Brugse Zot joue la carte du recyclage
Brugse Zot joue la carte du recyclage
Lorsque l’usine d’embouteillage de la brasserie De Halve Maan à Bruges a commencé à atteindre ses limites opérationnelles il y a cinq ans, il a été décidé d’en construire une nouvelle sur un site adjacent dans la zone industrielle de Waggelwater. Un exercice qui a du coup triplé la capacité – de 8 000 bouteilles et 60 fûts à pas moins de 24 000 bouteilles et 180 fûts à l’heure ; c’était aussi l’occasion rêvée de franchir le pas vers l’épuration et le recyclage de l’eau.
En 2016, la brasserie De Halve Maan prouvait déjà qu’elle n’hésitait pas à innover. La « canalisation de la bière » souterraine qui était alors en cours de construction entre la brasserie du centre-ville de Bruges et l’usine d’embouteillage de Waggelwater a non seulement attiré l’attention des médias internationaux mais a également été responsable d’une réduction structurelle du trafic routier lourd et elle a contribué à assurer davantage la croissance de l’entreprise. D’autre part, la brasserie ne disposait pas encore d’une épuration d’eau adéquate à cette époque. « Dans le passé, après traitement dans un système anaérobie beaucoup trop petit et obsolète, nos eaux usées étaient rejetées dans les égouts », explique Karsten Pauwels, responsable du processus. « Lorsque la nouvelle usine d’embouteillage était prête, nous pensions qu’il était grand temps d’apporter du changement. Et pourquoi ne pas aller tout de suite aux extrêmes et aussi opter pour un recyclage maximal de l’eau ? »
Épuration compacte
C’est Veolia qui était autorisée à traduire les exigences et les attentes de De Halve Maan en une installation opérationnelle. « Avec nota bene un encombrement limité », souligne d’emblée Michel Danau, directeur commercial de Veolia. Et à juste titre, car la taille du bâtiment dans lequel se trouve l’épuration ne trahit en rien les nombreuses techniques et procédés impliqués.
Danau : « En premier lieu, les eaux usées sont envoyées à travers un tamis à arc et collectées dans un réservoir tampon. Ce ne sont pas seulement les eaux usées de l’usine d’embouteillage, mais aussi celles de la brasserie qui sont traitées ici, arrivant via la canalisation souterraine. Heureusement, deux flux d’eaux usées complémentaires qui, ensemble, fournissent déjà un pH et une température relativement correctes sont ensuite envoyés vers l’anaérobie via une cuve de conditionnement. Dans ce réacteur UASB, environ 85 % de la DCO est éliminée, tandis que du biogaz est également produit. Pour éliminer l’azote et le phosphore, une aérobie en deux étapes avec nitrification/dénitrification suit ensuite. En raison du manque d’espace, mais aussi vu les étapes subséquentes, le traitement ne se poursuit pas dans un décanteur classique, mais dans un réacteur MBR et finalement dans une installation d’OI. »
Le traitement complet est dimensionné pour un débit de 300 m3 et une charge quotidienne de 3 tonnes de DCO, ce qui correspond approximativement au double de la production actuelle.
Automatisation
De nombreux process exigent également un monitoring intense. Pauwels : « En tant que brasserie, nous sommes fortement engagés dans l’automatisation, il était donc important que cette façon de faire soit également étendue au traitement de l’eau. Veolia s’est avéré être un excellent partenaire en la matière. »
« Tous les processus sont automatisés, de l’établissement du rapport de mélange des deux flux d’eaux usées jusqu’au conditionnement et à la commande du MBR et de l’OI », explique Danau. « En outre, des instruments de mesure sont posés pratiquement partout ; les opérateurs de la brasserie peuvent tout superviser via un tableau de bord, même à distance. Si la pression au MBR grimpe trop fort ou si certains stocks de produits chimiques par exemple sont presque épuisés, les opérateurs sont prévenus immédiatement. »
À l’avenir, Veolia souhaite également mettre à disposition une version plus accessible du tableau de bord technique, pour par exemple informer les employés et les visiteurs de la fraction de recyclage. « Au final, un projet comme celui-ci nécessite une forte interaction entre le process d’épuration et la production. Et cela nécessite à son tour une prise de conscience. »
Recyclage optimal de l’eau
Le concentré de l’OI, environ 4 m3/h, est rejeté à l’eau de surface comme initialement requis ; le perméat, d’environ 8 m3/h est renvoyé à l’usine d’embouteillage via un réservoir tampon. « Bien sûr, l’eau de l’OI est elle-même trop agressive pour être utilisée directement dans nos process », déclare Pauwels. « C’est pourquoi nous fournissons non seulement une double désinfection aux UV d’une part et par dioxyde de chlore d’autre part, mais nous mélangeons également l’eau osmosée avec de l’eau de puits. De cette manière, nous obtenons une sorte de reminéralisation naturelle, tout en limitant quand même considérablement notre consommation d’eau de puits. La qualité est bien sûr contrôlée de manière approfondie et conformément à notre plan HACCP. »
Grâce à la station d’épuration d’eau, De Halve Maan parvient désormais à réutiliser environ 65 % des eaux usées dans les process de l’usine d’embouteillage. « À l’avenir, nous espérons aller encore plus loin et utiliser les eaux usées traitées dans tous nos process », poursuit Pauwels.
Plus que de l’eau
« Dans tous les cas, il ne s’agit pas ici seulement de recyclage d’eau », ajoute Danau. « Par exemple, nous examinons comment valoriser le biogaz produit dans l’usine d’embouteillage elle-même afin de réduire d’environ 30 % la consommation d’énergie pour le chauffage. En outre, un recyclage à outrance est effectué de manière interactive entre les différents process d’épuration. Par exemple, l’air libéré pendant le processus anaérobie est renvoyé dans l’environnement aérobie. Ou, en dirigeant l’effluent de l’UASB vers un échangeur de chaleur, nous pouvons utiliser cette dernière pour porter à température l’influent pour ce process. En effet, il est important pour l’UASB que l’eau ait une température d’au moins 30 °C ; la température cependant est moins déterminante pour les process ultérieurs. De cette manière, le cycle est fermé à autant de niveaux que possible. »
www.veoliawatertechnologies.com
TEXTE : ELISE NOYEZ
PHOTOS : ELISE NOYEZ





