14/10/2024

« Avec ce mandat prometteur, la boucle est bouclée »

Willy Gils, directeur général de Watercircle.be

Le « cercle de la vie » peut être riche en rebondissements et changements de cap professionnel. C’est le cas pour Matthias Mertens, qui, après plusieurs années à la tête de Watercircle.be, a passé le flambeau à Willy Gils le 1er mai 2024. Le cofondateur de Waterleau baigne depuis plus de 30 ans dans l’univers de l’eau et se réjouit de sa nouvelle mission : élargir davantage la notoriété de Watercircle.be. « Ce secteur a connu une immense transformation au cours des dernières décennies et continuera à le faire. »

Quiconque évolue dans l’univers de l’eau en Belgique sans avoir entendu parler de Willy Gils a sans doute passé quelques temps dans une grotte. Le Louvaniste peut sans rougir se prévaloir de compter parmi les personnes ayant stimulé le développement du secteur belge de l’épuration et du traitement de l’eau à l’échelle internationale.

« Après avoir travaillé pendant 7 ans pour des multinationales comme Unilever et ICI, j’ai rejoint ce secteur en 1993 avec un poste de directeur du développement commercial chez Seghers. J’ai passé la plus grande partie de ma carrière professionnelle chez Waterleau, que j’avais cofondé en 2000 avec l’initiateur/visionnaire Luc Vriens et trois autres associés. Après l’acquisition de Waterleau par le Groupe Machiels en 2019, je me suis mis à mon compte en tant que consultant indépendant. C’est en cette qualité que j’ai participé à l’élaboration de la stratégie d’Azulatis, la spin-off de De Watergroep spécialisée dans les services relatifs aux eaux industrielles. »

Willy est également conseiller stratégique auprès d’Avaio Capital, un fonds d’investissement américain dédié à la création de projets d’infrastructure. « Lorsque ces projets se déroulent en Europe et dans le secteur de l’eau, j’aide à trouver des entreprises qui peuvent contribuer à leur réalisation. Depuis 4 ans, je suis aussi consultant indépendant en stratégie marketing pour un élevage d’insecte. Cela peut sembler sans rapport avec mes activités précédentes, mais les apparences peuvent être trompeuses : l’utilisation de déchets organiques pour nourrir les insectes est en lien direct avec les procédés biologiques et la circularité, qui sont en quelque sorte le fil conducteur de toute ma carrière. »

Votre nouveau poste de directeur général de Watercircle.be n’est pas votre première expérience avec cette organisation. Quelle était votre précédente relation avec elle ?

« J’avais, avec feu Luc Vriens, cofondé l’ancien TNAV (Réseau thématique d’Épuration des eaux usées en Flandre), imaginé par le professeur Luc Geuens. Jusqu’à il y a 4 ans, je siégeais au conseil d’administration de l’organisation, rebaptisée aujourd’hui Watercircle.be. Cet engagement a pris fin après la vente de Waterleau. Fin 2023, Matthias Mertens m’a demandé de revenir chez Watercircle.be en tant qu’administrateur indépendant. Ce n’était pas possible à ce moment-là à cause de mon engagement dans un autre projet. Mais maintenant que celui-ci est achevé, je me réjouis de pouvoir donner un nouvel élan à cette organisation en tant que directeur général. »

L’organisation Watercircle.be a-t-elle beaucoup évolué depuis sa création ?

« Notre objectif initial était de renforcer la notoriété des technologies environnementales flamandes, principalement dans le domaine des eaux (usées), en Belgique et à l’étranger. À l’époque, la plupart des entreprises spécialisées de ce secteur étaient encore assez petites. L’épuration des eaux était également perçue fort différemment : la plupart des stations d’épuration des entreprises étaient cachées dans un coin perdu et la gestion des eaux (usées) se limitait à une problématique de rejet. Lorsque l’attention s’est portée de plus en plus sur le traitement de l’eau, celle-ci est devenue une part importante du processus de production. Pour certaines clients finaux tels que les brasseries, l’eau est même un ingrédient crucial de leur produit. Watercircle.be a progressivement compté parmi ses membres de plus en plus de fournisseurs de services et produits destinés aux entreprises spécialisées dans le traitement de l’eau, incluant notamment des fabricants et distributeurs de pompes, de vannes et d’instruments et divers prestataires de services. »

Et comment a évolué la façon dont les entreprises spécialisées dans les technologies de l’eau approchent le client final ?

« De plus en plus de prestataires proposent un concept d’« eau en tant que service » au client final, qui se retrouve ainsi entièrement déchargé. Le prestataire reste propriétaire et exploitant de la station d’épuration et facture au client un prix fixe pour chaque mètre cube d’eau livrée suivant des spécifications sur mesure. Nous voyons également une évolution vers plus de circularité, avec une montée en puissance des systèmes en circuit fermé. L’univers de l’eau s’est considérablement élargi et s’intéresse à tous les flux secondaires. Par exemple, la chaleur présente dans l’eau est de plus en plus souvent récupérée comme source d’énergie. »

Quelles sont les priorités de votre mandat à durée indéterminée chez Watercircle.be ?

« Nous avons l’ambition d’insuffler un nouveau souffle à l’organisation et de mettre en avant ses atouts. Nous voulons augmenter l’attractivité de Watercircle.be pour les nouveaux membres, notamment en organisant des événements de networking et en soutenant les ambitions internationales de nos membres. L’organisation d’un congrès annuel à l’Aquarama Trade Fair reste un point fort, avec chaque fois le traitement d’une thématique spécifique. Cette année, il s’agit de l’élimination de micropolluants tels que les PFAS, un marché de niche dans lequel la Flandre a accumulé un grand savoir-faire et joue un rôle de pionnier. Nous sommes d’ailleurs à cet égard trop modestes, car nos technologies d’épuration de ces polluants sont bien plus avancées que celles de nos voisins du Nord. »

« Nous continuons aussi d’investir dans l’initiative ‘Academia Meets Industry’, qui nous permet, en collaboration avec B-IWA (Comité belge de l’International Water Association), de créer des passerelles entre le monde académique et l’industrie, par exemple en siégeant dans le jury de travaux de fin d’étude ou de thèses de master en lien avec l’eau. »

Quelle est votre approche pour votre début de mandat chez Watercircle.be ?

« Cet engagement me permet de boucler la boucle, au propre comme au figuré. J’avais à l’époque contribué à la création de cette organisation, et aujourd’hui je peux y revenir après des décennies d’activité dans le secteur du traitement de l’eau. Nous voulons que Watercircle.be continue de remplir un rôle majeur au travers de divers forums et plateformes. C’est un domaine dans lequel l’écologie et l’économie vont de pair : les entreprises consentent à investir dans des technologies intelligentes de l’eau lorsque ces dernières peuvent leur fournir un certain retour. C’est pareil pour la durabilité et la circularité : les clients finaux ne consentent à de tels investissements qu’à condition d’en retirer certains bénéfices. »

« Le monde de l’eau s’est considérablement élargi et s’intéresse à tous les flux secondaires. »

« Nous voulons que Watercircle.be continue de remplir un rôle majeur au travers de divers forums et plateformes. »

www.watercircle.be

Willy Gils, directeur général de Watercircle.be

« Avec ce mandat prometteur, la boucle est bouclée »

Le « cercle de la vie » peut être riche en rebondissements et changements de cap professionnel. C’est le cas pour Matthias Mertens, qui, après plusieurs années à la tête de Watercircle.be, a passé le flambeau à Willy Gils le 1er mai 2024. Le cofondateur de Waterleau baigne depuis plus de 30 ans dans l’univers de l’eau et se réjouit de sa nouvelle mission : élargir davantage la notoriété de Watercircle.be. « Ce secteur a connu une immense transformation au cours des dernières décennies et continuera à le faire. »

Quiconque évolue dans l’univers de l’eau en Belgique sans avoir entendu parler de Willy Gils a sans doute passé quelques temps dans une grotte. Le Louvaniste peut sans rougir se prévaloir de compter parmi les personnes ayant stimulé le développement du secteur belge de l’épuration et du traitement de l’eau à l’échelle internationale.

« Après avoir travaillé pendant 7 ans pour des multinationales comme Unilever et ICI, j’ai rejoint ce secteur en 1993 avec un poste de directeur du développement commercial chez Seghers. J’ai passé la plus grande partie de ma carrière professionnelle chez Waterleau, que j’avais cofondé en 2000 avec l’initiateur/visionnaire Luc Vriens et trois autres associés. Après l’acquisition de Waterleau par le Groupe Machiels en 2019, je me suis mis à mon compte en tant que consultant indépendant. C’est en cette qualité que j’ai participé à l’élaboration de la stratégie d’Azulatis, la spin-off de De Watergroep spécialisée dans les services relatifs aux eaux industrielles. »

Willy est également conseiller stratégique auprès d’Avaio Capital, un fonds d’investissement américain dédié à la création de projets d’infrastructure. « Lorsque ces projets se déroulent en Europe et dans le secteur de l’eau, j’aide à trouver des entreprises qui peuvent contribuer à leur réalisation. Depuis 4 ans, je suis aussi consultant indépendant en stratégie marketing pour un élevage d’insecte. Cela peut sembler sans rapport avec mes activités précédentes, mais les apparences peuvent être trompeuses : l’utilisation de déchets organiques pour nourrir les insectes est en lien direct avec les procédés biologiques et la circularité, qui sont en quelque sorte le fil conducteur de toute ma carrière. »

Votre nouveau poste de directeur général de Watercircle.be n’est pas votre première expérience avec cette organisation. Quelle était votre précédente relation avec elle ?

« J’avais, avec feu Luc Vriens, cofondé l’ancien TNAV (Réseau thématique d’Épuration des eaux usées en Flandre), imaginé par le professeur Luc Geuens. Jusqu’à il y a 4 ans, je siégeais au conseil d’administration de l’organisation, rebaptisée aujourd’hui Watercircle.be. Cet engagement a pris fin après la vente de Waterleau. Fin 2023, Matthias Mertens m’a demandé de revenir chez Watercircle.be en tant qu’administrateur indépendant. Ce n’était pas possible à ce moment-là à cause de mon engagement dans un autre projet. Mais maintenant que celui-ci est achevé, je me réjouis de pouvoir donner un nouvel élan à cette organisation en tant que directeur général. »

L’organisation Watercircle.be a-t-elle beaucoup évolué depuis sa création ?

« Notre objectif initial était de renforcer la notoriété des technologies environnementales flamandes, principalement dans le domaine des eaux (usées), en Belgique et à l’étranger. À l’époque, la plupart des entreprises spécialisées de ce secteur étaient encore assez petites. L’épuration des eaux était également perçue fort différemment : la plupart des stations d’épuration des entreprises étaient cachées dans un coin perdu et la gestion des eaux (usées) se limitait à une problématique de rejet. Lorsque l’attention s’est portée de plus en plus sur le traitement de l’eau, celle-ci est devenue une part importante du processus de production. Pour certaines clients finaux tels que les brasseries, l’eau est même un ingrédient crucial de leur produit. Watercircle.be a progressivement compté parmi ses membres de plus en plus de fournisseurs de services et produits destinés aux entreprises spécialisées dans le traitement de l’eau, incluant notamment des fabricants et distributeurs de pompes, de vannes et d’instruments et divers prestataires de services. »

Et comment a évolué la façon dont les entreprises spécialisées dans les technologies de l’eau approchent le client final ?

« De plus en plus de prestataires proposent un concept d’« eau en tant que service » au client final, qui se retrouve ainsi entièrement déchargé. Le prestataire reste propriétaire et exploitant de la station d’épuration et facture au client un prix fixe pour chaque mètre cube d’eau livrée suivant des spécifications sur mesure. Nous voyons également une évolution vers plus de circularité, avec une montée en puissance des systèmes en circuit fermé. L’univers de l’eau s’est considérablement élargi et s’intéresse à tous les flux secondaires. Par exemple, la chaleur présente dans l’eau est de plus en plus souvent récupérée comme source d’énergie. »

Quelles sont les priorités de votre mandat à durée indéterminée chez Watercircle.be ?

« Nous avons l’ambition d’insuffler un nouveau souffle à l’organisation et de mettre en avant ses atouts. Nous voulons augmenter l’attractivité de Watercircle.be pour les nouveaux membres, notamment en organisant des événements de networking et en soutenant les ambitions internationales de nos membres. L’organisation d’un congrès annuel à l’Aquarama Trade Fair reste un point fort, avec chaque fois le traitement d’une thématique spécifique. Cette année, il s’agit de l’élimination de micropolluants tels que les PFAS, un marché de niche dans lequel la Flandre a accumulé un grand savoir-faire et joue un rôle de pionnier. Nous sommes d’ailleurs à cet égard trop modestes, car nos technologies d’épuration de ces polluants sont bien plus avancées que celles de nos voisins du Nord. »

« Nous continuons aussi d’investir dans l’initiative ‘Academia Meets Industry’, qui nous permet, en collaboration avec B-IWA (Comité belge de l’International Water Association), de créer des passerelles entre le monde académique et l’industrie, par exemple en siégeant dans le jury de travaux de fin d’étude ou de thèses de master en lien avec l’eau. »

Quelle est votre approche pour votre début de mandat chez Watercircle.be ?

« Cet engagement me permet de boucler la boucle, au propre comme au figuré. J’avais à l’époque contribué à la création de cette organisation, et aujourd’hui je peux y revenir après des décennies d’activité dans le secteur du traitement de l’eau. Nous voulons que Watercircle.be continue de remplir un rôle majeur au travers de divers forums et plateformes. C’est un domaine dans lequel l’écologie et l’économie vont de pair : les entreprises consentent à investir dans des technologies intelligentes de l’eau lorsque ces dernières peuvent leur fournir un certain retour. C’est pareil pour la durabilité et la circularité : les clients finaux ne consentent à de tels investissements qu’à condition d’en retirer certains bénéfices. »

« Le monde de l’eau s’est considérablement élargi et s’intéresse à tous les flux secondaires. »

« Nous voulons que Watercircle.be continue de remplir un rôle majeur au travers de divers forums et plateformes. »

www.watercircle.be