Colruyt Group construit une des plus grandes installations de lavage de bacs plastiques d’Europe
Colruyt Group construit une des plus grandes installations de lavage de bacs plastiques d’Europe
Colruyt Group investit dans une nouvelle ligne de lavage de bacs dans son centre de retour à Dassenveld (Halle). L’installation pourra nettoyer jusqu’à 18 000 bacs par heure, dont deux tiers (12 000 bacs) de bacs pliables, plus durables. La nouvelle installation de lavage de bacs, prévue pour mi-2021, utilisera l’eau potable produite sur place à partir des eaux (usées) grises. « Elle fonctionnera quasiment en circuit fermé », se réjouit Geert Van Liefferinge, chef de projet épuration des eaux chez Colruyt Group Technics.
Le lavage consommera un demi-litre d’eau par bac. « Si nous traitons 18 000 bacs, nous aurons besoin d’un débit de 9 m3/h. » Pour garantir ce débit, la station d’épuration des eaux sera équipée d’un réservoir d’eau potable de 80 à 100 m3. En cas de pénurie, il sera toujours possible de compléter avec de l’eau de ville. L’objectif à l’horizon 2025 est d’assurer la moitié des besoins totaux en eau de l’ensemble du groupe grâce au recyclage d’eaux usées et pluviales. Aujourd’hui, le recyclage assure déjà près d’un tiers de nos besoins.
Gestion de l’eau en circuit fermé
Le centre de distribution de Dassenveld à Halle et l’activité de transformation de la viande de Fine Food Meat représentent à eux deux la moitié de la consommation totale en eau de Colruyt Group.
« Nous utilisons beaucoup d’eau dans l’installation de lavage mais aussi pour le refroidissement à l’ammoniaque, qui s’accompagne d’une évaporation d’eau. Sur le site, nous voulons gérer l’eau le plus possible en circuit fermé », explique Van Liefferinge. Aujourd’hui, un tiers des besoins en eau – entre 30 et 35% – sont déjà assurés par de l’eau recyclée.
Le centre de distribution de Dassenveld récupère actuellement les eaux pluviales des toitures et stocke celles-ci dans deux cuves d’une capacité de 4 100 m³ avant leur utilisation dans les sanitaires et l’installation de lavage de bacs. « Nous voulons à terme arriver à 80-85% d’autosuffisance pour réduire notre dépendance au réseau urbain. Mais cela a aussi son importance d’un point de vue sociétal. En ces temps de sécheresses prolongées, cela fait une grosse différence. »
Pour atteindre cet objectif, l’entreprise va augmenter le volume d’eaux pluviales récupérées à 7 500 m3. « Nous allons réaliser des stockages saisonniers. » En hiver, on stockera le plus possible d’eau pour pouvoir subvenir aux besoins durant l’été. « Ces investissements ne sont pas à proprement parler rentables, mais ils accroissent la fiabilité et ont également un rôle sociétal important. »
De plus, nous avons également une station d’épuration des eaux en construction, qui pourra transformer 100 000 m3 d’eaux grises en eau potable annuellement. Ces eaux grises proviennent du lavage des bacs, des lavabos, des procédures de nettoyage, des douches, … Pas d’eaux noires. « Nous nous concentrons sur les flux importants. Tout est évacué vers la station d’épuration, qui élimine les contaminants. Nous y ajoutons les eaux pluviales. » L’objectif de Colruyt Group est de ne plus utiliser d’eau de ville pour le refroidissement et d’en utiliser beaucoup moins pour le lavage des bacs.
Épuration des eaux
La station d’épuration des eaux utilise un procédé biologique de type MBR (bioréacteur à membrane ou ultrafiltration membranaire). L’eau filtrée est stockée dans une cuve intermédiaire avant d’être purifiée par un procédé d’osmose inverse, qui force l’eau à passer au travers d’un filtre ultrafin qui retient tous les composés dissous. L’eau est ensuite traitée aux UV et chlorée. Le résultat final est une eau potable non reminéralisée d’une dureté – ou plutôt d’une « douceur » – de 0°F.
« C’est l’idéal pour la nouvelle installation de lavage de bacs, qui n’apprécie pas du tout les eaux calcaires », commente Van Liefferinge. Par contre, pour tous les autres usages, tels que l’eau du robinet, les machines à café, …. nous reminéralisons l’eau potable produite sur place. « Et cela de façon très simple, en y ajoutant de l’eau de ville dure, vu que notre circuit hydraulique n’est pas encore entièrement fermé. »
Lavage à l’eau chaude
Des savons au chlore seront rajoutés à l’eau douce dans l’installation de lavage. Le choix du savon et sa quantité seront fonction de la température du lavage. Les bacs sont en effet lavés à l’eau chaude. L’eau chaude de la nouvelle installation de lavage sera fournie par le système de cogénération chaleur/électricité, installé il y a 5 ans et servant également au chauffage des bâtiments. Le moteur à piston alimenté au gaz naturel fournit 900 kWth et 900 kWe.
« Une grande partie de cette énergie est consommée aujourd’hui par les laveurs. Mais la part consommée par la nouvelle installation sera nettement moindre. La température de lavage, qui est aujourd’hui encore supérieure à 50°C, pourra être abaissée à 45°C grâce à l’excellente isolation des nouveaux laveurs. » Pareil pour la ligne de lavage Colussi qui restera en service. Lors de sa révision, son isolation sera améliorée pour réduire substantiellement les pertes de chaleur.
La nouvelle ligne de lavage utilisera un procédé de séchage différent et moins énergivore. Actuellement, les bacs sont séchés à l’air chaud. « Les deux nouvelles lignes utiliseront une centrifugeuse électrique sans apport de chaleur. » Les bacs pliables lavés sont empilés en demi palettes et centrifugés. Sur place, on l’appelle l’essoreuse à salade.
La nouvelle installation de lavage analysera en continu divers paramètres de qualité de l’eau : pH, conductivité, teneur résiduelle en chlore, … La qualité du lavage sera évaluée visuellement. Des comptages bactériens seront réalisés à intervalles réguliers par prélèvement d’échantillons à la main.
Colruyt Group continuera de rejeter des eaux usées en fin de parcours, « mais en moins grande quantité et avec une charge polluante plus concentrée. » Cela permettra à la station d’épuration communale en aval de fonctionner plus efficacement. Les boues du bioréacteur pourront être ensuite valorisées comme engrais ou combustible, selon leur qualité.
Bacs pliables de haute durabilité
Colruyt Group mise à fond sur la durabilité et opte pour les bacs verts pliants et réutilisables de l’Euro Pool System (EPS). Ces bacs en plastique HDPE recyclable sont la nouvelle norme de la chaîne logistique en Europe. Vides et repliés, ils occupent 75% de volume en moins lors du stockage et du transport par rapport aux bacs rigides classiques de couleur bleue. Un camion pourra donc ramener quatre fois plus de bacs lors de son voyage retour, ce qui réduira les émissions de CO2. La transition des bacs bleus aux bacs verts (8 millions de bacs uniquement pour le groupe Colruyt) devrait être quasi achevée fin 2021.
La réalisation de ce projet exige cependant une modification importante de la chaîne logistique. C’est pourquoi Colruyt Group investit dans une nouvelle ligne de lavage de bacs dans son centre de retour à Halle. Cette « super ligne », capable de laver jusqu’à 18 000 bacs par heure, sera utilisée pour le nettoyage non seulement des bacs du groupe, mais également de ceux de fournisseurs tiers de Colruyt Group participant au système d’échange d’EPS.
La transition des bacs bleus rigides aux bacs verts pliables nécessite une modification de l’automatisation. Nous disposions encore récemment de trois lignes de lavage : une ligne Bruel en service depuis 20 ans et deux lignes Colussi symétriques en service depuis 10 ans. Nous allons installer deux nouveaux laveurs Bruel et supprimer une des deux lignes Colussi. La 2e ligne Colussi sera momentanément arrêtée, révisée et modernisée. « Nous voulons augmenter notre capacité, nettoyer plus de bacs », raconte Ruben De Rop, chef de projet et ingénieur projet Automatisation chez Colruyt Group Technics. « Et en même temps, nous ne pouvons pas interrompre le lavage. »
L’ingénierie de ce projet combine de nombreux aspects : automatisation, visionnage, entretien, approvisionnement en eau, couplage avec le système de cogénération chaleur/électricité, … La nouvelle installation est beaucoup plus compacte, simple et automatisée. « Nous avons calculé les coûts d’entretien à l’aide de simulations et nous anticipons qu’ils diminueront de 10%. Nous avons également prêté une grande attention à la sécurité. La conception a été validée en concertation avec le service prévention et les opérateurs eux-mêmes », précise Thomas Broquet, ingénieur maintenance chez Colruyt Group Technics. Le projet a été lancé en mars 2019 via une étude préliminaire.
Vous voulez être informé de l’avancement de ce projet ? Envoyez un mail à hello.technics@colruytgroup.com.



