Installation d’épuration des eaux usées présentant une teneur élevée en acide chlorhydrique.
Installation d’épuration des eaux usées présentant une teneur élevée en acide chlorhydrique.
Spécialisée dans le traitement des eaux usées, la société Indaver exploite une nouvelle unité de production située à Loon-Plage, dans la zone industrielle du port de Dunkerque (France). Cette unité baptisée IndaChlor assure la récupération d’acide chlorhydrique à partir de résidus chlorés d’origine industrielle, dans le but de le restituer ultérieurement à l’industrie sous forme de matière secondaire purifiée. En effet, l’acide chlorhydrique est une matière première essentielle pour divers processus de production industrielle.
Concrètement, le processus de production d’IndaChlor repose sur la combustion de produits organiques. Le lessivage des gaz de combustion s’accompagne de la libération d’eaux usées contenant d’une part des matières en suspension et d’autre part de l’acide chlorhydrique à diverses concentrations. La société néerlandaise EnviroChemie s’est vue confier l’épuration de ces eaux usées.
Teneurs élevées en acide chlorhydrique
L’installation physicochimique d’épuration des eaux usées construite par EnviroChemie à Loon-Plage est spécialement conçue pour l’unité IndaChlor. Elle se compose d’une installation de traitement physicochimique, suivie d’une unité de refroidissement et de postfiltration dont la capacité maximale s’élève à 20 m3/h.
IndaChlor devait satisfaire à une exigence première : il fallait que l’installation d’épuration soit à même de traiter l’acide chlorhydrique à des concentrations faibles à élevées. En effet, la teneur en HCl des eaux usées est susceptible d’atteindre plus de 20 %. « C’était un défi considérable », admet Sicco Hilarius d’EnviroChemie. « En présence d’une teneur en acide chlorhydrique de 20 %, on peut difficilement parler d’eaux usées, mais il arrive pourtant qu’un flux comparable s’écoule vers l’installation d’épuration. Dans le souci de gérer au mieux le processus, nous avons d’abord prévu, côté afflux, une mesure continue de l’acidité et de la conductivité des eaux usées. Sur la base des résultats obtenus, l’installation assure ensuite la régulation du débit volumétrique et la neutralisation des eaux. Une teneur élevée en acide chlorhydrique implique concrètement qu’il faut réduire le débit en amont de l’installation et ajouter davantage de soude. »
Certains calculs révèlent que la température mesurée lors du processus d’épuration peut atteindre plus de 75 °C. « Une température aussi élevée influe aussi bien sur le processus que sur les matériaux utilisés ; par conséquent, nous avons dû en tenir compte lors de la conception. »
Réception sans accroc
En attendant, l’installation construite par EnviroChemie fonctionne sans heurt depuis plusieurs mois. « En dépit de conditions difficiles pour cause de pandémie, EnviroChemie est parvenu à livrer dans les temps cette installation », relate Toon Verschroeven, chef de projet IndaChlor. « Nous sommes très satisfaits du déroulement du projet. Au bout de quelques mois, je peux affirmer que l’installation fonctionne à merveille et que nous sommes ravis de notre choix et de cette collaboration. »
La capacité de traitement de l’unité IndaChlor s’élève à 40.000 tonnes par an. Outre l’acide chlorhydrique récupéré, la chaleur dégagée sous forme de vapeur par le processus de recyclage est réutilisée. Une partie de cette vapeur est acheminée vers une turbine à vapeur et convertie en électricité à usage interne ; l’autre partie est acheminée vers une entreprise située à proximité.
TEXTE : ELISE NOYEZ
ILLUSTRATION : ENVIROCHEMIE

