Le corona demande aussi de la vigilance lors de la gestion des eaux
Le corona demande aussi de la vigilance lors de la gestion des eaux
Respecter les distances. Se laver les mains. Porter un masque buccal. Comme une mantra, les mesures ont été prescrites encore et encore au cours du trimestre passé. Ensemble, nous mettons donc tout en oeuvre pour limiter la transmission du corona par la salive et les aérosols. Les chercheurs ont toutefois retrouvé aussi dans nos eaux résiduaires des traces ARN du virus. Un problème qui mérite à tout le moins notre attention.
Devons-nous avoir peur de l’eau du robinet ? « On n’en est pas encore là », indique calmement Edward Vanhecke, industry manager water & waste water chez Endress+Hauser. « La présence du virus SARS-CoV-2 dans les eaux résiduaires non traitées donne, en premier lieu, une indication de l’importance et de l’emplacement de foyers de contamination déterminés. Actuellement, il n’y a pas encore d’indications de présence du virus dans les eaux souterraines, les eaux de surface ou notre approvisionnement en eau potable. Mais cela indique toutefois que nous devons être vigilants. En particulier, les compagnies de distribution d’eau potable, qui doivent toujours garantir une qualité optimale, et ceux qui épurent les eaux usées et les réutilisent doivent surveiller de près un certain nombre de points de contrôle critiques pour empêcher ainsi le risque de contamination en tout point de leurs processus. »
Turbidité
Comme premier point important, Vanhecke cite la turbidité de l’eau. « Dans la plupart des cas, une turbidité élevée indique la présence de matières organiques qui, à leur tour, sont un terrain de prédilection pour les virus et les bactéries. Cela doit être évité. »
Selon l’industry manager, il ne s’agit toutefois pas seulement de mesures absolues. « Lors de la prise d’eau brute pour l’approvisionnement en eau potable, il est très important de suivre la tendance. Une augmentation soudaine de la turbidité peut en effet indiquer la rupture d’un filtre, ce qui donne libre cours à des micro-organismes pathogènes. Une surveillance constante et une documentation des valeurs sont ici à l’ordre du jour. »
Désinfection chimique
Malgré la ténacité avec laquelle le corona s’est maintenu cette année, le virus présente heureusement aussi des faiblesses. « Contrairement à d’autres virus aquatiques connus, comme E. coli ou le rotavirus, il apparaît que le coronavirus est très sensible à la désinfection chimique », affirme Vanhecke. « Cela signifie qu’il peut être désactivé de manière relativement simple, et cela avec les procédures qui sont déjà généralement en vigueur dans l’approvisionnement en eau potable. Mais aussi dans le traitement des eaux résiduaires, où une désinfection chimique ne fait pas partie, dans la plupart des cas, de la procédure standard, il est important d’ajouter cette étape finale au processus de traitement. En outre, il est essentiel d’opter pour une désinfection résiduelle de manière à rendre également impossible la contamination pendant la distribution. »
Le dosage de chlore actif est aujourd’hui la méthode la plus utilisée et aussi très efficace pour réaliser une telle désinfection résiduelle. A la condition, au minimum, que ceci se passe dans le domaine de pH correct, un deuxième point critique important. « Au-dessus d’un pH de 8,2, le chlore actif n’aura plus aucun effet désinfectant », souligne Vanhecke. « Il est donc essentiel non seulement de contrôler le degré d’acidité de l’eau et de le documenter, mais aussi que le dosage du chlore actif y soit adapté constamment. En outre, après 30 minutes, une concentration de chlore résiduelle de 0,5 mg/l minimum doit encore être présente dans l’eau. »
La détermination du pH et la concentration en chlore actif correspondante ont lieu le plus souvent via la méthode DPD, mais Endress+Hauser offre aussi des solutions totalement automatisées qui adaptent, contrôlent et garantissent constamment une correction du pH sur la base des mesures de débit.
Comme solution de rechange au chlore actif, une désinfection chimique adéquate peut également être réalisée avec l’aide de brome ou de dioxyde de chlore. Ceux-ci sont moins dépendants ou le sont totalement du pH.
Réserves de désinfection
Le fait que la désinfection chimique revête une importance élémentaire est évident dans tous les cas. Quel que soit le désinfectant utilisé à cet effet, il s’ensuit que les réserves de désinfection représentent un point de contrôle critique. « A des époques de pandémie, il est d’autant plus important de bien suivre ces réserves et de les compléter en temps utile », avertit Vanhecke. « En effet, les opérateurs ne sont pas toujours sur place pour contrôler la réserve et la livraison peut être liée à des retards à un tel moment. La préférence doit donc être donnée à une gestion de réserve automatique qui peut être consultée à distance et, si possible, permet même une communication directe avec le fournisseur. »
A cet effet, Endress+Hauser a déjà développé le FWR30, un compteur de niveau sans fil qui peut être placé simplement sur un réservoir en plastique et qui peut déterminer, par des mesures radar directes à travers le couvercle, la quantité de réserve qui est encore présente. Grâce à sa liaison avec les Netilion cloud services, toutes les données sont en outre disponibles à distance et peuvent être intégrées au SupplyCare Hosting pour autoriser une livraison automatique.
Mesures précises
Comme dernier point important, Vanhecke souligne pour conclure qu’aucun capteur ou cellule de mesure n’est infaillible. « Tout au moins aussi important que la mesure elle-même, il faut savoir si les mesures sont correctes. Ceci signifie que les appareils de mesure doivent être étalonnés régulièrement et correctement et qu’il faut tenir à l’oeil le vieillissement des cellules de mesure ou d’autres dommages ou problèmes. »
« Au fond, des délais déterminés sont imposés pour de semblables étalonnages, mais avec l’aide d’un outil diagnostic intelligent, leur fréquence peut être réduite. D’autre part, un tel outil permet d’intervenir préventivement. Une solution comme notre technologie Heartbeat procure notamment un contrôle fréquent de la situation des capteurs, analyse ces données et leur évolution et indique, sur cette base, quand il faut intervenir et où, avant qu’un problème se manifeste effectivement. Cela signifie que la fiabilité est augmentée, alors que les coûts d’entretien sont diminués. »
Texte : Elise Noyez
Photos : Endress+Hauser
« Le risque de contamination doit être limité en tout point du processus. »
« A des époques de pandémie, il est d’autant plus important de bien suivre les réserves de désinfection et de les compléter en temps utile. »




