Endress+Hauser contribue à l’automatisation des stations d’épuration en Wallonie
Endress+Hauser contribue à l’automatisation des stations d’épuration en Wallonie
Pour mieux rentabiliser les coûts d’investissement des stations d’épuration des eaux usées, et même réduire les coûts de traitement de la boue, rien de tel que d’améliorer la gestion technique des installations. Sur la base de ce constat, la SPGE a lancé un appel d’offre l’année dernière, portant sur treize analyseurs de phosphate destinés à optimiser l’exploitation et la maintenance des stations d’épuration. Le marché a été emporté par le spécialiste en instrumentation des procédés Endress+Hauser.
Ayant pris la décision d’investir dans l’automatisation des stations d’épuration, la Société Publique de Gestion de l’Eau (SPGE) a lancé un appel d’offre en janvier 2018 concernant la fourniture des analyseurs de phosphate en ligne, avec contrat de maintenance pour cinq ans. Sur les 7 intercommunales wallonnes faisant partie de la SPGE, 6 ont participé à cet achat groupé.
Qualité technique
Les quatre offres concurrentes ont été passées au crible et à l’issue de la procédure, le marché public a été emporté par Endress+Hauser. « En fin de parcours, les trois critères décisifs étaient le prix, la qualité technique de la solution présentée et le délai de livraison », révèle Edward Vanhecke, spécialiste en analyses chez Endress+Hauser. « Notre offre a inspiré confiance à cause de notre délai de livraison, établi avec réalisme, et de la qualité technique du produit. Un aspect crucial a été la méthode proposée : bleue, plutôt que jaune. »
Un petit mot d’explication ? La plupart des candidats ont proposé une méthode de détermination de la concentration en phosphore basée des produits chimiques dont la couleur de réaction est le jaune. Endress+Hauser applique une méthode basée sur une réaction de couleur bleue. « En présence d’une faible concentration de phosphore, la précision de la mesure est plus grande », poursuit Edward Vanhecke. « Avec la méthode ‘jaune’, le risque d’erreur augmente parce que la plupart des eaux usées sont jaunâtres. Le choix de la méthode ‘jaune’ s’explique par le moindre coût des réactifs. Toutefois, notre système est à ce point développé qu’il est précis avec beaucoup moins de produits chimiques. De plus, notre analyseur intègre les plus récentes technologies. »
Dans le procédé d’épuration, un aspect important est l’élimination du phosphore. « Pour cela, on ajoute du trichlorure de fer dans les eaux usées », indique Marc Cottyn, coordinateur du service technique chez Endress+Hauser. « Jadis, une méthode usuelle consistait à prélever chaque jour un échantillon d’eau et de l’envoyer au labo, avec ensuite un dosage manuel du trichlorure de fer. Le plus souvent, on forçait sur la dose, pour avoir la certitude d’éliminer la concentration en phosphore. »
Nouvelle approche
Le contrat entre SPGE et Endress+Hauser prévoit deux volets distincts. Le premier concerne la fourniture de treize analyseurs Liquiline System CA80PH. Tout comme pour les autres analyseurs dans cette gamme, il est possible de raccorder sur ces appareils quatre capteurs Memosens, ce qui réduit le temps d’installation. L’étalonnage du système et le nettoyage sont automatisés, et il suffit d’une petite quantité de réactifs, de quoi raboter davantage encore les coûts opérationnels.
« Pour le dosage du trichlorure de fer, nous avons prévu une pompe péristaltique, mais équipée d’un gicleur remplaçable de manière préventive, ce qui améliore la précision. Pour garantir la pureté de l’échantillon, nous utilisons un filtre céramique de 0,1 µm, remplaçable – idéalement chaque semaine. »
Le second volet du marché est un contrat de maintenance pour cinq ans. « Une station de traitement des eaux usées communales doit fonctionner parfaitement à chaque instant », souligne Marc Cottyn. « De ce point de vue, il est crucial que les opérateurs soient en mesure d’intervenir de manière autonome. Aussi, dès après la mise en service initiale des appareils, nous avons organisé une journée de formation pour tous les techniciens en charge de l’installation. Le client apprécie ce genre de service, qui évite les coûts inutiles. Dans l’éventualité d’un problème, les techniciens savent quoi faire pour remédier à la situation. Et si tel n’était pas le cas, nous pouvons envoyer sur place l’un de nos spécialistes. »
Le suivi en ligne est très utile également pour la maintenance prévisionnelle. « Chaque fois que le moment est venu de remplacer l’un ou l’autre composant, un message automatique est transmis à l’adresse de l’opérateur concerné », poursuit Edward Vanhecke. « Ces messages d’alerte ont une grande importance, parce que normalement les stations d’épuration ne reçoivent une visite de contrôle qu’une seule fois par semaine. Toutes les opérations (par exemple, remplacement des réactifs, nettoyage, réinitialisation de l’appareil) sont notées dans un fichier-audit. »
Le contrat de maintenance prévoit deux phases. « Pendant les deux années de garantie, l’un de nos spécialistes réalise tous les six mois une maintenance périodique dans chaque station. Pendant les trois années suivantes, les contrôles sont moins intensifs. Le contrat de maintenance inclut la fourniture des consommables : c’est-à-dire les réactifs et nettoyants pour une période de cinq ans, les quantités sont calculées sur base de 4 mesures automatiques par heure. Pour préserver l’efficacité des produits, la livraison est périodique en fonction des dates de péremption, avec tout le travail de logistique qui en résulte. »
Montage et pose
Sur les 6 intercommunales participantes, 5 ont accepté également l’offre d’Endress+Hauser concernant le montage et la pose des analyseurs et des accessoires requis (parois et auvent, la plupart des appareils sont installés à l’extérieur). « Tout est réalisé sur mesure pour chaque station », précise Marc Cottyn.
Par Bart Vancauwenberghe
Photos Endress+Hauser
Avantages
Pour les intercommunales participantes, la nouvelle approche présente de multiples avantages. L’élimination améliorée du phosphore (avec moins de réactifs) génère moins de boue, ce qui réduit les coûts inhérents au traitement. L’automatisation du procédé se traduit par une plus grande précision et un gain de temps significatif, en comparaison avec la manière de faire traditionnelle. « La précision améliorée des valeurs mesurées permet un dosage plus précis des réactifs », conclut Edward Vanhecke.
Les analyseurs en ligne sont installés dans les stations d’épuration des intercommunales AIDE (Herve et Sclessin), IBW (Rosières (2), Braine-le-Château et Basse Wavre), INASEP (Namur-Brumage), IGRETEC (Montignies-sur-Sambre), IPALLE (Mouscron) et IDEA (Wasmuël (2), Saint-Vaast et Trivières).

