Un parc d’activités kényan choisit de réutiliser l’eau sur place
Un parc d’activités kényan choisit de réutiliser l’eau sur place
La société de traitement de l’eau campinoise Rietland a récemment réalisé son premier projet au Kenya. Le projet international sur mesure, soutenu par Flanders Investment and Trade (FIT), utilise une roselière aérée de 45 m2 pour épurer sur place les eaux usées sanitaires de l’Amref Center Mutuini, un hub de start-ups proche de Nairobi qui regroupe entre autres un fabricant de vêtements, une société de vidéo, un traiteur et des salles de classe.
Ces dernières années, Dion Van Oirschot, directeur de Rietland, a entrepris avec FIT plusieurs missions d’affaires au Kenya. Il y a constaté un vif intérêt pour les bassins filtrants avec lits plantés. « Une partie de Nairobi est certes connectée à un réseau d’égouts, mais dans la plupart des cas ils utilisent une « fosse septique ». Il ne s’agit pas de la fosse septique que nous connaissons, mais d’un simple puits dans lequel ils déversent les eaux usées et qui doit être vidé par un camion-citerne, souvent plusieurs fois par an. Les coûts opérationnels de ce système sont assez élevés. Une épuration réalisée sur place permettrait de supprimer ces coûts et d’envisager la réutilisation de l’eau. »
Roselière aérée
Les 6,5 à 8 m3 d’eaux usées produites chaque jour par l’Amref Center Mutuini sont épurés dans une roselière aérée Phytoair®. L’effluent est stocké dans une cuve tampon de 5.000 litres et utilisé pour l’irrigation des espaces verts alentour. « En dépit de la superficie disponible très limitée, la roselière aérée offre quand même une capacité nominale de 60 EH. Avec une roselière à percolation traditionnel, il faudrait non seulement plus de place, mais aussi du sable d’une granulométrie précise. Ce dernier est beaucoup plus difficile à trouver au Kenya que le gravier que nous utilisons dans le Phytoair®. »
Ancrage local
Rietland a délibérément choisi de réaliser le projet uniquement avec des matériaux locaux et de la main-d’œuvre locale. « Globalement, cela s’est bien passé. Après examen de la végétation locale, nous avons choisi de planter du Canna indica et la plupart des matériaux de construction étaient disponibles sur place. Pour les surpresseurs, l’offre était limitée, mais les quatre unités installées permettent quand même d’atteindre la capacité nécessaire. » Le plus grand défi a été les conduites d’air : elles étaient tellement souples qu’elles s’écrasaient immédiatement sous le poids du gravier. « Nous avons dû poser des tuyaux en PE, préalablement perforés à la main. »
En plus de la pose, l’entretien de la roselière est également réalisé par un partenaire local. « L’entretien d’une roselière est fort simple, mais nous voulons éviter que l’épuration cesse de fonctionner au bout de dix ans pour cause de négligence. C’est pourquoi nous avons un collaborateur indépendant au Kenya. À mesure que le nombre de projets augmentera, nous constituerons une équipe à part entière. »
Projet modèle
Il ne fait aucun doute pour van Oirschot que d’autres projets vont suivre. « Dès sa mise en œuvre, le projet a suscité beaucoup d’intérêt, par exemple de la part du propriétaire d’un immeuble d’appartements. En outre, l’Amref Center Mutuini a été conçu comme un projet modèle. Nous allons suivre les performances, publier le plus possible de chiffres et réaliser un film de présentation. Cela devrait encore augmenter l’attrait du concept. »
Rédaction : Elise Noyez
Illustrations : Rietland

