Colruyt optimise ses ressources en eau
Colruyt optimise ses ressources en eau
Colruyt Group s’était fixé un objectif en 2020 : la consommation en eau du groupe provenant du réseau d’eau potable devra être moins de 50% de la consommation totale en 2025. Le premier poste du plan d’action concernait le centre de distribution Dassenveld à Halle, qui est le plus gros consommateur (et aussi le plus gros producteur d’eaux usées). Les flux d’eau de Dassenveld et ceux des sites voisins d’Elbeek et Wilgenveld ont été revus et une station d’épuration compacte a été construite pour les recycler.
Le projet comprend deux volets. D’une part la capacité de stockage d’eau de pluie a été augmentée et d’autre part un programme de réutilisation des eaux usées a été lancé. « Il est surtout question de recycler l’eau intelligemment », souligne Peter Basteleus, chef de section au sein du service technique de Colruyt Group. « Différents usages de l’eau n’ont pas les mêmes exigences de qualité. Ainsi, l’eau de pluie récupérée – quelques 8 000 m3 à ce jour – est utilisée directement pour le refroidissement et les chasses d’eau, tandis que notamment les eaux usées du lavage des bacs à Dassenveld et les eaux grises des sites de Wilgenveld et Elbeek sont traitées ensemble en plusieurs étapes à différents niveaux d’épuration. »
Osmose inverse à haut rendement
L’entreprise de traitement de l’eau WATERLEAU a conçu la station d’épuration. Hannah Vandewiele, ingénieure commerciale Procédés, décrit le concept : « Un dessableur assurant une première filtration précède un bioréacteur LUCAS® MBR. Après une première cuve tampon, qui peut servir à compléter l’approvisionnement en eau de refroidissement, un filtre à charbon actif neutralise certains savons chlorés. » Tout cela est suivi par une osmose inverse à haut rendement Aquality®. « L’osmose utilise un nouveau système semi-batch cyclique qui, du fait de la variation de la teneur en sels, est moins sensible à l’entartrage et à l’encrassement, et peut atteindre un rendement de recyclage de 90% au lieu des 70 à 75% généralement obtenus. Après une désinfection par le procédé UV/AOP et une chloration, le perméat de qualité potable est finalement séparé en deux flux : environ 75% sont réutilisés pour le lavage des bacs, tandis que le reste, mélangé à une petite quantité d’eau du robinet, sert à l’approvisionnement des 3 sites en eau potable reminéralisée. »
Communication
Au total, quelques 6 000 employés boiront de l’eau recyclée. Pour garantir la qualité, des mesures en ligne contrôlent en continu le fonctionnement du système et la qualité de l’eau. « Nous utilisons à cette fin notre plateforme numérique Smartlab®, » précise Vandewiele. « Avec celle-ci, à la fois Colruyt et nous-mêmes pouvons suivre tous les paramètres pertinents. »
Pour Basteleus, cette transparence et le haut rendement étaient les principales raisons pour lesquelles le choix s’était porté sur WATERLEAU. « Nous avons partagé toutes nos données, de même que nos questionnements, tout au long du processus. C’est une excellente base pour apprendre et mener à bien un projet. »
Pionnier
« La Société flamande de l’environnement (VMM) a également été impliquée dans les échanges dès le début », ajoute Geert Van Liefferinge, chef de projet. « Le concentrat rejeté aujourd’hui est en effet beaucoup plus concentré que nos précédentes eaux usées. C’est en partie grâce aux échanges précoces avec VMM que nous avons pu passer à un régime de rejets dépendants de la charge. Par ailleurs, l’agence flamande ‘Innoveren & Ondernemen’ nous a offert une prime écologique pour l’osmose inverse HR et le MBR. C’est grâce à l’appui des autorités, qui prennent régulièrement de nouvelles mesures pour stimuler la réutilisation, que ce type de projet est réalisable. »
« Colruyt joue en tout cas un rôle de pionnier », conclut Vandewiele. « Je pense que ce projet augmentera considérablement l’acceptation du recyclage de l’eau sous forme d’eau potable tant par les entreprises que par le grand public. »
TEXTE : ELISE NOYEZ
ILLUSTRATIONS : ELISE NOYEZ


