09/12/2021

Rietland réalise, pour l’UGent, une installation d’épuration à la demande des eaux usées

Les responsables qui entendent prendre des mesures pour exploiter au mieux les eaux usées en zone urbaine sont confrontés à une impasse particulière. En Belgique, il est interdit de laisser tout effluent purifié s’infiltrer dans le sol ou se déverser dans le réseau d’évacuation des eaux de pluie ou des eaux usées. En conséquence, l’Université de Gand a changé de cap et décidé d’affecter les effluents purifiés au rinçage des toilettes.

Pour l’UGent, une gestion circulaire de l’eau privilégiant sa récupération est à l’ordre du jour. Dans ce souci, le rinçage des toilettes à l’eau de pluie s’effectue déjà depuis de nombreuses années lorsque la situation le permet. « Toutefois, l’assimilation des eaux de pluie à des eaux usées et le mode d’évacuation qui en découle pose problème », selon Tom Ceriez de la direction « Gebouwen en Facilitair Beheer ». « Par conséquent, ces eaux ne risquent plus de s’infiltrer dans les sols. » Étant donné que toute amélioration de la robustesse climatique suppose un virage bleu-vert, l’UGent s’est mise en quête d’une solution alternative.

Exercice de réflexion non conventionnel

En concertation avec Rietland, ces responsables ont opté pour la réalisation, sur deux sites (la faculté des Sciences pharmaceutiques et le campus Proeftuin), d’un projet pilote portant sur la filtration locale de l’eau par le biais de roselières aérées. Les eaux usées provenant des bâtiments concernés y sont recueillies, puis filtrées avant d’être renvoyées vers les blocs sanitaires aux fins de rinçage des toilettes.

« Ce système présente divers avantages par rapport au rinçage des toilettes à l’eau de pluie », estime Dion van Oirschot de Rietland, qui était responsable de l’exécution du projet. « Primo, les eaux de pluie peuvent s’infiltrer en toute tranquillité dans le sol. Secundo, comme l’approvisionnement en eaux usées est relativement constant, il ne faut plus s’équiper de grandes cuves tampons, lesquelles sont indispensables pour compenser les fluctuations croissantes que présentent les précipitations. En principe, une capacité tampon d’un jour devrait suffire. »

À la demande

Comme la surface était limitée (la roselière de la faculté des des Sciences pharmaceutiques mesure grosso modo 15 mètres sur 8), nous avons opté pour un système aéré. « L’injection mécanique d’oxygène dans la roselière permet d’en multiplier l’efficacité par un facteur quatorze », selon Oirschot.

En outre, le système est équipé d’une unité de modulation de la demande. « Dans le cadre légal, deux options sont envisageables aujourd’hui en Belgique pour les eaux usées purifiées. Vous avez le choix entre leur déversement dans les eaux de surface (à condition de satisfaire aux normes d’évacuation) et leur stockage local aux fins de réutilisation. Si vous êtes établis, comme ici, dans une zone urbaine, seule la seconde option est envisageable. Et cela implique que vous devez vous abstenir de créer des excédents. C’est la raison pour laquelle nous veillons à ce que les eaux usées excédentaires soient évacuées avant filtrage vers le réseau d’égouts. En d’autres termes, nous procédons qu’à l’épuration des eaux vouées à une réutilisation. »

Le bon exemple

Les résultats que permettent d’obtenir les filtres à hélophytes font l’objet d’un suivi assuré par le Prof. Diederik Rousseau de l’UGent, Campus Kortrijk. « Nous allons voir si l’eau filtrée ici est d’une qualité suffisante et nous allons procéder à une optimisation éventuelle du système. Nous avons pour objectif de disposer d’un cas d’usage susceptible de servir d’exemple pour d’autres sites de l’UGent. »

www.rietland.be

TEXTE : ELISE NOYEZ

ILLUSTRATION : RIETLAND

Rietland réalise, pour l’UGent, une installation d’épuration à la demande des eaux usées

Les responsables qui entendent prendre des mesures pour exploiter au mieux les eaux usées en zone urbaine sont confrontés à une impasse particulière. En Belgique, il est interdit de laisser tout effluent purifié s’infiltrer dans le sol ou se déverser dans le réseau d’évacuation des eaux de pluie ou des eaux usées. En conséquence, l’Université de Gand a changé de cap et décidé d’affecter les effluents purifiés au rinçage des toilettes.

Pour l’UGent, une gestion circulaire de l’eau privilégiant sa récupération est à l’ordre du jour. Dans ce souci, le rinçage des toilettes à l’eau de pluie s’effectue déjà depuis de nombreuses années lorsque la situation le permet. « Toutefois, l’assimilation des eaux de pluie à des eaux usées et le mode d’évacuation qui en découle pose problème », selon Tom Ceriez de la direction « Gebouwen en Facilitair Beheer ». « Par conséquent, ces eaux ne risquent plus de s’infiltrer dans les sols. » Étant donné que toute amélioration de la robustesse climatique suppose un virage bleu-vert, l’UGent s’est mise en quête d’une solution alternative.

Exercice de réflexion non conventionnel

En concertation avec Rietland, ces responsables ont opté pour la réalisation, sur deux sites (la faculté des Sciences pharmaceutiques et le campus Proeftuin), d’un projet pilote portant sur la filtration locale de l’eau par le biais de roselières aérées. Les eaux usées provenant des bâtiments concernés y sont recueillies, puis filtrées avant d’être renvoyées vers les blocs sanitaires aux fins de rinçage des toilettes.

« Ce système présente divers avantages par rapport au rinçage des toilettes à l’eau de pluie », estime Dion van Oirschot de Rietland, qui était responsable de l’exécution du projet. « Primo, les eaux de pluie peuvent s’infiltrer en toute tranquillité dans le sol. Secundo, comme l’approvisionnement en eaux usées est relativement constant, il ne faut plus s’équiper de grandes cuves tampons, lesquelles sont indispensables pour compenser les fluctuations croissantes que présentent les précipitations. En principe, une capacité tampon d’un jour devrait suffire. »

À la demande

Comme la surface était limitée (la roselière de la faculté des des Sciences pharmaceutiques mesure grosso modo 15 mètres sur 8), nous avons opté pour un système aéré. « L’injection mécanique d’oxygène dans la roselière permet d’en multiplier l’efficacité par un facteur quatorze », selon Oirschot.

En outre, le système est équipé d’une unité de modulation de la demande. « Dans le cadre légal, deux options sont envisageables aujourd’hui en Belgique pour les eaux usées purifiées. Vous avez le choix entre leur déversement dans les eaux de surface (à condition de satisfaire aux normes d’évacuation) et leur stockage local aux fins de réutilisation. Si vous êtes établis, comme ici, dans une zone urbaine, seule la seconde option est envisageable. Et cela implique que vous devez vous abstenir de créer des excédents. C’est la raison pour laquelle nous veillons à ce que les eaux usées excédentaires soient évacuées avant filtrage vers le réseau d’égouts. En d’autres termes, nous procédons qu’à l’épuration des eaux vouées à une réutilisation. »

Le bon exemple

Les résultats que permettent d’obtenir les filtres à hélophytes font l’objet d’un suivi assuré par le Prof. Diederik Rousseau de l’UGent, Campus Kortrijk. « Nous allons voir si l’eau filtrée ici est d’une qualité suffisante et nous allons procéder à une optimisation éventuelle du système. Nous avons pour objectif de disposer d’un cas d’usage susceptible de servir d’exemple pour d’autres sites de l’UGent. »

www.rietland.be

TEXTE : ELISE NOYEZ

ILLUSTRATION : RIETLAND