Waterleau passe au numérique
Waterleau passe au numérique
L’extension de la capacité d’épuration d’eau ne signifie pas automatiquement qu’il faut couler plus de béton. La maximalisation d’une installation d’épuration d’eau existante suffit parfois pour couvrir de nouveaux besoins. La condition de base ici est que les prestations de l’installation soient connues de A à Z. Mesurer c’est savoir. L’entreprise des technologies de l’eau Waterleau a déjà développé à cet effet la plateforme numérique SmartLab, un outil basé sur l’Internet qui fournit de nombreux autres avantages outre ceux cités ci-dessus. Une nouvelle étape est ainsi franchie dans l’évolution de l’entreprise où le « total water management » est à l’avant-plan.
L’année dernière, on pouvait lire dans Aquarama que Waterleau étendait son offre de services aux clients. Dans ce contexte, Waterleau se présente de plus en plus comme un partenaire fiable qui accompagne le client tout au long de la vie d’une installation de traitement de l’eau. Autrement dit : la coopération du propriétaire d’une installation avec Waterleau ne s’arrête pas à la mise en service. Et ce n’est que logique, car la véritable expertise d’une installation se révèle lors de la phase de conception. Donc pourquoi le client ne continuerait-il pas à compter sur l’aide de Waterleau tout au long de la vie d’une installation pour le traitement des eaux de traitement et des eaux résiduaires ainsi que pour le remploi de l’eau ?
SmartLab
« Ceci est une question sensée qui nous est venue du marché », expose Jeroen De Lathouwer, Vice President Business Development chez Waterleau. « Cela nous a inspirés pour réexaminer notre coopération avec nos partenaires. Pour résumer les choses, cela signifie que nous avons ajouté à plusieurs reprises à nos contrats D&B (Design & Build) une plus-value sous la forme d’un encadrement au moyen d’un Service Level Agreement (SLA), DBO (+ exploitation) ou même DBFO (+ financement par des fonds d’infrastructure). L’extension de notre aide et de notre service signifie toutefois que nous devons avoir une meilleure vision sur les installations ; or, dans notre cas, ces installations sont situées sur tous les continents. »
La numérisation était la solution. Waterleau a développé, pour le suivi des installations à distance, la plateforme SmartLab. « Avec cet outil, nous pouvons non seulement suivre le fonctionnement de toutes les installations d’eaux de traitement, les installations d’épuration d’eau ou les installations pour l’extraction de biogaz des déchets organiques, mais aussi, et ceci est encore plus important, que nous pouvons les optimaliser, ce qui abaisse en même temps le coût opérationnel et améliore le rendement. Le fonctionnement des installations est suivi à partir de nos trois salles de contrôle en Belgique, en Chine et aux Etats-Unis. »
Tableau de bord numérique
Le développement de SmartLab a porté à un niveau supérieur le service au client (mais aussi les avantages pour le client lui-même), et ceci de différentes façons. Le tableau de bord numérique donne d’un seul coup d’oeil un aperçu total de l’installation. Une évaluation est faite du fonctionnement actuel par rapport aux KPI (key performance indicators). Sur la base d’un paquet de données étendu, il est possible de prendre les bonnes décisions en connaissance de cause. Toutes les données qui sont obtenues restent conservées à un endroit unique et protégé (la cybersecurity est prise au sérieux chez Waterleau).
Les clients sont accompagnés à partir d’une Waterleau Control Support Room. Grâce à la plateforme SmartLab basée sur l’Internet, les experts de Waterleau et les ingénieurs de traitement sont parfaitement au courant 24h/24 de la situation d’une installation et peuvent accompagner l’utilisateur de leurs conseils tout au long du procédé pour corriger les paramètres ou pour remédier aux pannes.
« Les data sont très importantes, mais en soi, les résultats de mesure et les réglages ne sont guère loquaces », indique Jeroen De Lathouwer. « Les data sont utiles si on les analyse pour obtenir des informations. Nous partons des data et nous transformons celles-ci en informations utiles, et ceci est reproduit sur un tableau de bord. On pourrait penser que les clients peuvent être plus réticents à partager leurs data, mais rien n’est moins vrai. Nous pouvons les convaincre de la plus-value que ceci implique pour eux-mêmes : frais d’entretien réduits, frais d’exploitation réduits grâce à la diminution de la consommation d’énergie et de produits chimiques, fiabilité augmentée, paix d’esprit totale. J’aime parler moi-même d’une usine d’eau numérique : mesure, transmission, traitement et visualisation. A partir de notre salle de contrôle à Wespelaar, nous pouvons aider notre client, grosso modo, dans un pays d’Amérique latine comme si nous étions physiquement présents sur place. Rapide, efficace, 24h/24 et 7j/7, et ceci pour le prix de revient d’une licence. Sans oublier donc les déplacements coûteux en temps et en argent ! »
Et ce n’est pas tout. Actuellement, Waterleau est occupée, en coopération avec la KULeuven, à un projet de recherche pour développer des algorithmes qui permettent l’envoi de data à titre prédictif. Détecter et résoudre un dysfonctionnement avant qu’il ne se transforme en panne. Par là, le service sera porté à niveau encore plus élevé !
Maximalisation
Le service est une chose, la capacité de production en est une autre. La mission la plus importante d’une installation de traitement de l’eau reste encore et toujours de traiter la plus grande quantité d’eau ou de charge possible. Grâce à SmartLab, la capacité de production d’une usine d’eau (numérique) peut être maximalisée.
Jeroen De Lathouwer : « La plupart des installations de traitement de l’eau tournent aujourd’hui de manière sous-optimale. J’entends par là que leur capacité est très bonne à excellente, mais que les choses peuvent encore être améliorées. Sans modèles mathématiques, on ne découvrirait jamais la capacité cachée et on ne tirerait jamais le maximum de son installation. En raison des nombreux points de mesure dans l’installation que nous obtenons grâce à SmartLab, nous pouvons jouer avec les réglages dans notre usine d’eau numérique. Outre l’usine d’eau numérique, nous créons un jumeau numérique (digital twin) grâce auquel nous pouvons travailler et rédiger d’innombrables scénarios. Que se passe-t-il si nous adaptons le débit ? Que se passe-t-il si nous augmentons la charge ? Que se passe-t-il si nous utilisons plus ou moins de produits chimiques ? Que se passe-t-il si nous nettoyons un filtre en plus ou en moins ? Que se passe-t-il si nous fermons un branchement ? Enumérez les hypothèses et nous pouvons jouer virtuellement avec celles-ci. Pousser l’installation au maximum. De préférence, tout juste au-delà du maximum car nous savons que nous devons rétrograder pour un résultat optimal. Mesure, analyse, marche d’essai, retour, adaptation et recommencer autant de fois que nécessaire dans notre usine d’eau numérique jusqu’à ce que nous ayons tout exprimé, après quoi nous mettons seulement en oeuvre dans l’usine d’eau réelle. »
Découvrir et résoudre la différence de capacité entre l’optimal et le sous-optimal peut signifier qu’aucune extension d’une installation d’épuration d’eau n’est nécessaire alors que la capacité de production de nos clients augmente. Pour le client, ceci se traduit par une augmentation de la capacité sans investissements supplémentaires. « Les possibilités fournies par SmartLab dépassent les limites humaines », conclut Jeroen De Lathouwer.
Par Rudy Gunst
Photos : Waterleau
« La plupart des installations de traitement de l’eau tournent de manière sous-optimale. »
« Les data sont utiles si on les analyse pour obtenir des informations. »





