17/12/2020

Focalisation du webinaire de VLARIO sur la circularité

À l’occasion de la 15e édition du salon Aquarama Trade Fair, le webinaire de Vlario est résolument placé sous le signe de l’eau circulaire. En collaboration avec la Vlaamse Milieumaatschappij (VMM) [Société flamande pour l’environnement], Vlakwa, Aquafin et De Watergroep, VLARIO organise, à l’intention des administrations locales et des gestionnaires de réseau d’égouts, une séance d’information consacrée à l’eau circulaire.

En sa qualité de Gestionnaire de données auprès de la Vlaamse Milieumaatschappij (VMM), Tania Verhoeve livre à l’assistance de plus amples explications concernant la législation régissant l’eau circulaire, tant au niveau européen qu’au niveau régional (Flandre). « S’agissant de la Flandre, le Blue Deal soutenu par Mme Zuhal Demir, ministre de l’Énergie, est un plan très ambitieux », déclare Verhoeve. « Ce plan comporte 70 mesures et s’engage sur six voies, au nombre desquelles l’eau circulaire. L’eau circulaire devient la règle. » En outre, Verhoeve fournit quelques éclaircissements concernant les textes suivants : Directive-cadre sur l’eau, Directive relative à l’eau urbaine, Directive relative à l’eau potable et nouveau Règlement européen relatif à la réutilisation de l’eau (Water Reuse). Ce règlement dont l’entrée en vigueur est prévue en vigueur en 2023, porte sur les exigences minimales requises auxquelles doit répondre la qualité des eaux d’irrigation agricole provenant des eaux usées urbaines. » Par ailleurs, Aquafin s’est livré à quelques explications concernant la réutilisation des eaux (usées) dans la lutte contre la sécheresse, par exemple dans l’industrie et l’agriculture. À Aartselaar, Aquafin a d’ores et déjà mis en œuvre des solutions d’essai afin d’étudier le traitement minimal requis pour respecter les normes minimales de réutilisation en agriculture. « Nous nous penchons sur les investissements supplémentaires à consentir pour mettre les effluents à la disposition des agriculteurs sans leur faire courir aucun risque », déclare Marjoleine Weemaes, Manager Research & Development auprès d’Aquafin. « Selon nous, il est indispensable de soumettre, au minimum, ces eaux à un traitement UV. La production d’eau potable à partir d’effluents est également envisageable. L’année prochaine, nous procéderons, dans ce contexte, au lancement de plusieurs projets pilotes reposant sur l’osmose inverse. Nous plaidons aussi en faveur de collaborations et de partenariats avec toutes les parties concernées. » Weemaes fait état du lancement, en Flandre, d’un grand nombre de projets pilotes portant sur la réutilisation intelligente des eaux pluviales. « À Malines, l’installation d’un tampon à commande intelligente autorise une mise à disposition des eaux pluviales recueillies dont bénéficient les terres agricoles environnantes. À Wetteren, les eaux pluviales recueillies sont réutilisées dans un jardin d’enfants. À Tessenderlo, nous allons recueillir les eaux pluviales qui se déversent sur une friche industrielle et en étudier les possibilités de réutilisation dans l’industrie. À Stabroek et Leeuw-Saint-Pierre, nous avons installé un ingénieux tampon d’évacuation des eaux pluviales afin d’en ralentir l’écoulement. De plus, ce tampon intelligent permet de stocker ces eaux et de s’en servir comme réserve d’irrigation agricole.

Mise en tampon intelligente

Membre de l’équipe du Vlakwa [centre flamand de connaissances relatives à l’eau], Veerle Depuydt présente une vue d’ensemble de quelques-uns des projets pilotes récents. Ainsi, Ninove a vu l’installation d’un tampon transportable qui permet de recueillir les eaux de pluie provenant de plusieurs entreprises avoisinantes en vue de leur réutilisation ultérieure par une blanchisserie locale et par la ville de Ninove, laquelle s’en sert pour arroser des plantations. D’une longévité remarquable, ce tampon entièrement recyclable et inaltérable se décline en plusieurs tailles. La réalisation d’un jardin mural en façade d’une maison de ville constitue un autre projet intéressant. Ce jardin mural est doté d’un dispositif supplémentaire d’épuration des eaux. En effet, ce « total value wall » bénéficie d’un apport en eaux grises (irrigation des plantes et recyclage des effluents sous forme d’eaux de rinçage des toilettes). Ce projet se caractérise par le recueillement d’une grande quantité d’eau de pluie. Le jardin mural contribue à la végétalisation urbaine et sa fonction isolante contrarie la dissipation thermique. De plus, les plantes capturent les particules fines. Un code QR permet à tout un chacun de suivre l’évolution des mesures effectuées. Le Vlakwa a également accordé une attention particulière au projet mené à bien au restaurant Gust’eaux à Kuurne. Ce projet de recyclage doit sa concrétisation en zone rurale à l’impossibilité de raccorder ces lieux à un réseau d’égouts et à un réseau d’adduction d’eau potable. BOSAQ a réalisé un projet de revalorisation des eaux usées domestiques par épuration et purification jusqu’à l’obtention d’une eau potable proposée en carafe à la clientèle et affectée à la préparation de glaçons et de boissons chaudes. « Cette eau de table a fait l’objet de commentaires très positifs, alors que rien n’empêchait les clients d’opter pour une eau minérale en bouteille », comme Tom Vandekerckhove, Consulting Director auprès de Bosaq, nous en a fait part lors d’un entretien complémentaire. « Le processus de transformation des eaux usées en eau potable comporte plusieurs étapes. Un champ de percolation se charge de l’épuration biologique des eaux usées avant leur purification avancée par nos soins. Le dispositif de purification se compose de diverses barrières telles qu’entre autres le charbon actif, l’adoucissement, l’ultrafiltration et l’osmose inverse. L’eau prélevée en aval du dispositif d’osmose inverse est d’ores et déjà d’une grande pureté. Cependant, cette eau doit encore franchir une barrière de sécurité supplémentaire ; à savoir, un échangeur d’ions à la sortie duquel l’eau prélevée s’avère ultrapure. Ensuite, l’ajout des sels minéraux nécessaires permet de redonner à cette eau un goût agréable. Avant son prélèvement pour consommation, cette eau subit encore un traitement par mini-lampe UV à DEL qui en assure la désinfection finale. »

Présence de substances précieuses dans les eaux d’égout

Le projet Interreg NWE (Europe nord-occidentale) WOW! (Wider business Opportunities for raw materials from Waste water) [Nouvelles perspectives commerciales pour les matières premières extraites des eaux usées] vise à étudier les possibilités d’extraction des substances précieuses présentes dans les eaux d’égout et leur valorisation en produits biosourcés. Selon Katrien Bijl, associée au projet européen WOW! (Wateringue Vallée et Veluwe), les eaux d’égout recèlent une quantité appréciable de substances précieuses susceptibles d’être utilisées comme matière première apte à la fabrication de produits biosourcés. « Pourtant, leur potentiel est sous-exploité en Europe nord-occidentale ; en effet, le taux de recyclage des matières premières que contiennent les eaux d’égout avoisine un pour cent. C’est dommage parce que ces matières premières pourraient contribuer à la réutilisation circulaire dans la chaîne de traitement des eaux. À cet égard, il conviendrait d’accorder une attention particulière à la cellulose, aux lipides et aux bioplastiques à base de polyhydroxyalcanoates (PHA). Pour ne citer que quelques exemples de leur potentiel :

les micro-organismes présents dans les eaux d’égout sont à même de produire des PHA à partir d’acides gras (le matériau de base sur lequel repose la fabrication des bioplastiques). Ces bioplastiques à base de PHA pourraient se substituer à près de 12 % des plastiques conventionnels en Europe nord-occidentale. En combinaison avec une bactérie spécifiquement présente dans les eaux d’égout, certains lipides se prêtent à la production de biodiesel, un carburant apte à remplacer partiellement le gazole conventionnel. Le Kaumera peut servir d’engrais agricole ou de revêtement d’ouvrages en béton. La production de cette matière première repose sur l’utilisation de boues granulaires Nereda. Le potentiel de valorisation du papier hygiénique est considérable. En Europe nord-occidentale, la quantité annuelle de papier hygiénique consommée s’élève à 13 kg par personne. Le recyclage de ce papier permettrait de réduire les émissions de CO2 dans des proportions équivalentes à 4,7 millions de vols aller-retour Amsterdam-Sydney. Une telle réutilisation se traduirait en effet par une réduction sensible de la production de boues d’égouttage, lesquelles sont encore amplement vouées à la calcination. Le cadre juridique régissant le recyclage des matières premières extraites d’eaux usées est encore à l’étude. Si le commerce des produits est généralement libre en Europe, cette liberté ne s’applique pas aux matières premières extraites des eaux d’égout en raison de l’encadrement juridique national auquel ces dernières sont soumises. En outre, les procédures d’élimination des déchets finaux n’ont fait, à ce jour, l’objet d’aucune harmonisation. Il serait peut-être utile de rétribuer les pionniers de l’économie circulaire en récompensant, par exemple, les entreprises qui ont recours à l’utilisation de bioplastiques plutôt qu’à celui de matières synthétiques conventionnelles pour fabriquer leurs produits. En attendant, je plaide en faveur d’une collaboration transfrontalière qui permette aux acteurs concernés de conjuguer leurs efforts et de partager leurs connaissances. »

Dernier intervenant à prendre la parole au congrès du Vlario, Ortwin Deroo, chef du service développement commercial chez De Watergroep, s’est arrêté sur quelques tendances marquantes. « La Flandre est aux prises avec une pénurie d’eau majeure. Nous souffrons d’une pénurie plus importante que certains pays méridionaux tels que l’Espagne. Durant les périodes de sécheresse les consommations de pointe sont élevées. En réalité, les précipitations annuelles sont plus importantes que naguère. Les hivers sont plus humides (3 %) et les étés moins pluvieux (- 50 %). Lorsqu’il pleut, les précipitations sont plus intenses. Toutefois, nous observons une diminution de la consommation annuelle d’eau par raccordement. Néanmoins, près de 45 % de la consommation d’eau dans les foyers est absorbée par des applications qui pourraient se passer d’eau potable, à l’instar du nettoyage, du rinçage des toilettes, du lavage à la machine, ... » Aujourd’hui, la Flandre compte encore 40.000 habitations qui ne sont pas raccordées au système central de distribution d’eau. « Certains propriétaires ne souhaitent pas leur raccordement », déclare Deroo. « Tandis que d’autres ne peuvent pas l’être en raison de problèmes de pression ou de qualité imputables à l’éloignement du système central. La solution réside dans la mise sur pied d’un système décentralisé qui réponde aux besoins de l’habitation considérée et autorise le traitement des eaux pluviales recueillies localement pour les transformer en eau potable. Par ailleurs, la collecte et le traitement des eaux grises s’imposent. Un nombre appréciable d’installations s’y livre déjà. Nous étudions avec plusieurs fournisseurs la mise au point d’une formule de location. » Selon De Watergroep, bon nombre d’entreprises de construction comprennent qu’elles doivent mettre les eaux pompées (eaux de drainage) à la disposition des usagers aux fins de valorisation. « Les eaux recueillies ne sont pas toutes affectables à quelque application que ce soit », souligne Deroo. De Watergroep a mis en œuvre une approche collective sur une friche industrielle située à Vossem, près de Tervuren/Tervueren. « Nous recueillons la totalité des eaux pluviales dans un bassin d’orage, puis nous procédons à leur purification avant de les proposer par le biais d’un deuxième circuit. » L’entreprise a également réalisé un autre projet à l’Abdij van Park / Abbaye de Parc. Un échangeur thermique y extrait la chaleur véhiculée par l’eau potable pompée. Son extraction suffit à répondre à quelque 80 % de la demande de chaleur. M. Deroo affirme que la conjugaison intelligente de données ne devrait pas manquer d’accroître la robustesse des systèmes de distribution d’eau.

Katrien Bijl, associée au projet européen WOW! (Wateringue Vallée et Veluwe) :

Le cadre juridique régissant le recyclage des matières premières extraites d’eaux usées est encore à l’étude.

Ortwin Deroo, chef du service développement commercial chez De Watergroep

Nous souffrons d’une pénurie plus importante que certains pays méridionaux tels que l’Espagne.

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Focalisation du webinaire de VLARIO sur la circularité

À l’occasion de la 15e édition du salon Aquarama Trade Fair, le webinaire de Vlario est résolument placé sous le signe de l’eau circulaire. En collaboration avec la Vlaamse Milieumaatschappij (VMM) [Société flamande pour l’environnement], Vlakwa, Aquafin et De Watergroep, VLARIO organise, à l’intention des administrations locales et des gestionnaires de réseau d’égouts, une séance d’information consacrée à l’eau circulaire.

En sa qualité de Gestionnaire de données auprès de la Vlaamse Milieumaatschappij (VMM), Tania Verhoeve livre à l’assistance de plus amples explications concernant la législation régissant l’eau circulaire, tant au niveau européen qu’au niveau régional (Flandre). « S’agissant de la Flandre, le Blue Deal soutenu par Mme Zuhal Demir, ministre de l’Énergie, est un plan très ambitieux », déclare Verhoeve. « Ce plan comporte 70 mesures et s’engage sur six voies, au nombre desquelles l’eau circulaire. L’eau circulaire devient la règle. » En outre, Verhoeve fournit quelques éclaircissements concernant les textes suivants : Directive-cadre sur l’eau, Directive relative à l’eau urbaine, Directive relative à l’eau potable et nouveau Règlement européen relatif à la réutilisation de l’eau (Water Reuse). Ce règlement dont l’entrée en vigueur est prévue en vigueur en 2023, porte sur les exigences minimales requises auxquelles doit répondre la qualité des eaux d’irrigation agricole provenant des eaux usées urbaines. » Par ailleurs, Aquafin s’est livré à quelques explications concernant la réutilisation des eaux (usées) dans la lutte contre la sécheresse, par exemple dans l’industrie et l’agriculture. À Aartselaar, Aquafin a d’ores et déjà mis en œuvre des solutions d’essai afin d’étudier le traitement minimal requis pour respecter les normes minimales de réutilisation en agriculture. « Nous nous penchons sur les investissements supplémentaires à consentir pour mettre les effluents à la disposition des agriculteurs sans leur faire courir aucun risque », déclare Marjoleine Weemaes, Manager Research & Development auprès d’Aquafin. « Selon nous, il est indispensable de soumettre, au minimum, ces eaux à un traitement UV. La production d’eau potable à partir d’effluents est également envisageable. L’année prochaine, nous procéderons, dans ce contexte, au lancement de plusieurs projets pilotes reposant sur l’osmose inverse. Nous plaidons aussi en faveur de collaborations et de partenariats avec toutes les parties concernées. » Weemaes fait état du lancement, en Flandre, d’un grand nombre de projets pilotes portant sur la réutilisation intelligente des eaux pluviales. « À Malines, l’installation d’un tampon à commande intelligente autorise une mise à disposition des eaux pluviales recueillies dont bénéficient les terres agricoles environnantes. À Wetteren, les eaux pluviales recueillies sont réutilisées dans un jardin d’enfants. À Tessenderlo, nous allons recueillir les eaux pluviales qui se déversent sur une friche industrielle et en étudier les possibilités de réutilisation dans l’industrie. À Stabroek et Leeuw-Saint-Pierre, nous avons installé un ingénieux tampon d’évacuation des eaux pluviales afin d’en ralentir l’écoulement. De plus, ce tampon intelligent permet de stocker ces eaux et de s’en servir comme réserve d’irrigation agricole.

Mise en tampon intelligente

Membre de l’équipe du Vlakwa [centre flamand de connaissances relatives à l’eau], Veerle Depuydt présente une vue d’ensemble de quelques-uns des projets pilotes récents. Ainsi, Ninove a vu l’installation d’un tampon transportable qui permet de recueillir les eaux de pluie provenant de plusieurs entreprises avoisinantes en vue de leur réutilisation ultérieure par une blanchisserie locale et par la ville de Ninove, laquelle s’en sert pour arroser des plantations. D’une longévité remarquable, ce tampon entièrement recyclable et inaltérable se décline en plusieurs tailles. La réalisation d’un jardin mural en façade d’une maison de ville constitue un autre projet intéressant. Ce jardin mural est doté d’un dispositif supplémentaire d’épuration des eaux. En effet, ce « total value wall » bénéficie d’un apport en eaux grises (irrigation des plantes et recyclage des effluents sous forme d’eaux de rinçage des toilettes). Ce projet se caractérise par le recueillement d’une grande quantité d’eau de pluie. Le jardin mural contribue à la végétalisation urbaine et sa fonction isolante contrarie la dissipation thermique. De plus, les plantes capturent les particules fines. Un code QR permet à tout un chacun de suivre l’évolution des mesures effectuées. Le Vlakwa a également accordé une attention particulière au projet mené à bien au restaurant Gust’eaux à Kuurne. Ce projet de recyclage doit sa concrétisation en zone rurale à l’impossibilité de raccorder ces lieux à un réseau d’égouts et à un réseau d’adduction d’eau potable. BOSAQ a réalisé un projet de revalorisation des eaux usées domestiques par épuration et purification jusqu’à l’obtention d’une eau potable proposée en carafe à la clientèle et affectée à la préparation de glaçons et de boissons chaudes. « Cette eau de table a fait l’objet de commentaires très positifs, alors que rien n’empêchait les clients d’opter pour une eau minérale en bouteille », comme Tom Vandekerckhove, Consulting Director auprès de Bosaq, nous en a fait part lors d’un entretien complémentaire. « Le processus de transformation des eaux usées en eau potable comporte plusieurs étapes. Un champ de percolation se charge de l’épuration biologique des eaux usées avant leur purification avancée par nos soins. Le dispositif de purification se compose de diverses barrières telles qu’entre autres le charbon actif, l’adoucissement, l’ultrafiltration et l’osmose inverse. L’eau prélevée en aval du dispositif d’osmose inverse est d’ores et déjà d’une grande pureté. Cependant, cette eau doit encore franchir une barrière de sécurité supplémentaire ; à savoir, un échangeur d’ions à la sortie duquel l’eau prélevée s’avère ultrapure. Ensuite, l’ajout des sels minéraux nécessaires permet de redonner à cette eau un goût agréable. Avant son prélèvement pour consommation, cette eau subit encore un traitement par mini-lampe UV à DEL qui en assure la désinfection finale. »

Présence de substances précieuses dans les eaux d’égout

Le projet Interreg NWE (Europe nord-occidentale) WOW! (Wider business Opportunities for raw materials from Waste water) [Nouvelles perspectives commerciales pour les matières premières extraites des eaux usées] vise à étudier les possibilités d’extraction des substances précieuses présentes dans les eaux d’égout et leur valorisation en produits biosourcés. Selon Katrien Bijl, associée au projet européen WOW! (Wateringue Vallée et Veluwe), les eaux d’égout recèlent une quantité appréciable de substances précieuses susceptibles d’être utilisées comme matière première apte à la fabrication de produits biosourcés. « Pourtant, leur potentiel est sous-exploité en Europe nord-occidentale ; en effet, le taux de recyclage des matières premières que contiennent les eaux d’égout avoisine un pour cent. C’est dommage parce que ces matières premières pourraient contribuer à la réutilisation circulaire dans la chaîne de traitement des eaux. À cet égard, il conviendrait d’accorder une attention particulière à la cellulose, aux lipides et aux bioplastiques à base de polyhydroxyalcanoates (PHA). Pour ne citer que quelques exemples de leur potentiel :

les micro-organismes présents dans les eaux d’égout sont à même de produire des PHA à partir d’acides gras (le matériau de base sur lequel repose la fabrication des bioplastiques). Ces bioplastiques à base de PHA pourraient se substituer à près de 12 % des plastiques conventionnels en Europe nord-occidentale. En combinaison avec une bactérie spécifiquement présente dans les eaux d’égout, certains lipides se prêtent à la production de biodiesel, un carburant apte à remplacer partiellement le gazole conventionnel. Le Kaumera peut servir d’engrais agricole ou de revêtement d’ouvrages en béton. La production de cette matière première repose sur l’utilisation de boues granulaires Nereda. Le potentiel de valorisation du papier hygiénique est considérable. En Europe nord-occidentale, la quantité annuelle de papier hygiénique consommée s’élève à 13 kg par personne. Le recyclage de ce papier permettrait de réduire les émissions de CO2 dans des proportions équivalentes à 4,7 millions de vols aller-retour Amsterdam-Sydney. Une telle réutilisation se traduirait en effet par une réduction sensible de la production de boues d’égouttage, lesquelles sont encore amplement vouées à la calcination. Le cadre juridique régissant le recyclage des matières premières extraites d’eaux usées est encore à l’étude. Si le commerce des produits est généralement libre en Europe, cette liberté ne s’applique pas aux matières premières extraites des eaux d’égout en raison de l’encadrement juridique national auquel ces dernières sont soumises. En outre, les procédures d’élimination des déchets finaux n’ont fait, à ce jour, l’objet d’aucune harmonisation. Il serait peut-être utile de rétribuer les pionniers de l’économie circulaire en récompensant, par exemple, les entreprises qui ont recours à l’utilisation de bioplastiques plutôt qu’à celui de matières synthétiques conventionnelles pour fabriquer leurs produits. En attendant, je plaide en faveur d’une collaboration transfrontalière qui permette aux acteurs concernés de conjuguer leurs efforts et de partager leurs connaissances. »

Dernier intervenant à prendre la parole au congrès du Vlario, Ortwin Deroo, chef du service développement commercial chez De Watergroep, s’est arrêté sur quelques tendances marquantes. « La Flandre est aux prises avec une pénurie d’eau majeure. Nous souffrons d’une pénurie plus importante que certains pays méridionaux tels que l’Espagne. Durant les périodes de sécheresse les consommations de pointe sont élevées. En réalité, les précipitations annuelles sont plus importantes que naguère. Les hivers sont plus humides (3 %) et les étés moins pluvieux (- 50 %). Lorsqu’il pleut, les précipitations sont plus intenses. Toutefois, nous observons une diminution de la consommation annuelle d’eau par raccordement. Néanmoins, près de 45 % de la consommation d’eau dans les foyers est absorbée par des applications qui pourraient se passer d’eau potable, à l’instar du nettoyage, du rinçage des toilettes, du lavage à la machine, ... » Aujourd’hui, la Flandre compte encore 40.000 habitations qui ne sont pas raccordées au système central de distribution d’eau. « Certains propriétaires ne souhaitent pas leur raccordement », déclare Deroo. « Tandis que d’autres ne peuvent pas l’être en raison de problèmes de pression ou de qualité imputables à l’éloignement du système central. La solution réside dans la mise sur pied d’un système décentralisé qui réponde aux besoins de l’habitation considérée et autorise le traitement des eaux pluviales recueillies localement pour les transformer en eau potable. Par ailleurs, la collecte et le traitement des eaux grises s’imposent. Un nombre appréciable d’installations s’y livre déjà. Nous étudions avec plusieurs fournisseurs la mise au point d’une formule de location. » Selon De Watergroep, bon nombre d’entreprises de construction comprennent qu’elles doivent mettre les eaux pompées (eaux de drainage) à la disposition des usagers aux fins de valorisation. « Les eaux recueillies ne sont pas toutes affectables à quelque application que ce soit », souligne Deroo. De Watergroep a mis en œuvre une approche collective sur une friche industrielle située à Vossem, près de Tervuren/Tervueren. « Nous recueillons la totalité des eaux pluviales dans un bassin d’orage, puis nous procédons à leur purification avant de les proposer par le biais d’un deuxième circuit. » L’entreprise a également réalisé un autre projet à l’Abdij van Park / Abbaye de Parc. Un échangeur thermique y extrait la chaleur véhiculée par l’eau potable pompée. Son extraction suffit à répondre à quelque 80 % de la demande de chaleur. M. Deroo affirme que la conjugaison intelligente de données ne devrait pas manquer d’accroître la robustesse des systèmes de distribution d’eau.

Katrien Bijl, associée au projet européen WOW! (Wateringue Vallée et Veluwe) :

Le cadre juridique régissant le recyclage des matières premières extraites d’eaux usées est encore à l’étude.

Ortwin Deroo, chef du service développement commercial chez De Watergroep

Nous souffrons d’une pénurie plus importante que certains pays méridionaux tels que l’Espagne.