Plus de capacité d’épuration avec un système anaérobie
Plus de capacité d’épuration avec un système anaérobie
On trouve de nombreux systèmes d’épuration d’eau anaérobies dans l’industrie de transformation de la pomme de terre. L’entreprise néerlandaise Aviko Rixona était l’une de celles qui n’en avaient pas encore. Lorsque l’entreprise a eu besoin de plus de capacité d’épuration en 2017, elle a changé de cap. Son choix s’est porté sur un EGSB, ou lit de boues granulaires élargi (Expanded Granular Sludge Bed).
Aviko transforme les pommes de terre. Elle possède une filiale : Aviko Rixona. Henrie Van Laarhoven y est le responsable du bureau de projets. « Au cours du processus nous commençons par nettoyer les pommes de terre à sec, puis nous les lavons », commence-t-il. « Lors de l’épluchage à la vapeur et du lavage, et pendant les processus de cuisson, il est produit de l’eau riche en substances organiques. Cette eau, qui a donc une DCO élevée (demande chimique en oxygène, ndlr.), est évacuée vers la station d’épuration d’eau. Jusqu’à une époque récente, nous n’avions qu’une épuration aérobie, capable de traiter environ 7.000 kg de DCO par jour. En 2017, notre capacité de production ayant été étendue, notre installation d’épuration s’est trouvée surchargée. Ceci a été pour nous l’occasion d’opter pour un traitement anaérobie. »
EGSB
Un réacteur anaérobie contient des micro-organismes qui transforment la matière organique en biogaz. Il existe différents principes de fonctionnement. L’un d’entre eux est l’EGSB : Expanded Granular Sludge Bed (lit de boues granulaires élargi). C’est le type choisi par Aviko-Rixona. Les réacteurs EGSB comportent un réservoir rempli de bactéries anaérobies se développant dans des granulés. Ils sont connus pour leur recirculation accrue, laquelle est rendue possible par la taille impressionnante du réacteur et/ou par le recyclage de l’effluent. Ce type d’épuration permet, selon certaines études scientifiques, de traiter de cinq à dix fois plus de DCO qu’une épuration aérobie. « Nous voulions un réacteur à haut rendement », confirme Henrie Van Laarhoven. Et le réacteur EGSB est plus grand qu’un UASB (réacteurà lit de boues anaérobies à flux ascendant– NdT), qui lui est apparenté : « Le nôtre mesure 18 mètres de haut. » L’EGSB nécessite toutefois une post-épuration. Chez Aviko-Rixona, ce rôle est rempli par l’épuration aérobie qui était en service au cours de la décennie passée.
« L’eau de trop-plein du réservoir de décantation est dirigée vers le réacteur à méthane », nous explique-t-on. « L’eau pénètre en partie inférieure du réservoir. Il comporte des granulés de boues qui se développent ; il naît ainsi un lit de boues granulaires qui occupe les trois quarts du réservoir. La partie supérieure collecte le biogaz. L’eau épurée, qui ne contient plus qu’un peu de DCO, est dirigée vers l’installation aérobie. L’eau qui en sort est si pure que nous pouvons la rejeter dans un ruisseau écologiquement fragile. »
Avantages marquants
Henrie Van Laarhoven estime que l’EGSB présente des avantages marquants : « Le premier est que nous produisons, à partir de la matière organique, du biogaz que nous transformons quelque peu pour obtenir une qualité de gaz naturel, que nous brûlons ensuite dans nos chaudières à vapeur. Autre avantage, le fait que l’épuration aérobie ne nécessite que la moitié de l’électricité consommée précédemment ; en effet, cette installation est moins chargée et les aérateurs, entre autres, travaillent donc moins. De plus, nous avons ainsi 75 % de biomasse aérobie en moins à retraiter et à éliminer. Pour finir, il y a la concentration : nous avons maintenant besoin de moins d’additifs, tels que des polymères, et de moins d’énergie pour la centrifugeuse de décantation. »
Le réacteur est opérationnel depuis la mi-août : « Il est capable de traiter 14.400 kilos de DCO. Pour le moment, nous en sommes très satisfaits. »
Par Koen Vandepopuliere
Photos Aviko-Rixona

