Une unité mobile maintient à niveau la production d’eau déminéralisée de BASF Anvers
Une unité mobile maintient à niveau la production d’eau déminéralisée de BASF Anvers
On ne remplace pas si facilement une installation de traitement d’eau devant être rénovée. La recherche d’une solution durable, efficace et pérenne demande du temps et de la réflexion. Dans l’intervalle, la production ne doit en aucun cas baisser. Pour soutenir l’installation existante et garantir la qualité et la continuité de l’eau déminéralisée sur son site d’Anvers, BASF a fait appel à la flotte mobile de Suez.
L’approvisionnement en eau déminéralisée du site d’Anvers BASF est assuré par la même unité de déminéralisation avec échangeur d’ions depuis près de 60 ans. Ces dernières années, cependant, ce géant de la chimie a rencontré de plus en plus de problèmes avec l’installation. Plus précisément, l’ancienneté de l’unité, conjuguée au passage, en 2010, d’eau de ville à de l’eau de surface prétraitée, a fait que la qualité et la continuité de la production d’eau déminéralisée ne pouvaient pas toujours être garanties. De ce fait, l’installation demande aujourd’hui des entretiens toujours plus fréquents.
Une solution temporaire
Une stratégie à long terme pour l’approvisionnement en eau déminéralisée sur le site est en cours de définition, mais afin d’assurer le progrès de ses propres activités et d’autres en attendant cette solution permanente, BASF a recherché, l’an passé, un partenaire pour une solution temporaire. Le savoir-faire, l’important parc de solutions mobiles et les collaborations fructueuses avec d’autres départements de l’entreprise ont finalement conduit le groupe de chimie chez Suez.
« Pendant au moins trois ans, notre installation mobile, d’une capacité de production de 100 m3/h, renforcera l’installation encore opérationnelle de BASF », affirme Ervin Orlandini, Responsable Ventes et prospects chez Suez Assets Services. « D’une part, notre ligne indépendante crée un réservoir tampon qui peut être utilisé lors des travaux de maintenance ; d’autre part, elle garantit la qualité d’eau déminéralisée requise pour les applications les plus exigeantes telles que la production de vapeur. Différents paramètres de qualité – en particulier une conductivité 0,1 µS/cm et une concentration en silice 20 ppb (parties par milliard) – ont été déterminés contractuellement à cet effet. »
Régime de traitement éprouvé
La qualité de l’eau prédéterminée est obtenue au moyen d’une recette qui a maintenant été testée. Le gestionnaire de contrat Stijn Renaerts : « La première étape de traitement consiste en deux installations d’osmose inverse (OI) à double passage. Cette osmose inverse assure déjà l’élimination de 99,5% des nutriments et une réduction de la conductivité de 500 µS/cm en moyenne, à environ 2 µS/cm. Dans une deuxième étape de traitement, nous fournissons deux unités d’électrodéionisation ou EDI. Cette électrodéionisation élimine 95% des nutriments restants dans le perméat et réduit encore la conductivité à une moyenne de 0,055 à 0,07 µS/cm. Nous allons ainsi au-delà des exigences de qualité imposées. »
En faisant recirculer à la fois le concentré du deuxième passage d’osmose inverse et le flux de déchets des EDI, l’installation atteint un taux de récupération de 72%.
« En utilisant l’électrodéionisation, l’eau peut être traitée en continu et sans temps d’arrêt. »
Pas de temps d’arrêt durant la régénération
Le fait que l’utilisation de résines comme étape de polissage produise une belle qualité stable est, selon Renaerts, un atout connu. « Par rapport à d’autres applications de résine, les EDI ont également l’avantage de la continuité. La régénération ne nécessite, en effet, aucun produit chimique ni changement. Les installations se nettoient d’elles-mêmes et l’eau peut donc être traitée en continu, sans temps d’arrêt.
L’installation d’un réservoir tampon de 70 m3 entre les OI et les EDI caractérise également une production continue, tout comme la conception des châssis de pompe pour les EDI. « Ces dernières ont été équipées de deux pompes chacune, dont une en stand-by », déclare Stijn Renaerts. « Le réservoir tampon crée aussi une réserve et garantit ainsi la stabilité de la production même pendant les travaux de maintenance sur, par exemple, l’une des installations d’OI ou d’EDI. »
Contrôle qualité permanent
Enfin, divers dispositifs de sécurité ont été intégrés pour vérifier la qualité finale prédéfinie et la protection de l’installation mobile elle-même, les écarts de qualité de l’eau d’alimentation étant la préoccupation principale. Stijn Renaerts : « Comme pour l’installation de déminéralisation d’origine, on utilise l’eau de surface de la Meuse. BASF fournit le prétraitement nécessaire avec, entre autres, une filtration sur sable, mais en cas de problème, nous avons également intégré certaines protections dans nos OI. En cas de dépassement d’un paramètre crucial – pH, pression… – l’installation s’arrête automatiquement. »
De plus, l’ensemble du système est contrôlé via un API central et l’équipe de SAV de Suez y a accès à tout moment via la plate-forme en ligne InSight. « BASF peut démarrer ou arrêter l’installation, mais nous sommes responsables du suivi », affirme Ervin Orlandini. « InSight rend tout très clair : nous pouvons vérifier les indicateurs nécessaires au quotidien, nous recevons un rapport automatique chaque semaine, tout comme notre client, et sommes informés directement lorsqu’un problème survient. Ceci, combiné à un bon contact et des concertations régulières avec BASF, nous permet de répondre rapidement et de manière appropriée. Si nous constatons une irrégularité, nous la partageons directement avec le groupe chimique et nous en cherchons ensemble la cause et trouvons une solution qui correspond à leur mode de consommation. »
Texte : Elise Noyez
Photos : Suez
Solutions mobiles de Suez
Suez Assets Services est la division internationale de Suez Water Technologies, en charge des solutions temporaires de traitement des eaux. Cette division allie de nombreuses années d’expérience dans le traitement de l’eau avec une énorme flotte d’applications mobiles, en particulier pour les applications d’eau potable. En plus des unités d’OI et de déionisation (EDI), par exemple, presque toutes les technologies de prétraitement (flottation, ultrafiltration, filtration sur charbon actif ...) sont possibles ainsi que des échangeurs d’ions classiques et même des membranes de transfert de gaz pour l’élimination de l’oxygène ou du CO2. Dans les applications de résine classiques, lorsque c’est nécessaire, les remorques sont transférées au centre de service Suez à Peterborough (Royaume-Uni) pour y être régénérées.




