Fontaines anversoises 2.0
Fontaines anversoises 2.0
La ville d’Anvers opèrera une mise à jour de ses fontaines. Grâce à une technologie intelligente, elle veut s’assurer que moins d’interventions manuelles soient nécessaires. Les fontaines utiliseraient alors moins d’eau, tout en restant sûres, grâce à des produits innovants. Elles tomberaient aussi moins souvent en panne. Elles seraient capables d’interagir avec les citoyens. Et bien d’autres choses encore…
La ville d’Anvers a lancé un projet qui a pour but que ses fontaines soient plus efficaces et plus performantes. Dans ce cadre, elle installera des capteurs et des pilotages intelligents dans chaque fontaine. Cela fait partie d’un projet sélectionné pour le programme ‘Slimme innovatie’ (Innovation intelligente) du gouvernement flamand. Yves Govaerts, responsable d’équipe chez AG Vespa : « Nous gérons 47 fontaines à Anvers, dont 35 se trouvent dans un environnement urbain. Certaines ont une riche histoire et, en raison de leur aspect monumental, elles ont une signification emblématique pour la ville. Je pense par exemple à la fontaine Bravo sur la Grand-Place, ou à la fontaine de la Place Hendrik-Conscience. Mais nous avons également des fontaines flambant neuves dont les buses sont intégrées dans les places de la ville. Toutes ces fontaines sont connectées à l’eau courante mais comportent un réservoir interne. Il s’agit donc d’un stockage-tampon de l’eau. Il y a de petites fontaines dont le réservoir-tampon n’est qu’un ballon d’environ deux mètres cubes. D’autres disposent de réservoirs gigantesques, comme par exemple celle de la Place Léopold-de-Wael. C’est, pour ainsi dire, un petit lac qui se remplit. Elles fonctionnent tous les jours, du 1er mai au 1er octobre, entre neuf heures du matin et neuf heures du soir. En hiver, elles sont totalement arrêtées, sauf une, celle de la Place Léopold-de-Wael, car elle dispose déjà d’une protection antigel. »
Il y a, en outre, six fontaines d’étang, surtout situées dans les parcs, mais qui ne font pas partie du projet.
Nouvelle approche
« Durant la saison active », nous dit encore Yves Govaerts, « une équipe de deux techniciens fait la tournée d’entretien des fontaines. Lors de certains pics d’activité, ce sont deux équipes de deux techniciens qui interviennent. Elles vont d’un endroit à l’autre de la ville pour vérifier s’il y a lieu de corriger ou d’entretenir l’une ou l’autre chose. Cela nécessite beaucoup d’heures de travail. Et malgré cela nous recevons parfois des plaintes de certains habitants. Parce qu’ils trouvent que telle fontaine n’est pas actionnée à temps, ou parce qu’une autre ne gicle pas assez haut, ou alors bien trop haut, ou bien parce qu’elle constitue une nuisance sonore, … Nos techniciens se rendent alors sur place et corrigent le tir. C’est ainsi que nous est venue l’idée du projet de fontaines intelligentes, pour optimiser leur maintenance technique. Et ceci grâce à des capteurs en liaison avec une plate-forme en ligne qui reste encore à bâtir en grande partie. Et c’est encore toujours notre objectif principal. Mais au fil du temps le projet a commencé à prendre plus d’ampleur que ce qui était décrit à l’origine. »
« Des capteurs seront en liaison avec une plate-forme en ligne qui reste encore à bâtir en grande partie. »
Christophe van Nunen, expert chez AG Vespa : « Les capteurs seront lus par l’API installée dans l’armoire de commande. Cet API transmettra ensuite les informations, sans fil, vers la plate-forme. Le défi réside surtout dans la diversité des fontaines. Étant donné que chaque fontaine est unique, nous devons concevoir pour chaque fontaine ses propres paramètres et les saisir. »
Pour l’installation des capteurs, la ville d’Anvers prévoit trois niveaux, affirme-t-il. « Selon la façon dont la fontaine est conçue, de son aspect et de ses besoins, il y a un équipement réduit, moyen et élevé. L’équipement réduit est uniquement pour la surveillance passive. L’équipement moyen correspond à la surveillance passive et au pilotage actif. Pour l’équipement de niveau élevé, il y a encore un grand nombre de capteurs supplémentaires afin d’optimiser de façon poussée le fonctionnement. »
Entretien
Christophe van Nunen : « Nous voulons que les fontaines nous disent elles-mêmes quand elles ont besoin d’un entretien. De cette façon nous pourrons constater de façon précoce qu’une panne se profile. On le verra par exemple aux compteurs électriques : lorsque la pompe consomme plus de courant que d’habitude, nous saurons que quelque chose cloche. En intégrant des débitmètres, nous remarquerons rapidement qu’il y a une obturation ou un problème analogue. Nous pourrons alors intégrer aussi des sécurités grâce auxquelles la fontaine se mettra elle-même à l’arrêt, de sorte que le dommage sera limité. »
Économie d’eau
« Nous voulons surveiller le niveau dans le réservoir-tampon » ajoute Yves Govaerts. « Lorsqu’il apparaîtra que le niveau est critiquement bas, nous saurons que nous devons compléter le niveau avec de l’eau courante. Nous étudions également les possibilités de connecter la plateforme au site météorologique de l’IRM ou à une station météo locale, afin de pouvoir prévoir les averses. Nous pourrions alors mettre le remplissage temporairement en attente si nous savons que la pluie arrive et qu’elle remplira déjà un peu le réservoir. »
« Nous voulons, entre autres, que les fontaines nous disent elles-mêmes quand elles ont besoin d’un entretien.
Interface et automatisation
Il est prévu qu’à l’avenir, les techniciens puissent voir d’un seul coup d’œil sur leurs tablettes l’état de toutes les fontaines, affirme Yves Govaerts. « Ils pourront ainsi prévoir un itinéraire optimal. Ils pourront ainsi voir, par exemple, quelle fontaine nécessite un entretien en premier, ou quelles pièces peuvent déjà être commandées dans le cadre d’une réparation. Nous voulons faire en sorte qu’en cas de défaut des alarmes s’affichent sur la plate-forme. Ensuite les techniciens pourront vérifier quel est au juste le problème, sur la base des données des capteurs. L’élaboration de cette plate-forme numérique sera faite par nos partenaires Digipolis, Datylon et CP-A. »
Reste encore l’entretien des filtres pour les grosses saletés. Yves Govaerts : « Actuellement, nos techniciens les vident à chaque fois. » Nous envisageons un système de filtration grossière dans lequel aurait lieu un nettoyage ou un rinçage automatique, et pour lequel les boues seraient temporairement stockées dans un petit réservoir-tampon. Nos techniciens n’auraient plus qu’à vider ce dernier tous les deux à trois mois. »
Interactivité
Le pilotage influe également sur la présence de visiteurs. Christophe van Nunen : « L’interaction est surtout utile pour les fontaines destinées aux jeux d’enfants, car elles sont alors intensivement utilisées par eux. Nous examinons également dans quelle mesure il serait intéressant de transférer des informations de la fontaine aux passants par l’intermédiaire d’un code QR attaché à la fontaine et que le citoyen pourrait consulter avec son smartphone. On peut penser par exemple à une question telle que : ‘La fontaine est-elle à présent arrêtée ?’ L’écran du smartphone afficherait alors : ‘Cette fontaine est inactive jusqu’à 13h00 en raison du marché hebdomadaire sur la place.’ »
Qualité de l’eau
Il y a aussi la qualité de l’eau. Christophe van Nunen : « Nous utilisons actuellement du chlore et de l’acide dans certaines fontaines pour en maintenir la qualité. Cependant, ce ne sont pas des produits écologiques, et nous ne pouvons pas les transporter nous-mêmes. Dans le cadre du projet, nous explorerons les possibilités d’autres pistes. Par exemple, en collaboration avec un laboratoire externe et l’Université de Liège, nous examinerons dans quelle mesure nous pouvons obtenir le même résultat en ajoutant des probiotiques dans l’eau. »
Yves Govaerts : « Nous espérons avoir réalisé pleinement, d’ici 2025, ce plan ambitieux pour toutes les fontaines de la ville. »
Par Koen Vandepopuliere
Photos : AG Vespa



