13/03/2019

Sécheresse mais augmentation de 34 % de la part des emplois dans les secteurs d’activité à grande consommation d’eau

En 2013, le Vlaams Kenniscentrum Water (Vlakwa/VITO) a publié sa première étude consacrée à l’importance socio-économique de l’eau en Flandre. En collaboration avec le Vito, le Vlakwa en a dernièrement présenté une version actualisée sur la base des données les plus émanant de la Vlaamse Milieumaatschappij (VMM), de la Banque Nationale de Belgique et d’autres organisations.

Le Vito et le Vlakwa ont tiré quelques conclusions de cette étude.

Influence croissante de la disponibilité de l’eau sur l’emploi en Flandre

La proportion des emplois directs dans les secteurs à grande consommation d’eau (les quinze secteurs dont la consommation d’eau est la plus élevée en Flandre) s’élève à 22,3 %. Aux termes de l’analyse menée en 2013, leur taux s’élevait encore à 16,7 % ; autrement dit, on observe une augmentation de 34 %. Un flamand sur cinq travaille dans un secteur à grande consommation d’eau.

La part des secteurs à grande consommation d’eau dans la valeur ajoutée brute de l’économie flamande s’élève à 33 % ou 73 milliards d’euros (2016).

Les secteurs à grande consommation d’eau se situent en grande partie dans une industrie manufacturière à laquelle un nombre considérable d’emplois indirects sont associés. Une disponibilité satisfaisante des ressources en eau et un approvisionnement garanti à un prix concurrentiel au niveau international revêtent une importance stratégique cruciale.

Les coûts résultant d’une disponibilité insuffisante des ressources en eau sont déjà violents. Il convient de souligner l’importance d’un système de gestion solide pour tous les consommateurs d’eau (transport, énergie, industrie, agriculture, nature...) (voir également la Visienota 2050 publiée par le Gouvernement flamand).

Le stress hydrique demeure très préoccupant en dépit de l’évolution favorable de la consommation d’eau et du rendement hydrique au sein des entreprises

Diminution requise du niveau de stress hydrique

Le « niveau de stress hydrique » est un indicateur qu’emploient les Nations Unies pour assurer le suivi des objectifs de développement durable (Sustainable Development Goals).

Cet indicateur rend compte du rapport entre la quantité totale d’eau douce prélevée et la quantité totale des ressources en eau douce renouvelables et disponibles. Les pays ou régions commencent à présenter un stress hydrique significatif lorsque cet indicateur s’élève à plus de 25 %. En Belgique, cet indicateur atteint 56 %. Cette valeur démontre qu’il faut encore consentir des efforts importants pour accroître la solidité et la durabilité du système de gestion des ressources en eau.

Évolution favorable de la consommation d’eau et du rendement hydrique

Pendant la période 2010 à 2015, la consommation d’eau a diminué d’un peu plus d’un milliard de mètres cubes au sein de l’économie flamande, principalement en raison d’une baisse appréciable de la consommation d’eau de refroidissement. Cette évolution s’est traduite par une augmentation sensible du rendement hydrique. Nouvel indicateur (lancé par les Nations Unies), le rendement hydrique exprime la valeur économique ajoutée et créée par unité d’eau. Cet indicateur s’exprime en dollars américains par mètre cube ($/m3).

En 2010, l’économie flamande consommait 3,5 milliards de m³ d’eau (voir importance socio-économique de l’eau en 2013) et créait une valeur ajoutée brute de 187.820 millions d’euros. Dès lors, le rendement hydrique s’élevait en 2010 à 53 euros/m3, soit 60 $/m3.

En 2016, l’économie flamande consommait 2,5 milliards de m³ d’eau et créait une valeur ajoutée brute de 222.048 millions d’euros. Par conséquent, le rendement hydrique s’élevait en 2016 à 89 euros/m3, soit 100 $/m3.

Ces chiffres témoignent des remarquables progrès accomplis par les entreprises flamandes comme en attestent une baisse sensible de la consommation d’eau et une amélioration considérable du rendement hydrique.

Les quinze secteurs les plus gourmands en eau représentent 1/3 de la valeur ajoutée brute et un emploi sur cinq en Flandre

Importance cruciale de la disponibilité permanente de ressources en eau d’une qualité satisfaisante.

Les consommateurs d’eau les plus importants (à l’exclusion des eaux de refroidissement) et partant, les secteurs qui dépendent le plus des ressources en eau sont les suivants : la chimie, l’agriculture et, à égalité en troisième position, le secteur de l’énergie, la métallurgie, le secteur de production de cokes et de produits de raffinerie et enfin le secteur agroalimentaire.

S’agissant de l’agriculture, cette analyse ne tient aucun compte des eaux de pluie tombées sur les champs et absorbées par les cultures. Si c’était le cas, la dépendance à l’eau de l’agriculture serait encore plus élevée. (La demande normale d’eau des plantes agricoles s’élève à près de 500 l/m2. La superficie agricole de 600.000 ha relevée en Flandre devrait par conséquent entraîner une demande complémentaire en eau de l’ordre de 3 milliards de m³).

Principaux consommateurs d’eaux souterraines, l’agriculture, l’agroalimentaire et l’industrie des boissons représentent quelque 63 % de la consommation totale d’eaux souterraines.

Les consommateurs les plus importants d’eau potable sont les suivants : la chimie, le secteur de production de cokes et de produits de raffinerie et enfin le secteur agroalimentaire, lesquels représentent près de 45 % de la consommation d’eau potable, tous secteurs confondus.

Défi posé par le refroidissement de processus

La consommation effective d’eau est égale à la somme des eaux consommées et des eaux de refroidissement. En Flandre, les consommateurs les plus importants d’eau de refroidissement sont les suivants : la chimie, le secteur de production de cokes et de produits de raffinerie, lesquels devancent le secteur agroalimentaire et représentent près de 99,6 % de la consommation d’eau de refroidissement.

Dans un avenir proche, ces secteurs seront confrontés à un défi potentiel. Comme les étés 2017 et 2018 ont permis de l’observer, la fiabilité d’installations reposant sur une consommation élevée d’eau de refroidissement diminue sensiblement en cas de sécheresse prolongée. En effet, si la température des eaux de surface devient trop élevée, les autorités gouvernementales imposent des restrictions quant à la quantité d’eau de refroidissement susceptible d’être déversée. Dès lors, ces restrictions ont un impact direct sur la capacité de production et bien souvent sur le chiffre d’affaires des entreprises concernées.

Intégration des défis que posent la mobilité et la gestion des eaux

La navigation fluviale ne consomme pas de grandes quantités d’eau, mais il n’en demeure pas moins que la demande en eau de ce secteur d’activité est élevée. Lors du franchissement d’écluses, la quantité d’eau déplacée du bief d’amont vers le bief d’aval est considérable. Le déplacement de cette masse d’eau entraîne une baisse du niveau d’eau du bief d’amont. En cas d’apport en eau insuffisant en amont, comme constaté l’été dernier, il faut relever un certain nombre de défis majeurs pour assurer le bon déroulement de la navigation fluviale. Les autorités compétentes se voient parfois contraintes de limiter les prélèvements auxquels se livrent d’autres consommateurs d’eau.

Coût total de l’eau et sensibilité à l’eau des différents secteurs d’activité

Le coût total de l’eau (avant fourniture et épuration) s’élevait, pour les entreprises, à quelque 761 millions d’euros en 2016.

Les secteurs qui, en valeur absolue, paient la facture d’eau la plus élevée sont, par ordre d’importance, la chimie, l’énergie, l’agroalimentaire, la production de cokes. Ces secteurs représentent 293 millions d’euros par an, soit 40 % du montant de la facture d’eau annuelle totale.

Les secteurs de l’agroalimentaire, des boissons, de la chimie, du papier et de la production de cokes entre autres sont les plus sensibles à l’augmentation des prix de l’eau (ces secteurs se caractérisent par un coût élevé de l’eau par rapport à la valeur ajoutée brute ainsi que par une valeur ajoutée brute faible par rapport aux produits d’exploitation).

Conclusion

Dirk Van der Stede (CEO Vlakwa) : « Les chiffres sont révélateurs de l’impact positif des efforts consentis par les entreprises industrielles et agricoles. À l’avenir, il faudra plus que jamais s’atteler à la réalisation effective d’un système solide de gestion des ressources en eau. Les modalités de traduction de cette ambition en mesures et objectifs concrets ne sont pas encore clairement définies. Aujourd’hui, en cas de problème majeur (inondations, pénurie, etc.), les autorités compétentes abordent la question sous un angle déterminé et passent rapidement à la formulation de mesures permettant d’y remédier. Et ce sans explorer adéquatement la vaste palette de solutions et de synergies à long terme (en tenant compte entre autres d’aspects tels que la mobilité, l’énergie et la santé) susceptibles de se traduire par une situation gagnant-gagnant à plusieurs niveaux, par une adhésion accrue et ce faisant par des économies et un gain de temps significatifs lors de leur mise en œuvre. »

Outils interactifs conçus pour l’exécution d’analyses sur mesure

Les résultats de l’étude consacrée à l’importance socio-économique de l’eau en Flandre ont été élaborés au moyen d’un outil interactif qui autorise les utilisateurs à se livrer à des analyses portant sur une province ou un secteur déterminé : www.vlakwa.be/index.php?id=184

Texte Vlakwa

Sécheresse mais augmentation de 34 % de la part des emplois dans les secteurs d’activité à grande consommation d’eau

En 2013, le Vlaams Kenniscentrum Water (Vlakwa/VITO) a publié sa première étude consacrée à l’importance socio-économique de l’eau en Flandre. En collaboration avec le Vito, le Vlakwa en a dernièrement présenté une version actualisée sur la base des données les plus émanant de la Vlaamse Milieumaatschappij (VMM), de la Banque Nationale de Belgique et d’autres organisations.

Le Vito et le Vlakwa ont tiré quelques conclusions de cette étude.

Influence croissante de la disponibilité de l’eau sur l’emploi en Flandre

La proportion des emplois directs dans les secteurs à grande consommation d’eau (les quinze secteurs dont la consommation d’eau est la plus élevée en Flandre) s’élève à 22,3 %. Aux termes de l’analyse menée en 2013, leur taux s’élevait encore à 16,7 % ; autrement dit, on observe une augmentation de 34 %. Un flamand sur cinq travaille dans un secteur à grande consommation d’eau.

La part des secteurs à grande consommation d’eau dans la valeur ajoutée brute de l’économie flamande s’élève à 33 % ou 73 milliards d’euros (2016).

Les secteurs à grande consommation d’eau se situent en grande partie dans une industrie manufacturière à laquelle un nombre considérable d’emplois indirects sont associés. Une disponibilité satisfaisante des ressources en eau et un approvisionnement garanti à un prix concurrentiel au niveau international revêtent une importance stratégique cruciale.

Les coûts résultant d’une disponibilité insuffisante des ressources en eau sont déjà violents. Il convient de souligner l’importance d’un système de gestion solide pour tous les consommateurs d’eau (transport, énergie, industrie, agriculture, nature...) (voir également la Visienota 2050 publiée par le Gouvernement flamand).

Le stress hydrique demeure très préoccupant en dépit de l’évolution favorable de la consommation d’eau et du rendement hydrique au sein des entreprises

Diminution requise du niveau de stress hydrique

Le « niveau de stress hydrique » est un indicateur qu’emploient les Nations Unies pour assurer le suivi des objectifs de développement durable (Sustainable Development Goals).

Cet indicateur rend compte du rapport entre la quantité totale d’eau douce prélevée et la quantité totale des ressources en eau douce renouvelables et disponibles. Les pays ou régions commencent à présenter un stress hydrique significatif lorsque cet indicateur s’élève à plus de 25 %. En Belgique, cet indicateur atteint 56 %. Cette valeur démontre qu’il faut encore consentir des efforts importants pour accroître la solidité et la durabilité du système de gestion des ressources en eau.

Évolution favorable de la consommation d’eau et du rendement hydrique

Pendant la période 2010 à 2015, la consommation d’eau a diminué d’un peu plus d’un milliard de mètres cubes au sein de l’économie flamande, principalement en raison d’une baisse appréciable de la consommation d’eau de refroidissement. Cette évolution s’est traduite par une augmentation sensible du rendement hydrique. Nouvel indicateur (lancé par les Nations Unies), le rendement hydrique exprime la valeur économique ajoutée et créée par unité d’eau. Cet indicateur s’exprime en dollars américains par mètre cube ($/m3).

En 2010, l’économie flamande consommait 3,5 milliards de m³ d’eau (voir importance socio-économique de l’eau en 2013) et créait une valeur ajoutée brute de 187.820 millions d’euros. Dès lors, le rendement hydrique s’élevait en 2010 à 53 euros/m3, soit 60 $/m3.

En 2016, l’économie flamande consommait 2,5 milliards de m³ d’eau et créait une valeur ajoutée brute de 222.048 millions d’euros. Par conséquent, le rendement hydrique s’élevait en 2016 à 89 euros/m3, soit 100 $/m3.

Ces chiffres témoignent des remarquables progrès accomplis par les entreprises flamandes comme en attestent une baisse sensible de la consommation d’eau et une amélioration considérable du rendement hydrique.

Les quinze secteurs les plus gourmands en eau représentent 1/3 de la valeur ajoutée brute et un emploi sur cinq en Flandre

Importance cruciale de la disponibilité permanente de ressources en eau d’une qualité satisfaisante.

Les consommateurs d’eau les plus importants (à l’exclusion des eaux de refroidissement) et partant, les secteurs qui dépendent le plus des ressources en eau sont les suivants : la chimie, l’agriculture et, à égalité en troisième position, le secteur de l’énergie, la métallurgie, le secteur de production de cokes et de produits de raffinerie et enfin le secteur agroalimentaire.

S’agissant de l’agriculture, cette analyse ne tient aucun compte des eaux de pluie tombées sur les champs et absorbées par les cultures. Si c’était le cas, la dépendance à l’eau de l’agriculture serait encore plus élevée. (La demande normale d’eau des plantes agricoles s’élève à près de 500 l/m2. La superficie agricole de 600.000 ha relevée en Flandre devrait par conséquent entraîner une demande complémentaire en eau de l’ordre de 3 milliards de m³).

Principaux consommateurs d’eaux souterraines, l’agriculture, l’agroalimentaire et l’industrie des boissons représentent quelque 63 % de la consommation totale d’eaux souterraines.

Les consommateurs les plus importants d’eau potable sont les suivants : la chimie, le secteur de production de cokes et de produits de raffinerie et enfin le secteur agroalimentaire, lesquels représentent près de 45 % de la consommation d’eau potable, tous secteurs confondus.

Défi posé par le refroidissement de processus

La consommation effective d’eau est égale à la somme des eaux consommées et des eaux de refroidissement. En Flandre, les consommateurs les plus importants d’eau de refroidissement sont les suivants : la chimie, le secteur de production de cokes et de produits de raffinerie, lesquels devancent le secteur agroalimentaire et représentent près de 99,6 % de la consommation d’eau de refroidissement.

Dans un avenir proche, ces secteurs seront confrontés à un défi potentiel. Comme les étés 2017 et 2018 ont permis de l’observer, la fiabilité d’installations reposant sur une consommation élevée d’eau de refroidissement diminue sensiblement en cas de sécheresse prolongée. En effet, si la température des eaux de surface devient trop élevée, les autorités gouvernementales imposent des restrictions quant à la quantité d’eau de refroidissement susceptible d’être déversée. Dès lors, ces restrictions ont un impact direct sur la capacité de production et bien souvent sur le chiffre d’affaires des entreprises concernées.

Intégration des défis que posent la mobilité et la gestion des eaux

La navigation fluviale ne consomme pas de grandes quantités d’eau, mais il n’en demeure pas moins que la demande en eau de ce secteur d’activité est élevée. Lors du franchissement d’écluses, la quantité d’eau déplacée du bief d’amont vers le bief d’aval est considérable. Le déplacement de cette masse d’eau entraîne une baisse du niveau d’eau du bief d’amont. En cas d’apport en eau insuffisant en amont, comme constaté l’été dernier, il faut relever un certain nombre de défis majeurs pour assurer le bon déroulement de la navigation fluviale. Les autorités compétentes se voient parfois contraintes de limiter les prélèvements auxquels se livrent d’autres consommateurs d’eau.

Coût total de l’eau et sensibilité à l’eau des différents secteurs d’activité

Le coût total de l’eau (avant fourniture et épuration) s’élevait, pour les entreprises, à quelque 761 millions d’euros en 2016.

Les secteurs qui, en valeur absolue, paient la facture d’eau la plus élevée sont, par ordre d’importance, la chimie, l’énergie, l’agroalimentaire, la production de cokes. Ces secteurs représentent 293 millions d’euros par an, soit 40 % du montant de la facture d’eau annuelle totale.

Les secteurs de l’agroalimentaire, des boissons, de la chimie, du papier et de la production de cokes entre autres sont les plus sensibles à l’augmentation des prix de l’eau (ces secteurs se caractérisent par un coût élevé de l’eau par rapport à la valeur ajoutée brute ainsi que par une valeur ajoutée brute faible par rapport aux produits d’exploitation).

Conclusion

Dirk Van der Stede (CEO Vlakwa) : « Les chiffres sont révélateurs de l’impact positif des efforts consentis par les entreprises industrielles et agricoles. À l’avenir, il faudra plus que jamais s’atteler à la réalisation effective d’un système solide de gestion des ressources en eau. Les modalités de traduction de cette ambition en mesures et objectifs concrets ne sont pas encore clairement définies. Aujourd’hui, en cas de problème majeur (inondations, pénurie, etc.), les autorités compétentes abordent la question sous un angle déterminé et passent rapidement à la formulation de mesures permettant d’y remédier. Et ce sans explorer adéquatement la vaste palette de solutions et de synergies à long terme (en tenant compte entre autres d’aspects tels que la mobilité, l’énergie et la santé) susceptibles de se traduire par une situation gagnant-gagnant à plusieurs niveaux, par une adhésion accrue et ce faisant par des économies et un gain de temps significatifs lors de leur mise en œuvre. »

Outils interactifs conçus pour l’exécution d’analyses sur mesure

Les résultats de l’étude consacrée à l’importance socio-économique de l’eau en Flandre ont été élaborés au moyen d’un outil interactif qui autorise les utilisateurs à se livrer à des analyses portant sur une province ou un secteur déterminé : www.vlakwa.be/index.php?id=184

Texte Vlakwa