme européen Interreg Flandre-Pays-Bas. La réutilisation permet d’économiser une grande quantité d’énergie.
« Ce projet a renforcé les liens avec les Pays-Bas »,
souligne Veerle Depuydt, innovatrice d’eau auprès du Vlaams Kenniscentrum Water (Vlakwa).
« La volonté de réussir était au rendez-vous »,
relate Igodt de Hello Water.










