24/09/2021

Des circuits fermés dans le secteur des circuits imprimés

Alors que par le passé la production de circuits imprimés, comme beaucoup d’autres activités, était régulièrement délocalisée en Chine, l’intérêt pour les circuits courts et – soyons honnêtes – la crise du coronavirus ont depuis lors enclenché un mouvement inverse. La société Eurocircuits a elle aussi connu ces dernières années une augmentation de sa production, ce qui a peu à peu amené son usine en Hongrie aux limites de ses capacités d’épuration des eaux usées. Du reste, le site peut s’attendre pour les prochaines années à des normes de rejet de plus en plus strictes. Un nouveau concept s’imposait.

L’entreprise limbourgeoise Eco-Vision, qui fait partie depuis l’an dernier du Pollet Water Group et qui avait aussi fabriqué en 2003 la précédente station d’épuration pour l’usine, a pu se pencher sur la question. Theo Bollen, Managing director : « Après 18 ans, il était grand temps de moderniser la capacité et les techniques, mais il y avait aussi une forte envie de fermer la boucle et d’exploiter la réutilisation de l’eau de manière optimale. Provisoirement, les eaux usées traitées, qui contiennent encore des métaux lourds comme du cuivre, du nickel et du manganèse, peuvent encore être déversées dans l’espace naturel mais ce sera bientôt de l’histoire ancienne. »

Préfiltration étendue

Grâce à un échange ionique entre cations et anions, l’eau de rinçage des circuits imprimés est purifiée pour pouvoir être réutilisée dans les différents bains de rinçage. « L’installation précédente comportait des échangeurs d’ions d’une capacité de 4 m3/h ; aujourd’hui, il s’agit de modèles atteignant 15 m3/h. Nous utilisons également des résines plus robustes, pour pouvoir optimiser la régénération et ainsi exploiter la pleine capacité. »

La principale adaptation de concept par rapport à l’ancienne installation se situe toutefois au niveau de la préfiltration. « Le grand défi dans ce projet, ce n’est pas tant la présence de métaux lourds que celle de certains composés organiques. Ils se déposent habituellement sur les résines et nuisent au bon fonctionnement de l’échange ionique. Pour éviter cela, nous avons prévu ici une préfiltration étendue avec des filtres à sable multicouches, des filtres à charbon actif et des filtres à poches. »

Préfabrication

Autre problème : comme Eurocircuits garantit à ses clients une livraison dans les quatre jours suivant la commande, la nouvelle station d’épuration devait être placée et installée fin juin en quelques jours à peine. « C’est pourquoi toute l’installation a été préfabriquée chez nous, y compris les goulottes de câbles, les filtres-presses, etc. Après une phase d’essai réussie, il a été scindé en plusieurs modules et chargé sur plusieurs camions. Ainsi avons-nous pu réduire au minimum le délai d’installation sur place. »

Pas encore terminé

Grâce à la nouvelle installation, le site peut désormais récupérer 350 des 500 m3/jour, soit 70% des eaux de rinçage dans un circuit fermé. « C’est un beau résultat, mais c’est loin d’être terminé », insiste Bollen. « A l’avenir, nous voulons aussi récupérer une grande part des 150 m3/jour restants. Dans cette optique, nous sommes en train de tester des évaporateurs sous vide à basse température et à vide poussé. Nous espérons ainsi pouvoir encore récupérer 140 m3/jour. Avec le régénérat de l’échangeur d’ions, on ne rejettera plus que 15 m3/jour. Soit 3% du volume initial de 500 m3/jour. »

www.eco-vision.be

TEXTE : ELISE NOYEZ

PHOTO : ECO-VISION

Des circuits fermés dans le secteur des circuits imprimés

Alors que par le passé la production de circuits imprimés, comme beaucoup d’autres activités, était régulièrement délocalisée en Chine, l’intérêt pour les circuits courts et – soyons honnêtes – la crise du coronavirus ont depuis lors enclenché un mouvement inverse. La société Eurocircuits a elle aussi connu ces dernières années une augmentation de sa production, ce qui a peu à peu amené son usine en Hongrie aux limites de ses capacités d’épuration des eaux usées. Du reste, le site peut s’attendre pour les prochaines années à des normes de rejet de plus en plus strictes. Un nouveau concept s’imposait.

L’entreprise limbourgeoise Eco-Vision, qui fait partie depuis l’an dernier du Pollet Water Group et qui avait aussi fabriqué en 2003 la précédente station d’épuration pour l’usine, a pu se pencher sur la question. Theo Bollen, Managing director : « Après 18 ans, il était grand temps de moderniser la capacité et les techniques, mais il y avait aussi une forte envie de fermer la boucle et d’exploiter la réutilisation de l’eau de manière optimale. Provisoirement, les eaux usées traitées, qui contiennent encore des métaux lourds comme du cuivre, du nickel et du manganèse, peuvent encore être déversées dans l’espace naturel mais ce sera bientôt de l’histoire ancienne. »

Préfiltration étendue

Grâce à un échange ionique entre cations et anions, l’eau de rinçage des circuits imprimés est purifiée pour pouvoir être réutilisée dans les différents bains de rinçage. « L’installation précédente comportait des échangeurs d’ions d’une capacité de 4 m3/h ; aujourd’hui, il s’agit de modèles atteignant 15 m3/h. Nous utilisons également des résines plus robustes, pour pouvoir optimiser la régénération et ainsi exploiter la pleine capacité. »

La principale adaptation de concept par rapport à l’ancienne installation se situe toutefois au niveau de la préfiltration. « Le grand défi dans ce projet, ce n’est pas tant la présence de métaux lourds que celle de certains composés organiques. Ils se déposent habituellement sur les résines et nuisent au bon fonctionnement de l’échange ionique. Pour éviter cela, nous avons prévu ici une préfiltration étendue avec des filtres à sable multicouches, des filtres à charbon actif et des filtres à poches. »

Préfabrication

Autre problème : comme Eurocircuits garantit à ses clients une livraison dans les quatre jours suivant la commande, la nouvelle station d’épuration devait être placée et installée fin juin en quelques jours à peine. « C’est pourquoi toute l’installation a été préfabriquée chez nous, y compris les goulottes de câbles, les filtres-presses, etc. Après une phase d’essai réussie, il a été scindé en plusieurs modules et chargé sur plusieurs camions. Ainsi avons-nous pu réduire au minimum le délai d’installation sur place. »

Pas encore terminé

Grâce à la nouvelle installation, le site peut désormais récupérer 350 des 500 m3/jour, soit 70% des eaux de rinçage dans un circuit fermé. « C’est un beau résultat, mais c’est loin d’être terminé », insiste Bollen. « A l’avenir, nous voulons aussi récupérer une grande part des 150 m3/jour restants. Dans cette optique, nous sommes en train de tester des évaporateurs sous vide à basse température et à vide poussé. Nous espérons ainsi pouvoir encore récupérer 140 m3/jour. Avec le régénérat de l’échangeur d’ions, on ne rejettera plus que 15 m3/jour. Soit 3% du volume initial de 500 m3/jour. »

www.eco-vision.be

TEXTE : ELISE NOYEZ

PHOTO : ECO-VISION