EVÉNEMENTS  
Aquarama 110 – décembre 2025

Pollutec 2025 examine l’eau sous tous les angles

Pas moins de 51 000 professionnels se sont rendus à Lyon début octobre pour visiter Pollutec, le salon biennal de l’environnement. Certains sont venus de la porte à côté, mais d’autres du monde entier. Selon les organisateurs, le salon a accueilli des visiteurs de plus de 100 pays différents, et nombre d’exposants venaient également de l’étranger.

Pollutec a toujours eu une portée internationale, mais avec des visiteurs venus du Japon, du Brésil, du Canada ou d’Afrique du Nord, le salon dépasse désormais le cadre européen. L’environnement est aujourd’hui un sujet mondial, avec des défis qui outrepassent les frontières.

Cela vaut aussi pour l’eau, désormais un sujet prioritaire. Au total, près de 50 exposés étaient consacrés à l’eau, et quelques 400 exposants du secteur de l’eau ont occupé cette année tout le hall 6 et une partie du hall 5. Cette superficie dédiée à l’eau se rapproche de plus en plus de celle occupée par le secteur du traitement des déchets. Et c’est sans compter les nombreuses entreprises liées à l’eau présentes dans la section Instrumentation, dans les pavillons régionaux et au Village Startups.

Espace Jeunes entreprises

Au Village Startups, nous avons rencontré l’entreprise flamande Liquisens. En vue d’une implantation sur le marché français, son fondateur Steven De Schrijver y présentait LiquisensPredict : « Grâce à une surveillance intelligente, nous garantissons la sécurité des stations d’épuration de manière fiable et efficace. Notre moteur d’analyse utilise les données disponibles pour créer des modèles sur mesure capables de prédire la qualité de l’eau en temps réel et de formuler des recommandations ciblées. »

Un stand très différent du Startup Village était celui de l’entreprise française Cactile, qui développe des solutions alternatives pour la collecte des eaux pluviales. Au lieu des citernes classiques, Cactile utilise l’enveloppe des bâtiments comme réservoir. « Nous collectons l’eau de pluie entre autres dans les revêtements de toit et de façade, pour ensuite la réutiliser sans pompe ni aucun autre équipement », a expliqué Jean-Baptiste Landes. La clôture Opuntia, qui peut stocker 80 litres d’eau de pluie par mètre linéaire, est déjà commercialisée en France.

Gestion de l’eau de pluie

La solution de Cactile est simple, facile à déployer et réservée au marché résidentiel. Pour la gestion des eaux pluviales dans les villes, toutes sortes approches étaient au menu. Dans le pavillon néerlandais, Permavoid a présenté sa solution de stockage souterrain d’eau de pluie. Il se compose de cellules modulaires à installer par exemple sous les rues, les terrains de sport ou les plantations et d’un système capillaire permettant d’utiliser l’eau à bon escient. La Fonderie Dechaumont a présenté son avaloir de collecte « Arbre de pluie », qui déverse l’eau de pluie directement dans des fosses végétalisées, tandis que Fondatel exposait une nouvelle gouttière assurant une évacuation efficace en cas de forte pluie. « Ce système a été conçu pour le sud de la France, où de tels phénomènes sont connus de longue date, mais suite au changement du climat il peut désormais également servir dans d’autres régions », a affirmé le directeur des ventes Hans Vercruysse.

Pour la réutilisation de l’eau de pluie dans les bâtiments résidentiels, industriels ou tertiaires, le groupe Water Is Life a présenté sa gamme Hydrosphere, qui comprend des réservoirs d’eau de pluie, des filtres, des cuves tampon, des stations de pompage et des surpresseurs. Simon Laurent, directeur des ventes : « Nous proposons des solutions qui basculent automatiquement sur l’eau de ville lorsque l’eau de pluie est épuisée, et ce en respectant toutes les normes belges et européennes pour la prévention de la contamination du réseau d’eau potable, y compris dans les projets complexes. »

Surveillance et détection des fuites

La collecte et l’utilisation raisonnée de l’eau de pluie n’est qu’une des stratégies de gestion durable de l’eau proposées par les exposants à Pollutec. En parallèle, nombre de solutions de suivi de la consommation d’eau et de prévention des pertes inutiles ont tenu le haut du pavé. Le stand de hub.brussels présentait Shayp, une startup qui, malgré sa courte existence, effectue déjà le suivi de la consommation d’eau de plus de 8 000 bâtiments en Europe. « Les fuites d’eau dans les bâtiments passent souvent inaperçues », affirme le cofondateur Zineddine Wakrim. « En équipant les compteurs d’eau de capteurs non invasifs, nous pouvons suivre la consommation et détecter les anomalies. Cela permet aux gestionnaires d’immeubles de réduire en moyenne de 22% leur consommation d’eau. »

Dans le hall 6 se trouvaient deux autres entreprises belges spécialisées dans la localisation rapide et précise de fuites, cette fois-ci dans le réseau d’eau potable. Seba Service, partenaire pour la détection acoustique des fuites, avait même amené un véhicule de service tout neuf pour l’occasion. « Le véhicule a été entièrement personnalisé », explique le gérant Kurt Waeben. « Tous les instruments nécessaires sont à portée de main et se chargent automatiquement par induction lorsqu’ils sont rangés. Le véhicule possède une connexion 5G pour assurer un suivi via le cloud dans les zones reculées. »

Sur le stand DALI, Michiel Van Hooreweder a présenté une tout autre méthode de détection de fuite par fibre optique. « Le potentiel de la fibre optique était connu de longue date, mais le principal défi était l’insertion du câble dans une conduite en service. Nous y sommes finalement parvenus avec Fiberflux et avons réalisé nos premières installations à Bruxelles. » Ce système est surtout intéressant pour les diamètres de conduite à partir de DN300. Ses deux principaux avantages sont la mesure en continu sur de longues distances et son fonctionnement sans batterie.

Traitement des eaux (usées)

Il est indéniable que Pollutec se concentre de plus en plus sur la gestion de l’eau et les sources alternatives, mais le traitement des eaux usées n’a pas pour autant disparu du salon. Au contraire, la problématique des PFAS a poussé de nombreux visiteurs à s’intéresser à des stands comme celui de Desotec, un spécialiste des filtres à charbon actif avancés, et celui de Sodecon, qui met à profit sa longue expérience en dépollution des sols pour s’attaquer par exemple à l’épuration des eaux de rabattement de nappes.

Toujours pour le traitement des eaux usées, NuReSys, présent comme Sodecon dans le pavillon de Flanders Investment & Trade, a encore présenté sa technologie de récupération de l’azote et du phosphore dans les eaux usées, tandis que plus loin, à l’Agence wallonne à l’Exportation et aux Investissements, HB Drilling est surtout venu pour se présenter au marché français en tant que partenaire global pour l’épuration des eaux usées issues par exemple des carrières, des sites de recyclage ou des industries sidérurgique, verrière et agroalimentaire.

Le prochain salon Pollutec se tiendra du 12 au 15 octobre 2026 à Eurexpo Lyon. En 2026 se tiendra également le salon professionnel STEP, certes plus petit mais traitant les mêmes sujets, à Paris Expo Porte de Versailles les 1er et 2 décembre 2026.

Texte : Elise Noyez

Illustrations : Pollutec