Eau du robinet sûre, durable et savoureuse sans désinfection
Eau du robinet sûre, durable et savoureuse sans désinfection
Afin de fournir aux clients une eau du robinet bactériologiquement fiable, les processus de purification dans la production flamande d’eau potable se terminent typiquement par une étape finale de désinfection. À la Pidpa une double barrière de désinfection au chlore et aux UV était choisie depuis des lustres. Cependant, depuis plusieurs années, l’entreprise intégrée de la chaîne de l’eau étudie la possibilité de produire une eau potable sûre, plus savoureuse et plus durable sans ces étapes de désinfection.
Chaque année, la Pidpa est responsable de la production et de la distribution de 65 000 000 m3 d’eau potable dans la province d’Anvers. Jusqu’il y a quelques années, cette eau était désinfectée à la fois par du chlore actif et des rayons UV. Cependant, suite à l’évolution des infrastructures et aux nouvelles réflexions en matière de goût, de sécurité et de durabilité, cette pratique a été de plus en plus remise en question. « En substance, la double barrière date d’un passé lointain », explique Koen Joris, technologue en procédés. « Aujourd’hui, toutes les pièces du puzzle sont sur la table et il faut les laisser derrière soi. »
Absence de risque de contamination
Ces pièces du puzzle comprennent entre autres la source d’eau originelle et l’infrastructure initiale de la Pidpa. « Chacun de nos onze centres de production d’eau potable utilise des eaux souterraines anoxiques, provenant de profondeurs allant jusqu’à 200 m. Par nature, cette eau est totalement exempte d’organismes pathogènes. Cependant, le niveau d’eau de certaines parties de l’infrastructure de traitement étant autrefois en contact direct avec l’environnement, il existait un risque de contamination. Raison pour systématiquement désinfecter. »
Mais aujourd’hui, la situation est différente. Non seulement les procédés biologiques sont de plus en plus usités dans l’épuration, une attention bien plus grande est également accordée aux aspects hygiéniques lors de la conception et de la réalisation de nouveaux projets. « Cela va de l’isolation de toutes les zones qui entrent en contact avec l’eau à la purification de l’air de traitement », explique Joris. « L’interaction avec l’environnement est désormais tellement limitée que le risque de contamination est nul. »
Monitoring
Le dosage de chlore sur les différents sites a donc déjà été supprimé au cours de la période 2016-2021. Depuis le début de cette année, les réacteurs UV de deux sites d’essai ont également été arrêtés au cours de l’exploitation régulière. « Bien sûr, cela ne se fait pas sans une analyse approfondie des risques et sans les protocoles nécessaires à la maintenance ou aux activités augmentant les risques», souligne Joris.
« Nous nous concentrons également beaucoup sur le monitoring. Nous échantillonnons par exemple de nombreux points supplémentaires et analysons un plus grand nombre de paramètres qu’exigé légalement. Nous testons aussi des technologies innovantes telles que les biomoniteurs pour nous fournir des informations en temps réel sur la qualité bactériologique de l’eau. En collaboration avec les autres sociétés flamandes d’eau potable, nous participons également au projet Biostable. Des doctorants, sous l’égide de CAPTURE et avec le financement de FWO et d’AquaFlanders, mènent des recherches sur de nouvelles options pour garantir et améliorer la biostabilité de l’eau. »
Durable et savoureux
En supprimant le dosage de chlore, la Pidpa a déjà fait des progrès significatifs ces dernières années en termes de goût, de sécurité et de durabilité. « Il est agréable pour le client final de ne plus être confronté à l’odeur et au goût typiques du chlore ; il est également important pour nos collaborateurs que les risques liés au stockage, au traitement et au transport des produits chimiques soient limités. Avec l’abandon progressif de la désinfection par UV, un gain énergétique significatif sera réalisé. »
Texte : Elise Noyez
Photos : Pidpa

