Les PFAS requièrent une approche holistique
Les PFAS requièrent une approche holistique
L’approche la plus économique pour protéger les systèmes d’eau potable est d’éliminer les PFAS à la source. C’est la conviction de Veolia Water Technologies & Solutions. L’entreprise travaille sur ce sujet avec des acteurs industriels et aide ceux-ci à développer des filières de traitement pour leurs eaux usées. « Comme notre compréhension des PFAS et de la règlementation applicable est en évolution constante, il est crucial d’aborder cette thématique avec un regard holistique », souligne John Peichel, responsable Développement des marchés internationaux.
Depuis la polémique du chantier d’Oosterweel, tous les Belges ont entendu parler des PFAS. La présence de ces substances per- et polyfluoralkylées dans l’eau et le sol est un immense défi pour l’avenir. « Ce n’est pas pour rien que l’on parle de polluants éternels », dit John Peichel. « Les PFAS sont extrêmement difficiles à dégrader. De plus, il en existe plus de 5 000 sortes, qui ont toutes des propriétés légèrement différentes, et sont nocives même en très petites quantités. »
Approche en 3 étapes
Globalement, le traitement est bien établi. « L’effluent doit subir un prétraitement adéquat avant de pouvoir éliminer efficacement les PFAS par absorption dans un filtre à charbon actif et/ou sur une résine échangeuse d’ions sélective aux PFAS. Ce prétraitement est généralement une osmose inverse, qui retient et concentre les PFAS, ce qui facilite leur élimination par absorption. Dans la troisième et finale étape de traitement, le matériau absorbant saturé en PFAS est éliminé ou détruit. »
Filières de traitement complexes
Etant donné que les PFAS sont généralement présents dans les eaux usées en très faibles quantités, il est nécessaire de les concentrer en les séparant de l’effluent. « Les méthodes de séparation membranaire, et en particulier l’osmose inverse, sont actuellement les plus indiquées pour cela », explique Peichel, « même si ce n’est pas non plus une panacée. En effet, les méthodes membranaires n’ont pas la même efficacité pour tous les types de PFAS, et de plus les eaux usées industrielles contiennent généralement de nombreux autres contaminants qui peuvent réduire l’efficacité de l’osmose inverse. C’est pourquoi chaque projet demande un prétraitement bien pensé et une filière de traitement adaptée, parfois complexe, en fonction de l’effluent en question. »
Robuste et à l’épreuve du temps
Il est essentiel, selon Peichel, d’adopter une approche robuste et holistique pour développer une filière de traitement adéquate. « La station d’épuration doit pouvoir s’adapter d’une part aux variations du processus industriel et d’autre part aux renforcements de la réglementation. Les variations du processus industriel sont avant tout prises en compte au niveau du prétraitement, et bien sûr nous veillons aussi à ce que les technologies proposéessoient adaptées à des variations de débit réalistes. La filière sélectionnée est généralement testée et validée avec une installation pilote sur site. De plus, nos filières de traitement prévoient toujours les étapes requises pour faire face aux éventuels renforcements de la réglementation. Nous évitons ainsi le risque qu’une installation devienne obsolète après quelques années de service. »
Séparer et éliminer
Le traitement de l’eau vise avant tout à éliminer les autres contaminants et à concentrer les faibles quantités de PFAS. « Le concentrat passe ensuite dans un filtre à charbon actif granulaire (GAC) ou échangeur d’ions (IX) pour capturer et séquestrer les PFAS. Le matériau absorbant peut ensuite être acheminé vers un site d’enfouissement pour déchets toxiques ou un incinérateur. Les conditions exactes auxquelles les incinérateurs doivent satisfaire pour détruire efficacement les PFAS sont toujours en cours d’évaluation. »
www.watertechnologies.com/applications/pfas-remediation
Par Elise Noyez
Photos : Veolia

