26/03/2021

Le projet Blue Gate Antwerp constitue une excellente opportunité pour les entreprises spécialisées dans les technologies hydriques.

Le projet Blue Gate Antwerp est en cours de réalisation. Il s’agit du premier parc industriel éco-efficace aménagé le long d’un cours d’eau en Belgique. De plus, certaines mesures ont été prises pour résoudre les problèmes d’assèchement et de submersion dont souffrent les zones adjacentes. Ce projet ouvre nombre de perspectives intéressantes aux entreprises spécialisées en technologies hydriques.

Autrefois, la zone industrielle Petroleum-Zuid était le cœur battant de l’industrie pétrolière anversoise. Aujourd’hui, cette friche industrielle partiellement assainie est prête à écrire un nouveau chapitre de son histoire en accueillant le Blue Gate Antwerp Development, un projet public et privé d’avant-garde qui prend en main l’avenir de ces terrains sur le marché. La réalisation de ce projet a été confiée aux partenaires publics AG Vespa, PMV et De Vlaamse Waterweg ainsi qu’aux partenaires privés DEME et Bopro. Ce parc industriel climatiquement neutre est réservé à ces entreprises innovantes qui nourrissent une ambition claire : créer les conditions d’une croissance linéaire par la mise en oeuvre d’un modèle de production circulaire. Le projet Blue Gate Antwerp Development ne manquera pas d’attirer les entreprises soucieuses de l’environnement. Les parties prenantes attendent aussi des entreprises qui souhaitent s’y établir qu’elles placent la barre très haut sur le plan de la durabilité. « La durabilité et l’éco-efficacité sont des critères importants », soutient Wolf Depraetere, chef de projet chez DEME. Ce dernier représente la société DEME dans le cadre du volet opérationnel de la société de partenariat public-privé BGAD en tant que développeur. « Les entreprises doivent souscrire aux ambitions que nous affichons dans ce domaine ». L’installation de panneaux solaires sur leurs toits respectifs s’impose. Elles sont tenues de se raccorder au réseau thermique pour assurer le chauffage de leurs eaux sanitaires et se doivent de recourir, pour ce faire, à une énergie électrique verte à 100 %. L’éco-efficacité et l’hydrodépendance de toute entreprise qui déciderait de s’installer dans le parc industriel Blue Gate seront soumises à une évaluation sérieuse. La contribution de chaque entreprise candidate à l’éco-efficacité du site fera également l’objet d’une évaluation, dans la mesure où le potentiel de consolidation des interactions entre ces entreprises constitue aussi un critère important. En effet, les déchets et les eaux usées d’une entreprise donnée sont susceptibles d’être une matière première pour une autre entreprise. Dans notre quête d’un concept à l’épreuve du temps, nous envisageons, par exemple, l’installation d’un deuxième réseau de bornes d’incendie de telle sorte que l’infrastructure autorise les échanges d’eau entre les entreprises ». Responsable du volet immobilier et de la durabilité dans le cadre du PPP, Bopro a développé un outil à même de traduire l’ensemble de ces paramètres en une note de durabilité afin d’objectiver les ambitions de durabilité des entreprises candidates à l’établissement sur ce site. « Plus une entreprise est prête à se développer en privilégiant sa durabilité et en contribuant de la sorte à la préservation du site, plus la note attribuée sera élevée », souligne Depraetere. « Et plus cette note sera élevée, plus nous serons enclins à la accueillir sur le site Blue Gate. »

Intérêt croissant

Bon nombre d’entreprises appartenant au secteur de l’eau souhaitent s’établir sur le site Blue Gate Antwerp. « Nous sommes en pourparlers avec des entreprises spécialisées dans le traitement des eaux au sens le plus large », précise Depraetere. « Nous avons également mené plusieurs entretiens exploratoires avec des entreprises d’assainissement des eaux qu’un établissement sur ce site pourrait intéresser. Les entreprises qui ont recours à diverses technologies de traitement des eaux devraient, à n’en pas douter, envisager leur établissement sur le site Blue Gate. Il s’y passe beaucoup de choses dans le domaine des technologies de traitement des eaux. La phase de développement n’est pas suffisamment avancée pour l’affirmer sans détour, mais nous assistons tout de même à la formation d’un cluster eau sur le site. » À l’heure actuelle, Pidpa et water-link sont en train d’élaborer un programme d’étude en vue de l’établissement des laboratoires de Blue Gate. À l’heure actuelle, ces deux sociétés de distribution et de traitement des eaux envisagent l’édification d’un laboratoire commun sur le site du parc industriel éco-efficace Blue Gate Antwerp. Ce laboratoire se doit de devenir, en Flandre, une référence dans les domaines suivants : analyse des eaux (potables), évaluation rapide et recherche appliquée. Pour plus de clarté, ce projet est encore à l’étude. Le Provenciaal Instituut voor Hygiëne (PIH) [Institut provincial d’hygiène] envisage de relocaliser ses laboratoires d’étude des sols et des eaux sur le site Blue Gate. Incubateur d’entreprises vouées au développement d’une chimie durable en Flandre, BlueChem s’est d’ores et déjà établi sur le site du parc industriel Blue Gate Antwerp. Aujourd’hui, BlueChem accueille déjà un écosystème hors pair composé de jeunes pousses, de PME, de centres d’expertise et de quelques grands acteurs d’envergure mondiale. L’une de ces entreprises n’est autre qu’InOpSys ; elle s’est spécialisée dans la construction et la gestion d’unités modulaires et mobiles de traitement des eaux usées et des flux secondaires provenant de l’industrie chimique et de l’industrie pharmaceutique. « Nous étudions également les possibilités de conversion des eaux de pluie en eaux de processus et en eau potable sur le site du parc industriel », poursuit Depraetere. « L’une des idées retenues réside dans la production d’une eau potable ‘estampillée’ Blue Gate Antwerp que les entreprises établies sur le site pourraient offrir à leurs clients ou aux visiteurs. Nous avons déjà engrangé suffisamment d’idées portant sur la pérennisation des ressources hydriques et convaincu les partenaires voulus pour donner corps à ces idées. »

Noues et corridor vert

Le remblayage du terrain comme mesure de protection contre le risque d’inondation revêt une importance cruciale dans le concept de développement du site Blue Gate Antwerp. « Si nous prévoyons un remblayage, c’est parce que le site Blue Gate Antwerp est gorgé d’eau », souligne Depraetere. « Ces terres sont régulièrement inondées. Les travaux de remblai conjugués avec les noues et le corridor vert devraient engendrer une capacité tampon appréciable et ralentir l’écoulement des eaux en prévenant de la sorte tout risque d’inondation sérieuse. » Les noues offrent de surcroît une capacité d’infiltration centralisée qui dispensent les entreprises concernées d’investir dans certains équipements de récupération et de traitement des eaux de pluie. Bien que la conception du projet Blue Gate Antwerp soit robuste sur le plan hydrologique et que les parties concernées se soient déjà penchées sur les perspectives d’application haut de gamme des eaux disponibles, d’autres options de consolidation additionnelle de la gestion des eaux reposant davantage sur l’interaction hydrologique avec les zones limitrophes du site Blue Gate Antwerp sont également envisageables. « Pourquoi par exemple, ne met-on pas à profit la capacité hydrique disponible pour engorger le Polder de Hoboken », s’interroge Depraetere.

Interaction hydrologique

À l’heure actuelle, un nouveau concept de consolidation de la gestion des eaux au niveau régional privilégiant l’interaction entre les initiatives individuelles au sein de la région est à l’étude. « Reconnaître et comprendre les interactions hydrologiques au sein d’une grande région devrait permettre de résoudre le puzzle hydrologique en gagnant en logicité et en efficacité », souligne Depraetere. « Ainsi, le site Blue Gate Antwerp entretient, entre autres, une relation hydrologique d’une part avec le Polder de Hoboken, lequel est confronté depuis plusieurs années à une sécheresse appréciable, et d’autre part avec les quartiers de Polderstad et de Lageweg qui sont légèrement inondés de temps à autre. Dès lors, pourquoi ne pas laisser, dans l’esprit du Blue Deal, le Polder de Hoboken contribuer au tampon hydrologique qui a vocation à enrayer toute inondation et à améliorer la disponibilité de l’eau ? L’année dernière, nous avons réuni toutes les parties concernées ; à savoir, Natuurpunt, Aquafin, water-link, la Ville d’Anvers et le Vlakwa. Elles nous ont toutes fait part de leur enthousiasme. Nous sommes en train d’étudier les modalités d’intégration de ces solutions dans le cadre subventionnel du Blue Deal.

Pompes et barrages intelligents

La mise à contribution de pompes et barrages intelligents devrait se traduire par une augmentation du potentiel de captage des eaux sur le site Blue Gate Antwerp. « Il s’agit d’accroître sensiblement la capacité existante (dans la zone d’intervention BGAD) de manière à bénéficier d’une augmentation du potentiel de captage des eaux », insiste Depraetere. « Nous entendons faire obstacle à un écoulement accéléré des eaux vers le Leigracht, lequel ne manque pas de réduire la quantité d’eau disponible pour diverses applications fonctionnelles ou écologiques et d’en limiter le potentiel d’infiltration. Si la réalisation de barrages intelligents augmente en conséquence la disponibilité des eaux de pluie sur le site, l’installation de pompes intelligentes s’impose pour en réguler le flux. Ces pompes intelligentes font office de tampon de sécurité dans l’éventualité où l’importance des précipitations serait telle que leur évacuation gravitaire ne suffirait plus à limiter la montée des eaux. Diverses options sont envisageables : une dérivation vers l’Escaut ou une évacuation supplémentaire vers le Polder de Hoboken. Par ailleurs, l’installation d’une série de pompes permettant d’acheminer l’eau vers le ou les endroits requis est indispensable. Songez par exemple au deuxième réseau de bornes d’incendie en cas de conversion des eaux de pluie en eaux de processus et en eau potable. La solution intégrée repose entre autres sur la conjugaison de ces barrages et de ces pompes. » Qu’il s’agisse des systèmes de commande et de commutation des barrages et des pompes, du traitement spécifique des eaux de pluie, de l’élaboration d’un réseau de canalisations à l’épreuve du temps, ces différents aspects de la gestion des eaux constituent un défi considérable pour l’entreprise Blue Gate et ses partenaires issus du secteur (des technologies de traitement) des eaux.

Importance de l’infiltration

Les concepteurs veillent aussi à une infiltration suffisante. Le dispositif envisagé doit permettre à l’eau de s’infiltrer à bon escient. Selon Depraetere, l’infiltration de l’eau revêt une grande importance. « Nous sommes en train de nous livrer à un exercice conceptuel global qui consiste à augmenter la capacité de rétention des eaux de pluie, à en favoriser l’infiltration et à en prolonger au maximum la disponibilité. Faute de capacités de rétention suffisantes, la Flandre est régulièrement confrontée à des pénuries d’eau, surtout pendant certaines périodes de l’année. Une étude approfondie des lieux et modalités de rétention des eaux devrait nous permettre d’en assurer la disponibilité à long terme et partant, lors des périodes de pénurie d’eau. Nous observons que l’idée d’une rétention des eaux dans l’aquifère (couche géologique imprégnée d’eau) a également émergé dans le cadre d’autres projets portant sur la pérennisation des ressources hydriques. Il n’y a pas si longtemps, la gestion des eaux mettait l’accent sur la maîtrise des risques d’inondation. Ainsi, la commission d’évaluation du MER avait également émis l’idée d’évacuer les eaux vers l’un ou l’autre cours d’eau afin de limiter les risques d’inondation. Aujourd’hui, les experts sont de plus en plus conscients que les eaux de pluie pourraient contribuer davantage à augmenter la capacité de la nappe phréatique. Soit directement par le biais de l’infiltration, soit indirectement comme alternative à la consommation d’eau potable. » Chef de projet dans le cadre des travaux d’assainissement, de remblai et d’infrastructure effectués par la société DEME pour le compte de la société de partenariat BGAD, Ederic Keirsebelik souligne qu’aucune solution prête à l’emploi n’a été écartée lors de la phase de réflexion. « Nous étudions les interactions avec les autres disciplines et problèmes que présente le site considéré. Ainsi, nous nous sommes penchés sur ces fameuses cuves à mazout qui font partie du patrimoine industriel protégé en raison de leur pertinence historique pour voir si ces dernières pouvaient être affectées à l’emmagasinage d’eau. Le projet Blue Gate prévoit l’édification d’immeubles de stationnement centraux sur le site. Pourquoi ne pas les concevoir de telle sorte qu’en cas de surcapacité imputable à un glissement vers des moyens de transport alternatifs, ces espaces soient convertibles en retenues d’eau ? »

Aquafin révise ses plans

Cela fait pas mal de temps déjà qu’Aquafin s’occupe du dossier consacré au Polder de Hoboken. Aquafin s’est vu confier un projet de découplage du Polder de Hoboken. À l’ouest du Polder, le Grote Leigracht afflue en effet dans le réseau d’égouts mixtes. Objectif poursuivi : découpler cet afflux de la station d’épuration et le détourner vers la station de pompage des eaux pluviales installée dans le quartier de Polderstad. Ce projet prévoit également un découplage du réseau d’égouts séparé qui assure la jonction entre la Berkenrodelei et la Kioskplaats à Hoboken. Ces plans font l’objet d’une révision à la suite des nouvelles propositions de projet relatives au site Blue Gate Antwerp. « Les propositions émises dans le cadre de ce projet visent à une utilisation accrue des eaux de pluie et de surface », relate Gert Luyckx d’Aquafin. « Ces propositions visent par conséquent à réduire la quantité d’eau de pluie et de surface qui se déverse dans le réseau d’égouts en transitant par le Polder de Hoboken. C’est la raison pour laquelle, nous voulons à nouveau passer nos projets au crible : le dimensionnement prévu à présent est-il satisfaisant ? Les écoulements prévus sont-ils encore les plus logiques ? La pose de canalisations d’un tel diamètre est-elle superflue ? Faut-il encore prévoir l’installation en aval d’une grande station de pompage des eaux de pluie dont la modernisation a été confiée à water-link ? La modernisation de cette station de pompage installée au sud, le long de la Boombekelaan, en est encore à sa phase de conception. »

Solutions pour le Polder de Hoboken

Au nord du Polder de Hoboken, il faudra peut-être procéder, selon Aquafin, à l’installation d’une station de pompage pour assurer la distribution des eaux de pluie disponibles vers la zone PME ou vers d’autres consommateurs. « En cas de sécheresse, cette station de pompage est également à même de détourner les eaux de pluie vers la zone écologique la plus précieuse du Polder de Hoboken et dont l’élévation est légèrement supérieure », souligne Gert Luyckx. « Nous envisageons aujourd’hui de lancer une étude hydraulique et hydrologique comportant diverses simulations du Polder de Hoboken ainsi que des zones environnantes. Et ce pour identifier les eaux susceptibles d’être déviées vers telle ou telle zone. Quelles sont les possibilités de déviation gravitaire ? Et quel en serait l’impact sur nos projets ? » Entre-temps, les noues et étangs tampons aménagés sur le site Blue Gate Antwerp retardent l’évacuation des eaux de pluie vers le Polder de Hoboken. « L’une des solutions envisageables consiste à installer des vannes et barrages intelligents pour prolonger encore la rétention d’eau », relate Luyckx. « Et pour favoriser une réutilisation ultérieure des eaux retenues. Il faudra peut-être procéder à l’installation d’une station de pompage pour aspirer ces volumes d’eau et les refouler vers la zone PME en vue de leur réutilisation ou vers le Polder de Hoboken dont l’assèchement est problématique. En cas d’intempéries extrêmes, une telle station de pompage permettrait même de refouler ces eaux vers l’Escaut. Par conséquent, nous sommes à la recherche d’une station de pompage intelligente et apte à refouler l’eau vers la zone requise en fonction de la demande et de l’environnement. » Aquafin continuera à accorder une attention particulière à la zone résidentielle du quartier de Polderstad. « Cette zone est sensible au risque d’inondation », souligne Luyckx. « Cette zone vulnérable est clairement identifiée comme telle. Dans le cadre des travaux qui leur ont été confiés, Aquafin et water-link se sont mis en quête d’une solution visant à réduire sensiblement le risque de saturation hydrique. Cette condition préalable demeure impérative même en cas d’adoption éventuelle d’une solution modifiée. »

Pour plus d’informations, consultez le site

www.bluegateantwerp.eu

« Ce projet vise à une utilisation accrue des eaux de pluie et de surface »,

relate Gert Luyckx d’Aquafin.

« Nous étudions également les possibilités de conversion des eaux de pluie en eaux de processus et en eau potable sur le site du parc industriel »

, souligne Wolf Depraetere, chef de projet chez DEME.

Chef de projet dans le cadre des travaux d’assainissement, de remblai et d’infrastructure effectués par la société DEME, Ederic Keirsebelik ajoute :

« Nous étudions les interactions avec les autres disciplines et problèmes que présente le site considéré. »

« Les propositions émises dans le cadre de ce projet visent à une utilisation accrue des eaux de pluie et de surface »

, relate Gert Luyckx d’Aquafin.

Le projet Blue Gate Antwerp constitue une excellente opportunité pour les entreprises spécialisées dans les technologies hydriques.

Le projet Blue Gate Antwerp est en cours de réalisation. Il s’agit du premier parc industriel éco-efficace aménagé le long d’un cours d’eau en Belgique. De plus, certaines mesures ont été prises pour résoudre les problèmes d’assèchement et de submersion dont souffrent les zones adjacentes. Ce projet ouvre nombre de perspectives intéressantes aux entreprises spécialisées en technologies hydriques.

Autrefois, la zone industrielle Petroleum-Zuid était le cœur battant de l’industrie pétrolière anversoise. Aujourd’hui, cette friche industrielle partiellement assainie est prête à écrire un nouveau chapitre de son histoire en accueillant le Blue Gate Antwerp Development, un projet public et privé d’avant-garde qui prend en main l’avenir de ces terrains sur le marché. La réalisation de ce projet a été confiée aux partenaires publics AG Vespa, PMV et De Vlaamse Waterweg ainsi qu’aux partenaires privés DEME et Bopro. Ce parc industriel climatiquement neutre est réservé à ces entreprises innovantes qui nourrissent une ambition claire : créer les conditions d’une croissance linéaire par la mise en oeuvre d’un modèle de production circulaire. Le projet Blue Gate Antwerp Development ne manquera pas d’attirer les entreprises soucieuses de l’environnement. Les parties prenantes attendent aussi des entreprises qui souhaitent s’y établir qu’elles placent la barre très haut sur le plan de la durabilité. « La durabilité et l’éco-efficacité sont des critères importants », soutient Wolf Depraetere, chef de projet chez DEME. Ce dernier représente la société DEME dans le cadre du volet opérationnel de la société de partenariat public-privé BGAD en tant que développeur. « Les entreprises doivent souscrire aux ambitions que nous affichons dans ce domaine ». L’installation de panneaux solaires sur leurs toits respectifs s’impose. Elles sont tenues de se raccorder au réseau thermique pour assurer le chauffage de leurs eaux sanitaires et se doivent de recourir, pour ce faire, à une énergie électrique verte à 100 %. L’éco-efficacité et l’hydrodépendance de toute entreprise qui déciderait de s’installer dans le parc industriel Blue Gate seront soumises à une évaluation sérieuse. La contribution de chaque entreprise candidate à l’éco-efficacité du site fera également l’objet d’une évaluation, dans la mesure où le potentiel de consolidation des interactions entre ces entreprises constitue aussi un critère important. En effet, les déchets et les eaux usées d’une entreprise donnée sont susceptibles d’être une matière première pour une autre entreprise. Dans notre quête d’un concept à l’épreuve du temps, nous envisageons, par exemple, l’installation d’un deuxième réseau de bornes d’incendie de telle sorte que l’infrastructure autorise les échanges d’eau entre les entreprises ». Responsable du volet immobilier et de la durabilité dans le cadre du PPP, Bopro a développé un outil à même de traduire l’ensemble de ces paramètres en une note de durabilité afin d’objectiver les ambitions de durabilité des entreprises candidates à l’établissement sur ce site. « Plus une entreprise est prête à se développer en privilégiant sa durabilité et en contribuant de la sorte à la préservation du site, plus la note attribuée sera élevée », souligne Depraetere. « Et plus cette note sera élevée, plus nous serons enclins à la accueillir sur le site Blue Gate. »

Intérêt croissant

Bon nombre d’entreprises appartenant au secteur de l’eau souhaitent s’établir sur le site Blue Gate Antwerp. « Nous sommes en pourparlers avec des entreprises spécialisées dans le traitement des eaux au sens le plus large », précise Depraetere. « Nous avons également mené plusieurs entretiens exploratoires avec des entreprises d’assainissement des eaux qu’un établissement sur ce site pourrait intéresser. Les entreprises qui ont recours à diverses technologies de traitement des eaux devraient, à n’en pas douter, envisager leur établissement sur le site Blue Gate. Il s’y passe beaucoup de choses dans le domaine des technologies de traitement des eaux. La phase de développement n’est pas suffisamment avancée pour l’affirmer sans détour, mais nous assistons tout de même à la formation d’un cluster eau sur le site. » À l’heure actuelle, Pidpa et water-link sont en train d’élaborer un programme d’étude en vue de l’établissement des laboratoires de Blue Gate. À l’heure actuelle, ces deux sociétés de distribution et de traitement des eaux envisagent l’édification d’un laboratoire commun sur le site du parc industriel éco-efficace Blue Gate Antwerp. Ce laboratoire se doit de devenir, en Flandre, une référence dans les domaines suivants : analyse des eaux (potables), évaluation rapide et recherche appliquée. Pour plus de clarté, ce projet est encore à l’étude. Le Provenciaal Instituut voor Hygiëne (PIH) [Institut provincial d’hygiène] envisage de relocaliser ses laboratoires d’étude des sols et des eaux sur le site Blue Gate. Incubateur d’entreprises vouées au développement d’une chimie durable en Flandre, BlueChem s’est d’ores et déjà établi sur le site du parc industriel Blue Gate Antwerp. Aujourd’hui, BlueChem accueille déjà un écosystème hors pair composé de jeunes pousses, de PME, de centres d’expertise et de quelques grands acteurs d’envergure mondiale. L’une de ces entreprises n’est autre qu’InOpSys ; elle s’est spécialisée dans la construction et la gestion d’unités modulaires et mobiles de traitement des eaux usées et des flux secondaires provenant de l’industrie chimique et de l’industrie pharmaceutique. « Nous étudions également les possibilités de conversion des eaux de pluie en eaux de processus et en eau potable sur le site du parc industriel », poursuit Depraetere. « L’une des idées retenues réside dans la production d’une eau potable ‘estampillée’ Blue Gate Antwerp que les entreprises établies sur le site pourraient offrir à leurs clients ou aux visiteurs. Nous avons déjà engrangé suffisamment d’idées portant sur la pérennisation des ressources hydriques et convaincu les partenaires voulus pour donner corps à ces idées. »

Noues et corridor vert

Le remblayage du terrain comme mesure de protection contre le risque d’inondation revêt une importance cruciale dans le concept de développement du site Blue Gate Antwerp. « Si nous prévoyons un remblayage, c’est parce que le site Blue Gate Antwerp est gorgé d’eau », souligne Depraetere. « Ces terres sont régulièrement inondées. Les travaux de remblai conjugués avec les noues et le corridor vert devraient engendrer une capacité tampon appréciable et ralentir l’écoulement des eaux en prévenant de la sorte tout risque d’inondation sérieuse. » Les noues offrent de surcroît une capacité d’infiltration centralisée qui dispensent les entreprises concernées d’investir dans certains équipements de récupération et de traitement des eaux de pluie. Bien que la conception du projet Blue Gate Antwerp soit robuste sur le plan hydrologique et que les parties concernées se soient déjà penchées sur les perspectives d’application haut de gamme des eaux disponibles, d’autres options de consolidation additionnelle de la gestion des eaux reposant davantage sur l’interaction hydrologique avec les zones limitrophes du site Blue Gate Antwerp sont également envisageables. « Pourquoi par exemple, ne met-on pas à profit la capacité hydrique disponible pour engorger le Polder de Hoboken », s’interroge Depraetere.

Interaction hydrologique

À l’heure actuelle, un nouveau concept de consolidation de la gestion des eaux au niveau régional privilégiant l’interaction entre les initiatives individuelles au sein de la région est à l’étude. « Reconnaître et comprendre les interactions hydrologiques au sein d’une grande région devrait permettre de résoudre le puzzle hydrologique en gagnant en logicité et en efficacité », souligne Depraetere. « Ainsi, le site Blue Gate Antwerp entretient, entre autres, une relation hydrologique d’une part avec le Polder de Hoboken, lequel est confronté depuis plusieurs années à une sécheresse appréciable, et d’autre part avec les quartiers de Polderstad et de Lageweg qui sont légèrement inondés de temps à autre. Dès lors, pourquoi ne pas laisser, dans l’esprit du Blue Deal, le Polder de Hoboken contribuer au tampon hydrologique qui a vocation à enrayer toute inondation et à améliorer la disponibilité de l’eau ? L’année dernière, nous avons réuni toutes les parties concernées ; à savoir, Natuurpunt, Aquafin, water-link, la Ville d’Anvers et le Vlakwa. Elles nous ont toutes fait part de leur enthousiasme. Nous sommes en train d’étudier les modalités d’intégration de ces solutions dans le cadre subventionnel du Blue Deal.

Pompes et barrages intelligents

La mise à contribution de pompes et barrages intelligents devrait se traduire par une augmentation du potentiel de captage des eaux sur le site Blue Gate Antwerp. « Il s’agit d’accroître sensiblement la capacité existante (dans la zone d’intervention BGAD) de manière à bénéficier d’une augmentation du potentiel de captage des eaux », insiste Depraetere. « Nous entendons faire obstacle à un écoulement accéléré des eaux vers le Leigracht, lequel ne manque pas de réduire la quantité d’eau disponible pour diverses applications fonctionnelles ou écologiques et d’en limiter le potentiel d’infiltration. Si la réalisation de barrages intelligents augmente en conséquence la disponibilité des eaux de pluie sur le site, l’installation de pompes intelligentes s’impose pour en réguler le flux. Ces pompes intelligentes font office de tampon de sécurité dans l’éventualité où l’importance des précipitations serait telle que leur évacuation gravitaire ne suffirait plus à limiter la montée des eaux. Diverses options sont envisageables : une dérivation vers l’Escaut ou une évacuation supplémentaire vers le Polder de Hoboken. Par ailleurs, l’installation d’une série de pompes permettant d’acheminer l’eau vers le ou les endroits requis est indispensable. Songez par exemple au deuxième réseau de bornes d’incendie en cas de conversion des eaux de pluie en eaux de processus et en eau potable. La solution intégrée repose entre autres sur la conjugaison de ces barrages et de ces pompes. » Qu’il s’agisse des systèmes de commande et de commutation des barrages et des pompes, du traitement spécifique des eaux de pluie, de l’élaboration d’un réseau de canalisations à l’épreuve du temps, ces différents aspects de la gestion des eaux constituent un défi considérable pour l’entreprise Blue Gate et ses partenaires issus du secteur (des technologies de traitement) des eaux.

Importance de l’infiltration

Les concepteurs veillent aussi à une infiltration suffisante. Le dispositif envisagé doit permettre à l’eau de s’infiltrer à bon escient. Selon Depraetere, l’infiltration de l’eau revêt une grande importance. « Nous sommes en train de nous livrer à un exercice conceptuel global qui consiste à augmenter la capacité de rétention des eaux de pluie, à en favoriser l’infiltration et à en prolonger au maximum la disponibilité. Faute de capacités de rétention suffisantes, la Flandre est régulièrement confrontée à des pénuries d’eau, surtout pendant certaines périodes de l’année. Une étude approfondie des lieux et modalités de rétention des eaux devrait nous permettre d’en assurer la disponibilité à long terme et partant, lors des périodes de pénurie d’eau. Nous observons que l’idée d’une rétention des eaux dans l’aquifère (couche géologique imprégnée d’eau) a également émergé dans le cadre d’autres projets portant sur la pérennisation des ressources hydriques. Il n’y a pas si longtemps, la gestion des eaux mettait l’accent sur la maîtrise des risques d’inondation. Ainsi, la commission d’évaluation du MER avait également émis l’idée d’évacuer les eaux vers l’un ou l’autre cours d’eau afin de limiter les risques d’inondation. Aujourd’hui, les experts sont de plus en plus conscients que les eaux de pluie pourraient contribuer davantage à augmenter la capacité de la nappe phréatique. Soit directement par le biais de l’infiltration, soit indirectement comme alternative à la consommation d’eau potable. » Chef de projet dans le cadre des travaux d’assainissement, de remblai et d’infrastructure effectués par la société DEME pour le compte de la société de partenariat BGAD, Ederic Keirsebelik souligne qu’aucune solution prête à l’emploi n’a été écartée lors de la phase de réflexion. « Nous étudions les interactions avec les autres disciplines et problèmes que présente le site considéré. Ainsi, nous nous sommes penchés sur ces fameuses cuves à mazout qui font partie du patrimoine industriel protégé en raison de leur pertinence historique pour voir si ces dernières pouvaient être affectées à l’emmagasinage d’eau. Le projet Blue Gate prévoit l’édification d’immeubles de stationnement centraux sur le site. Pourquoi ne pas les concevoir de telle sorte qu’en cas de surcapacité imputable à un glissement vers des moyens de transport alternatifs, ces espaces soient convertibles en retenues d’eau ? »

Aquafin révise ses plans

Cela fait pas mal de temps déjà qu’Aquafin s’occupe du dossier consacré au Polder de Hoboken. Aquafin s’est vu confier un projet de découplage du Polder de Hoboken. À l’ouest du Polder, le Grote Leigracht afflue en effet dans le réseau d’égouts mixtes. Objectif poursuivi : découpler cet afflux de la station d’épuration et le détourner vers la station de pompage des eaux pluviales installée dans le quartier de Polderstad. Ce projet prévoit également un découplage du réseau d’égouts séparé qui assure la jonction entre la Berkenrodelei et la Kioskplaats à Hoboken. Ces plans font l’objet d’une révision à la suite des nouvelles propositions de projet relatives au site Blue Gate Antwerp. « Les propositions émises dans le cadre de ce projet visent à une utilisation accrue des eaux de pluie et de surface », relate Gert Luyckx d’Aquafin. « Ces propositions visent par conséquent à réduire la quantité d’eau de pluie et de surface qui se déverse dans le réseau d’égouts en transitant par le Polder de Hoboken. C’est la raison pour laquelle, nous voulons à nouveau passer nos projets au crible : le dimensionnement prévu à présent est-il satisfaisant ? Les écoulements prévus sont-ils encore les plus logiques ? La pose de canalisations d’un tel diamètre est-elle superflue ? Faut-il encore prévoir l’installation en aval d’une grande station de pompage des eaux de pluie dont la modernisation a été confiée à water-link ? La modernisation de cette station de pompage installée au sud, le long de la Boombekelaan, en est encore à sa phase de conception. »

Solutions pour le Polder de Hoboken

Au nord du Polder de Hoboken, il faudra peut-être procéder, selon Aquafin, à l’installation d’une station de pompage pour assurer la distribution des eaux de pluie disponibles vers la zone PME ou vers d’autres consommateurs. « En cas de sécheresse, cette station de pompage est également à même de détourner les eaux de pluie vers la zone écologique la plus précieuse du Polder de Hoboken et dont l’élévation est légèrement supérieure », souligne Gert Luyckx. « Nous envisageons aujourd’hui de lancer une étude hydraulique et hydrologique comportant diverses simulations du Polder de Hoboken ainsi que des zones environnantes. Et ce pour identifier les eaux susceptibles d’être déviées vers telle ou telle zone. Quelles sont les possibilités de déviation gravitaire ? Et quel en serait l’impact sur nos projets ? » Entre-temps, les noues et étangs tampons aménagés sur le site Blue Gate Antwerp retardent l’évacuation des eaux de pluie vers le Polder de Hoboken. « L’une des solutions envisageables consiste à installer des vannes et barrages intelligents pour prolonger encore la rétention d’eau », relate Luyckx. « Et pour favoriser une réutilisation ultérieure des eaux retenues. Il faudra peut-être procéder à l’installation d’une station de pompage pour aspirer ces volumes d’eau et les refouler vers la zone PME en vue de leur réutilisation ou vers le Polder de Hoboken dont l’assèchement est problématique. En cas d’intempéries extrêmes, une telle station de pompage permettrait même de refouler ces eaux vers l’Escaut. Par conséquent, nous sommes à la recherche d’une station de pompage intelligente et apte à refouler l’eau vers la zone requise en fonction de la demande et de l’environnement. » Aquafin continuera à accorder une attention particulière à la zone résidentielle du quartier de Polderstad. « Cette zone est sensible au risque d’inondation », souligne Luyckx. « Cette zone vulnérable est clairement identifiée comme telle. Dans le cadre des travaux qui leur ont été confiés, Aquafin et water-link se sont mis en quête d’une solution visant à réduire sensiblement le risque de saturation hydrique. Cette condition préalable demeure impérative même en cas d’adoption éventuelle d’une solution modifiée. »

Pour plus d’informations, consultez le site

www.bluegateantwerp.eu

« Ce projet vise à une utilisation accrue des eaux de pluie et de surface »,

relate Gert Luyckx d’Aquafin.

« Nous étudions également les possibilités de conversion des eaux de pluie en eaux de processus et en eau potable sur le site du parc industriel »

, souligne Wolf Depraetere, chef de projet chez DEME.

Chef de projet dans le cadre des travaux d’assainissement, de remblai et d’infrastructure effectués par la société DEME, Ederic Keirsebelik ajoute :

« Nous étudions les interactions avec les autres disciplines et problèmes que présente le site considéré. »

« Les propositions émises dans le cadre de ce projet visent à une utilisation accrue des eaux de pluie et de surface »

, relate Gert Luyckx d’Aquafin.