B’Rain : envisager autrement l’espace
B’Rain : envisager autrement l’espace
En septembre, B’Rain était présenté sur le site d’Eurodal, à Grobbendonk. Il s’agit d’une zone d’expérimentation et de démonstration annexée à une plate-forme ouverte. Elle est née d’une collaboration entre Eurodal, Beton De Bonte et TreeBuilders. Ces dernières invitent les producteurs et les personnes créatives à en faire partie. Ensemble, ils s’efforceront de trouver des solutions pour une gestion intelligente de l’eau, des espaces verts et pour limiter l’imperméabilisation des sols.
B’Rain a vu le jour le 11 septembre. Maarten Jacobs, chef de projet chez Eurodal : « B’Rain est une plate-forme ouverte pour personnes à l’esprit créatif et qui veulent entreprendre des actions en vue d’une adaptation au changement climatique. En ce moment, ce sont surtout des fabricants qui sont affiliés chez nous et qui veulent coordonner leurs produits pour arriver à un concept global durable. L’un d’entre eux propose des solutions liées à des problèmes tels que le traitement des eaux pluviales, le revêtement vert, l’utilisation de l’espace et le stress thermique. » Un parc d’expérimentation et un site de démonstration sont également couplés à la plate-forme.
Début à quatre
« Nous avons commencé début 2019 », nous raconte Maarten Jacobs. L’idée est née de quatre fabricants. L’un de ceux-ci, Eurodal, fabrique des sols en béton et dispose de son propre système de réservoir-tampon baptisé Hydrops. Il y a ensuite Beton de Bonte, qui fabrique surtout des constructions préfabriquées dans le secteur de l’assainissement. Le troisième partenaire est l’entreprise néerlandaise TreeBuilders. Cette dernière a développé un système donnant aux arbres la possibilité de vraiment pousser sans soulever le trottoir. »
Les personnes créatives ont encore la possibilité de rejoindre B’Rain. « Nous pensons, par exemple, à des architectes paysagistes et à des bureaux d’études, qui ont une vision de l’aspect que devrait avoir à l’avenir notre revêtement de sol ou notre espace d’utilisation. »
Gains compensatoires
« Avec nos solutions nous allons préparer les sols en trois couches », précise le chef de projet. « L’eau est confinée sous le revêtement, la verdure est située dessus. Nous pouvons donc utiliser les mêmes mètres carrés pour trois choses. Avec le prix d’un seul mètre carré, vous réalisez le revêtement, de sorte que vous pouvez vous garer dessus, empiler des marchandises et faire fonctionner l’entreprise. Sous le revêtement vous pouvez laisser infiltrer l’eau et là où nécessaire, créer des réservoirs-tampons. Au-dessus vous pouvez prévoir un espace vert avec, par exemple, des arbres. »
Flexibilité
Les solutions B’Rain, apprend-on, sont flexibles, grâce entre autres à la combinaison libre de modules. « Nous utilisons des chambres en béton pouvant intégrer des techniques de filtration, telles qu’entre autres des collecteurs de boues, des séparateurs d’huiles et des séparateurs d’hydrocarbures. Après un certain temps, l’épuration peut être réalisée différemment sans avoir à rouvrir le sol : il suffit d’ôter la dalle. »
Circularité
Pour chaque projet, nous visons une circularité dans l’utilisation des matériaux », indique encore Maarten Jacobs. « Par exemple, nous travaillons avec des dalles pouvant être enlevées et donc être utilisées ailleurs. Le même critère s’applique aux chambres situées dessous. »
Différents espaces
Les solutions B’Rain, affirment les partenaires, peuvent être intéressantes pour une grande variété d’espaces : places de village et de ville, emplacements de stationnement, pistes cyclables, cours d’écoles, parkings, allées et voies industrielles pour des zones entières. Maarten Jacobs : « Nous pouvons réaliser le revêtement des places urbaines, en tenant compte de la collecte de l’eau. Celle-ci peut, par exemple, être réutilisée pour arroser les espaces verts dans l’environnement immédiat. Ou peut être utilisée pour les installations de fontaines sur la place, ou pour irriguer les arbres. » Les aires de jeux sont une autre option. « Là aussi nous pouvons combiner revêtements et espaces verts, en intégrant une infiltration dessous. Ce revêtement peut alors recevoir en plus des éléments de jeux. Si on le désire, nous pouvons laisser apparaître l’eau de manière sécurisée. Grâce à cette transparence, nous pouvons, dès l’école, inculquer la notion qu’il est bon d’infiltrer l’eau et de la stocker, en tampon. »
Autre possibilité, une zone industrielle dans laquelle différentes PME construisent leurs bâtiments. « Nous pouvons là encore créer des réservoirs-tampons et infiltrer l’eau. Il est possible, dans chaque lot séparément, d’utiliser le réservoir-tampon pour récupérer l’eau. »
Une autre option est une plus grande zone industrielle avec des espaces communs. Maarten Jacobs : « Dans ce cas, une surface est gardée libre non pour chaque lot séparément, mais pour l’ensemble du site industriel, où l’eau est stockée en réservoir-tampon et infiltrée. L’espace situé au-dessus peut alors être aménagé en lieu de détente pour les salariés du voisinage. Par exemple durant leur pause du midi. On vise ainsi une combinaison optimale entre le revêtement et l’utilisation d’espaces verts. Prenons, par exemple, le cas d’Eurodal. Sur notre site, nous avons besoin de place pour empiler nos produits. Toute cette surface peut être intégrée dans un concept B’Rain : stationnement, zone d’attente pour camions, aires de stockage, parking avec infiltration et réservoir-tampon d’eau sous le revêtement, etc. »
Vélonet
Vélonet est un bel exemple de solution globale, visible dans la zone d’expérimentation B’Rain. « Vélonet existait déjà avant B’Rain », déclare le chef de projet. « L’architecte Luc Maes en est le concepteur. Cela concerne une piste cyclable que nous implantons sur un fossé existant. Nous installons dans ce fossé des chambres en béton sur lesquelles sont posées des dalles. Un fossé normal draine rapidement l’eau jusqu’au point le plus bas, mais Vélonet se compose de chambres de quatre mètres de long et deux mètres de large, avec des ouvertures d’infiltration sur les côtés. L’eau y pénètre et peut ensuite s’infiltrer. S’il pleut trop, il y a toujours un trop-plein d’urgence vers le réservoir-tampon suivant afin d’évacuer l’eau dans tous les cas. Seule l’eau excédentaire est évacuée. Il est également possible d’intégrer à ces chambres en béton une goulotte pour les canalisations utilitaires telles que les câbles électriques, les câbles internet, etc. Nous avons facilement accès à ces câbles et il y a donc peu de risque de dommages dus aux travaux d’excavation. De plus, Vélonet permet d’économiser l’espace pour le fossé et évite donc d’exproprier. Ceci permet une exécution bien plus rapide des projets. »
Autres solutions
D’autres solutions peuvent être vues dans la zone d’expérimentation B’Rain. Maarten Jacobs : Vous pouvez également voir des coffrages de fossés, en bois par exemple, ou un canal en V en béton, avec des ouvertures d’infiltration. Nous avons des systèmes de filtration dans ces bacs ; ces derniers peuvent également être vus dans la zone de démonstration, car les bacs y sont exposés ouverts. On peut y voir également l’Hydrops, un système de réservoir-tampon d’eau destiné aux niveaux élevés de la nappe phréatique ainsi qu’aux charges lourdes. Il est combiné, dans la zone de démonstration, avec le système Treeparker de Treebuilders. Ce dernier donne la possibilité aux racines des arbres de se développer librement, mais de façon contrôlée. B’Rain coordonne tous ces éléments séparés en vue d’obtenir un concept global. D’autres éléments suivront encore à l’avenir. Dans ce contexte, nous continuons à rechercher des projets pour lesquels nous pouvons nous rejoindre et arriver à un concept optimal, adapté au changement climatique. Toute personne intéressée par une solution de gestion de l’eau et soucieuse du climat est invitée à visiter notre zone d’expérimentation et notre espace de démonstration. »
Par Koen Vandepopuliere
Illustrations B-Rain


