Colruyt Group investit à nouveau dans un ambitieux projet d’épuration des eaux
Colruyt Group investit à nouveau dans un ambitieux projet d’épuration des eaux
A la reprise suivant les congés du bâtiment, Colruyt Group Technics lance le chantier d’une station d’épuration des eaux qui traitera les eaux usées du siège de Wilgenveld, du site d’Elbeek et du centre de distribution de Dassenveld à Halle, qui représentent ensemble un quart de la consommation d’eau totale du groupe.
La station traitera à la fois les eaux usées industrielles, les eaux noires et grises, ainsi que l’eau de pluie collectée à Dassenveld. En traitant ces eaux usées et pluviales sur ces sites, le groupe compte réduire de 90% sa consommation d’eau de ville. Chaque année, 90 000 m³ d’eaux usées seront transformés en 81 000 m³ d’eau potable, réduisant d’environ autant la consommation d’eau de ville.
« Aujourd’hui, 15% de notre eau potable provient du recyclage d’eaux usées. Ce projet fera passer ce chiffre à 30% », explique Geert Van Liefferinge, chef de projet épuration de l’eau chez Colruyt Group Technics. La mise en service de la station d’épuration, d’une capacité de production d’eau potable de 11 m3/h, est prévue pour début 2022. Pour 2025, Colruyt Group veut que la part de la consommation d’eau totale de l’ensemble du groupe provenant du recyclage d’eaux usées et pluviales atteigne 50%. Aujourd’hui, ils en sont déjà au tiers.
Quelle eau ?
Colruyt Group œuvre depuis longtemps non seulement à la réduction de ses émissions de CO2 et à l’organisation la plus durable possible de ses transports, mais aussi au retraitement de ses eaux usées afin d’en réduire sa consommation. « Mais l’eau, c’est quand même un volet compliqué », admet Lize Linclau, ingénieure projet R&D chez Colruyt Group. Après avoir identifié ses plus gros points de consommation, le groupe avait construit une première station d’épuration des eaux en 2001 sur le site de Fine Food Meat, l’entreprise de transformation de la viande du groupe (à Stroppen). Au début, l’eau était rejetée après épuration. « En 2014, nous avons commencé à produire de l’eau potable pour pouvoir la réutiliser en circuit fermé dans la production. Depuis 2016, nous collectons également l’eau de pluie à Stroppen pour la transformer en eau potable. »
Le nouveau projet traitera les eaux usées du siège de Wilgenveld ainsi que, et surtout, les eaux issues du lavage des bacs au centre de distribution de Dassenveld (9 m3/h) et l’eau de lavage des machines de production.
« Après avoir étudié les caractéristiques de nos différents types d’eaux usées, nous avons recherché les technologies capables de les épurer de façon économique », indique Linclau. « Puis, nous avons regardé s’il était faisable de réunir les eaux usées des deux grands points de consommation pour les traiter ensemble sur un seul site, avant de réalimenter en eau propre ces 2 points depuis le site de traitement unique. » Les activités des sites de Stroppen et de Dassenveld représentent ensemble plus de la moitié de la consommation d’eau.
« Notre premier projet, réalisé en collaboration avec De Watergroep sur le site de Fine Food Meat à Stroppen, nous a appris beaucoup de choses. Nous avions dû convaincre les acteurs du marché (de l’eau) d’adopter nos nouvelles idées. C’est pareil aujourd’hui pour Dassenveld, les idées sont encore venues de Colruyt Group Technics. Ce qui compte n’est pas vraiment la technologie d’épuration en tant que telle, mais plutôt la capacité de garantir une qualité constante. Au bout du compte, c’est la robustesse du système d’épuration qui fait la différence. »
Plus qu’un projet d’épuration des eaux
Il faut toujours veiller à trouver un équilibre entre technologie, qualité et efficacité. « Nous avons étudié le marché et comparé plusieurs technologies capables de transformer nos eaux industrielles en eau potable. Les rendements offerts allaient de 65 à 90% ! »
« Dans le long terme, il est plus intéressant d’épurer toutes les eaux usées au même endroit. C’est pourquoi le projet concerne à la fois l’épuration de l’eau et la pose de conduites souterraines et aériennes », précise Ysaline Thillaye du Boullay, ingénieure de projet hydraulique chez Colruyt Group. Les eaux du siège de Wilgenveld seront donc pompées jusqu’à la station d’épuration, distante d’environ 1 200 m. « Nous allons poser une double conduite : eaux usées dans un sens et eau potable dans l’autre. Nous avons aussi l’intention d’épurer les eaux usées du site d’Elbeek. Pour l’heure, nous ne raccorderons pas encore les bâtiments situés sur notre site voisin de Hellebroek, mais prenons quand même les mesures nécessaires pour pouvoir le faire par la suite. »
Epuration en 2 étapes
L’épuration de l’eau s’effectue en 2 grandes phases. « Après une filtration grossière, l’eau subit d’abord un double traitement biologique de nitrification-dénitrification pour éliminer les composés carbonés et azotés. Du chlorure de fer est ensuite ajouté pour éliminer le phosphore. Dans la 2e phase, l’eau sous pression est forcée au travers de membranes en 2 étapes : d’abord l’ultrafiltration, puis l’osmose inverse (RO). Ces membranes séparent tous les contaminants résiduels (résidus de médicaments, pesticides, métaux lourds, la plupart des ions, etc.). Entre ces 2 filtres, l’eau traverse également un filtre à charbon actif qui élimine les composés chlorés. »
« Le procédé RO produit une eau d’une dureté de zéro degré français. Cette eau donc ultra-douce subit encore une étape de désinfection pour tuer les éventuelles bactéries : l’eau est d’abord exposée à un rayonnement UVC avant d’être traitée avec un produit désinfectant pour préserver la stérilité du réseau de conduites. Le recyclage de cette eau douce pour le lavage des bacs permet de réduire notre consommation de détergent. L’eau douce réutilisée comme eau de robinet doit cependant être reminéralisée, ce que nous faisons en y ajoutant de l’eau de ville. »
Cette station d’épuration est également capable de traiter l’eau de pluie pour en faire de l’eau potable. « Mais l’eau de pluie ne sera traitée que lorsque nécessaire pour équilibrer notre bilan hydrique », dit Thillaye du Boullay. L’eau de pluie est alors injectée juste avant le filtre RO. La station d’épuration aura une capacité de production de 11 m3/h d’eau potable.
Automatisation
« Un système entièrement automatisé contrôle l’ensemble des pompes et filtres », explique Geert Van Liefferinge, chef de projet. « Nous montons nous-mêmes tous les éléments automatisés tels que réservoirs tampons ou groupes de pompage et concevons également nous-mêmes l’automate programmable (API). Le système autonome pourra être commandé soit à distance, soit sur place à la station. Une intervention humaine ne sera requise qu’en cas de panne ou pour la maintenance. »
« Nos choix technologiques, tels que le MBR (bioréacteur à membranes), ont permis de réduire l’encombrement », explique Van Liefferinge. « Nous traitons des flux d’eau séparément des eaux pluviales, de sorte que les périodes sèches ou humides n’influencent pas la production. En revanche, nous pouvons corriger un éventuel déficit en eau en injectant de l’eau de pluie. » Pour combler les périodes de sécheresse, un réservoir d’eau pluviale de 9 000 m3 est prévu. Le chantier de la nouvelle station d’épuration débutera après les congés du bâtiment. Le démarrage est prévu pour début 2022.
Réduction de la consommation d’eau de ville, aussi dans les filiales
« Nous ne voulons pas nous arrêter là », ajoute Linclau. « Nous voulons aussi réduire la consommation d’eau de ville dans nos filiales, qui ensemble représentent un tiers de notre consommation. » Mais c’est un tout autre défi. Ces filiales étant dispersées sur le territoire, il est impossible de réunir leurs flux. De plus, il faut avoir l’aval des marchés municipaux. Ici aussi, on pense au suivi de la consommation à distance, à la garantie de la qualité et à l’optimisation de la maintenance. « Toutes les eaux usées peuvent techniquement être épurés, mais… cela doit rester rentable. A ce sujet, nous lançons à nouveau un défi à nos fournisseurs. » Colruyt Group Technics collabore dès à présent avec des ingénieurs du bâtiment pour dimensionner des réservoirs en conséquence dans les (nouvelles) filiales.









