Mise au point par Elscolab de mesures intelligentes permettant d’optimiser la déshydratation des boues
« Chaque fois que vous tirez la chasse, faites la lessive ou lancez le lave-vaisselle, ces eaux usées sont acheminées vers une station d’épuration », relate Maarten van der Voordt, expert en mesures de la matière sèche auprès d’Elscolab. « Ces eaux très diluées s’épaississent progressivement dans des bassins successifs jusqu’à la formation d’une boue plus épaisse, acheminée ensuite vers une machine de déshydratation. »
Dans le but d’accélérer le processus de déshydratation, on procède à l’ajout d’un polymère dont la liaison avec les particules de boues en favorise la décantation. « Comme ce polymère est coûteux, on s’efforcera d’en utiliser le moins possible », souligne Van der Voordt. « De plus, il est peu biodégradable ; il faut en éviter autant que possible l’écoulement libre avec les eaux de centrat. Produit fini définitif, ces eaux de centrat finiront par se déverser dans nos eaux de surface. Par conséquent, le dosage approprié doit être parfaitement adapté à la teneur en matière sèche mesurée en ligne immédiatement en amont de la machine de déshydratation, à l’instar de la vitesse de la machine. »
Objectif : obtenir un gâteau de boue desséché dont la teneur en matière sèche soit supérieure à 30 %. « L’acheminement du moindre litre d’eau jusqu’à l’incinérateur n’est pas gratuit », souligne Van der Voordt.
Analyse en temps réel
L’exécution de mesures en ligne permet de suivre le processus sans discontinuer. « C’est en quelque sorte un regard dans le système », explique Van der Voordt. En cas d’évolution de la composition des boues, les capteurs optiques à mesure chromatique requièrent un réétalonnage régulier auquel les opérateurs ont rarement le temps de procéder.
La technologie à micro-ondes proposée par Elscolab diffère par son fonctionnement : plus la teneur en eau des boues est élevée, plus le signal met de temps à les traverser. Cette relation linéaire permet de mesurer en ligne la teneur en matière sèche jusqu’à 50 %. « Alors que les capteurs optiques procèdent à des mesures ponctuelles, celles effectuées par nos soins couvrent 80 % de la surface du conduit », explique Van der Voordt. « Nous utilisons par ailleurs un système d'étalonnage multipoint. Plus le nombre de points est élevé, plus les mesures sont précises. »
Conseils personnalisés
Les installations ne nécessitent pas toutes la même approche. C’est pourquoi Elscolab commence par une visite sur site. « Nous évaluons la situation, déterminons si l’exécution de mesures de la matière sèche est envisageable, recherchons le meilleur emplacement et calculons le retour sur investissement. Ce n’est qu’à ce stade que nous établissons un devis. « La mise au point du système s’accompagne d’une formation consacrée au prélèvement d’échantillons et à leur analyse. » Cette étape est cruciale, souligne Van der Voordt : « La qualité d’une mesure dépend de celle des données qui la constituent. »
Outre l’exécution de mesures en ligne de la matière sèche, Elscolab propose une méthode unique de mesure du gâteau de boue, immédiatement en aval de la machine de déshydratation, permettant d'effectuer des mesures de la teneur en matière sèche jusqu’à 35%. La conjugaison fréquente de ces deux techniques permet d’optimiser le processus.
Prêts pour 2027
À partir de 2027, la Directive-cadre sur l’eau imposera des exigences plus strictes aux eaux rejetées. En conséquence, la déshydratation des boues gagnera en importance, son efficacité accrue permettant d’obtenir des eaux de centrat plus propres.
Pour les stations d'épuration et les entreprises industrielles équipés d’une installation d’épuration, les mesures de la matière sèche présentent un double avantage : une efficacité opérationnelle accrue et un pas vers les futures normes environnementales.
Par Triene Gheysens - photos: Elscolab