Réponse naturelle au problème complexe de l’assainissement des sols et des nappes phréatiques
Réponse naturelle au problème complexe de l’assainissement des sols et des nappes phréatiques
La présence de grandes quantités de composés organiques volatils chlorés (COVCl) dans certains sols pollués constitue un défi sérieux. Généralement, les techniques chimiques et naturelles de dépollution en usage ne permettent pas de décomposer ces substances en toute sécurité et en toute efficacité. Pourtant, la nature recèle à cette fin une solution adaptée, mais au niveau microbien.
« Dans des conditions adéquates, certains hydrocarbures volatils tels que les éthènes et éthanes chlorés sont susceptibles d’être décomposés par des micro-organismes parfaitement anaérobies », souligne Stijn Boeren d’Avecom. Cette entreprise dérivée de la faculté des Bio-ingénieurs en sciences agronomiques à l’Université de Gand explore depuis plus d’un quart de siècle le potentiel d’application de processus microbiens. En 2017, cette entreprise était à la base d’une initiative d’assainissement des sols sur le site de la Limburgse Vinyl Maatschappij, une filiale du groupe Tessenderlo Chemie.
Détermination d’une stratégie
Dans les paragraphes qui précèdent, les mots clés sont les suivants : « dans des conditions adéquates ». « Le niveau de dégradation dépend entièrement de l’état des sols. Dans certains cas, tous les composants considérés sont présents dans le sol et le déroulement du processus de décomposition est naturel, mais il arrive régulièrement que certains nutriments, voire les bactéries en tant que telles, fassent défaut. En pareil cas, il faut en passer, respectivement, par la biostimulation (ajout d’une source d’énergie telle que le carbone) ou par la bioaugmentation (introduction d’une culture microbienne spécifique). »
En d’autres termes, il faut impérativement connaître l’état des sols pour déterminer la stratégie d’assainissement adéquate. Le laboratoire d’Avecom s’est spécialisé à cette fin dans l’exécution de tests Microcosm, sur lesquels repose toute étude de faisabilité. « En vue de l’exécution d’un test Microcosm, on remplit plusieurs bouteilles en verre étanches à l’air d’un échantillon d’eau souterraine et de matière organique et anaérobie du sol. Les processus biologiques qui s’y manifestent font l’objet d’un suivi assuré par le biais d’analyses régulières et systématiquement effectuées dans des conditions différentes. Cette méthode permet de comparer les effets de l’atténuation naturelle, de la biostimulation et de de la bioaugmentation et de procéder à une évaluation des conditions de traitement les plus adéquates et de la vitesse de décomposition qui en découle. »
Multidechlorobac
Si les essais de faisabilité révèlent qu’il faut en passer par la biostimulation ou la bioaugmentation, Avecom se charge aussi de la fourniture des composants indispensables pour piloter et soutenir de manière optimale les processus engagés. Outre les sources d’énergie classiques telles que le carbone, l’entreprise est également à même de proposer, depuis quelques années, une culture de bactéries parfaitement adaptée. « Initialement développée pour traiter les pollutions complexes sur les sites du groupe Tessenderlo Chemie, notre greffe bactérienne Multidechlorobac a amplement démontré son utilité depuis lors, comme en atteste en particulier la décomposition efficace et effective des 1,2-dichloroéthane, tétrachloroéthène, trichloroéthène, cisdichloroéthène et chlorure de vinyle. Comme nous disposons de l’infrastructure requise pour produire de tels inoculats à une échelle industrielle, nous sommes à même de proposer une solution adaptée aux dossiers les plus imposants et les plus complexes.
TEXTE : ELISE NOYEZ
VISUEL : AVECOM



