Des entreprises de chimie s’unissent pour le traitement biologique des eaux usées
Avant 2025, les eaux usées très riches en azote de l’éco-zoning du Tertre étaient rejetées sans traitement dans la Haine. Afin de remédier à cette situation, Yara a fait appel à Cebedeau en 2017. Pendant deux ans, le centre d’expertise liégeois a mené des essais pilote et dialogué avec les différentes entreprises présentes sur le site. En 2020, un appel d’offres a été lancé pour une station d’épuration biologique commune d’une capacité de 15 000 m3/jour. Le contrat de conception, réalisation, exploitation et maintenance (CREM) a été attribué à Trevi, tandis que Yara assurait le financement.
Flexibilité maximale
La station d’épuration des eaux usées se compose de deux lignes parallèles comprenant chacune une nitrification, une dénitrification et une clarification secondaire. Les eaux sortantes sont rejetées dans la Haine, tandis que les boues d’épuration sont traitées par minéralisation et centrifugation.
La conception de l’installation par Trevi offre une flexibilité maximale, grâce notamment à l’utilisation de deux lignes parallèles entièrement redondantes et de différents réservoirs tampons pour les eaux usées, l’eau de pluie et les rejets accidentels. Malgré les grandes fluctuations de composition des eaux usées des trois entreprises raccordées, la qualité des eaux mixtes à traiter est maintenue relativement constante afin d’assurer un traitement biologique optimal.
Une série de capteurs en ligne fournit une surveillance permanente de la qualité de l’eau, non seulement au niveau des différents réservoirs et procédés intermédiaires, mais également dans les différentes conduites d’adduction d’eaux usées. La caractérisation séparée des flux d’eaux usées de chaque entreprise permet de déterminer clairement la part de chacune d’elles dans le débit et la charge polluante totale, ainsi que dans les éventuels rejets accidentels. Cela permet de répartir correctement les coûts.
Supervision rigoureuse du chantier
La réalisation du projet a présenté de nombreux défis. En particulier, le délai strict et la complexité du site ont nécessité une attention particulière à la viabilisation du terrain, à la stabilisation des sols, à la supervision minutieuse du chantier et à la coordination optimale des différents sous-traitants. Trevi a assuré un suivi rigoureux de l’ensemble des opérations et pris les mesures nécessaires pour que l’installation soit pleinement opérationnelle en janvier 2025, notamment via un gros apport de boues d’inoculation.
Sources de carbone alternatives
Un défi important demeure cependant au niveau opérationnel : le carbone. Indispensable au processus de dénitrification, il est présent en quantités limitées dans les eaux usées. Seules les eaux usées de Dow Polyol en contiennent, mais ce flux ne représente qu’une faible fraction du total et disparaîtra bientôt après la fermeture de cette division. C’est pourquoi Trevi a également prévu trois autres sources de carbone : l’acide acétique concentré classique d’une part, et des sous-produits de recyclage de Dow et de Beneo d’autre part. La source la plus appropriée est choisie à tout moment en fonction des besoins, du prix et de la disponibilité. À terme, Trevi souhaite utiliser davantage de carbone recyclé et optimiser encore plus la composition du mix d’eaux usées à traiter. C’est dans cette optique que Trevi et Yara recherchent des eaux usées compatibles provenant d’autres entreprises du voisinage.
Par Elise Noyez - photo: Trevi