17/12/2020

Webinaire Watercircle consacré à l’eau circulaire

La 15e édition du salon Aquarama Trade Fair a connu un déroulement entièrement numérique. Les premières sessions de la matinée sont organisées par watercircle.be, en collaboration avec VMx et Flanders’ FOOD. Thème abordé : la gestion durable de l’eau dans l’industrie agroalimentaire.

Experte en hydrologie auprès de United Experts (Profex), Lies Bamelis fournit de plus amples explications concernant le cadre législatif régissant la gestion de l’eau dans le secteur agroalimentaire. « Le modèle de gestion circulaire de l’eau fait de plus en plus irruption dans le cadre légal régissant les activités industrielles. Ainsi, certaines clauses apparaissent de plus en plus souvent dans les conditions particulières mentionnées dans les autorisations. Ces textes mettent davantage l’accent sur la réutilisation des eaux de pluie ainsi que sur l’obligation de réserver l’usage des eaux souterraines (profondes) à des applications à haute valeur ajoutée. Lors de l’introduction de toute demande d’autorisation, nul ne peut se borner à tenir compte de la demande de dérogations (portant, par exemple, sur la constitution d’une réserve plus importante d’eau de pluie). Il faut également poser un regard critique sur les techniques (hydriques) retenues, tant sur le plan de l’efficacité que sur celui des émissions sonores et olfactives éventuelles. Par ailleurs, les autorités compétentes multiplient les incitatifs associés à l’utilisation circulaire de l’eau. Si une entreprise opte pour l’exploitation de ressources hydriques alternatives (par exemple, réutilisation d’effluents ou d’eaux pluviales), elle doit être à même de garantir que l’eau considérée satisfait aux exigences de qualité telles qu’énoncées par l’AFSCA. Plus la quantité d’eau recyclée est élevée, plus le nombre des analyses requises l’est également. L’usage des eaux usées dépend aussi du ‘statut réglementaire’ du flux. Si un exploitant souhaite procéder, par exemple, à l’évacuation du flux résiduel émanant d’une installation de traitement par osmose inverse, il lui faudra observer des normes de rejet plus rigoureuses et disposer d’une étude d’impact démontrant que l’évacuation de ce flux résiduel n’aura aucune répercussion défavorable sur le cours d’eau récepteur. Mais la valorisation des flux d’eaux usées peut également emprunter d’autres voies. Exemple : on peut en modifier le statut pour les faire accéder à celui de matière première (secondaire) par le biais d’une déclaration idoine. Au demeurant, il est vrai qu’en cas de transport des eaux usées, leur statut revient à celui de déchet et tombe dès lors sous le coup de la législation (plus rigoureuse) régissant les déchets. Autant d’éléments dont doit tenir compte quiconque prétend optimiser le modèle de gestion circulaire (de l’eau) au sein d’une entreprise agroalimentaire. Enfin, on ne peut plus se contenter de penser aux perspectives qui s’ouvrent au sein de l’entreprise, il faut également s’intéresser au monde extérieur, en collaborant par exemple avec d’autres entreprises, le monde agricole et les autorités compétentes. Ainsi, tous les acteurs concernés pourront recueillir les fruits d’une collaboration circulaire. »

Associé au bureau conseil en hydrologie BOSAQ, Tom Vandekerckhove livre des explications plus détaillées concernant les considérations et étapes préalables à la réalisation de toute installation de recyclage et dont il faut tenir compte en cas d’exploitation de ressources hydriques alternatives. Le bureau BOSAQ s’est attelé à l’exécution d’une étude de cas intéressante chez Algist Bruggeman, un producteur réputé de levure de boulanger. « Nous avons élaboré un plan directeur de gestion des eaux axé sur l’avenir qui devrait permettre à la société Algist Bruggeman de faire face à la pénurie croissante d’eau et à la baisse de qualité de leurs ressources en eaux souterraines. Ainsi, l’entreprise sera équipée d’une installation flexible accueillant différents modules de filtration par membrane qui lui permettront d’alterner entre eaux souterraines et effluents biologiquement purifiés. Cette étude montre que la gestion circulaire de l’eau ne se limite pas à un retour sur investissement en fonction du coût de l’eau. » La sécurité de la production revêt une importance au moins comparable en ces temps de pénurie d’eau. En sa qualité d’Applications Manager auprès d’Aaqua, une société spécialisée dans l’épuration des eaux, Rob Van den Broeck se penche sur le fumier comme source d’eau et de nutriments destinés à l’industrie alimentaire. Sa présentation permet de se faire une idée plus précise de ce qui se trame dans les coulisses de l’entreprise familiale Verhelst établie à Ypres, Flandre occidentale. Une nouvelle installation permet de convertir 90.000 tonnes par an de fumier porcin en matières premières destinées à l’industrie alimentaire. Aaqua a procédé à l’installation d’une unité d’ultrafiltration suivie d’une unité de traitement par osmose inverse après purification biologique. « Nous avons opté pour de robustes membranes à écoulement latéral (sidestream) que nous avons installées à proximité du réacteur. Une préfiltration de qualité s’impose afin d’éliminer toutes les impuretés pour les empêcher d’atteindre les membranes. Le traitement du perméat d’ultrafiltration autorise la production, par osmose inverse, d’une eau d’irrigation satisfaisante. L’emploi de produits chimiques tels qu’un biocide, un correcteur de pH et un inhibiteur d’entartrage s’impose. Nous parvenons à conserver pas moins de 70 % de l’eau sous forme de perméat de haute qualité obtenu par osmose inverse. Et les 30 % restant sous une forme concentrée. Le perméat OI satisfait à toutes les exigences de qualité auxquelles doit répondre une eau d’irrigation. »

Recyclage de l’eau dans un abattoir moderne

Account Manager chez Aquaplus, Wouter De Wilde nous en dit plus sur les installations d’épuration et de recyclage des eaux qu’accueille Sus Campiniae, l’abattoir le plus moderne de Belgique. Aquaplus et son partenaire Geo-groep se sont vu confier la conception, la construction, le financement et la gestion opérationnelle de ces installations aux termes d’un accord DBFO [CCFE]. Il s’agit d’un bioréacteur à membrane et à osmose inverse. « Son exploitation s’accompagne de l’application d’une technique de désinfection par UV, au peroxyde d’hydrogène et à l’hypochlorite de sodium. L’abattoir est en mesure de réutiliser plus de 50 % de ses eaux, à raison de 10 % comme eau de rinçage et de plus de 40 % comme eau de traitement. Les eaux restantes se déversent dans les eaux de surface. Les boues résiduaires sont soumises à une fermentation. » Aquaplus et Geo-groep se chargent de la maintenance et de la surveillance en collaboration avec leur partenaire Veride, mais se soumettent à la supervision de laboratoires indépendants. De Wilde met aussi l’accent sur les défis à relever. « Nous assurons la fourniture sur mesure de trois qualités et de trois quantités d’eau. Outre un suivi sérieux du processus, la mise en tampon revêt une importance déterminante. Une conception aboutie n’épargnera pas toujours à l’exploitant d’être confronté tôt ou tard avec des problèmes imprévus. Les entreprises disposent-elles à tout moment d’un personnel suffisamment fiable ou d’un contractant spécialisé, à même de résoudre immédiatement les problèmes rencontrés ? Depuis le printemps dernier, il est important que ces activités soient menées en conformité avec les mesures sanitaires et de sécurité qu’impose la Covid-19. » Pour plus d’informations, lisez l’article de fond publié dans le magazine.

Les projets circulaires d’épuration des eaux ne se limitent pas à leur réutilisation. La valorisation des nutriments extraits des eaux usées est également envisageable. Riet Cornelissen de Pantarein Water s’est penchée sur la question dans le cadre du projet « De Nieuwe Dokken », un projet résidentiel érigé au nord de Gand. Pantarein Water en a réalisé l’installation d’épuration des eaux usées domestiques. « Le traitement des eaux noires par un réacteur anaérobie s’accompagne de la production d’énergie. Ensuite, un réacteur à struvite permet de récupérer le phosphore que contiennent les eaux noires. La struvite est un engrais que l’on utilise pour fertiliser les zones vertes qu’accueillent le complexe résidentiel « De Nieuwe Dokken ». Le traitement de l’effluent du réacteur à struvite et des eaux grises s’effectue dans un bioréacteur aérobie à membrane. Ce dernier produit un effluent exempt de matières en suspension et susceptible d’être acheminée vers une installation de filtration OI sans devoir subir aucun traitement supplémentaire. Fabricant de produits d’hygiène, Christeyns utilise le perméat de l’installation de filtration OI pour produire de la vapeur et le concentrat comme matière première entrant dans la fabrication de ses produits.

Valorisation des flux secondaires

Innovation Manager auprès de Flanders Food, Bianca Lefevere attire l’attention des participants sur le projet Sucr’eau, lequel met l’accent sur le recyclage de l’eau lors de la deuxième étape du blanchiment dans le secteur de la transformation des pommes de terre. L’identification des technologies intéressantes pour la séparation des sucres et des amidons ainsi que les modalités de recyclage de l’eau ont fait l’objet de recherches sérieuses. « Nous étudions les conditions de valorisation des flux secondaires. Nous nous penchons sur les modalités d’optimisation des technologies existantes de traitement des eaux et sur leur mise en œuvre dans d’autres flux aqueux riches en sucres. » Lefevere se livre encore à la présentation d’un deuxième projet intitulé « Smart WaterUse ». Ce projet se focalise sur l’identification des risques liés à l’eau et leur maîtrise intelligente dans les secteurs des fruits de mer, de l’aquaculture, du tourisme et du textile. Ensuite, Desotec se penche plus avant sur l’usage du charbon actif comme moyen d’adsorption propice à l’élimination des pesticides présents dans les eaux souterraines. La mise en œuvre d’un filtre mobile au charbon actif permet de faire subir aux eaux souterraines pompées une filtration qui en autorise à nouveau l’utilisation à court terme comme eau de traitement au sein d’une entreprise agroalimentaire. Experte en hydrologie, Rilke Raes se focalise sur les perspectives juridiques et sur les implications éventuelles que pourrait avoir le recyclage des eaux (usées) et des boues d’épuration sur la fiscalité et la normalisation. Au cours de cette session, Mme Raes présente aux participants un bref aperçu des perspectives juridiques qui s’offrent au recyclage des eaux usées et des boues formées à l’issue du processus d’épuration des eaux usées. Els Berckmoes du centre Proefteelt nous en dit plus sur la désinfection des systèmes au chlore pour réduire la charge de morbidité associée aux oomycètes présents dans les cultures hydroponiques de laitues. Enfin, Cor Verbruggen, formateur auprès de l’Eijkelkamp Academy, fournit quelques de plus amples explications concernant le réseau et les capteurs de mesure des eaux souterraines qu’ils ont installé au Sri Lanka dans le but d’identifier, entre autres, la cause de la pénurie d’eau souterraine.

Tom Vandekerckhove du bureau conseil en hydrologie Bosaq : “

« La gestion circulaire de l’eau ne se limite pas à un retour sur investissement en fonction du coût de l’eau ».

Experte en hydrologie Lies Bamelis de United Experts (Profex) :

« Le modèle de gestion circulaire de l’eau fait de plus en plus irruption dans le cadre légal régissant les activités industrielles. »

Wouter De Wilde d’Aquaplus:

« Une conception aboutie n’épargnera pas toujours à l’exploitant d’être confronté tôt ou tard avec des problèmes imprévus. »

Webinaire Watercircle consacré à l’eau circulaire

La 15e édition du salon Aquarama Trade Fair a connu un déroulement entièrement numérique. Les premières sessions de la matinée sont organisées par watercircle.be, en collaboration avec VMx et Flanders’ FOOD. Thème abordé : la gestion durable de l’eau dans l’industrie agroalimentaire.

Experte en hydrologie auprès de United Experts (Profex), Lies Bamelis fournit de plus amples explications concernant le cadre législatif régissant la gestion de l’eau dans le secteur agroalimentaire. « Le modèle de gestion circulaire de l’eau fait de plus en plus irruption dans le cadre légal régissant les activités industrielles. Ainsi, certaines clauses apparaissent de plus en plus souvent dans les conditions particulières mentionnées dans les autorisations. Ces textes mettent davantage l’accent sur la réutilisation des eaux de pluie ainsi que sur l’obligation de réserver l’usage des eaux souterraines (profondes) à des applications à haute valeur ajoutée. Lors de l’introduction de toute demande d’autorisation, nul ne peut se borner à tenir compte de la demande de dérogations (portant, par exemple, sur la constitution d’une réserve plus importante d’eau de pluie). Il faut également poser un regard critique sur les techniques (hydriques) retenues, tant sur le plan de l’efficacité que sur celui des émissions sonores et olfactives éventuelles. Par ailleurs, les autorités compétentes multiplient les incitatifs associés à l’utilisation circulaire de l’eau. Si une entreprise opte pour l’exploitation de ressources hydriques alternatives (par exemple, réutilisation d’effluents ou d’eaux pluviales), elle doit être à même de garantir que l’eau considérée satisfait aux exigences de qualité telles qu’énoncées par l’AFSCA. Plus la quantité d’eau recyclée est élevée, plus le nombre des analyses requises l’est également. L’usage des eaux usées dépend aussi du ‘statut réglementaire’ du flux. Si un exploitant souhaite procéder, par exemple, à l’évacuation du flux résiduel émanant d’une installation de traitement par osmose inverse, il lui faudra observer des normes de rejet plus rigoureuses et disposer d’une étude d’impact démontrant que l’évacuation de ce flux résiduel n’aura aucune répercussion défavorable sur le cours d’eau récepteur. Mais la valorisation des flux d’eaux usées peut également emprunter d’autres voies. Exemple : on peut en modifier le statut pour les faire accéder à celui de matière première (secondaire) par le biais d’une déclaration idoine. Au demeurant, il est vrai qu’en cas de transport des eaux usées, leur statut revient à celui de déchet et tombe dès lors sous le coup de la législation (plus rigoureuse) régissant les déchets. Autant d’éléments dont doit tenir compte quiconque prétend optimiser le modèle de gestion circulaire (de l’eau) au sein d’une entreprise agroalimentaire. Enfin, on ne peut plus se contenter de penser aux perspectives qui s’ouvrent au sein de l’entreprise, il faut également s’intéresser au monde extérieur, en collaborant par exemple avec d’autres entreprises, le monde agricole et les autorités compétentes. Ainsi, tous les acteurs concernés pourront recueillir les fruits d’une collaboration circulaire. »

Associé au bureau conseil en hydrologie BOSAQ, Tom Vandekerckhove livre des explications plus détaillées concernant les considérations et étapes préalables à la réalisation de toute installation de recyclage et dont il faut tenir compte en cas d’exploitation de ressources hydriques alternatives. Le bureau BOSAQ s’est attelé à l’exécution d’une étude de cas intéressante chez Algist Bruggeman, un producteur réputé de levure de boulanger. « Nous avons élaboré un plan directeur de gestion des eaux axé sur l’avenir qui devrait permettre à la société Algist Bruggeman de faire face à la pénurie croissante d’eau et à la baisse de qualité de leurs ressources en eaux souterraines. Ainsi, l’entreprise sera équipée d’une installation flexible accueillant différents modules de filtration par membrane qui lui permettront d’alterner entre eaux souterraines et effluents biologiquement purifiés. Cette étude montre que la gestion circulaire de l’eau ne se limite pas à un retour sur investissement en fonction du coût de l’eau. » La sécurité de la production revêt une importance au moins comparable en ces temps de pénurie d’eau. En sa qualité d’Applications Manager auprès d’Aaqua, une société spécialisée dans l’épuration des eaux, Rob Van den Broeck se penche sur le fumier comme source d’eau et de nutriments destinés à l’industrie alimentaire. Sa présentation permet de se faire une idée plus précise de ce qui se trame dans les coulisses de l’entreprise familiale Verhelst établie à Ypres, Flandre occidentale. Une nouvelle installation permet de convertir 90.000 tonnes par an de fumier porcin en matières premières destinées à l’industrie alimentaire. Aaqua a procédé à l’installation d’une unité d’ultrafiltration suivie d’une unité de traitement par osmose inverse après purification biologique. « Nous avons opté pour de robustes membranes à écoulement latéral (sidestream) que nous avons installées à proximité du réacteur. Une préfiltration de qualité s’impose afin d’éliminer toutes les impuretés pour les empêcher d’atteindre les membranes. Le traitement du perméat d’ultrafiltration autorise la production, par osmose inverse, d’une eau d’irrigation satisfaisante. L’emploi de produits chimiques tels qu’un biocide, un correcteur de pH et un inhibiteur d’entartrage s’impose. Nous parvenons à conserver pas moins de 70 % de l’eau sous forme de perméat de haute qualité obtenu par osmose inverse. Et les 30 % restant sous une forme concentrée. Le perméat OI satisfait à toutes les exigences de qualité auxquelles doit répondre une eau d’irrigation. »

Recyclage de l’eau dans un abattoir moderne

Account Manager chez Aquaplus, Wouter De Wilde nous en dit plus sur les installations d’épuration et de recyclage des eaux qu’accueille Sus Campiniae, l’abattoir le plus moderne de Belgique. Aquaplus et son partenaire Geo-groep se sont vu confier la conception, la construction, le financement et la gestion opérationnelle de ces installations aux termes d’un accord DBFO [CCFE]. Il s’agit d’un bioréacteur à membrane et à osmose inverse. « Son exploitation s’accompagne de l’application d’une technique de désinfection par UV, au peroxyde d’hydrogène et à l’hypochlorite de sodium. L’abattoir est en mesure de réutiliser plus de 50 % de ses eaux, à raison de 10 % comme eau de rinçage et de plus de 40 % comme eau de traitement. Les eaux restantes se déversent dans les eaux de surface. Les boues résiduaires sont soumises à une fermentation. » Aquaplus et Geo-groep se chargent de la maintenance et de la surveillance en collaboration avec leur partenaire Veride, mais se soumettent à la supervision de laboratoires indépendants. De Wilde met aussi l’accent sur les défis à relever. « Nous assurons la fourniture sur mesure de trois qualités et de trois quantités d’eau. Outre un suivi sérieux du processus, la mise en tampon revêt une importance déterminante. Une conception aboutie n’épargnera pas toujours à l’exploitant d’être confronté tôt ou tard avec des problèmes imprévus. Les entreprises disposent-elles à tout moment d’un personnel suffisamment fiable ou d’un contractant spécialisé, à même de résoudre immédiatement les problèmes rencontrés ? Depuis le printemps dernier, il est important que ces activités soient menées en conformité avec les mesures sanitaires et de sécurité qu’impose la Covid-19. » Pour plus d’informations, lisez l’article de fond publié dans le magazine.

Les projets circulaires d’épuration des eaux ne se limitent pas à leur réutilisation. La valorisation des nutriments extraits des eaux usées est également envisageable. Riet Cornelissen de Pantarein Water s’est penchée sur la question dans le cadre du projet « De Nieuwe Dokken », un projet résidentiel érigé au nord de Gand. Pantarein Water en a réalisé l’installation d’épuration des eaux usées domestiques. « Le traitement des eaux noires par un réacteur anaérobie s’accompagne de la production d’énergie. Ensuite, un réacteur à struvite permet de récupérer le phosphore que contiennent les eaux noires. La struvite est un engrais que l’on utilise pour fertiliser les zones vertes qu’accueillent le complexe résidentiel « De Nieuwe Dokken ». Le traitement de l’effluent du réacteur à struvite et des eaux grises s’effectue dans un bioréacteur aérobie à membrane. Ce dernier produit un effluent exempt de matières en suspension et susceptible d’être acheminée vers une installation de filtration OI sans devoir subir aucun traitement supplémentaire. Fabricant de produits d’hygiène, Christeyns utilise le perméat de l’installation de filtration OI pour produire de la vapeur et le concentrat comme matière première entrant dans la fabrication de ses produits.

Valorisation des flux secondaires

Innovation Manager auprès de Flanders Food, Bianca Lefevere attire l’attention des participants sur le projet Sucr’eau, lequel met l’accent sur le recyclage de l’eau lors de la deuxième étape du blanchiment dans le secteur de la transformation des pommes de terre. L’identification des technologies intéressantes pour la séparation des sucres et des amidons ainsi que les modalités de recyclage de l’eau ont fait l’objet de recherches sérieuses. « Nous étudions les conditions de valorisation des flux secondaires. Nous nous penchons sur les modalités d’optimisation des technologies existantes de traitement des eaux et sur leur mise en œuvre dans d’autres flux aqueux riches en sucres. » Lefevere se livre encore à la présentation d’un deuxième projet intitulé « Smart WaterUse ». Ce projet se focalise sur l’identification des risques liés à l’eau et leur maîtrise intelligente dans les secteurs des fruits de mer, de l’aquaculture, du tourisme et du textile. Ensuite, Desotec se penche plus avant sur l’usage du charbon actif comme moyen d’adsorption propice à l’élimination des pesticides présents dans les eaux souterraines. La mise en œuvre d’un filtre mobile au charbon actif permet de faire subir aux eaux souterraines pompées une filtration qui en autorise à nouveau l’utilisation à court terme comme eau de traitement au sein d’une entreprise agroalimentaire. Experte en hydrologie, Rilke Raes se focalise sur les perspectives juridiques et sur les implications éventuelles que pourrait avoir le recyclage des eaux (usées) et des boues d’épuration sur la fiscalité et la normalisation. Au cours de cette session, Mme Raes présente aux participants un bref aperçu des perspectives juridiques qui s’offrent au recyclage des eaux usées et des boues formées à l’issue du processus d’épuration des eaux usées. Els Berckmoes du centre Proefteelt nous en dit plus sur la désinfection des systèmes au chlore pour réduire la charge de morbidité associée aux oomycètes présents dans les cultures hydroponiques de laitues. Enfin, Cor Verbruggen, formateur auprès de l’Eijkelkamp Academy, fournit quelques de plus amples explications concernant le réseau et les capteurs de mesure des eaux souterraines qu’ils ont installé au Sri Lanka dans le but d’identifier, entre autres, la cause de la pénurie d’eau souterraine.

Tom Vandekerckhove du bureau conseil en hydrologie Bosaq : “

« La gestion circulaire de l’eau ne se limite pas à un retour sur investissement en fonction du coût de l’eau ».

Experte en hydrologie Lies Bamelis de United Experts (Profex) :

« Le modèle de gestion circulaire de l’eau fait de plus en plus irruption dans le cadre légal régissant les activités industrielles. »

Wouter De Wilde d’Aquaplus:

« Une conception aboutie n’épargnera pas toujours à l’exploitant d’être confronté tôt ou tard avec des problèmes imprévus. »