Le VITO et l’UAntwerpen partagent leur expertise avec la nouvelle entreprise dérivée A-membranes
Par Matthias Vanheerentals
Le VITO et l’UAntwerpen partagent leur expertise avec la nouvelle entreprise dérivée A-membranes
Aujourd’hui, les procédés de séparation de produits sont souvent énergivores et d’une efficacité toute relative. Forts de leur nouvelle entreprise dérivée A-membranes, le VITO et l’UAntwerpen lancent sur le marché une technologie avancée de séparation membranaire en milieu liquide. Non content d’avoir gagné considérablement en efficacité et en durabilité, cette technologie est douée d’un potentiel d’économie d’énergie qui lui permet de réduire sensiblement les émissions de CO₂ dans l’industrie chimique.
Une collaboration au long cours entre le VITO et l’UAntwerpen s’est concrétisée par une technologie brevetée d’adaptation de membranes céramiques (sorte de filtres évolués) qui en améliore l’efficacité. « L’application, sur la surface membranaire, d’un revêtement supplémentaire stable et sur mesure accélère le passage des produits souhaités à travers la membrane », relate Mme la professeure Vera Meynen (UAntwerpen), codéveloppeuse de cette technologie et conseillère scientifique auprès de la société A-membranes. « Cette technologie permet également de rejeter les produits indésirables. La séparation des produits s’opère en fonction de leur ‘attirance’ pour la membrane. Dans ce cas, on parle d’affinité chimique. Nous pouvons moduler cet effet en fonction du processus du client afin d’améliorer ce faisant la séparation des produits. »
Alternative durable
Cette nouvelle technologie enthousiasme Bart Coen, Directeur général d’A-membranes. « Notre technologie brille par sa stabilité dans des conditions chimiques difficiles, telles que celles rencontrées en présence de hautes températures ou de solvants organiques. La conjugaison de la membrane employée avec un revêtement organique approprié permet à A-membranes de proposer des filtrations membranaires encore inconcevables récemment. La robustesse et l’adaptabilité de notre technologie membranaire lui confèrent un remarquable potentiel de traitement de divers flux de processus chimiques. Particulièrement énergivores, les procédés de séparation thermique telles que la distillation et l’évaporation représentent aujourd’hui près de 40 % de la consommation totale d’énergie dans l’industrie. Cette consommation atteint 12 à 14 % de la consommation globale d’énergie. D’ordinaire, la consommation d’énergie des dispositifs de séparation membranaire n’atteint que 10 à 30 % de celle des procédés de séparation thermique. Par conséquent, la séparation membranaire constitue une alternative sobre et durable dont le potentiel de réduction de l’empreinte carbone est très élevé. De ce fait, A-membranes peut contribuer à la réduction des émissions de CO₂ dans l’industrie chimique. »
Efficacité dans le domaine des applications hydriques
À l’heure actuelle, la technologie membranaire s’utilise déjà à grande échelle dans l’industrie hydrique et agroalimentaire. A-membranes permet aux applications (hydriques en particulier) qui ont d’ores et déjà recours à la technologie membranaire de gagner dès à présent en valeur ajoutée. « Un revêtement organique de surface sélectionné avec soin améliore l’efficacité de la filtration au point d’en permettre la mise en oeuvre au sein d’une installation plus compacte, plus économique, moins énergivore et à coûts opérationnels réduits », souligne Bart Coen. « De plus, notre traitement de surface est d’une grande stabilité dans le temps ; il est insensible au rinçage, même en présence d’agents de nettoyage courants. »
VITO
Le VITO est également partenaire du projet. Le VITO en l’UAntwerpen ont uni leurs efforts pour optimiser la technologie membranaire. Selon Roel Vleeschouwers, Business Development Manager auprès du VITO, de tels projets sont importants pour l’industrie chimique. « Nous observons que les membranes existantes destinées à l’industrie chimique présentent souvent des défauts. Les membranes polymères se prêtent difficilement au traitement de liquides recelant des solvants organiques. Certaines se dissolvent même à leur contact. En revanche, les membranes céramiques présentent une résistance élevée à ces solvants. Mais c’est également une source de problèmes. Nous sommes parvenus à traiter la surface des membranes céramiques pour les rendre compatibles avec tous les types de solvants. C’est à cet endroit que se situe la grande innovation. L’industrie hydrique est également confrontée au problème majeur que constitue le ‘fouling’. Autrement dit, l’encrassement et le colmatage des membranes. Nous proposons un traitement de surface qui confère aux membranes des propriétés antiencrassement. Ces modifications nous permettent de prévenir tout encrassement irréversible, en augmentant de la sorte la durée de vie utile des membranes. Leur rinçage indispensable est beaucoup moins fréquent et plus court qu’auparavant et les défaillances se font plus rares. Nous sommes à même de proposer des séparations membranaires spécifiques pour les secteurs de la chimie, de la pharmacie et de l’alimentation. La mise en oeuvre d’un processus de filtration nous permet de séparer les unes des autres des molécules de même taille possédant des propriétés très similaires, à l’instar des sucres complexes, métabolites de bioprocessus ou produits secondaires de réactions chimiques. Aujourd’hui, l’exécution de telles opérations impose souvent de recourir à d’autres techniques de séparation complexes et plus coûteuses. »
Coût inférieur pour le client
Venons-en à présent aux coûts. « Les membranes polymères classiques sont plus économiques à l’achat », relate Bart Coen. « Mais leur remplacement s’impose assez rapidement. Nos produits ne sont pas les moins coûteux au mètre carré, mais leur durée de vie utile est sensiblement plus longue. Leur empreinte (à savoir, l’importance de la surface membranaire requise) est aussi nettement inférieure. La conjugaison d’une longue durée de vie, d’une empreinte réduite et d’une efficacité opérationnelle supérieure se traduit par un coût total de propriété (TCO) très favorable pour nos clients. Nous disposons déjà d’une petite installation pilote de production, mais nous sommes en train de construire une première ligne de production à l’échelle industrielle. Bon nombre d’entreprises établies à l’étranger s’intéressent à notre technologie. Au-delà du continent européen également : divers projets ont vu le jour en Amérique, au Canada et dans plusieurs pays d’Asie. Cette technologie a retenu l’attention de tous les marchés. »
Technologie moins gourmande en processus
En sa qualité de Directeur commercial du VITO, Bruno Reyntjens se félicite que le VITO ait contribué, avec le concours de ses collègues de l’UAntwerpen et celui de l’entrepreneur Bart Coen, au lancement de l’entreprise dérivée A-membranes. « A-membranes est le fruit de nombreuses années d’expérience et de développement dans le domaine de la technologie membranaire. Au VITO, nous sommes convaincus que ces membranes céramiques chimiquement modifiées contribueront à rendre nombre d’installations de filtration et d’épuration moins gourmandes en processus. Ainsi, cette entreprise dérivée aidera l’industrie à progresser sur la voie de la durabilité. »
BlueApp
Selon Silvia Lenaerts, vice-rectrice de la chaire Valorisation et Développement de l’UAntwerpen, A-membranes s’inscrit parfaitement dans le cadre de la valorisation des matériaux et de la chimie durable. « Une collaboration multidisciplinaire entre différents établissements de recherche nous permet aujourd’hui de lancer cette technologie durable à l’assaut du marché. Notre mode de fonctionnement nous a permis de soutenir nos chercheurs en les mettant en contact avec Bart Coen, un entrepreneur expérimenté. Nous nous réjouissons de continuer à collaborer avec lui et son équipe au sein de BlueApp, notre centre d’innovation ouvert consacré à la chimie durable. »
Bart Coen, Directeur général d’A-membranes :
« La robustesse et l’adaptabilité de notre technologie membranaire lui confèrent un remarquable potentiel de traitement de divers flux de processus chimiques. »
Bruno Reyntjens, Directeur commercial du VITO.
« A-membranes est le fruit de nombreuses années d’expérience et de développement dans le domaine de la technologie membranaire. »

