Les Green Deal Brouwers économisent 2,3 millions de mètres cubes d’eau
Les Green Deal Brouwers économisent 2,3 millions de mètres cubes d’eau
Brasser de la bière exige de grandes quantités d’eau. C’est pourquoi, au cours des 5 années passées, les Green Deal Brouwers ont cherché et trouvé des méthodes pour utiliser l’eau de manière plus durable dans leur processus de production. Ensemble, les 16 brasseries participantes ont économisé au total 2 286 822 m³ d’eau entre septembre 2018 et décembre 2023, soit l’équivalent de 915 piscines olympiques.
L’eau devient de plus en plus rare, mais elle est essentielle pour brasser la bière. Comment pouvons-nous gérer l’eau de manière plus intelligente dans le secteur brassicole ? Avec les Green Deal Brouwers, les organisations sectorielles, le gouvernement flamand et le centre de compétences flamand Water unissent leurs forces. L’eau n’est pas seulement un des ingrédients de base de la bière, elle est aussi une ressource indispensable dans le processus de construction : nettoyage des installations, rinçage, refroidissement, production de vapeur… Les brasseries dépendent donc fortement d’une eau de très bonne qualité. D’autre part, nos ressources en eau sont soumises à une pression croissante. La gestion durable de l’eau est donc une priorité pour l’industrie brassicole. Un des défis les plus importants de ce Green Deal consista à réduire la consommation d’eau. Les brasseries y sont parvenues avec brio : la consommation d’eau des Green Deal Brouwers a en effet diminué d’environ 9% par litre de bière brassée. Il s’agit d’une économie d’eau équivalente à 915 piscines olympiques.
Mesures
Les partenaires des Green Deal Brouwers ont présenté les résultats à l’ensemble de l’industrie alimentaire lors d’un événement de clôture à Bruges. Plusieurs brasseries ont expliqué comment elles ont eu recours à des interventions concrètes pour rendre leur processus de production plus durable. De nombreuses mesures ont été prises ces dernières années, telles que la cartographie complète des consommateurs d’eau, la sensibilisation des employés à la problématique de l’eau, l’apparition de nouvelles techniques de traitement de l’eau entrante (par exemple, la déferrisation), l’optimisation des installations de nettoyage automatique (CIP) et des machines de rinçage, le renouvellement et l’amélioration des installations de traitement : installation de nouvelles lignes de remplissage de fûts et de bouteilles, optimisation des procédures de nettoyage, circuits fermés, nouvelles filtres/centrifugeuses à bière, nouvelles techniques de refroidissement, nouveaux systèmes de réutilisation des effluents de la station d’épuration et optimisation de l’utilisation des eaux usées traitées, des eaux d’exhaure et des eaux de pluie.
1,2 million de m³ d’eaux souterraines profondes en moins
Outre les économies d’eau, les brasseurs participants avaient également comme objectif de pomper moins d’eau des nappes phréatiques (plus profondes) en mauvais état quantitatif. Cet objectif a également été réalisé. Les brasseries ont enregistré une diminution d’ 1 189 590 m³ de la consommation d’eaux souterraines profondes. Au lieu d’utiliser les nappes phréatiques profondes, les brasseries concernées se tournent vers d’autres sources d’eau telles que l’eau du robinet, les nappes phréatiques peu profondes, l’eau de pluie et surtout l’eau de récupération (eaux usées traitées, eau de rinçage réutilisée), et ce à des fins de non-consommation.
Des brasseries satisfaites
On a dénombré au total 16 brasseries participantes. « De grandes, moyennes et petites brasseries ont participé », explique Lambert De Wijngaart de l’asbl Belgische Brouwers. « Tout le monde a appris de cette interaction. La préservation de l’eau est aussi une histoire d’énergie. Les réseaux d’apprentissage ont joué ici un rôle. Les brasseries ont échangé beaucoup d’informations. Certaines actions ont en conséquence subi un coup d’accélérateur, ce qui portera ses fruits à long terme. »
La brasserie Huyghe
Brouwerij Huyghe fut l’un des pionniers du projet. « 60 à 70 % de nos eaux usées sont réutilisées. Soit 45.000 m3 d’eau par an », note Alain De Laet de Brouwerij Huyghe. « Cela a également un impact sur la facture énergétique. Les brasseries ont tout d’abord été quelque peu hésitantes. Le groupe est ensuite devenu plus grand. Les grandes brasseries peuvent apprendre des plus petites, et inversement. Il est toujours important de s’attarder sur les détails et de voir comment on peut les appliquer dans votre propre brasserie. » De plus en plus de brasseries comprennent l’importance de cela. « L’eau est l’or de demain », explique De Laet. « Parmi les brasseurs, j’ai été le premier à motiver mes collègues. Et depuis, de plus en plus d’entreprises en perçoivent l’importance. »
Les moyens
Le projet coûte toutefois de l’argent, selon les dires des brasseries. « Les brasseries qui n’ont pas les moyens, investissent leur argent dans d’autres projets », mentionne De Laet. « Ce projet est néanmoins important. Il nous prépare à d’autres restrictions potentielles que les pouvoirs publics pourraient peut-être nous imposer à l’avenir. Mais il est possible d’aboutir à des solutions grâce à la coopération. Et si les pouvoirs publics devaient apporter une aide financière, de plus en plus de brasseries participeraient. » À la brasserie De Halve Man, on s’est également montré satisfait. « Mesurer, c’est savoir », explique Karsten Pauwels De Halve Maan. « Cela vous permet de voir où se situent les grands postes de consommation et les gains rapides potentiels. C’est très intéressant. J’ai également été impressionné par les autres brasseries. On apprend toujours. »
Réseau d’apprentissage
Durant les Green Deal Brouwers, tous les partenaires privés et publics se sont réunis régulièrement au sein d’un réseau d’apprentissage pour partager leurs connaissances, s’inspirer et discuter des blocages. Cet échange a contribué à la durabilité effective du secteur brassicole. Maarten Everaert, expert en eau auprès du cabinet de la ministre de l’Environnement, a été impressionné par les résultats des brasseurs. « Les résultats sont visibles. Il s’agit d’un grand projet visant à rendre la Flandre plus résistante aux effets du changement climatique. Les périodes de sécheresse vont se multiplier. C’est pourquoi nous avons lancé le « Blue Deal » en 2020. L’inversion de tendance est lancée. »
Résistance face aux changements climatiques
Selon Maarten Everaert, le projet contribue au « Blue Deal » visant à rendre la Flandre plus résistante au climat et à la sécheresse. « Les brasseries ont manifesté beaucoup d’enthousiasme et fait preuve de dynamisme. Il y a eu une interaction particulière entre le gouvernement et les brasseries, ce qui a permis à ces dernières d’avoir un accès direct aux experts du gouvernement et de la Vlaamse Milieumaatschappij. La concertation s’est en trouvée facilitée. Pour le gouvernement, l’opération est bénéfique, dans le sens où, avec la brasseries, nous pouvons de cette manière accélérer le processus, afin de rendre l’utilisation de l’eau encore plus durable et de préserver nos réserves d’eau pour les générations suivantes. Les brasseries sont très désireuses d’aller plus loin. Nous ne pouvons que les encourager à le faire. »
Beaucoup d’enthousiasme
La VMM (Vlaamse Milieumaatschappij) a également réagi avec beaucoup d’enthousiasme à ce projet. Katrien Smet de la VMM. “De nombreuses brasseries ont appris les unes des autres. Il s’agit d’un beau résultat. Des efforts ont également été déployés pour réduire l’utilisation des eaux souterraines issues des couches plus profondes. Nous nous en félicitons. La disponibilité en eau est en effet assez faible en Flandre. L’eau est coûteuse. Tous les secteurs doivent investir dans une gestion durable de l’eau. Les brasseurs ont non seulement économisé de l’eau, mais également de l’énergie. Ce qui se révèle favorable à l’environnement et positif pour l’avenir, tout en permettant aux brasseurs de se profiler comme des entreprises tournées vers l’avenir. Cela exige toutefois des investissements à court terme, et je comprends que cela n’est pas évident. »
Un grand potentiel
Le Vlaams Kenniscentrum Water (Vlakwa) salue également cette initiative. « Je suis impressionné par tout ce que nous pouvons apprendre les uns des autres », déclare Dirk Halet, expert en eau. Citons, par exemple, les informations qui ont été partagées à propos des projets qui permettent de réaliser des économies aussi bien d’eau que d’énergie, ou à propos des approches innovantes visant à organiser efficacement le traitement de l’eau dans des espaces confinés, à optimiser les réserves disponibles et à mettre en place des « équipes vertes » qui fournissent des informations supplémentaires sur les économies d’eau significatives réalisées avec des coûts d’investissement relativement faibles ».
Rapports
Tous les rapports des Green Deal Brouwers sont consultables. « Nous y avons consigné toutes les actions, les moments d’inspiration et les goulets d’étranglement », explique Liesje De Schamphelaire de Fevia. « Il y a également pas mal d’actions qui peuvent également être appliquées au secteur alimentaire dans son ensemble. Je recommande donc à chacun de lire les rapports intérimaires et le rapport final. Ils peuvent en effet constituer une source d’inspiration. Nous envisageons également d’engager de nouvelles actions pour le secteur. De par la collaboration mise en place, ce projet fut donc particulièrement intéressant. Il s’agit d’une véritable coopération entre des acteurs privés et publics. Cela constitue également la base d’une réflexion future sur l’approche des problèmes rencontrés sur le terrain. »
Par Matthias Vanheerentals
Vous trouverez plus d’informations dans les différents rapports de suivi sur https://omgeving.vlaanderen.be/nl/003-brouwers


