Journée d’études « Des sources d’eau pour le futur »
Journée d’études « Des sources d’eau pour le futur »
Récemment, Veolia a organisé une journée d’études sur les sources d’eau alternatives. Celle-ci a eu lieu dans la Havenhuis à Anvers. Divers experts et spécialistes expérimentés ont examiné le problème. Ils ont expliqué qu’il y a de plus en plus de raisons qui nous poussent à emprunter le chemin des sources d’eau alternatives. Ils ont fait comprendre quels acteurs peuvent effectuer une étude préliminaire, ce qu’il en est des subsides, ils ont éclairé les processus de traitement, ils ont présenté plusieurs entreprises qui utilisent avec succès ces sources d’eau et bien d’autres choses encore.
Cette journée d’études a eu lieu à la Havenhuis à Anvers, un des derniers projets de l’architecte de premier plan Zaha Hadid. Les personnes présentes avaient une belle vue sur l’eau de l’Escaut, ce qui est tout indiqué pour une journée d’études sur les sources d’eau alternatives.
L’un des orateurs était Kris Van den Belt, chef de service pour les Eaux souterraines et la Gestion de l’eau locale chez VMM. Il a rapidement expliqué que la politique souhaite une utilisation de l’eau de plus en plus durable. Ceci est possible par l’utilisation d’une quantité inférieure d’eau (souterraine), la réutilisation de l’eau et la mise en œuvre de sources d’eau alternatives. Un élément nouveau est que la politique devra agir de plus en plus d’une manière spécifique au territoire. Par exemple, un gros problème existe au niveau de l’eau souterraine dans la région autour de la ville d’Anvers et dans des parties importantes de la Flandre-Occidentale. Dans ces territoires, il faudra agir de manière encore plus stricte qu’ailleurs, notamment dans le domaine des permis, des taxes et du maintien.
Les débuts
Il existe déjà suffisamment de raisons pour penser à des sources d’eau alternatives. Mais avant d’y penser, nous devons cartographier notre réseau et le prélèvement et comparer ceci aux exigences en eau posées. Une étude et une analyse coût-efficacité des différentes techniques nous aident à faire les bons choix. Ceci peut aussi être testé : à l’échelle du laboratoire ou à l’aide d’essais pilotes. Diverses organisations peuvent y contribuer. Par exemple Veolia. Ou VITO : Peter Cauwenberg y est chef d’équipe pour les Technologies de l’eau. « Si nous examinons la réutilisation de l’eau, il est très important que celle-ci soit activée par différents acteurs dans une entreprise. Il faut aussi sans nul doute examiner les applications sur le plan du processus. Il faut réellement collaborer avec des personnes de l’environnement, des personnes du processus, des consultants extérieurs, des fournisseurs d’énergie extérieurs… De manière à parvenir à la meilleure solution. »
Il s’attend à ce qu’à l’avenir, on se tourne de plus en plus vers les économies d’eau. L’eau que l’on n’utilise pas ne doit pas non plus être produite ni réutilisée, tel était le message.
Il a également attiré l’attention sur le fait qu’un business model concluant pour la mise en œuvre de sources d’eau alternatives est plus rapide que ce que beaucoup pensent. Il s’agit de bien cartographier tous les coûts mais aussi tous les revenus : « Il faut regarder plus loin que le simple coût du pompage et du déversement de l’eau. Il existe un très grand nombre d’autres coûts intrinsèques à l’eau : coût de l’adoucissement, de la déferrisation, le traitement des eaux usées. Mais il peut aussi y avoir une valeur résiduelle de produits présents dans l’eau et l’eau peut avoir une chaleur résiduelle qui peut être récupérée. Si l’on cartographie tout cela correctement, je suis convaincu que l’on peut convaincre, dans de nombreux cas, sa direction de procéder à des investissements. »
Kris Lambert, managing director chez Veolia Water Technologies, a mis en lumière plus spécifiquement les coûts qui se manifestent en cas de réutilisation de l’eau. « Le plus grand coût est l’énergie », commence-t-il par dire. « Vient ensuite la consommation de membranes et de filtres, suivie par celle de la chimie. »
D’autres frais, moins élevés, sont liés au suivi (contrôle des fuites et des vibrations, interprétation des mesures, contrôle de la mesure du pH…), contrôle qualité dans le cadre des exigences de l’agence pour la sécurité alimentaire AFSCA et les frais d’entretien. Lambert : « Finalement, le coût total se situe généralement autour de 35 à 40 centimes d’euro pour produire un mètre cube d’eau. Mais les coûts totaux, y compris l’investissement et l’amortissement, sont de 0,7 et 0,85 euro pour 100 litres d’eau de traitement produite. »
Pour effectuer l’analyse coût-efficacité, il faut certainement tenir compte aussi de l’aide que les pouvoirs publics apportent concernant l’utilisation de sources d’eau alternatives. Il semble y avoir énormément de subsides, parfois avec de très hauts pourcentages d’aide. Veerle Depuydt, consultante auprès du VLAKWA, en a fourni un aperçu.
Processus de traitement
Ensuite, les processus de traitement ont été expliqués dans les grandes lignes. L’explication a été donnée par Jan Hammenecker, directeur commercial de De Watergroep. Il a expliqué comment l’eau de canal peut être transformée en eau de traitement. Ceci a lieu notamment auprès de l’entreprise chimique Oleon et de l’entreprise d’alimentation Fuji Oil, deux grandes entreprises industrielles de la zone du canal de Gand. Une seule installation y suffit pour épurer l’eau des deux entreprises. Il a également expliqué comment de l’eau de traitement peut être réalisée à partir d’eau de pluie. Comme exemple d’une entreprise où cela a lieu, il a cité l’entreprise d’alimentation Colruyt Fine Food Meats. Celle-ci réutilise d’ailleurs aussi les effluents comme source d’eau alternative. Et en ce qui concerne l’eau de pluie : il existe une tendance surprenante au niveau des entreprises qui vont l’utiliser plus fréquemment, a fait remarquer Hammenecker.
Veroniek Jacobs de Veolia Water Technologies a reparlé ensuite des problèmes qui peuvent survenir lors de l’emploi d’eau à osmose inverse sur les différents consommateurs et le réseau : corrosion, écaillage, encrassement et croissance microbiologique. En même temps, elle a indiqué comment prévenir ces phénomènes.
Économique et sûre
Certaines entreprises pensent que l’utilisation de sources d’eau alternatives représente un risque. De très nombreuses entreprises d’alimentation, notamment, ont peur que ceci soit difficile sur le plan de la sécurité alimentaire. Mais il est toujours possible d’adapter cela : des sociétés réputées comme Fuji Oil et Colruyt Fine Food Meats ont opté dans l’intervalle pour les sources d’eau alternatives, ce qui est déjà très parlant. Un autre cas que cette journée d’études a révélé était celui de l’abattoir de bovins Adriaens. Celui-ci a besoin d’au moins 100 mètres cubes d’eau de traitement de qualité potable par jour. Luc De Coninck, responsable du service technique de l’abattoir : « Le volume d’abattage augmente, la quantité d’eau souterraine autorisée diminue, le prix de revient de l’eau de ville augmente chaque année et le débit à déverser à l’égout est limité à 90 mètres cubes. Nous avons donc décidé de passer à la réutilisation. »
Pour y parvenir avec succès, l’entreprise coopère avec d’autres entreprises, pour lesquelles les installations d’épuration d’eau sont une activité clé. De Coninck : « Ce qui contribue notamment à cette réussite est que nous sommes bien placés sur le plan de la sécurité alimentaire. On a bien réfléchi, notamment, à une telle installation. C’est ainsi que celle-ci est surveillée en continu par des mesures. Prenons l’exemple de la conductibilité, un paramètre pour de très nombreuses impuretés ; si celle-ci devient trop élevée, l’eau est fermée automatiquement. Si l’on s’en tient à tous les contrôles exigés, on peut tranquillement réutiliser l’eau, y compris dans une entreprise alimentaire. »
L’investissement s’est élevé à 200 000 euros, le profit s’élève à 86 000 euros net. Ceci donne un retour sur investissement de moins de trois ans, a-t-il observé. La sécurité et la rentabilité semblent donc très bien aller de pair, y compris en cas d’utilisation de sources d’eau alternatives dans une entreprise d’alimentation.
Par Koen Vandepopuliere
« Si vous cartographiez tout correctement, je suis convaincu que vous pourrez convaincre votre direction de procéder à l’investissement. »


