Les PFAS se combattent par la connaissance et la cocréation
Les PFAS se combattent par la connaissance et la cocréation
Les PFAS sont indiscutablement un des plus grands défis d’aujourd’hui et de demain. Rien que pour l’Europe, le coût de l’assainissement est évalué à 100 milliards EUR par an. Avec l’ambition claire de faire partie de l’écosystème qui apportera les réponses, Waterleau a organisé le PFAS Removal Forum le 6 février dernier. Au cours de celui-ci, des spécialistes de Waterleau mais aussi d’ERM, de l’Agence flamande de l’environnement (VMM), du Watergroep, de l’Université d’Anvers et d’Oxyle ont partagé leurs connaissances et expériences.
Ce n’est pas par hasard que Waterleau parle d’écosystème, car aucune entreprise ne pourra à elle seule apporter la solution, qui sera nécessairement issue d’un processus co-créatif. « Nous avons affaire à un grand nombre de contaminants, qui ont tous des effets différents sur l’homme et l’environnement, et par conséquent exigent tous une approche particulière », souligne Dirk Nuyens d’ERM. De plus, les PFAS ne sont jamais le seul problème. « Il sera toujours nécessaire d’associer plusieurs techniques de différents acteurs », insiste Rizwan Isap d’Oxyle. « La seule solution est la collaboration. »
Problème en constante évolution
L’énorme diversité et la résilience des molécules PFAS ne sont cependant qu’un aspect de la complexité du problème. Il a été montré plusieurs fois au cours du forum qu’un grand nombre d’incertitudes rendaient la situation difficile à appréhender. Il suffit de penser à l’évolution constante des connaissances sur les PFAS et à la liste de molécules qui ne fait que s’allonger, encore aujourd’hui.
Pour Dirk Nuyens et Liesbeth Verdickt (De Watergroep), le TFA – acide trifluoroacétique, issu entre autres de la dégradation des PFAS dans le sol – serait un des plus grands défis actuels. « Le TFA est non seulement très difficile à traiter, mais en plus on le retrouve presque partout. C’est un défi énorme pour nos installations d’eau potable », précise Verdickt. « En plus, on ne sait toujours pas exactement comment la législation traitera cette question. »
Incertitude sur les nouvelles normes
La législation était donc logiquement une autre incertitude abordée lors du forum. Arnout Pottie, de VMM, a présenté les nouvelles normes auxquelles il faut s’attendre pour les eaux usées dans un avenir proche, mais en insistant sur le fait que toutes les méthodes de mesure n’ont pas encore été définies avec précision. Concernant les normes pour l’eau potable, Liesbeth Verdickt a fait remarquer que c’est surtout la norme EFSA-4, qui doit entrer en vigueur en Flandre en 2028, qui fait encore l’objet de nombreuses discussions entre le législateur et les compagnies des eaux.
Techniques à haut rendement énergétique
Entre-temps, la technologie continue heureusement d’évoluer elle aussi. Le PFAS Forum a permis de découvrir des solutions innovantes ainsi que des synergies intéressantes entre technologies existantes. Par exemple, Rizwan Isap a présenté un catalyseur qui produit des radicaux capables de dégrader les PFAS, tandis que Jan Dries (Université d’Anvers) a expliqué le potentiel de l’électro-oxydation et des procédés avancés de réduction par UV/SO3.
Les présentations techniques avaient pour fil conducteur la recherche de solutions non seulement efficaces, mais également favorables des points de vue économique et énergétique. C’était particulièrement évident dans la présentation du PFAS Test Bench de Waterleau, et de leurs recherches de laboratoire préalables. L’objectif poursuivi ici est en effet de définir pour chaque situation la combinaison parfaite de technologies – incluant les membranes, la sorption, la séparation, l’évaporation et la destruction – et cela en fonction du type de PFAS, de la matrice aqueuse et du coût total de propriété.
Rédaction : Elise Noyez
Illustrations : Waterleau

