Connaissances et savoir par la recherche et la coopération
Connaissances et savoir par la recherche et la coopération
« Nous avons tous une responsabilité sociétale pour nous opposer au réchauffement climatique et à l’épuisement des matières premières naturelles. » La parole est ici à Coos Wessels, directeur technique du fournisseur de technologies CirTec. Le fait que ses valeurs d’entreprise ne sont pas des mots creux est prouvé par le rassemblement de ses activités clés sous le vocable CirTec, ou en toutes lettres Technologie Circulaire (en français).
« Avec notre technologie innovante, nous réussissons à offrir une solution prête à l’emploi pour un grand nombre de problèmes d’environnement dans le secteur du traitement de l’eau », indique Coos Wessels. « Réutiliser les déchets doit toujours être un point important ici. Je crois fermement dans l’économie circulaire dans laquelle les résidus sont réutilisés complètement dans le système. Complètement est peut-être un peu fort, c’est pourquoi une autre définition est parfois utilisée qui décrit les choses plus en douceur, à savoir un système économique qui utilise les matières premières, les matériaux et les sources d’approvisionnement de manière durable. Mais le point de départ reste le même dans notre conduite d’entreprise : transformer les déchets en une matière première. »
Réutiliser les résidus dans toute la mesure du possible pour abaisser la pression sur l’environnement est une valeur noble, mais comme entrepreneur, ceci n’est pas évident sur le plan financier. « L’entreprise circulaire offre des possibilités rationnelles. Les nouvelles technologies nous aident à y arriver. Grâce à cela, nous pouvons aujourd’hui réaliser des choses qui ne nous étaient pas possibles auparavant et demain, nous réaliserons des choses que nous sommes incapables de réaliser encore aujourd’hui. Chercher des possibilités out-of-the-box pour épurer l’eau de manière plus durable et réutiliser des matières premières récupérables. C’est ce qui nous anime. »
Fournisseur de technologie
Connaissances et savoir par la recherche et la coopération. Selon Coos Wessels, vous avez deux options en tant que concepteur de nouvelles techniques : vous les gardez secrètes de manière à ce que personne ne puisse profiter de vos inventions ou vous les partager avec autrui pour devenir ensemble plus intelligents et donner ainsi au processus de développement de nouvelles impulsions et de nouvelles visions. Coos Wessels est un partisan absolu de la deuxième option. « CirTec est trop petite pour développer tout elle-même. La quasi-totalité de notre bénéfice total est investie dans la R&D et pourtant, les choses ne vont pas encore assez vite. En coopérant avec des acteurs du marché et des organismes de recherche et de développement, nous pouvons progresser ensemble beaucoup plus rapidement. Heureusement, nous pouvons compter ici sur les universités et les hautes écoles. L’implication de l’enseignement est importante et c’est pourquoi nous donnons aussi régulièrement des présentations ou organisons des cours donnés par des professeurs invités, dont le résultat est double : partager des connaissances et l’expérience avec des étudiants si bien qu’ils découvrent que les eaux usées ne sont pas (seulement) malpropres, mais que des exemples pratiques innovants et parlants existent aussi à côté de la recherche théorique. En outre, ceci donne bien entendu une notoriété à CirTec. Car comme tout fournisseur de technologie, nous saluons tout nouveau venu qui peut jeter un regard original sur nos activités. »
L’analyse des eaux d’égout peut divulguer de nombreux secrets. C’est ainsi qu’à Amsterdam, lors du confinement précédent, moins de traces de consommation de cocaïne ont été observées. Il s’agit là sans aucun doute d’une conséquence directe de la fermeture obligatoire des discothèques et des salles des fêtes et de l’absence de touristes. Mais un élément encore plus important a été la possibilité de détecter la contamination par corona à partir des selles, et ceci 4 à 5 jours avant que la personne concernée présente les premiers signes de la maladie.
Papier toilette
Coos Wessels : « Depuis de nombreuses années, le papier toilette cause de gros soucis aux exploitants d’installations d’épuration d’eau. Au sein de notre gestion circulaire, nous avons recherché des solutions et les avons trouvées pour aborder ce problème. Du papier toilette recyclé qui est récupéré à partir d’installations d’épuration d’eau d’égout, nous tirons la cellulose comme matière première. Nous la dénommons Recell®. A partir de là, il est, par exemple, possible de réaliser des biocomposites, une solution durable de haute qualité basée sur la cellulose. Parmi les applications possibles, citons les pots à plantes, avec comme avantage supplémentaire que ces pots sont totalement biodégradables, mais aussi des matériaux de construction et de production. Ecodek réalise même des tables de pique-nique et utilise à cet effet un mélange de 30 % de cellulose, de 30 % de farine de bois et de 40 % de HDPE recyclé. »
Lors du tracé de plans de traitement de cellulose recyclée, CirTec s’est heurtée à quelques problèmes juridiques s’agissant de réutiliser les matières premières tirées des eaux d’égout. Qu’est-ce que l’on peut faire et ne pas faire ? Etant donné que CirTec joue ici un rôle de pionnier, l’entreprise s’est chargée d’un lourd fardeau : éplucher la législation. Dans le cadre du programme Interreg NWE WOW!, on travaille intensément à une inventorisation de la législation existante dans six pays (Belgique, Allemagne, France, Luxembourg, Pays-Bas et Royaume-Uni) qui doit servir de base pour harmoniser la recherche et les activités à cet égard. Dans le cadre de ce projet, Aquafin, l’OVAM, Vitens et Vlario, des acteurs belges, sont impliqués. Au cours d’une phase ultérieure, cette inventorisation peut être utilisée pour développer une feuille de route européenne pour l’utilisation de matières premières tirées d’eaux d’égout. Mais Coos Wessels se rend très bien compte que des obstacles importants croiseront sa route avant d’atteindre ses objectifs ; toutefois, il pense qu’un tournant viendra dès que la base parmi la population sera suffisamment grande.
Plus-value
« A chaque étape de l’épuration d’eau – préépuration, épuration principale, post-épuration – nous pouvons jouer un rôle et sélectionner la technologie appropriée », expose Coos Wessels. « Mais ici, nous avons toujours devant nous une constante : chez CirTec, on n’achète pas un dispositif, mais une solution. Nous offrons une plus-value. C’est pourquoi je peux le mieux nous décrire comme un fournisseur de technologie. Dernièrement, l’exploitant d’une installation de traitement de l’eau nous a contactés pour commander un nouveau préfiltre. Après avoir posé quelques questions ciblées, nous nous sommes très rapidement aperçus que le problème auquel cette entreprise de transformation de légumes était confrontée (élimination des boues) méritait une autre solution qu’un nouveau préfiltre. Nous avons pris notre temps pour analyser la totalité du processus de rinçage des boues ; dans le cadre de notre solution totale, l’optimisation du préfiltre n’était qu’un élément, outre notamment une autre structure du drainage des boues et une amélioration de la post-épuration. Grâce à cette approche, il est possible de construire des relations durables avec les clients, le terme durable ayant le double sens de responsabilité durable et écologique. »
Un aperçu du portefeuille de CirTec donne une image évidente des techniques auxquelles l’entreprise s’est vouée : technique de criblage (cribles fins Salsnes, cribles à tambour Giotto, cribles à disque Giotto, discfilters pour l’effluent polishing), épaississement des boues et drainage des boues (épaississeurs à bande, épaississeurs à tambour, presses à bande de criblage, presses à vis, CellPress), séchage des boues (sécheurs à tambour CTD, Ecoflash – thin layer dryer, sécheurs à bande SBD), techniques d’évaporation, scrubbing et stripping (GaLiCos, Crescendo) et épuration biologique (biorotors, boues actives).
« Les clients de CirTec sont très diversifiés », conclut Coos Wessels. « Il peut s’agir de compagnies des eaux (Aquafin en Flandre), mais aussi de branches industrielles variées, comme le secteur de l’alimentation, l’assainissement des sols, la (pétro)chimie et le recyclage des plastiques. »
Par Rudy Gunst
Photos : CirTec
« Transformation de déchets en une matière première. »




