Une nouvelle station d’épuration chez Boortmalt fait d’une pierre deux coups
Une nouvelle station d’épuration chez Boortmalt fait d’une pierre deux coups
Pour leur gestion de l’eau, les entreprises industrielles sont de plus en plus souvent confrontées à un double défi. D’une part, elles sont de moins en moins assurées de la pérennité d’un approvisionnement de qualité, et d’autre part des normes de rejet de plus en plus strictes mettent en péril l’obtention d’un permis pour de nombreux projets. À la malterie Boortmalt à Anvers, Pantarein Water a développé une gestion de l’eau adaptée permettant à l’entreprise de relever les deux défis à la fois.
Pantarein Water exploite depuis de nombreuses années la station d’épuration de la malterie Boortmalt à Anvers, qui traite environ 900.000 m3 d’eaux usées par an. « Au cours de cette période, nous avons régulièrement discuté de la possibilité de réutiliser l’eau », raconte Piet De Langhe de Pantarein Water. « Le client était conscient des avantages de la réutilisation, mais gardait quand même une certaine appréhension. Finalement, c’est le durcissement de la norme de rejet pour la DCO, de 200 à 100 mg/l, qui a fini par le convaincre. »
Normes de rejet plus strictes
Il était impossible de réduire la DCO à 100 mg/l avec le traitement biologique existant chez Boortmalt et l’ajout d’un post-traitement au charbon actif était peu intéressant sur les plans financier et opérationnel. « Plus la DCO est faible, plus il devient difficile de l’éliminer efficacement », explique De Langhe. « C’est pourquoi nous avons proposé une approche alternative qui commence par augmenter la DCO afin de l’éliminer plus facilement. »
Le résultat de cet exercice est une nouvelle combinaison de procédés entièrement assemblés dans des conteneurs, qui comprend une osmose inverse, une nanofiltration et, pour terminer, un traitement physicochimique avec flottation. « Le flux initial de 100 m3/h est réduit à un flux de concentrat de 5 m3/h après la nanofiltration. Ce concentrat a une DCO très élevée, de l’ordre de 2.500 mg/l, qui se prête très bien au traitement par flottation. Nous rendons ce traitement encore plus performant en ajoutant de l’aluminate, qui permet d’éliminer efficacement le phosphore résiduel, sans risque d’augmenter la teneur en cobalt. Des mesures en ligne de la DCO et du phosphore permettent ensuite d’ajuster le dosage pour minimiser l’utilisation de produits chimiques tout en respectant la norme de rejet. »
Réutilisation de l’eau
Un point clé de tout le processus est la réutilisation de l’eau. « Lorsqu’une entreprise récupère de l’eau en Flandre, elle est soumise au principe de charge, suivant lequel la norme de rejet est multipliée par le facteur de concentration. C’est bien le cas chez Boortmalt. De plus, l’installation produit de toute façon de l’eau potable grâce à l’osmose inverse. Autrement dit, l’épuration traite deux problématiques très actuelles, qui sont abordées ici de manière durable. Ce point était clairement un argument de poids, combiné à une analyse de risques et à des contrôles de qualité approfondis, pour convaincre le client. »
Texte : Elise Noyez
Illustrations : Pantarein Water

