Production locale d’eau potable ? Bientôt réalisable à domicile
Production locale d’eau potable ? Bientôt réalisable à domicile
Le climat évolue. Nous en avons fait l’expérience entre autres l’été dernier lorsque nous avons dû faire face à divers problèmes liés à la sécheresse. Les politiciens élaborent des plans d’adaptation climatique et envisagent des scénarios de coupure de l’approvisionnement en eau. Water-link entend respecter ses engagements et apporter une contribution utile pour empêcher la situation de se dégrader à ce point. L’accès à l’eau revêt une grande importance pour tous nos clients.
S’agissant de notre eau potable, nous entendons gagner en durabilité et en efficacité. L’eau est trop précieuse pour la gaspiller. Nous allons évoluer vers une gestion circulaire des ressources en eau qui se distinguera par leur réutilisation constante et l’absence de pertes superflues.
Pour water-link, participer dès les prémices au développement de cette technologie et répondre à la demande de solutions durables exprimée par nos clients dans un environnement en pleine mutation relève de l’évidence.
Durabilité, autonomie et intérêt économique
Les mobiles les plus importants de la production locale d’eau s’énoncent comme suit : durabilité, autonomie, intérêt économique et anticipation du changement climatique. Durabilité parce que la récupération et la production s’opèrent localement et parce que nous voulons recycler plus facilement les déchets et la chaleur en les affectant à d’autres applications. Autonomie parce que la production locale offre la sécurité d’un approvisionnement ininterrompu en eau d’une qualité satisfaisante. Intérêt économique parce que cette approche doit reposer sur le principe selon lequel le client ne doit pas payer davantage pour son eau que s’il l’achetait classiquement auprès de la compagnie locale de distribution d’eau.
Dans cette optique, water-link a lancé en 2016 un projet visant à rendre possible une décentralisation de la production d’eau potable. Avec le concours du groupe Colruyt et de la société française Nereus Water, water-link s’est lancé dans la mise à l’essai d’une installation pilote sur son site de production établi à Walem. Pour que ce projet aboutisse, il fallait que la robustesse de la technologie employée autorise une production décentralisée. C’est pourquoi il était indispensable que l’installation soit compacte au point de prendre place dans un conteneur.
Cette installation est conçue pour produire 500 litres d’eau traitée par heure. Sa modularité en autorise l’extension éventuelle. Comme eau d’entrée, on emploiera un mélange d’eau de pluie et d’eaux grises. Pour procéder à l’épuration en tant que telle, l’installation repose sur un système de filtration innovant qui comporte la mise en œuvre de membranes céramiques rotatives associée à celle d’une unité de pasteurisation, d’osmose inverse et de traitement à l’ozone. Dans la foulée, l’eau traitée passe par un « bain de minéralisation » pour qu’elle satisfasse aux normes en vigueur en la matière. Le niveau de qualité obtenu et la rétention des contaminants font l’objet d’un suivi rigoureux, assuré aussi bien par le biais de mesures en ligne que par des tests hebdomadaires en laboratoire.
Plein Publiek
À l’heure actuelle, water-link teste l’installation sur deux sites. L’installation pilote est en exploitation sur le site éphémère de Plein Publiek, situé le long du Scheldekaai dans le quartier Nieuw Zuid à Anvers. Chez Plein Publiek, tout est une question d’économie circulaire. On peut s’y attabler dans un restaurant zéro déchet et y participer à des ateliers consacrés au recyclage et à l’utilisation durable de matériaux. Chez Plein Publiek, les eaux de pluie, de la cuisine et des lavabos sont recueillies. Nous en assurons l’épuration jusqu’à l’obtention d’une eau potable susceptible d’être réutilisée en cuisine ou en salle. Dès que nous aurons atteint une production stable d’eau potable, water-link lancera, auprès de l’autorité régulatrice VMM, la procédure de demande de certificat autorisant la fourniture d’eau potable. L’octroi de ce certificat permettra à water-link d’employer plus largement cette technologie. L’installation demeurera opérationnelle jusqu’à l’automne 2020. Ensuite, elle déménagera vers un site modernisé situé à proximité et accueillant un magasin Colruyt ainsi que plusieurs appartements adjacents.
Installation chez un particulier
Par ailleurs, l’entreprise a procédé pour la première fois au montage d’une installation chez un particulier. L’ensemble s’intègre parfaitement à la cave. Les eaux grises et pluviales sont également recueillies dans cet immeuble. C’est ici que l’épuration des eaux recueillies permet de les transformer en une eau de boisson consommable. Water-link en profite de surcroît pour acquérir des connaissances quant à l’adaptation d’une telle installation à la vie de famille et à la façon dont ses membres réagissent à l’utilisation d’une eau potable recyclée localement. Fin juin, water-link a utilisé cette installation pour produire de l’eau de bonne qualité pour la première fois. D’autres recherches permettront de déterminer si elle peut continuer à produire cette qualité et si elle répond à toutes les normes en matière d’eau potable.
L’acceptation du consommateur représente un défi majeur. Le nombre des consommateurs d’eau minérale en bouteille est encore trop important en Flandre, alors que l’eau de ville est d’excellente qualité et satisfait aux exigences les plus rigoureuses. Ce projet nous permet d’aller encore plus loin. Les eaux sont recueillies et réutilisées sur place. Cela signifie que trois heures à peine après avoir pris une douche, les usagers seront à même de réutiliser la même eau pour faire la lessive par exemple. Mais ils pourront aussi l’utiliser à la cuisine ou pour étancher leur soif. Cette idée doit mûrir dans l’esprit des consommateurs.
L’installation en cours d’essai chez ces particuliers n’est pas rentable d’un point de vue économique. Pour que de telles installations se justifient, il faut miser sur des formes de cohabitation plus développées qu’un simple foyer familial. Une telle installation peut représenter une valeur ajoutée lors de l’aménagement de nouveaux quartiers ou immeubles d’appartements.
Water-link observe que cette approche suscite déjà l’enthousiasme d’un certain nombre d’acteurs du marché. L’entreprise relève une demande conséquente chez nombre de promoteurs immobiliers et de clients industriels. Mais les particuliers ne sont pas non plus insensibles aux nouveaux développements en matière de récupération des eaux.
Texte via Vlakwa et photos via water-link
Gedempte Zuiderdokken
Water-link participe, en collaboration avec Aquafin, la Ville d’Anvers et AG Vespa, au projet « Gedempte Zuiderdokken » [Docks sud comblés]. Ce projet prévoit que l’on recueille les eaux de pluie provenant des toits des immeubles qui jouxtent la place et quelques rues adjacentes dans une citerne d’eau de pluie collective et que l’on procède à leur épuration locale pour les transformer eau potable. Les quelque 350 familles qui habitent dans les environs immédiats de la place auront accès à cette eau de pluie. Par ailleurs, les arroseuses-balayeuses de la ville pourront également puiser dans cette citerne et les jardiniers assurer l’irrigation du parc en surface. Au prix de quelques adaptations sur mesure, la même technologie que celle employée sur le site de Plein Publiek et chez des communautés peut être installée.
Surcroît d’initiatives durables
Ouvrage de prise d’eau à Wijnegem
Pour continuer à offrir une eau potable de bonne qualité et en quantité suffisante aux entreprises et aux habitants établis dans la zone d’approvisionnement, water-link a pris récemment la décision de construire un nouvel ouvrage de prise d’eau à Wijnegem. Ce projet comportera en outre l’épuration des eaux saumâtres du canal. Water-link procédera à l’extension des unités d’épuration installées sur le site de Oelegem en les dotant d’une installation moderne de dessalement. Ainsi, pendant les périodes de sécheresse, les responsables locaux seront en mesure de compenser toute pénurie éventuelle d’eau douce.
Système de surveillance du réseau de canalisations
Water-link investit dans l’installation de compteurs d’eau numériques et de systèmes de surveillance évolués. Tout comme le consommateur, water-link aspire à une utilisation rationnelle et durable de ce bien précieux qu’est l’eau potable. C’est la raison pour laquelle les investissements affectés à la réduction des pertes par fuites aussi bien sur le réseau de la compagnie de distribution d’eau que chez les particuliers sont très importants. Water-link installe, sur le réseau de canalisations, des systèmes de surveillance qui autorisent l’exécution de mesures précises des débits entrants et sortants. Leur installation permet de cibler avec une précision accrue la recherche de fuites affectant des canalisations. D’ici la fin de l’année 2021, tout client de water-link bénéficiera, qui plus est, de l’installation d’un compteur d’eau numérique. Ces compteurs sont à même de générer des messages témoignant de l’existence éventuelle de fuites d’eau affectant l’installation intérieure du client.
Canaux couverts d’Anvers
Water-link se penche avec l’administration communale sur les modalités d’affectation des canaux couverts à la résorption des eaux pluviales excédentaires en cas d’averse diluvienne. En effet, la fréquence et l’importance de ces phénomènes devraient évoluer à la hausse. D’une longueur totale de huit kilomètres, les canaux couverts d’Anvers devraient être à même d’emmagasiner le contenu d’une dizaine de piscines olympiques.
Projet Interreg 2 Mers
Les deux essais pilotes (menés auprès de Plein Publiek et chez un particulier) font partie intégrante d’un projet plus vaste bénéficiant d’un financement européen. Le projet Interreg 2 Mers se focalise sur la récupération utile de matières premières (eau, énergie et nutriments) provenant des eaux usées domestiques dans un environnement urbain. Outre la démonstration menée chez water-link, un autre projet de démonstration circulaire est en cours à la hauteur des Nieuwe Dokken [Nouveaux docks] à Gand, Flandre orientale. Ce projet réside entre autres dans le traitement d’eaux grises provenant de quelque 400 appartements et d’un bâtiment de la ville. Objectif visé : s’abstenir de tout déversement en pure perte des eaux usées après épuration, mais en poursuivre le traitement jusqu’à l’obtention d’une eau à usage industriel qui réponde aux besoins de la société Christeyns établie à proximité. Outre la réutilisation de l’eau, ce projet se penche aussi sur la récupération d’énergie et de nutriments ainsi que sur leur application utile.
Le projet Interreg 2 Mers se distingue par une collaboration poussée avec bon nombre de partenaires britanniques, français et néerlandais.
Pour plus d’informations concernant les démonstrations en cours dans le cadre de ce projet global ou dans les différents pays associés à celui-ci : www.nereusproject.eu.






