Le quatrième atelier Improved regarde vers le passé et vers l’avenir
Le quatrième atelier Improved regarde vers le passé et vers l’avenir
Deux conteneurs d’essai Improved ont été déménagés chez Dow, à Terneuzen. À la suite de cela, de nombreux intéressés sont venus écouter quelque six intervenants. Entre autres, des représentants de Dow et d’Evides Industriewater ont exposé leurs plans pour l’avenir à court et moyen terme. Arne Verliefde a fait une analyse quelque peu visionnaire concernant l’avenir de la gestion industrielle de l’eau, et exposé les possibles suites pour Improved.
L’industrie chimique, dans les ports maritimes de Zélande, Gand et Anvers, consomme beaucoup d’eau. Mais elle est confrontée, de plus en plus, à des défis à ce sujet, tels qu’une baisse de la quantité d’eau douce disponible.
Le projet Improved a pour but de contribuer à trouver des solutions à ce problème. Son infrastructure d’essai, composée de deux conteneurs mobiles, s’est d’abord trouvée chez le producteur d’engrais Yara Sluiskil, puis est allée chez BASF Anvers, et ensuite chez Dow, à Terneuzen. À la suite de l’arrivée des conteneurs chez Dow, un quatrième atelier Improved a eu lieu au centre de communication de Dow, De Boerderij, à Hoek aux Pays-Bas.
Une utilisation plus durable de l’eau
Niek Van Belzen, responsable de la technologie chez Dow, expliquait que sa société utilise entre un et deux millions de mètres cubes d’eau par an. Une quantité significative de celle-ci arrive, via une canalisation de 120 kilomètres, du Biesbosch, un parc national néerlandais équipé de quelques barrages de retenue remplis d’eau provenant de la Meuse.
Niek Van Belzen racontait que Dow ne voulait, d’ici 2025, plus aucune importation structurelle d’eau venant du Biesbosch. Ce revirement devra se faire grâce à la réutilisation de l’eau et l’exploitation de sources locales alternatives. Malheureusement il y a peu d’eau douce disponible aux environs de Dow Terneuzen. Il y a assez bien d’eau de surface et aussi souterraine, mais celle-ci est saumâtre. En outre, Van Belzen s’attend à une intrusion supplémentaire de sel dans l’eau de la région, en raison de la montée du niveau de la mer.
Dow espère qu’Improved contribuera à maximiser sa réutilisation de condensats de vapeur. Jusqu’à présent, cette réutilisation était faible, en raison de polluants tels que les matières organiques, le phosphate, les chlorures et autres ions, ainsi que de l’encrassement biologique (croissance intempestive de micro-organismes).
Aujourd’hui, le retour de condensats de Dow est purifié à travers un échangeur d’ions à lits mélangés, exploité par Evides Industriewater. La question est à présent de savoir quelles autres techniques d’épuration sont nécessaires pour maximiser la réutilisation. De nombreuses réponses pourraient provenir d’Improved.
Une masse de plans
Wilbert van den Broek est ingénieur principal en procédés chez Evides Industriewater, l’un des partenaires de projet dans Improved. Il a confirmé que ses collègues et lui voulaient contribuer, au cours des prochaines années, à augmenter la quantité d’eau réutilisée par Dow. Pour ce faire ils vont démarrer bientôt l’aménagement de deux zones humides (wetlands) pilotes. La structure de la post-épuration consiste en une ultrafiltration, un échangeur de cations et d’anions, et une osmose inverse. Le but de ces zones humides est de prétraiter les effluents de manière à assurer une bonne récupération et une faible pollution ; on pense ici, par exemple, à l’encrassement biologique et à la pollution organique des membranes d’osmose inverse. S’ils ne peuvent pas disposer de zones humides, il faudra qu’ils utilisent une autre méthode de pré-traitement. La filtration bicouche et le charbon actif biologique pourraient alors, par exemple, être une option. Ils réutiliseraient le concentré issu de l’osmose inverse pour effectuer un rétro-lavage de l’ultrafiltration, et pour la régénération de l’échangeur d’ions. Ils ont également intégré une étape d’adoucissement dans la série de traitements, afin d’augmenter la récupération (recovery) de l’osmose inverse.
Yara & BASF
Marjolein Vanoppen a commenté les résultats des deux conteneurs d’essai chez Yara Sluiskil et BASF. Un article sur la partie de projet chez Yara est déjà paru dans Aquarama 81 (voir ‘Mobiele testinstallatie bij Yara: taak volbracht’ – ou en ligne : www.aquarama.be/nl/artikels/item/206/mobiele-testinstallatie-bij-yara-taak-volbracht). Entre-temps, les partenaires du projet ont publié un rapport de 42 pages avec encore plus de résultats : il est disponible sur www.grensregio.eu/assets/files/site/YARA-Sluiskil.pdf .
La partie de projet chez BASF a été largement commentée dans le présent numéro, Aquarama 83. Voir à ce sujet l’article : Projet Improved : résultats probants et riches en enseignements pour BASF).
KO-Water
Valérie Verjans est ingénieur projet chez watercircle.be . Elle présentait le tout récent projet KO-Water (www.watercircle.be/project-ko-water). Elle a expliqué que le projet a pour but d’aider les entreprises de l’industrie de transformation à mettre en œuvre des techniques pour économiser l’eau (potable). L’accent est mis sur l’information des entreprises concernant les dernières évolutions de la technologie des membranes, qui sont souvent ignorées. Mais d’autres technologies peuvent également être prises en considération. L’objectif de l’équipe KO est d’assurer une préparation de l’eau plus efficace chez au moins 75 entreprises, et d’aider au moins 25 entreprises à franchir le pas du recyclage ou de la réutilisation de l’eau de processus.
Après Improved
Arne Verliefde, Université UGent, a exposé sa vision des suites possibles pour Improved. Il est parti pour ce faire de quelques défis.
Premier défi : la qualité de l’eau et les exigences concernant le matériel. On pense ici à la corrosion. De nouveaux outils et méthodes ont déjà été développés au sein d’Improved pour tester la corrosion sur les matériaux appropriés et dans les conditions qui conviennent.
Le deuxième défi est la réutilisation de l’eau et des matières premières. Arne Verliefde rappelait que la réutilisation de l’eau se pratique à grande échelle depuis un certain temps. Une entreprise puisant l’eau, par exemple dans une rivière, et rejette ensuite son eau usée dans cette rivière. Cette eau usée est diluée et épurée ; après quoi une entreprise en aval puise de nouveau de l’eau dans cette rivière et peu de temps après, rejette ici encore ses eaux usées, et ainsi de suite. Ces dernières années, le cycle de l’eau s’est refermé de plus en plus : on épure, par exemple, les eaux usées dans une station de traitement puis on les retransforme en eau de processus ou en eau potable. Des aspects de cette tendance ont été discutés dans le projet De Blauwe Cirkel (Le Cercle bleu) ( www.watercircle.be/organisatie-de-blauwe-cirkel ).
L’intensification des processus constitue un autre défi. Aujourd’hui, nous dit-on, tous les processus ramènent l’eau vers un site central unique, et à partir de là, on procède à la réutilisation de l’eau. Mais ensuite, il est nécessaire de séparer à nouveau l’une et l’autre chose au niveau de cette station centrale d’épuration. L’opinion d’Arne Verliefde est qu’il faut procéder autrement. Il estime que la tendance à la décentralisation, qui a lieu dans de nombreux aspects de notre vie quotidienne, est aussi valable pour l’eau à l’avenir.
Une troisième catégorie de défis concerne le changement climatique et la climatisation. Le changement climatique entraîne une réduction du débit des rivières et un besoin accru de climatisation. Les systèmes de refroidissement doivent être repensés et la consommation d’eau des tours de refroidissement doit être réduite.
Pour conclure, Arne Verliefde voit encore des défis et surtout des chances, entre autres, dans les capteurs et l’intelligence artificielle. La combinaison de ces deux techniques facilite la transition vers une épuration décentralisée.
Afin de gérer tout cela il voit un rôle intéressant pour, entre autres, Capture (centre de recherche pour la réutilisation des matières premières), R2T (consortium Resource Recovery Technology) et la chaire Industrial and Circular Water Technology de l’Université UGent. Il espère que l’infrastructure Improved restera utile pour effectuer des essais. Il a invité toutes les personnes désirant faire partie des suites données à Improved à se faire connaître.
Par Koen Vandepopuliere


