EPURATION DES EAUX USÉES
Aquarama 110 – décembre 2025
Installation UF/OI mettant un permis d’environnement à la portée d’une usine de polypropylène
Dans la perspective d’une nouvelle demande de permis d’environnement, un acteur international du secteur pétrochimique étudie les possibilités de réduction de la consommation d’eau souterraine ainsi que de la quantité de chlorures et sulfates dans les eaux usées issues de son site de production. Piste à explorer : ajout d’une installation UF/OI pour traiter les effluents de l’unité d’épuration physicochimique actuelle. Trevi s’est chargé, à cette fin, de la conception et de l’exploitation d’une installation pilote, tout en étudiant l’impact potentiel d’une installation supplémentaire d’évaporation sous vide.
« L’installation UF/OI intervient à deux niveaux », relate Bram Eggermont, du service d’étude de Trevi. « La réutilisation de l’eau qu’autorise cette installation permet de réduire la quantité d’eau souterraine à pomper, tout en contribuant indirectement à une diminution de la quantité de sels présents dans les eaux usées. En effet, la majeure partie des chlorures et sulfates présents dans les effluents résultent du prétraitement indispensable des eaux souterraines. Étant donné que le perméat de notre installation pilote est nettement plus propre, le besoin moins impérieux de prétraitement permettra, à l’avenir, d’utiliser moins d’acide sulfurique, p. ex. »
Exercice d’équilibre
L’entreprise gantoise Trevi possède plus de 30 ans d’expérience en matière d’épuration industrielle des eaux usées. Son chapelet d’installations pilotes fait partie intégrante d’une approche visant à la construction et à l’exploitation d’installations fiables en vraie grandeur. L’installation pilote intégrée à l’usine de polypropylène comprend un filtre à raclage automatique, une membrane d’ultrafiltration, un réservoir tampon et une membrane d’OI. Se prêtant à l’exécution d’essais pour différents clients et applications, cette installation pilote est conçue pour un débit de production de 10 m3/h. Les capteurs et commandes requises autorisent de surcroît un suivi à distance.
« Par ailleurs, le client ainsi que notre équipe de Grobbendonk procèdent régulièrement au prélèvement d’échantillons », selon Matthijs Daelman, chef de projet chez Trevi. « Outre la qualité de l’eau, nous mettons l’accent sur l’obtention du taux de récupération le plus élevé pour une consommation de produits chimiques réduite au maximum. Défi majeur : l’aluminium présent en abondance dans les eaux usées nous contraint à doser une quantité relativement élevée d’inhibiteur d’entartrage. C’est pourquoi nous nous étudions actuellement l’ajustement des paramètres du dispositif d’épuration existant afin de limiter le potentiel d’entartrage et de protéger au mieux les membranes d’OI. Il s’agit donc d’une régulation continue entre différents processus et niveaux. »
Train de mesures
Le perméat de l’installation pilote s’utilise actuellement dans les tours de refroidissement. Si une installation en grandeur réelle voit le jour, son intégration à d’autres processus sera de mise. « Les calculs actuels montrent qu’une réduction de 55% de la consommation d’eau souterraine est atteignable », selon Eggermont. « Cette réduction permettra de réduire les rejets d’eaux usées et de sels dans le ruisseau voisin, mais leur concentration augmentera dans un premier temps. Par conséquent, il ne s’agit en aucun cas d’une solution spécifique. Dans ce cadre, nous nous penchons p. ex. sur l’intérêt que pourrait présenter l’évaporation de certains flux d’eaux usées industrielles. D’autres pistes sont à l’étude. En définitive, cette phase d’étude et de pilotage correspond à l’objectif poursuivi par notre client : déterminer le train de mesures propice à l’élaboration d’une solution optimale pour améliorer la charge et la concentration. »
Texte : Elise Noyez
Illustration : Trevi



