CEBEDEAU met sous les projecteurs ses innovations à l’Aqarama Trade Fair
CEBEDEAU met sous les projecteurs ses innovations à l’Aqarama Trade Fair
Le cycle de conférences de CEBEDEAU, centre d’expertise et de recherche pour le traitement et l’utilisation de l’eau et pour les biotechnologies environnementales, a attiré de nombreux curieux à l’Aquarama Trade Fair. Il y a donc eu également de nombreux orateurs intéressants.
François-Xavier Geubel et Thomas Reynders d’Anatis – une société qui donne un coup de pouce aux entreprises agroalimentaires industrielles grâce à leurs eaux usées – ont implanté une installation (qui se rembourse d’elle-même) dans la célèbre brasserie trappiste et fromagerie Orval. En effet, une quantité moindre d’eau polluée est désormais acheminée vers la station d’épuration existante, qui consomme donc deux fois moins d’énergie. Le système est baptisé Fluid-Anyole® et combine l’épuration et la récupération des eaux usées des entreprises agroalimentaires industrielles et d’autres secteurs comme la parapharmacie. Grâce à cette innovation, les coûts d’épuration deviennent une source de revenus et de croissance. Grâce à l’installation, Orval a pu réduire de moitié la consommation de sa centrale d’épuration et traite désormais le lactosérum et la levure en interne. Fluid-Anyole® fonctionne selon un procédé de biométhanisation adapté aux déchets liquides. Les bactéries digèrent la matière organique contenue dans les eaux usées et la transforment en gaz, qui est ensuite récupéré. Ainsi, le système est entièrement autosuffisant sur le plan énergétique. Le système naturel, automatique et breveté, élimine les coûts croissants de traitement de l’eau et constitue un investissement rentable. Anatis offre une solution aux entreprises industrielles, une alternative digne de ce nom pour le traitement conventionnel des eaux usées, qui réduit la pollution jusqu’à 90 %. « Dans la pratique, nous constatons que de plus en plus d’entreprises industrielles sont confrontées à des frais de fonctionnement excessifs, à une station d’épuration saturée ou rencontrent des difficultés pour renouveler leur permis d’exploitation », indique Raphaël Anciaux, Administrateur d’Anatis. « À l’avenir, le traitement des eaux usées industrielles du secteur agroalimentaire et d’autres secteurs comme la parapharmacie sera un défi. »
Nouvelle plate-forme
CEBEDEAU a présenté la nouvelle génération de méthodes de séquençage de l’ADN pour identifier puis mieux comprendre, entre autres, les communautés bactériennes et les métabolismes opérant dans une station d’épuration des eaux usées. « Nous avons lancé une nouvelle plate-forme (appelée Meta+) avec laquelle nous voulons proposer une nouvelle analyse », explique Hetty Kleinjan, chercheuse au CEBEDEAU. « Nous regardons quels microbes sont présents et ce qu’ils font exactement. Grâce à ces informations, nous pouvons fournir un feed-back sur le processus d’épuration. Cela peut aider à mieux réguler et optimiser le processus d’épuration et à contrôler certains flux résiduels. Il s’agit d’un développement récent, qui est intéressant pour les gestionnaires de l’eau en raison de la rapidité avec laquelle les résultats peuvent être disponibles ( 24 h). Si vous pouvez travailler de manière préventive et empêcher qu’un problème ne survienne, c’est une bonne chose à plusieurs niveaux. » Les progrès de la biologie moléculaire offrent de nombreuses perspectives, notamment pour le contrôle des centrales d’épuration biologique des eaux usées. Par exemple, un contrôle régulier et précis des microbes dans les centrales d’épuration des eaux usées permet d’anticiper les pannes et donc d’optimiser les frais de fonctionnement. En cas de panne, l’outil fournit un diagnostic détaillé et donne ainsi une vue d’ensemble de la séquence des causes, des conséquences possibles et des solutions.
Étude
Enfin, une autre conférence a été donnée par Nicolas Staelens de la Société Publique de Gestion de l’Eau (SPGE). Une étude a été réalisée sur l’ensemble du cycle de l’eau, impliquant toutes les organisations responsables de l’épuration des eaux usées, ainsi que les principaux acteurs dans le domaine de la production et de la distribution de l’eau potable en Wallonie. « L’analyse du risque et de la vulnérabilité au changement climatique » a été réalisée sur une sélection d’installations individuelles et de zones fonctionnelles. Le concept « analyse du risque et de la vulnérabilité au changement climatique » a été développé par la Commission européenne (CE) pour répondre aux incertitudes concernant la résilience des projets contre le changement climatique et rassurer les bailleurs de fonds qui accordent des prêts à long terme.
« Nous avons lancé une nouvelle plate-forme (appelée Meta+) dans laquelle nous voulons proposer une nouvelle analyse »,
déclare Hetty Kleinjan, chercheuse au CEBEDEAU.
