17/03/2020

L’innovation permet une production d’eau potable durable

Malgré notre réputation de pays pluvieux, notre approvisionnement en eau potable est précaire. C’est pourquoi Farys investit dans une nouvelle installation d’eau potable dans l’arrière-port d’Ostende. Celle-ci assurera l’approvisionnement en eau potable de la ville et de ses environs. Nous avons eu un entretien avec Farys sur le comment et le pourquoi de cette installation innovante.

Le président Christophe Peeters : « Plusieurs raisons interviennent dans la décision d’investissement. Plus que nul autre nous percevons les effets négatifs du changement climatique. Les niveaux de nappe phréatique sont toujours très bas après une série d’étés secs, et même un hiver très pluvieux est insuffisant pour normaliser la situation. Il y a aussi le problème de l’aménagement du territoire, à cause duquel les eaux de pluie s’écoulent trop rapidement. L’eau est rare et c’est pourquoi nous cherchons constamment des moyens de diversifier notre approvisionnement en eau potable et de le rendre pérenne. En outre, nous sommes, en Flandre, dans une situation géographique difficile. Presque toute notre production d’eau potable se situe dans l’est du pays, principalement via le canal Albert. Le transport vers le reste de la Flandre revient donc cher, mais jusqu’à une période récente, Farys n’avait pas d’autre choix. Mais nous avions la volonté d’y remédier. »

« De l’eau de canal à l’eau potable en 1 heure »

La solution est venue en interne, car Farys a associé et amélioré un certain nombre de techniques existantes. Pour l’expliquer Wim Jacobs se joint à nous à la table. Il est le chef du service production & transport. L’innovation semble être la clé de la solution : « Nous avons construit une nouvelle installation d’épuration d’une capacité initiale de 500 m³/heure, que nous pourrons, à terme, doubler jusqu’à 1000 m3/heure. Sur une base annuelle, cela fait une capacité de 8 millions de m3. Depuis Ostende, nous puisons directement l’eau dans le canal Bruges-Ostende et nous la convertissons en une heure en eau potable. »

« Nous le faisons à l’aide d’une filtration sérielle dans laquelle interviennent plusieurs techniques. L’eau du canal passe d’abord par un tamis à lame de raclage, à mailles de 3 mm. Ensuite, il y a un double tamisage mécanique respectivement de 1 et 0,25 m, suivi d’un filtrage membranaire dans lequel une membrane de microfiltration retient les matières en suspension et les grosses bactéries. Ce n’est qu’après que nous passons à l’osmose inverse qui élimine les substances dissoutes, les virus et les bactéries résiduelles. Nous obtenons alors une eau déminéralisée qui n’est pas encore potable. C’est pourquoi, après une filtration à travers un filtre à charbon actif, l’eau passe par un processus de reminéralisation. Dans ce dernier, des granulés de calcium sont dissous dans l’eau afin d’ajouter les minéraux nécessaires. Pour finir, l’eau est amenée au pH correct. On obtient à la fin une eau parfaitement potable. “

« En soi, ces techniques de filtration ne sont pas nouvelles, mais nous avons réussi à optimiser sensiblement cette chaîne ‘multibarrière’ entre le pompage et la production. Cela nous fournit quelques précieux avantages. Il y a tout d’abord la vitesse : au bout d’environ une heure, l’eau pompée est déjà potable. En second lieu, il y a la consommation d’énergie. Nous avons réussi à rendre l’ensemble du processus bien plus économe en énergie. C’est très important pour la rentabilité de l’installation, car grâce à ce développement, il revient à présent moins cher de produire sur place que de transporter sur une longue distance. Pour finir, je souligne encore le fait que l’installation est capable d’une grande qualité de base de l’eau acheminée, ce qui est tout de même un gros avantage par rapport à d’autres systèmes. En périodes de pluies abondantes, l’eau est douce, et en périodes de sécheresse, elle devient saumâtre, et lors de catastrophes, les matières polluantes peuvent aboutir dans le canal. L’installation fournit une seule et même qualité finale pour différentes qualité d’eau entrante. La seule conséquence est que vous avez besoin de plus d’énergie pour alimenter le processus à mesure que la teneur en sel et la concentration des autres matières dissoutes augmentent. »

Empreinte digitale de l’eau

« Parce que nous utilisons une seule chaîne de production très étendue, nous avons accordé beaucoup d’attention aux appareils de mesure intermédiaires. La qualité de l’eau est mesurée continuellement après chaque étape de traitement. En outre, des techniques innovantes sont également appliquées à l’eau entrante et sortante, ce qui nous permet de relever une ‘empreinte digitale’ de l’eau, une sorte de reflet de la qualité de l’eau à ce moment-là. Dès qu’une divergence est constatée, nous savons qu’il se passe quelque chose. Nous pouvons ainsi assurer un suivi plus rapide et plus précis. »

Extension à venir

Pour Farys, cette ouverture constitue une nouvelle étape vers une diversification des sources. Christophe Peeters : « Comme déjà dit, il y a sur le site encore de la place pour une extension, mais nous recherchons aussi d’autres emplacements en Flandre. Le bassin de l’Escaut est ainsi envisagé. Nous assurerions une diffusion des infrastructures d’eau potable et serions ainsi moins dépendants d’une ou deux sources. Proportionnellement cette installation représenterait, après extension, 9 % de la consommation totale. Si à l’avenir nous pouvions y ajouter quelques installations, nous nous rapprocherions encore plus d’une distribution optimale. Le fait que nous raccourcissions sensiblement les distances de transport est encore un plus. “

Par Sammy Soetaert

Photos Farys

www.farys.be

L’innovation permet une production d’eau potable durable

Malgré notre réputation de pays pluvieux, notre approvisionnement en eau potable est précaire. C’est pourquoi Farys investit dans une nouvelle installation d’eau potable dans l’arrière-port d’Ostende. Celle-ci assurera l’approvisionnement en eau potable de la ville et de ses environs. Nous avons eu un entretien avec Farys sur le comment et le pourquoi de cette installation innovante.

Le président Christophe Peeters : « Plusieurs raisons interviennent dans la décision d’investissement. Plus que nul autre nous percevons les effets négatifs du changement climatique. Les niveaux de nappe phréatique sont toujours très bas après une série d’étés secs, et même un hiver très pluvieux est insuffisant pour normaliser la situation. Il y a aussi le problème de l’aménagement du territoire, à cause duquel les eaux de pluie s’écoulent trop rapidement. L’eau est rare et c’est pourquoi nous cherchons constamment des moyens de diversifier notre approvisionnement en eau potable et de le rendre pérenne. En outre, nous sommes, en Flandre, dans une situation géographique difficile. Presque toute notre production d’eau potable se situe dans l’est du pays, principalement via le canal Albert. Le transport vers le reste de la Flandre revient donc cher, mais jusqu’à une période récente, Farys n’avait pas d’autre choix. Mais nous avions la volonté d’y remédier. »

« De l’eau de canal à l’eau potable en 1 heure »

La solution est venue en interne, car Farys a associé et amélioré un certain nombre de techniques existantes. Pour l’expliquer Wim Jacobs se joint à nous à la table. Il est le chef du service production & transport. L’innovation semble être la clé de la solution : « Nous avons construit une nouvelle installation d’épuration d’une capacité initiale de 500 m³/heure, que nous pourrons, à terme, doubler jusqu’à 1000 m3/heure. Sur une base annuelle, cela fait une capacité de 8 millions de m3. Depuis Ostende, nous puisons directement l’eau dans le canal Bruges-Ostende et nous la convertissons en une heure en eau potable. »

« Nous le faisons à l’aide d’une filtration sérielle dans laquelle interviennent plusieurs techniques. L’eau du canal passe d’abord par un tamis à lame de raclage, à mailles de 3 mm. Ensuite, il y a un double tamisage mécanique respectivement de 1 et 0,25 m, suivi d’un filtrage membranaire dans lequel une membrane de microfiltration retient les matières en suspension et les grosses bactéries. Ce n’est qu’après que nous passons à l’osmose inverse qui élimine les substances dissoutes, les virus et les bactéries résiduelles. Nous obtenons alors une eau déminéralisée qui n’est pas encore potable. C’est pourquoi, après une filtration à travers un filtre à charbon actif, l’eau passe par un processus de reminéralisation. Dans ce dernier, des granulés de calcium sont dissous dans l’eau afin d’ajouter les minéraux nécessaires. Pour finir, l’eau est amenée au pH correct. On obtient à la fin une eau parfaitement potable. “

« En soi, ces techniques de filtration ne sont pas nouvelles, mais nous avons réussi à optimiser sensiblement cette chaîne ‘multibarrière’ entre le pompage et la production. Cela nous fournit quelques précieux avantages. Il y a tout d’abord la vitesse : au bout d’environ une heure, l’eau pompée est déjà potable. En second lieu, il y a la consommation d’énergie. Nous avons réussi à rendre l’ensemble du processus bien plus économe en énergie. C’est très important pour la rentabilité de l’installation, car grâce à ce développement, il revient à présent moins cher de produire sur place que de transporter sur une longue distance. Pour finir, je souligne encore le fait que l’installation est capable d’une grande qualité de base de l’eau acheminée, ce qui est tout de même un gros avantage par rapport à d’autres systèmes. En périodes de pluies abondantes, l’eau est douce, et en périodes de sécheresse, elle devient saumâtre, et lors de catastrophes, les matières polluantes peuvent aboutir dans le canal. L’installation fournit une seule et même qualité finale pour différentes qualité d’eau entrante. La seule conséquence est que vous avez besoin de plus d’énergie pour alimenter le processus à mesure que la teneur en sel et la concentration des autres matières dissoutes augmentent. »

Empreinte digitale de l’eau

« Parce que nous utilisons une seule chaîne de production très étendue, nous avons accordé beaucoup d’attention aux appareils de mesure intermédiaires. La qualité de l’eau est mesurée continuellement après chaque étape de traitement. En outre, des techniques innovantes sont également appliquées à l’eau entrante et sortante, ce qui nous permet de relever une ‘empreinte digitale’ de l’eau, une sorte de reflet de la qualité de l’eau à ce moment-là. Dès qu’une divergence est constatée, nous savons qu’il se passe quelque chose. Nous pouvons ainsi assurer un suivi plus rapide et plus précis. »

Extension à venir

Pour Farys, cette ouverture constitue une nouvelle étape vers une diversification des sources. Christophe Peeters : « Comme déjà dit, il y a sur le site encore de la place pour une extension, mais nous recherchons aussi d’autres emplacements en Flandre. Le bassin de l’Escaut est ainsi envisagé. Nous assurerions une diffusion des infrastructures d’eau potable et serions ainsi moins dépendants d’une ou deux sources. Proportionnellement cette installation représenterait, après extension, 9 % de la consommation totale. Si à l’avenir nous pouvions y ajouter quelques installations, nous nous rapprocherions encore plus d’une distribution optimale. Le fait que nous raccourcissions sensiblement les distances de transport est encore un plus. “

Par Sammy Soetaert

Photos Farys

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