Un parc d’activités combine haute technologie et processus naturels pour réutiliser ses eaux usées
Un parc d’activités combine haute technologie et processus naturels pour réutiliser ses eaux usées
À Lelystad, près de l’aéroport d’aviation générale le plus fréquenté des Pays-Bas, Omala développe un vaste parc d’activités sous le nom de Lelystad Airport Businesspark (LAB). L’un des principaux objectifs du LAB est d’être un site d’expérimentation pour le développement de zones durables et innovantes. Omala a traduit cette vision dans un concept d’épuration des eaux usées et d’approvisionnement en eau innovant pour les Pays-Bas. Pour sa mise en œuvre, Omala a fait appel notamment au spécialiste des filtres plantés de roseaux Rietland et à l’intégrateur de systèmes Jotem Water Solutions.
La conception du projet n’a pas tardé à se préciser. Les eaux grises et noires sont évacuées séparément via un système d’égouts sous vide, après quoi les eaux grises sont épurées en vue de leur réutilisation. « Au départ, nous voulions les réutiliser surtout comme eau de lutte contre l’incendie », raconte Dennis Meerburg d’Omala. « La qualité de l’eau traitée est cependant suffisamment élevée pour avoir également d’autres usages. Cela crée des opportunités intéressantes dans le contexte actuel où l’approvisionnement général en eau potable est limité du fait de pénuries au niveau des sociétés de distribution. »
Aération flexible
L’efficacité du traitement est dû au fait qu’il utilise une succession de procédés combinant un filtre planté de roseaux aéré, une nanofiltration et une oxydation par UV/H202. Aujourd’hui, la station traite environ 15 m3/jour, mais ce débit sera multiplié par dix au fil du développement ultérieur du parc d’activités.
« Le lit de roseaux occupe une surface de 500 m2 », précise Dion van Oirschot de Rietland. « Nous avons adapté le système d’aération en associant deux réseaux superposés, qui peuvent fonctionner ensemble ou séparément. Cela ajoute de la flexibilité au niveau de l’aération, car les eaux grises contiennent beaucoup moins d’azote et de phosphore que les flux mixtes que nous traitons généralement. Avec une aération intermittente standard, cela pourrait poser des problèmes. »
Double barrière
Une seconde modification apportée au lit de roseaux a été l’ajout de biochar. « Les exigences sont très élevées notamment en termes d’élimination des résidus de médicaments. Le biochar a le même effet d’adsorption que le charbon actif, mais le fait de l’associer aux processus biologiques dans le lit de roseaux permet d’éviter qu’il se sature. En effet, pendant que les micropolluants sont immobilisés sur le biochar, les bactéries ont tout le temps de les décomposer. Le lit de roseaux constitue donc la première barrière pour assurer la qualité bactérienne et virologique. »
Le traitement est complété par un post-traitement dans un conteneur abritant les procédés de nanofiltration à fibres creuses et d’oxydation par UV/H202, qui en soi est une autre double barrière. « Ce train de procédés offre le meilleur des deux mondes », explique Rob Borgerink, directeur technique de Jotem. « La technologie membranaire est efficace pour éliminer l’odeur, la couleur, les virus, les bactéries et l’opacité aux UV, ce qui facilite l’utilisation ultérieure du procédé oxydatif complémentaire Advanox. On obtient ainsi de très bons résultats en termes d’élimination des micropolluants, à condition bien sûr d’avoir intégré le prétraitement avancé. »
Selon les partenaires du projet, une telle combinaison d’un prétraitement naturel avec un post-traitement de haute technologie de type NanoX renferme un grand potentiel. « Il existe beaucoup d’eaux usées dont la concentration en polluants est trop basse pour justifier l’utilisation de technologies industrielles, mais assez élevée pour encrasser les membranes de nanofiltration. Dans ce cas, le filtre planté de roseaux en tant que prétraitement est une excellente alternative », affirment-ils.
Texte : Elise Noyez
Illustrations : Omala / Rietland




