EVÉNEMENTS
Aquarama 110 – décembre 2025
Projet international visant à éliminer les résidus de médicaments dans les eaux usées
Prewapharm mise sur une approche globale
La pollution de l’eau par les résidus de médicaments est un problème croissant. Le vieillissement de la population entraîne une hausse de la consommation de médicaments dont les résidus (comme les antibiotiques et les hormones) finissent directement ou indirectement dans la nature. Ces résidus ne sont pas éliminés dans les stations d’épuration des eaux conventionnelles. Des solutions doivent être apportées par Prewapharm, un projet international réunissant 18 partenaires de 6 pays (Belgique, Allemagne, France, Irlande, Luxembourg et Pays-Bas) avec le soutien de l’UE dans le cadre d’Interreg NWE. Son approche a été présentée au dernier salon Aquarama à Louvain.
Prévenir la pollution
Prewapharm – qui signifie « prévenir la pollution de l’eau par les produits pharmaceutiques » – a pour partenaire principal TCNN, une fondation néerlandaise qui soutient l’innovation. À celle-ci s’ajoutent des partenaires de 5 autres pays européens et une coopération avec la Suisse. Pour la Belgique, l’UZ Gent, l’Université de Gand, la KU Leuven, Vito et Aquafin sont impliqués.
Le projet vise à développer une stratégie transnationale de réduction de la pollution par les médicaments, avec un cadre harmonisé entre les différents pays. Le problème doit être traité en même temps à la source et au niveau de l’épuration. C’est pourquoi Prewapharm veut développer une boîte à outils qui pourra aussi être utilisée dans d’autres pays. Une autre mesure clé est la sensibilisation de toute la chaîne, du secteur pharmaceutique à l’utilisateur.
Description du problème
La première étape est de cerner le problème. Les données sur la dispersion et l’effet de ces substances sont en effet limitées. Il y a plus de 3 600 ingrédients pharmaceutiques actifs sur le marché, et les effets à long terme de la plupart sont inconnus. L’étude des effets à long terme des médicaments n’étant obligatoire que depuis 2006, il n’y a pas de données systématiques pour tout ce qui a été introduit précédemment. Le projet va donc établir une liste des substances qui doivent être surveillées en priorité et pour lesquelles des valeurs-seuils doivent être définies.
Approche globale
Il est en tout cas certain que l’épuration seule ne suffira pas. À l’heure actuelle, l’élimination des substances pharmaceutiques n’est pas prise en compte dans les procédés d’épuration classiques. À Aartselaar, une première station incluant une 4e étape de traitement est en service. On envisage d’ajouter cette 4e étape aux grandes stations d’épuration. Il est aussi question d’installer des stations d’épuration locales dans les hôpitaux et autres établissements de soin. Cela ne résoudra cependant qu’une partie du problème : il faut aussi agir à la source en sensibilisant le secteur de la santé et le grand public.
Prewapharm se concentre donc sur 3 pistes :
- Sensibilisation et changement des comportements des patients et des soignants
- Innovation technique pour une épuration avancée au niveau des hotspots
- Plans d’action régionaux pour une approche concertée
Par : Alex Baumans
Photos : FCO Media






