07/03/2022

Défis de l’eau des collectivités, solutions ?

L’UNESCO organisait du 11 au 14 janvier, la conférence virtuelle « Eau Mega 2022 » sur l’eau, les mégapoles et le changement global. Xylem, acteur mondial des technologies de l’eau apportait son soutien et organisait le 11 une table ronde relative à l’aide au collectivités pour répondre aux défis de l’eau, soit le changement climatique, le vieillissement des infrastructures, l’amélioration des performances, la sécurité et la qualité des services.

Par Yves ANTOINE

Formule gagnante ?

Pour relever ces défis, il faut créer des partenariats, coordonner des expertises pluridisciplinaires, développer des outils et des solutions numériques innovantes. La digitalisation et le traitement des données ouvrent une nouvelle ère vers la gestion globale de l’eau. Les 4 intervenants répondaient aux questions et partageaient leurs vues sur la transformation digitale pour atteindre leurs objectifs.

L’Europe a les outils nécessaires

Dominique Gatel de Veolia, Directeur des Relations institutionnelles dans le secteur de l’eau auprès des institutions européennes explique la dynamique et l’appréhension du digital : « La bonne nouvelle est que Bruxelles dispose de la masse critique pour faire usage des expertises publiques ou privées. Le Green Deal européen 2021 - 2027 fédère un nombre colossal d’initiatives au niveau réglementaire mais aussi financier visant une Europe plus verte et décarbonée. La stratégie énergie et l’économie circulaire incluent la problématique de l’eau, plus explicitement abordée dans la stratégie zéro pollution (cf. la révision des directives eaux usées urbaines et eau potable et la régulation des eaux usées d’irrigation). En matière de digital, l’Europe veille à ce que les acteurs aient les moyens matériels et immatériels pour agir. Sont visés l’interopérabilité des plateformes, la RGPD, la lutte contre les monopoles, la cybersécurité… Le digital permet la transparence dans la visibilité des informations et la remontée des données. L’instrumentation permet également d’accroître les performances de par l’utilisation des données en temps réel. L’IdO a réellement changé la donne à ce sujet pour donner des bénéfices dans des laps de temps assez court. C’est donc le bon moment pour investir dans cette transformation digitale. »

Le digital pour atteindre les objectifs

Sébastien Fayon est Responsable du service Gestion du Patrimoine – Schémas Directeurs du SEDIF (Syndicat des Eaux d’Île-de-France). En quoi les solutions digitales vont permettre d’atteindre ses objectifs ? Le Sedif, c’est 4 Mio d’usagers, 782 000 m³ d’eau distribuées par jour, 45 stations de pompage, 8 000 km de réseau… L’intervenant explicite : « cela oblige à développer des stratégies innovantes pour fournir le meilleur service au meilleur prix. Pour la stratégie d’investissement, on s’appuie sur une planification qui s’étale de 2022 à 2031 avec pour focus le traitement d’eau, la gestion du patrimoine et une vision “Smart-Sedif”. Cette dernière vise à améliorer la performance du réseau et de ses équipements, la relation à l’usager, privé, collectif ou industriel. Une politique digitale est suivie avec la refonte des outils de communication. L’idée, c’est de donner la bonne information à la bonne personne au bon moment. Le smart-sedif, c’est développer la capacité d’utilisation des nombreuses données. Le plan pluriannuel focalise sur le patrimoine et le réseau.

Digitalisation, utopie ou réalité ?

Vincent Ponzetto est Directeur général de l’Établissement Public Industriel et Commercial (EPIC) Eau d’Azur qui assume la gestion de l‘eau et de l’assainissement dans la métropole Nice Côte d’Azur regroupant 51 communes et 170 000 clients. Le territoire s’étale de la montagne au littoral, à l’ensoleillement exceptionnel et à la température moyenne de 16 °C. La région cependant subit des événements forts : des pluies méditerranéennes, tempêtes, canicules... La métropole a dès lors développé une gestion de crise dans sa régie d’eau et de maintenance sur une base d’anticipation. Ceci se fait en divers points : maîtrise de la consommation du client, anticipation de la production et de la gestion des ressources, optimisation énergétique prédictive, anticipation tellurique, de pollutions…, mise en place de propres capacités énergétiques et pilotage en temps réel. La solution digitale est un moyen de pouvoir répondre à ces axes stratégiques : accélération de l’instrumentation des équipements, des clients, du suivi de la qualité et des ressources pour accélérer la prédictibilité ; urbanisation des données au travers de référentiels techniques organisationnels ; mise en place de systèmes de gestion de ressources et de patrimoine ; pilotage en temps réel, outils informatiques prédictifs et de gestion de maintenance… Conclusion : la digitalisation des services de l’eau, réalité ou utopie ? Les risques sont de nature technologique, financière, de RH… Des principes doivent être adoptés. Les projets doivent être proportionnels à l’envergure des sociétés. Le mieux est l’ennemi du bien. Il faut être simple et ambitieux sans oublier que la réussite passe par un objectif précis !

1 litre d’eau potable sur 5 n’arrive jamais jusqu’au robinet

Frédéric Renaut est Directeur des partenariats pour l’innovation et la performance chez Xylem. Quelles innovations et quelles solutions permettent aux collectivités et au services de l’eau de prendre les bonnes décisions en termes de gestion de l‘eau ? : « Une qualité de service s’obtient en investissant massivement en exploitation et en infrastructure. Surtout vu le changement climatique, les pollutions, les inondations, et … la rareté des ressources financières. Les innovations offrent des solutions. Sur 900 000 Km de réseau, 1 L d’eau potable sur 5 en moyenne n’arrive jamais jusqu’au robinet. Des équipements comme le PipeDiver et le SmartBall permettent de connaître les tronçons de canalisations qu’il faut renouveler. Les services des eaux ont des masses de données à gérer et l’arrivée de l’intelligence artificielle apporte aussi des solutions. Des gains de 10 à 30 % en exploitation et en investissements et une diminution de 70 % des interventions sont observés. Les jumeaux numériques sur les réseaux d’assainissement, stations d’épurations, pompes… sont aussi une piste pour faire des milliers de simulations (précipitations, inondations…), se déclinant par l’amélioration de la résilience des systèmes… En conclusion, les solutions numériques permettent aux services de distribution de réaliser des économies spectaculaires en matière d’eau, d’énergie et de coûts. Les données, combinées à des produits et des technologies fiables, aident les communautés du monde entier à devenir plus sûres et plus durables en matière de consommation et de traitement de l’eau. »

Défis de l’eau des collectivités, solutions ?

L’UNESCO organisait du 11 au 14 janvier, la conférence virtuelle « Eau Mega 2022 » sur l’eau, les mégapoles et le changement global. Xylem, acteur mondial des technologies de l’eau apportait son soutien et organisait le 11 une table ronde relative à l’aide au collectivités pour répondre aux défis de l’eau, soit le changement climatique, le vieillissement des infrastructures, l’amélioration des performances, la sécurité et la qualité des services.

Par Yves ANTOINE

Formule gagnante ?

Pour relever ces défis, il faut créer des partenariats, coordonner des expertises pluridisciplinaires, développer des outils et des solutions numériques innovantes. La digitalisation et le traitement des données ouvrent une nouvelle ère vers la gestion globale de l’eau. Les 4 intervenants répondaient aux questions et partageaient leurs vues sur la transformation digitale pour atteindre leurs objectifs.

L’Europe a les outils nécessaires

Dominique Gatel de Veolia, Directeur des Relations institutionnelles dans le secteur de l’eau auprès des institutions européennes explique la dynamique et l’appréhension du digital : « La bonne nouvelle est que Bruxelles dispose de la masse critique pour faire usage des expertises publiques ou privées. Le Green Deal européen 2021 - 2027 fédère un nombre colossal d’initiatives au niveau réglementaire mais aussi financier visant une Europe plus verte et décarbonée. La stratégie énergie et l’économie circulaire incluent la problématique de l’eau, plus explicitement abordée dans la stratégie zéro pollution (cf. la révision des directives eaux usées urbaines et eau potable et la régulation des eaux usées d’irrigation). En matière de digital, l’Europe veille à ce que les acteurs aient les moyens matériels et immatériels pour agir. Sont visés l’interopérabilité des plateformes, la RGPD, la lutte contre les monopoles, la cybersécurité… Le digital permet la transparence dans la visibilité des informations et la remontée des données. L’instrumentation permet également d’accroître les performances de par l’utilisation des données en temps réel. L’IdO a réellement changé la donne à ce sujet pour donner des bénéfices dans des laps de temps assez court. C’est donc le bon moment pour investir dans cette transformation digitale. »

Le digital pour atteindre les objectifs

Sébastien Fayon est Responsable du service Gestion du Patrimoine – Schémas Directeurs du SEDIF (Syndicat des Eaux d’Île-de-France). En quoi les solutions digitales vont permettre d’atteindre ses objectifs ? Le Sedif, c’est 4 Mio d’usagers, 782 000 m³ d’eau distribuées par jour, 45 stations de pompage, 8 000 km de réseau… L’intervenant explicite : « cela oblige à développer des stratégies innovantes pour fournir le meilleur service au meilleur prix. Pour la stratégie d’investissement, on s’appuie sur une planification qui s’étale de 2022 à 2031 avec pour focus le traitement d’eau, la gestion du patrimoine et une vision “Smart-Sedif”. Cette dernière vise à améliorer la performance du réseau et de ses équipements, la relation à l’usager, privé, collectif ou industriel. Une politique digitale est suivie avec la refonte des outils de communication. L’idée, c’est de donner la bonne information à la bonne personne au bon moment. Le smart-sedif, c’est développer la capacité d’utilisation des nombreuses données. Le plan pluriannuel focalise sur le patrimoine et le réseau.

Digitalisation, utopie ou réalité ?

Vincent Ponzetto est Directeur général de l’Établissement Public Industriel et Commercial (EPIC) Eau d’Azur qui assume la gestion de l‘eau et de l’assainissement dans la métropole Nice Côte d’Azur regroupant 51 communes et 170 000 clients. Le territoire s’étale de la montagne au littoral, à l’ensoleillement exceptionnel et à la température moyenne de 16 °C. La région cependant subit des événements forts : des pluies méditerranéennes, tempêtes, canicules... La métropole a dès lors développé une gestion de crise dans sa régie d’eau et de maintenance sur une base d’anticipation. Ceci se fait en divers points : maîtrise de la consommation du client, anticipation de la production et de la gestion des ressources, optimisation énergétique prédictive, anticipation tellurique, de pollutions…, mise en place de propres capacités énergétiques et pilotage en temps réel. La solution digitale est un moyen de pouvoir répondre à ces axes stratégiques : accélération de l’instrumentation des équipements, des clients, du suivi de la qualité et des ressources pour accélérer la prédictibilité ; urbanisation des données au travers de référentiels techniques organisationnels ; mise en place de systèmes de gestion de ressources et de patrimoine ; pilotage en temps réel, outils informatiques prédictifs et de gestion de maintenance… Conclusion : la digitalisation des services de l’eau, réalité ou utopie ? Les risques sont de nature technologique, financière, de RH… Des principes doivent être adoptés. Les projets doivent être proportionnels à l’envergure des sociétés. Le mieux est l’ennemi du bien. Il faut être simple et ambitieux sans oublier que la réussite passe par un objectif précis !

1 litre d’eau potable sur 5 n’arrive jamais jusqu’au robinet

Frédéric Renaut est Directeur des partenariats pour l’innovation et la performance chez Xylem. Quelles innovations et quelles solutions permettent aux collectivités et au services de l’eau de prendre les bonnes décisions en termes de gestion de l‘eau ? : « Une qualité de service s’obtient en investissant massivement en exploitation et en infrastructure. Surtout vu le changement climatique, les pollutions, les inondations, et … la rareté des ressources financières. Les innovations offrent des solutions. Sur 900 000 Km de réseau, 1 L d’eau potable sur 5 en moyenne n’arrive jamais jusqu’au robinet. Des équipements comme le PipeDiver et le SmartBall permettent de connaître les tronçons de canalisations qu’il faut renouveler. Les services des eaux ont des masses de données à gérer et l’arrivée de l’intelligence artificielle apporte aussi des solutions. Des gains de 10 à 30 % en exploitation et en investissements et une diminution de 70 % des interventions sont observés. Les jumeaux numériques sur les réseaux d’assainissement, stations d’épurations, pompes… sont aussi une piste pour faire des milliers de simulations (précipitations, inondations…), se déclinant par l’amélioration de la résilience des systèmes… En conclusion, les solutions numériques permettent aux services de distribution de réaliser des économies spectaculaires en matière d’eau, d’énergie et de coûts. Les données, combinées à des produits et des technologies fiables, aident les communautés du monde entier à devenir plus sûres et plus durables en matière de consommation et de traitement de l’eau. »