21/06/2023

Un concept de toit vert alternatif est-il win-win-win ?

En 2017, le tout premier « Rietland Phytoparking » était installé en tant que projet pilote chez Argex. Cinq ans plus tard, le concept, qui prévoit un espace de stationnement disposant d’un système d’épuration d’eau aéré par-dessous est devenu une valeur établie dans l’offre de Rietland. Cependant, une nouvelle idée a également mûri entre-temps. Une toiture végétalisée alternative avec des plantes de marais ne pourrait-elle pas apporter une valeur ajoutée à la fois pour la biodiversité, l’eau et l’énergie ? Une problématique pour laquelle Argex a de nouveau volontiers prêté ses bâtiments à Kruibeke.

« Le concept s’inspire du “Sumpfpflanzendach” du Ingenieurbüro Blumberg », explique le directeur de Rietland, Dion Van Oirschot. « Il s’agit d’un concept de toit vert alternatif. Dans ce concept, la couche de substrat est remplacée par de l’eau et la plantation de sedums dont seize plantes de marais différentes, notamment des joncs, des quenouilles, des carex et des iris jaunes. En raison de leur grande surface foliaire, une évaporation supplémentaire est assurée. Ainsi, la chaleur est extraite à la fois de la membrane de toiture et de l’environnement. En outre, le besoin de rafraîchissement en été et le stress thermique en milieu urbain sont de cette manière réduits. »

Win-win-win

Si Blumberg utilise l’eau de pluie pour son toit végétalisé en plantes de marais, Rietland opte pour l’irrigation avec les effluents traités du Phytoparking. « L’eau de pluie n’est pas toujours disponible et juste au moment où le besoin de refroidissement est le plus élevé, l’approvisionnement est le plus faible. Avec les effluents traités, en revanche, l’approvisionnement est assuré en continu. En outre, nous partons du principe que l’eau sur le toit végétalisé en plantes de marais subit une purification supplémentaire, dont une dénitrification. Cela autorise donc les entreprises à se conformer à des normes de rejet plus strictes. »

Économie circulaire en Flandre

Le concept sera validé dans les années à venir dans le cadre du projet « Vlaanderen Circulair » H2p0wer Argex. À cet effet, 150 m2 de toit vert étaient posés et divisés en trois sections d’essai : une toiture végétalisée extensive, une intensive et la toiture végétalisée en plantes de marais. Cette dernière est irriguée par les eaux usées traitées du Phytoparking déjà existant.

« Nous nous efforçons autant que possible d’utiliser l’eau de manière durable et considérons cela comme un avenir important pour notre produit », déclare Johny Bultheel, co-PDG d’Argex. « En tant que partenaire permanent de Rietland, nous avons donc pensé qu’il était logique de mettre la main à la pâte sur notre site. En outre, l’aménagement d’un jardin en toiture était déjà pris en compte lors de la construction de nos bureaux. Aucune mesure structurelle supplémentaire ne devait donc être prise. »

« Et il y a encore un rôle important pour Argex », révèle Van Oirschot. « En plus de la structure de Blumberg avec des tapis végétaux en plastique, nous testons également la possibilité de travailler avec une base plus durable en granulés d’argile expansée. » Bultheel : « Et cela correspond dès lors parfaitement à notre vision de l’avenir. »

Campagne de monitoring

Cofrax, GEP Watermanagement, Ibic, Vlakwa et l’UGent sont également des partenaires clés du projet.

« Afin de suivre l’historique hydrique et énergétique, l’Université de Gand mènera une campagne de monitoring entre juin 2023 et juin 2024 », explique Mireille Martens de Rietland. « Un échantillonnage régulier des influents et des effluents permet d’évaluer l’effet épurateur extra du toit végétal de plantes de marais ; le débit requis est également déterminé plus en détail dans ce projet pilote. Le VITO analyse de son côté au moyen d’images thermographiques et divers capteurs de température l’effet d’isolation et de rafraîchissement du toit. »

www.rietland.com

TEXTE : ELISE NOYEZ

PHOTOS : RIETLAND

Un concept de toit vert alternatif est-il win-win-win ?

En 2017, le tout premier « Rietland Phytoparking » était installé en tant que projet pilote chez Argex. Cinq ans plus tard, le concept, qui prévoit un espace de stationnement disposant d’un système d’épuration d’eau aéré par-dessous est devenu une valeur établie dans l’offre de Rietland. Cependant, une nouvelle idée a également mûri entre-temps. Une toiture végétalisée alternative avec des plantes de marais ne pourrait-elle pas apporter une valeur ajoutée à la fois pour la biodiversité, l’eau et l’énergie ? Une problématique pour laquelle Argex a de nouveau volontiers prêté ses bâtiments à Kruibeke.

« Le concept s’inspire du “Sumpfpflanzendach” du Ingenieurbüro Blumberg », explique le directeur de Rietland, Dion Van Oirschot. « Il s’agit d’un concept de toit vert alternatif. Dans ce concept, la couche de substrat est remplacée par de l’eau et la plantation de sedums dont seize plantes de marais différentes, notamment des joncs, des quenouilles, des carex et des iris jaunes. En raison de leur grande surface foliaire, une évaporation supplémentaire est assurée. Ainsi, la chaleur est extraite à la fois de la membrane de toiture et de l’environnement. En outre, le besoin de rafraîchissement en été et le stress thermique en milieu urbain sont de cette manière réduits. »

Win-win-win

Si Blumberg utilise l’eau de pluie pour son toit végétalisé en plantes de marais, Rietland opte pour l’irrigation avec les effluents traités du Phytoparking. « L’eau de pluie n’est pas toujours disponible et juste au moment où le besoin de refroidissement est le plus élevé, l’approvisionnement est le plus faible. Avec les effluents traités, en revanche, l’approvisionnement est assuré en continu. En outre, nous partons du principe que l’eau sur le toit végétalisé en plantes de marais subit une purification supplémentaire, dont une dénitrification. Cela autorise donc les entreprises à se conformer à des normes de rejet plus strictes. »

Économie circulaire en Flandre

Le concept sera validé dans les années à venir dans le cadre du projet « Vlaanderen Circulair » H2p0wer Argex. À cet effet, 150 m2 de toit vert étaient posés et divisés en trois sections d’essai : une toiture végétalisée extensive, une intensive et la toiture végétalisée en plantes de marais. Cette dernière est irriguée par les eaux usées traitées du Phytoparking déjà existant.

« Nous nous efforçons autant que possible d’utiliser l’eau de manière durable et considérons cela comme un avenir important pour notre produit », déclare Johny Bultheel, co-PDG d’Argex. « En tant que partenaire permanent de Rietland, nous avons donc pensé qu’il était logique de mettre la main à la pâte sur notre site. En outre, l’aménagement d’un jardin en toiture était déjà pris en compte lors de la construction de nos bureaux. Aucune mesure structurelle supplémentaire ne devait donc être prise. »

« Et il y a encore un rôle important pour Argex », révèle Van Oirschot. « En plus de la structure de Blumberg avec des tapis végétaux en plastique, nous testons également la possibilité de travailler avec une base plus durable en granulés d’argile expansée. » Bultheel : « Et cela correspond dès lors parfaitement à notre vision de l’avenir. »

Campagne de monitoring

Cofrax, GEP Watermanagement, Ibic, Vlakwa et l’UGent sont également des partenaires clés du projet.

« Afin de suivre l’historique hydrique et énergétique, l’Université de Gand mènera une campagne de monitoring entre juin 2023 et juin 2024 », explique Mireille Martens de Rietland. « Un échantillonnage régulier des influents et des effluents permet d’évaluer l’effet épurateur extra du toit végétal de plantes de marais ; le débit requis est également déterminé plus en détail dans ce projet pilote. Le VITO analyse de son côté au moyen d’images thermographiques et divers capteurs de température l’effet d’isolation et de rafraîchissement du toit. »

www.rietland.com

TEXTE : ELISE NOYEZ

PHOTOS : RIETLAND