Récupération de l’eau, une piste à explorer
Récupération de l’eau, une piste à explorer
Un projet de récupération de l’eau qui marche, cela ne s’improvise pas. Il faut faire attention à la typologie de l’eau, à l’application prévue et à bien d’autres facteurs. C’est pourquoi Eurowater, dont le siège est basé au Danemark mais qui possède une filiale belge à Eke-Nazareth, propose une approche sur mesure. S’appuyant sur trois projets récents, Niels Gyselinck, marketing & account manager, présente les possibilités et les éléments à prendre en compte.
Cela fait plusieurs décennies que Eurowater construit des solutions de traitement des eaux pour l’industrie mais depuis quelques années, l’entreprise doit tenir compte d’un nombre croissant de flux d’eau. « De plus en plus d’entreprises recherchent une alternative à l’eau de ville coûteuse », dit Gyselinck. « Les eaux de pluie et les eaux souterraines sont souvent les pistes les plus logiques mais lorsqu’une entreprise peut réutiliser de l’eau issue de ses propres processus, elle y gagne naturellement deux fois. Elle réduit non seulement sa facture d’eau mais également les coûts liés aux rejets. »
Travail sur mesure
Mais pour utiliser les ressources en eau existantes de manière optimale, il n’existe pas de solutions standard, selon Gyselinck. « Toutes les technologies de notre gamme peuvent certes être utilisées pour transformer l’eau de pluie, les eaux souterraines et l’eau de ville en eau de process mais la méthode n’est pas une question simple à résoudre. »
Deux variables influencent chaque fois le choix d’une solution : d’une part, l’application prévue et d’autre part, la typologie de l’eau des sources disponibles. « L’application détermine le type d’eau dont vous avez besoin. Si elle est appelée à servir dans l’industrie alimentaire, il faudra respecter des exigences bien différentes que si elle est simplement utilisée pour un processus de rinçage dans l’industrie du verre ou du métal. Les processus de traitement spécifiques qui sont nécessaires pour obtenir cette qualité requise dépendront des propriétés des ressources en eau disponibles. »
Ce dernier point, indique Gyselinck, ne relève en rien d’une science exacte. « Dans bon nombre de cas, et en particulier lorsqu’on utilise de l’eau de pluie, la composition de l’eau récupérée est variable. On ne peut donc pas se contenter de concevoir et de développer le système de traitement de l’eau sur une base théorique. C’est pourquoi, pour ce genre de projet, nous partons presque toujours de différents échantillons prélevés à différents moments. Souvent, nous y ajoutons encore les essais pilotes nécessaires, soit sur l’ensemble du flux, soit sur un flux annexe. En général, plus la qualité de l’eau est variable, plus l’installation pilote reste en place longtemps avant que nous placions l’installation définitive. »
Filtration de l’eau de pluie 24/7
En raison des coûts élevés de la fourniture d’eau de ville et de quelques problèmes associés, une grande entreprise de distribution s’est adressée à Eurowater pour lui demander de trouver une alternative aux chasses de toilettes. « Compte tenu de l’énorme surface de toiture de l’entreprise et des grandes quantités d’eau de pluie qui étaient déjà récupérées dans des bassins, l’eau de pluie était une piste logique. A partir de nos analyses de cette eau, qui indiquaient notamment une grande proportion de matières en suspension, nous avons prévu une installation avec un filtre à sable pour les particules lourdes, un filtre à charbon actif pour les odeurs et la couleur et un dosage chimique de chlore pour la décontamination finale. »
Le principal défi dans ce projet était le cycle de rinçage des filtres. « Dans une entreprise qui tourne 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, il n’est pas évident de trouver le bon moment pour cette phase », dit Gyselinck. « Les toilettes peuvent être utilisées à toute heure de la journée et de la nuit et on ne souhaite pas qu’un employé se retrouve subitement dans l’incapacité de tirer la chasse. C’est pourquoi nous avons analysé les horaires appliqués dans l’entreprise et nous avons prévu un tampon supplémentaire en aval de la chaîne de traitement. L’eau claire de ce tampon est utilisée pour le rinçage des filtres et permet aussi de garder suffisamment d’eau pour les toilettes pendant ce processus de rinçage. »
Surmonter les périodes de sécheresse
Le problème avec l’utilisation d’eau de pluie, c’est que l’approvisionnement n’est pas constant. Pour les eaux souterraines, le risque de pénurie est aussi un aspect important à prendre en compte. Avec le changement climatique et les périodes de plus en plus fréquentes d’extrême sécheresse, il n’est plus toujours possible aujourd’hui de solliciter ces ressources en eau naturelles.
Un fabricant de protections solaires a lui aussi dû faire face à ce problème. « Pour ses processus, la société utilise en principe aussi bien de l’eau de pluie que des eaux souterraines mais bien sûr, il ne faudrait pas que la production s’arrête totalement en période de sécheresse. Comme il n’y avait pas d’autres options dans l’environnement et le processus, nous n’avons pas pu faire autrement que revenir à l’eau de ville. Mais juste ponctuellement. En temps normal, la société continue d’utiliser l’eau de pluie et des eaux souterraines, mais quand les sources habituelles s’avèrent insuffisantes, nous prévoyons une unité mobile pour le traitement de l’eau de ville. Nous avons à cette fin un parc étendu d’unités de location avec diverses options, que l’on peut mettre en place en fonction des besoins. »
Réutilisation de l’eau de process
La réutilisation de l’eau du process représente un pas de plus en direction d’une solution circulaire. A cette fin, Eurowater a réalisé ces dernières années divers projets dans l’industrie du verre. « La production de verre plat suppose de rincer plusieurs fois les grands panneaux de verre », explique Gyselinck. « L’eau issue de ce process paraît très sale mais elle contient essentiellement des particules. Dans la plupart des cas, elles peuvent être éliminées à l’aide d’un filtre à sable et/ou par osmose inverse (RO). Si nous faisons passer cette eau par un filtre à sable, un adoucisseur et un système RO, nous obtenons une eau de très bonne qualité qui peut sans problème être réutilisée dans le processus de rinçage. Si on peut injecter cette eau plusieurs fois dans le circuit, cela permet tout de même de réaliser de belles économies. »
Par : Elise Noyez
Photos : Eurowater
« Dans bon nombre de cas, la composition de l’eau récupérée est variable. Cela nécessite une plus grande attention. »



