Entreposage fiable et sûr des produits chimiques
Entreposage fiable et sûr des produits chimiques
Il faut se garder de renverser des produits chimiques. Un credo sans équivoque qu’il convient de respecter non seulement lors de l’usage, mais aussi de l’entreposage de l’hypochlorite de sodium, du trichlorure de fer et d’autres substances chimiques intervenant dans le traitement des eaux. Pour garantir une sécurité et une fiabilité optimales, il y a lieu de remplacer les cuves de stockage et de traitement en temps utile, mais aussi dans les règles de l’art. Les dirigeants de la société IVBO d’épuration des eaux usées établie à Bruges se fient depuis longtemps à l’expertise de CGK et au service complet qu’offre l’entreprise dans ce domaine.
L’installation initiale d’incinération des ordures ménagères dont dispose la société IVBO remonte à 1982, mais au fil du temps, cette installation a déjà subi, à plusieurs reprises, nombre de modifications qui lui permettent de répondre aux besoins actuels. Entièrement modernisée et automatisée dans l’intervalle, cette unité de traitement des déchets dont la capacité nominale s’élève à 200.000 tonnes par an comprend non seulement un incinérateur, mais aussi une installation d’épuration des eaux usées. Les eaux de lavage servant à l’épuration des gaz de combustion (ou du moins à la fraction qui n’est pas recyclée) y subissent un traitement chimique qui en autorise le déversement dans la station d’épuration des eaux usées d’Aquafin en parfaite conformité avec les normes en vigueur.
« Ce traitement comprend entre autres un processus de floculation nécessitant l’utilisation de trichlorure de fer et d’un polymère particulier », relate Stijn Dely, Business Unit Manager chez CGK. « Aussi bien la cuve de floculation que la cuve de stockage du trichlorure de fer se rapprochaient de la fin de leur durée de vie utile. Tout comme du reste la cuve de stockage de l’acide chlorhydrique employé dans d’autres processus. En d’autres termes, nous devions procéder au remplacement sur site de trois cuves, ingénierie, construction et montage inclus, en tenant compte de leur spécificité. »
Cuve de floculation à haute résistance
Avant de pouvoir évacuer par une cheminée les gaz de combustion issus du processus d’incinération des déchets, il convient de les épurer en plusieurs temps. Le dispositif d’épuration comporte deux étages de lavage humide. La majeure partie de l’eau de lavage utilisée à cette fin est recyclée à travers le processus de nettoyage, mais quelque 3 % de cette eau se déverse dans le dispositif d’épuration des eaux usées et par conséquent dans la cuve de floculation. « Comme la température de cette eau se situe entre 60°C et 70°C », observe Dely, « il convient d’accorder une attention particulière aux matériaux utilisés. Une cuve en acier ne manquerait pas de s’oxyder rapidement. Pour garantir une résistance suffisante aussi bien aux températures élevées qu’à la charge chimique de l’agent de floculation, nous avons remplacé la cuve en acier originelle par une cuve en polypropylène dont l’épaisseur des parois s’élève à 5 cm au moins.
Nous avons équipé cette cuve de 38 m3 d’un agitateur de brassage du floculant ainsi que des conduits de raccordement indispensables à l’écoulement gravitaire de l’eau vers le clarificateur. À la demande du client, nous avons procédé à l’installation de plates-formes supplémentaires aussi bien au niveau de l’évacuation latérale qu’à celui de l’agitateur en veillant à ce que cette plate-forme surplombe la cuve à une hauteur de 4 m. Ces plates-formes permettent d’accéder sans difficulté aux divers composants pour procéder à leur maintenance en cas de défaillance ou de colmatage. »
Remplacement sans interruption
Tout comme la cuve de floculation originelle, il était grand temps de remplacer la cuve de stockage du trichlorure de fer exécutée en plastique renforcé à la fibre de verre (PRV). Une cuve à double paroi de 43 m3, entièrement préparée à l’atelier de CGK et équipée de tous les capteurs Vlarem requis, devait littéralement se substituer à la précédente, mais sans que les activités de la société IVBO aient à subir la moindre interruption pendant les travaux. « Pour y parvenir, nous avons d’abord installé une cuve temporaire à un autre endroit, puis nous l’avons raccordée à la pompe existante. S’il est vrai qu’une cuve provisoire est équipée d’un nombre inférieur de capteurs, la continuité de l’exploitation est assurée, si bien que nous avons pu passer l’esprit tranquille aux étapes suivantes de la procédure d’installation ; à savoir, la démolition de la cuve originelle et les travaux d’adaptation du bac de rétention en béton. Ce n’est qu’après l’exécution de ces travaux que nous avons procédé à l’installation de la pompe et de la nouvelle cuve de stockage, aux raccordements électriques et à la mise en service, avant de procéder au nettoyage complet et à l’enlèvement de la cuve provisoire. »
La nouvelle cuve est pourvue d’un trou d’homme et d’une balustrade munie d’un portillon d’accès en PRV. « Comme la cuve originelle était montée à l’horizontale contrairement à notre modèle vertical, nous avons dû procéder à des travaux d’adaptation sur les passerelles existantes pour en garantir l’accessibilité », complète Dely.
Sas à vapeur chimique
La cuve de stockage du trichlorure de fer n’est pas la seule dont le remplacement s’est effectué de cette manière. « L’aventure s’est répétée avec la cuve de stockage de l’acide chlorhydrique. Cet acide n’intervient pas exclusivement dans l’épuration des eaux ; il remplit également la fonction d’agent de régénération pour l’installation de déminéralisation, laquelle revêt à son tour une importance déterminante pour la production de vapeur et la récupération de chaleur.
Il s’agissait également d’une cuve à double paroi de 43 m3 que nous avons installée au même endroit que la cuve de stockage horizontale d’origine, après avoir procédé à l’installation d’une cuve de stockage provisoire. Pour neutraliser les vapeurs acides, nous avons équipé cette cuve d’un sas à vapeur chimique et nous l’avons raccordée non pas à une, mais à trois pompes : d’une part une pompe centrifuge affectée au remplissage de la cuve et d’autre part, deux pompes montées en parallèle et affectées au refoulement des produits chimiques vers l’installation de déminéralisation. L’une de ces deux dernières pompes fait office de pompe de réserve dans le souci de maximiser la fiabilité du dispositif. »
Quatre cuves de stockage pour De Gavers
De Watergroep a également fait appel à CGK pour le remplacement de quatre cuves de stockage au centre de production d’eau De Gavers (deux de ces cuves sont destinées au stockage de l’eau de Javel, les deux autres à celui du trichlorure de fer). Il s’agissait de cuves à une seule paroi dont la capacité s’élève respectivement à 14 m3 et 45 m3, que nous avons préparées en atelier avant de procéder à leur installation dans le bac de rétention existant. Cette mission comportait aussi l’ingénierie, la préfabrication et le montage des passerelles et escaliers d’accès, en accordant une attention particulière aux risques de fuite d’un bout à l’autre de la procédure d’installation.
« Exécutées dans un PRV à haute résistance, ces plates-formes sont montées de surcroît sur plusieurs socles en béton d’une hauteur voisine de 70 cm », selon Dely. « Elles sont recouvertes à leur tour d’un revêtement en PE de manière à étancher et préserver le bac de rétention. Par ailleurs, les cuves sont pourvues des bavettes requises conformément à la législation en vigueur. En cas de fuite, ces bavettes préviennent tout ruissellement gravitaire lent de produits chimiques à la périphérie de la cuve et empêchent, par conséquent, toute projection hors du bac de rétention. »
« Enfin, nous nous sommes livrés à une intervention de sécurité supplémentaire visant à rehausser les cuves d’eau de Javel de moindre capacité en les plaçant sur un socle en béton. Ainsi, le montage de ces cuves à proximité des pompes permet de réduire le risque de dégazage de l’eau de Javel. »
TEXTE : ELISE NOYEZ
PHOTOS : CGK




