23/09/2020

Les eaux usées ne sont pas des déchets

L’assainissement et la réutilisation de l’eau sont nécessaires pour ramener et maintenir l’impact de nos activités humaines sur la planète à un niveau acceptable. « L’eau est l’or de l’avenir » n’est plus depuis longtemps un slogan abstrait. Pour en convaincre le citoyen, il reste encore un long chemin à parcourir ! Il faut noter que bien souvent, les gros consommateurs industriels et commerciaux fournissent eux aussi encore trop peu d’efforts pour consommer et réutiliser l’eau de manière rationnelle. Ce qui exaspère Farida Doulami, CEO du bureau d’ingénieurs-conseils en technique Epas International.

La réalité nous oblige, en prévision de l’avenir, de traiter de manière intelligente et écologique l’eau, les déchets et les produits chimiques dans les applications industrielles. On peut citer plusieurs raisons à cela. L’épuration de l’eau dans les entreprises est nécessaire pour répondre aux normes de rejets toujours plus strictes qui sont imposées par les différentes autorités. Les conséquences pour une entreprise qui ne les respecte pas vont d’une simple amende à une mise à l’arrêt temporaire ou définitive de ses activités !

Un deuxième aspect est purement d’ordre financier. « Les eaux usées contiennent beaucoup d’ingrédients précieux qui s’y mélangent au cours ou en prévision d’un processus de production. Il est quand même dommage de rejeter ces substances au lieu de les réutiliser ! L’épuration sélective des eaux usées peut apporter la solution : extraire ce qui doit l’être mais valoriser et réutiliser ce qui peut encore être utile ! »

Zéro rejet liquide

Les activités de production impliquent souvent de produire aussi une certaine quantité d’eaux usées. « Le rejet n’est pas la seule solution », poursuit Farida Doulami. « Aujourd’hui, il existe suffisamment de techniques de récupération d’eaux usées de telle sorte qu’il ne reste plus qu’une fraction sèche à la fin du cycle. C’est ce qu’on appelle le concept du ‘zéro rejet liquide’. Les déchets solides sont également plus riches qu’on le croit. Prenez l’exemple des boues d’épuration physico-chimiques et biologiques. Ces ‘déchets’ peuvent avoir de multiples destinations nouvelles, par exemple comme engrais pour l’agriculture ou comme matière première pour la production d’énergie. »

« Oser poser des questions que d’autres n’osent pas ou ne peuvent pas poser. » Lorsqu’on est trop fixé sur l’optimisation des processus de production, on oublie parfois de s’intéresser à la réutilisation de l’eau ou des matières premières. Ces 10 dernières années, la pénurie d’eau nous a contraints de reconnaître l’eau de plus en plus comme une matière première de base et de l’utiliser de façon durable et judicieuse. Auparavant, nous assainissions l’eau exclusivement pour pouvoir la rejeter. Aujourd’hui, on privilégie la réutilisation. Pourquoi ? Parce que les entrepreneurs découvrent de plus en plus que l’utilisation ou la réutilisation judicieuse de l’eau diminue les coûts d’exploitation. Supposez que l’on parvienne, dans un processus de production, à économiser 10 m³ d’eau par heure, cela permettrait d’éviter une consommation de 87.600 m³ d’eau de process par an ! Ne vous fixez pas sur le prix d’achat de l’eau mais tenez compte aussi du coût de la transformation de l’eau en eau de process lorsqu’il s’agit par exemple d’ajouter des produits chimiques ou d’éliminer des ions, l’oxygène ou le dioxyde de carbone. Tout l’art consiste à limiter la consommation d’eau et de produits chimiques sans sacrifier le rendement et la fiabilité. A quoi sert-il de réduire la consommation d’eau dans la production si parallèlement la qualité du produit diminue ou si l’entretien des équipements augmente ?

Architectes du traitement de l’eau

Quel rôle le bureau Epas International peut-il jouer dans ce contexte ? Farida Doulami : « Je nous décris volontiers comme les ‘architectes du traitement de l’eau’. Nos activités peuvent se répartir en différentes catégories : consultance pour le suivi, la gestion et l’optimisation de la gestion de l’eau, assistance processus et technique sur site, gestion des catastrophes, audits et études des MTD (Meilleures Techniques Disponibles). Notre laboratoire est équipé pour réaliser des analyses et des recherches à l’échelle labo et pilote, des caractérisations microscopiques, des tests d’écotoxicité et de la R&D. Mais notre assistance ne se situe pas seulement au niveau théorique. Il importe aussi de traduire toutes ces connaissances en actes. Nous fournissons des conseils techniques pour la construction, la transformation ou l’optimisation de l’installation d’épuration d’eau, nous réalisons une évaluation objective des technologies et des fournisseurs, nous assurons un traitement de données efficace et nous apportons notre aide dans les études d’impact sur l’environnement. Je reviens un instant sur les tests d’écotoxicité. Le client ne se contente pas des résultats des mesures, il attend de notre part des solutions concrètes. Ce que nous faisons. »

« Last but not least, les clients professionnels peuvent aussi s’adresser à nous pour des formations. Le partage des connaissances constitue un aspect important pour atteindre notre objectif commun – une gestion de l’eau durable et efficace. Nos ingénieurs de projets ont acquis de nombreuses années d’expérience pratique dans le suivi d’installations d’épuration d’eau et dans l’accompagnement des opérateurs, des ingénieurs de process, des responsables de l’environnement et des collaborateurs de laboratoire. Ces connaissances et ces expériences sont présentées dans une offre de formations étendue comprenant des formations aussi bien généralistes que spécifiques, ainsi qu’une combinaison d’enseignements théoriques et pratiques. »

Accréditation BELAC

Le siège d’Epas International se trouve à Gand. C’est de là que sont pilotés notamment des projets industriels en Europe, au Moyen-Orient, en Amérique latine et en Asie. A cet effet, Epas International peut désormais s’appuyer sur plus de 28 ans d’expertise dans l’optimisation des installations d’épuration d’eau pour réduire au minimum l’impact des rejets sur l’environnement. Epas International a pu faire valider son expérience en matière d’études d’impact sur l’environnement et de tests d’écotoxicité dans une accréditation par BELAC, l’unique organisme belge d’accréditation, qui relève du SPF Economie, PME, Classes moyennes et Energie.

« Que ce soit dans le cadre d’études de R&D ou d’analyses dans un cadre légal – notamment des conditions particulières pour un permis d’environnement, des conseils en matière d’inspection environnementale, etc. – nous analysons de manière standardisée l’écotoxicité aiguë sur les différentes formes de vie qui sont représentatives du milieu récepteur », explique Farida Doulami. « Mais notre assistance ne s’arrête pas là. Outre les effets aigus, le laboratoire d’Epas International est également équipé pour analyser les effets à long terme sur le milieu aquatique récepteur. Ceci est réalisé avec l’outil ScreenTox, un ensemble de tests in vitro et in vivo. Dans ce cadre, on ne s’intéresse pas tant à l’intoxication de l’organisme en tant que tel mais plutôt aux effets au niveau moléculaire. Ceci permet de détecter préventivement certains micropolluants ayant des effets à long terme sur l’environnement. »

« L’économie circulaire peut aussi être rentable », conclut Farida Doulami. « Nous réduisons les coûts d’exploitation et nous transformons les déchets en matières premières. Mais pour cela, il faut regarder sur le long terme et pendre conscience que l’eau est un bien précieux qu’il nous faut protéger et traiter avec respect. Je suis convaincue que nous disposons tous ensemble des informations et de la motivation nécessaires pour y parvenir ! »

Par Rudy Gunst

www.epasconsultancy.com

« Nous osons poser des questions que d’autres n’osent pas ou ne peuvent pas poser. »

Farida Doulami (CEO d’Epas International)

Les eaux usées ne sont pas des déchets

L’assainissement et la réutilisation de l’eau sont nécessaires pour ramener et maintenir l’impact de nos activités humaines sur la planète à un niveau acceptable. « L’eau est l’or de l’avenir » n’est plus depuis longtemps un slogan abstrait. Pour en convaincre le citoyen, il reste encore un long chemin à parcourir ! Il faut noter que bien souvent, les gros consommateurs industriels et commerciaux fournissent eux aussi encore trop peu d’efforts pour consommer et réutiliser l’eau de manière rationnelle. Ce qui exaspère Farida Doulami, CEO du bureau d’ingénieurs-conseils en technique Epas International.

La réalité nous oblige, en prévision de l’avenir, de traiter de manière intelligente et écologique l’eau, les déchets et les produits chimiques dans les applications industrielles. On peut citer plusieurs raisons à cela. L’épuration de l’eau dans les entreprises est nécessaire pour répondre aux normes de rejets toujours plus strictes qui sont imposées par les différentes autorités. Les conséquences pour une entreprise qui ne les respecte pas vont d’une simple amende à une mise à l’arrêt temporaire ou définitive de ses activités !

Un deuxième aspect est purement d’ordre financier. « Les eaux usées contiennent beaucoup d’ingrédients précieux qui s’y mélangent au cours ou en prévision d’un processus de production. Il est quand même dommage de rejeter ces substances au lieu de les réutiliser ! L’épuration sélective des eaux usées peut apporter la solution : extraire ce qui doit l’être mais valoriser et réutiliser ce qui peut encore être utile ! »

Zéro rejet liquide

Les activités de production impliquent souvent de produire aussi une certaine quantité d’eaux usées. « Le rejet n’est pas la seule solution », poursuit Farida Doulami. « Aujourd’hui, il existe suffisamment de techniques de récupération d’eaux usées de telle sorte qu’il ne reste plus qu’une fraction sèche à la fin du cycle. C’est ce qu’on appelle le concept du ‘zéro rejet liquide’. Les déchets solides sont également plus riches qu’on le croit. Prenez l’exemple des boues d’épuration physico-chimiques et biologiques. Ces ‘déchets’ peuvent avoir de multiples destinations nouvelles, par exemple comme engrais pour l’agriculture ou comme matière première pour la production d’énergie. »

« Oser poser des questions que d’autres n’osent pas ou ne peuvent pas poser. » Lorsqu’on est trop fixé sur l’optimisation des processus de production, on oublie parfois de s’intéresser à la réutilisation de l’eau ou des matières premières. Ces 10 dernières années, la pénurie d’eau nous a contraints de reconnaître l’eau de plus en plus comme une matière première de base et de l’utiliser de façon durable et judicieuse. Auparavant, nous assainissions l’eau exclusivement pour pouvoir la rejeter. Aujourd’hui, on privilégie la réutilisation. Pourquoi ? Parce que les entrepreneurs découvrent de plus en plus que l’utilisation ou la réutilisation judicieuse de l’eau diminue les coûts d’exploitation. Supposez que l’on parvienne, dans un processus de production, à économiser 10 m³ d’eau par heure, cela permettrait d’éviter une consommation de 87.600 m³ d’eau de process par an ! Ne vous fixez pas sur le prix d’achat de l’eau mais tenez compte aussi du coût de la transformation de l’eau en eau de process lorsqu’il s’agit par exemple d’ajouter des produits chimiques ou d’éliminer des ions, l’oxygène ou le dioxyde de carbone. Tout l’art consiste à limiter la consommation d’eau et de produits chimiques sans sacrifier le rendement et la fiabilité. A quoi sert-il de réduire la consommation d’eau dans la production si parallèlement la qualité du produit diminue ou si l’entretien des équipements augmente ?

Architectes du traitement de l’eau

Quel rôle le bureau Epas International peut-il jouer dans ce contexte ? Farida Doulami : « Je nous décris volontiers comme les ‘architectes du traitement de l’eau’. Nos activités peuvent se répartir en différentes catégories : consultance pour le suivi, la gestion et l’optimisation de la gestion de l’eau, assistance processus et technique sur site, gestion des catastrophes, audits et études des MTD (Meilleures Techniques Disponibles). Notre laboratoire est équipé pour réaliser des analyses et des recherches à l’échelle labo et pilote, des caractérisations microscopiques, des tests d’écotoxicité et de la R&D. Mais notre assistance ne se situe pas seulement au niveau théorique. Il importe aussi de traduire toutes ces connaissances en actes. Nous fournissons des conseils techniques pour la construction, la transformation ou l’optimisation de l’installation d’épuration d’eau, nous réalisons une évaluation objective des technologies et des fournisseurs, nous assurons un traitement de données efficace et nous apportons notre aide dans les études d’impact sur l’environnement. Je reviens un instant sur les tests d’écotoxicité. Le client ne se contente pas des résultats des mesures, il attend de notre part des solutions concrètes. Ce que nous faisons. »

« Last but not least, les clients professionnels peuvent aussi s’adresser à nous pour des formations. Le partage des connaissances constitue un aspect important pour atteindre notre objectif commun – une gestion de l’eau durable et efficace. Nos ingénieurs de projets ont acquis de nombreuses années d’expérience pratique dans le suivi d’installations d’épuration d’eau et dans l’accompagnement des opérateurs, des ingénieurs de process, des responsables de l’environnement et des collaborateurs de laboratoire. Ces connaissances et ces expériences sont présentées dans une offre de formations étendue comprenant des formations aussi bien généralistes que spécifiques, ainsi qu’une combinaison d’enseignements théoriques et pratiques. »

Accréditation BELAC

Le siège d’Epas International se trouve à Gand. C’est de là que sont pilotés notamment des projets industriels en Europe, au Moyen-Orient, en Amérique latine et en Asie. A cet effet, Epas International peut désormais s’appuyer sur plus de 28 ans d’expertise dans l’optimisation des installations d’épuration d’eau pour réduire au minimum l’impact des rejets sur l’environnement. Epas International a pu faire valider son expérience en matière d’études d’impact sur l’environnement et de tests d’écotoxicité dans une accréditation par BELAC, l’unique organisme belge d’accréditation, qui relève du SPF Economie, PME, Classes moyennes et Energie.

« Que ce soit dans le cadre d’études de R&D ou d’analyses dans un cadre légal – notamment des conditions particulières pour un permis d’environnement, des conseils en matière d’inspection environnementale, etc. – nous analysons de manière standardisée l’écotoxicité aiguë sur les différentes formes de vie qui sont représentatives du milieu récepteur », explique Farida Doulami. « Mais notre assistance ne s’arrête pas là. Outre les effets aigus, le laboratoire d’Epas International est également équipé pour analyser les effets à long terme sur le milieu aquatique récepteur. Ceci est réalisé avec l’outil ScreenTox, un ensemble de tests in vitro et in vivo. Dans ce cadre, on ne s’intéresse pas tant à l’intoxication de l’organisme en tant que tel mais plutôt aux effets au niveau moléculaire. Ceci permet de détecter préventivement certains micropolluants ayant des effets à long terme sur l’environnement. »

« L’économie circulaire peut aussi être rentable », conclut Farida Doulami. « Nous réduisons les coûts d’exploitation et nous transformons les déchets en matières premières. Mais pour cela, il faut regarder sur le long terme et pendre conscience que l’eau est un bien précieux qu’il nous faut protéger et traiter avec respect. Je suis convaincue que nous disposons tous ensemble des informations et de la motivation nécessaires pour y parvenir ! »

Par Rudy Gunst

www.epasconsultancy.com

« Nous osons poser des questions que d’autres n’osent pas ou ne peuvent pas poser. »

Farida Doulami (CEO d’Epas International)