Une mesure fiable de la concentration en boues pour un meilleur contrôle du process et des économies d’énergie
Une mesure fiable de la concentration en boues pour un meilleur contrôle du process et des économies d’énergie
Pour rendre un process le moins énergivore possible, chaque étape doit être finement régulée selon les conditions réelles. C’est malheureusement rarement le cas aujourd’hui dans les stations d’épuration des eaux, où la concentration en boues est mesurée soit sur des prélèvements sporadiques, soit à l’aide de capteurs optiques peu fiables. Olpas veut changer la donne avec une nouvelle technologie de capteur à ultrasons, initialement développée au SCK CEN.
« Il ne s’agit pas du capteur à ultrasons que les professionnels du traitement de l’eau connaissent déjà », précise immédiatement le développeur Dr Ir Kristof Gladinez. « Notre technologie est très avancée. Au lieu de détecter simplement le retour du signal ultrasonore, comme le fait par ex. un capteur de niveau, notre capteur analyse l’écho, ou plus précisément les échos rétrodiffusés, ce qui donne une idée de la fraction de particules solides. » « Le principe est comparable à l’échographie utilisée en gynécologie », ajoute le co-fondateur Jo Wouters, « bien que techniquement c’est encore un peu plus poussé que ça. »
Mesure continue de la concentration en boues
Olpas propose des solutions pour chaque étape du procédé d’épuration des eaux. Wouters : « Nous pouvons mesurer la concentration en boues n’importe où, dans les boues activées ou épaissies. Nous avons en effet conçu différents capteurs adaptés à différentes concentrations et capables de réaliser des mesures en ligne ou en bassin ouvert. Ces capteurs compacts et robustes se montent facilement aux points existants, ou directement dans l’aérateur. »
Par rapport aux méthodes de mesure classiques, les capteurs Olpas ont deux grands avantages. Gladinez : « Premièrement, les mesures sont ultra précises – même aux concentrations élevées – et indépendantes de la couleur, de la turbidité ou de la présence de biofilms sur le capteur. Les capteurs optiques n’offrent jamais ces garanties. Deuxièmement, ils mesurent la concentration en boues en continu, ce qui permet d’ajuster le process selon la concentration instantanée et donc d’opérer à tout instant en conditions optimales, même par ex. après une grosse averse inattendue. Les mesures réalisées par prélèvement d’échantillons ne permettent jamais d’être aussi réactif. »
Optimisation
L’ajustement en continu du process permet non seulement d’améliorer l’épaississement des boues, mais aussi de réduire la consommation d’énergie et de polymère. De plus, il permet à l’exploitant de détecter rapidement un éventuel problème ainsi que l’impact d’une intervention. « Cela vaut non seulement pour les stations d’épuration centralisées, mais aussi pour les stations locales et les solutions en conteneur », précise encore Gladinez. « Pour que ces systèmes puissent fonctionner de façon autonome, il est en effet crucial de disposer de mesures fiables. »
Spécifications très strictes
Bien que les capteurs Olpas puissent réduire le coût et l’empreinte écologique du procédé d’épuration, ce n’est pas pour cette application qu’ils ont été développés. En réalité, ils sont le résultat d’un projet du SCK CEN pour lequel Gladinez recherchait une solution pour mesurer le taux de salissures dans le liquide de refroidissement des réacteurs refroidis au plomb.
« Autrement dit, la technologie a été développée pour un milieu très exigeant », conclut Wouters. « C’est pourquoi les capteurs résistent à des conditions extrêmes de pH, température, pression, vitesse, … Naturellement, ils ont des limites techniques, mais celles-ci dépassent de loin les exigences de l’épuration des eaux, même dans les secteurs difficiles comme la transformation de la viande, l’industrie textile ou le biogaz. Nous ne manquerons donc certainement pas de découvrir encore beaucoup d’autres applications pour nos capteurs. »
TEXTE : ELISE NOYEZ

